‹ Précis de chimie organiqueChapitre 73 sur 95 · C2H2.N2S3 = 2CH>S + S · texte numérisé non relu

C2H2.N2S3 = 2CH>S + S

Il se décompose à 150", en donnant de l'hydrogène sulfuré et du cyanate sulfuré; par une plus forte chaleur, il passe du sulfure de carbone, du soufre et de l'ammoniaque, et il reste un résidu gris de mellon (Voelkel;.

Pernjanure trisulfnro-blplombique. — OPi-N-S^. — On l'obtient en dissolvant le corps précédent dans l'eau bouillante et précipitant par l'acétate de plomb. Il est entièrement insoluble dans l'eau , l'alcool et les acides étendus , et présente l'aspect du chromate de plomb (Voelkel).

Avec l'acétate de plomb surbasique on obtient un sel [2C2P//2N2S3 -f- Pi20].

Genre Arsine R-*-'A.ç.

'261. Lorsqu'on distille de l'acétate potassique avec de l'acide arsénieux A«-0^, on obtient entre autres produits de l'alcarsine Jiormali; C^Ht2A.s20 , qui , distillix» avec les acides IIC/, HB*-, etc., donne des espèces du g. arsine (l] :

CMl'^A.s^O -\- 2IlCi ^: Il2() -!- liC^ll'A.sllC/.

Arsine InjdrocIdnriqKe ^ ciilorarsiiie , clilorure de cacodyle). — C'^H^As,HC/. — La meilleure manière d'obtenir ce corps consiste à distiller la condiinaison de bichlorure de mercure et d'alcarsine avec de l'acide hy(h-ocldori(iue le plus concentré possible. Le produit distillé ne; doit pas être traité par l'eau ; ou le dessèche sur du chlorure de calcium ci de la chaux vive, et on le distille (hms une atmosphère d'acide carbimiciui^ : ainsi obtenu,

(1) Celle n'Mclioii psl sfml)liil)lo i\ colle de Trllicr C'li"'0 cl de lIc; ; on a en cffcl : C<11'"0 -\- l!llC/ li^j -j- 'JC-'ll •(.'./.

il se présente à l'état d'un liquide incolore qui ne se solidifie pas même à — 45° et qui bout vers 100", en donnant une vapeur incolore d'une densité de 4,56 et spontanément inflammable à l'air; mêlée d'oxygène dans un llacon , cette vapeur détone violemment par la clialcur.

Si l'on lait arriver lentement de l'air en contact avec l'arsine hydroclilorique , il s'y dépose de beaux cristaux blancs d'alcargène normal :

2{cm%s,uci) 4- ii2o -f- 03 = 2(c2ii6As02-f ne/).

L'arsine hydroclilorique s'enflamme spontanément dans une atmosphère de chlore , en déposant beaucoup de charbon ; elle ne fume pas à l'air, mais elle exhale une odeur pénétrante plus dangereuse par ses effets que celle de l'alcarsine. Mêlée à l'air, en dose un peu forte , elle attaque si fort la muqueuse des yeux qu'il en sort du sang.

Elle est plus pesante que l'eau , et lui communique son odeur pénétrante, sans s'y dissoudre sensiblement. Elle est insoluble dans l'éther, mais elle se dissout en toutes proportions dans l'alcool. Mise en contact avec une dissolution d'argent , elle abandonne la totalité de son chlore à l'état de chlorure comme tous les hydrochlorates des alcaloïdes.

La chaux et la baryte ne lui enlèvent pas le chlore à froid ; les acides faibles ne la décomposent pas ; les acides sulfurique et phosphorique en dégagent de l'acide hydrochlorique (Bunsen).

Chauffé avec du zinc , du fer ou de l'étain , à 90 ou 100", l'arsine hydrochlorique se décompose, sans dégagement de gaz, en produisant du chlorure riiétallique et du cacodyle normal C^Hi2As2= 2 vol. de vapeur :

2Cm^As,UCl + Zn2 = C^II»2As2 + 2ZnC?.

Arsine chlorocuivreuse. — G2H^A5, HC/, Cu^Ci. — Lorsqu'on mêle de l'A. hydrochlorique en dissolution alcoolique avec du perchlorure de cuivre dissous dans l'acide hydrochlorique, il se forme un volumineux précipité blanc (chlorure de cacodyle et de cuivre B.). Ce dernier se colore en vert au contact de l'air, en donnant naissance à des produits arsenicaux très fétides ; la chaleur le décompose en A. hydrochlorique et en protochlorure de cuivre (Bunsen).

Arsine chloroplatinique. — C2H5As,HG/,P/C/2. — Une dissolution d'arsine hydrochlorique étant mélangée avec une dissolution de platine, il se forme un abondant précipité rouge-brique qui est sans doute analogue au précédent. Ce précipité présente une réaction fort remarquable pendant qu'on le lave ou qu'on le fait bouillir dans l'eau : il se produit alors une solution jaune, en même temps que de l'alcargène normal, et , par le refroidissement, le liquide dépose des aiguilles de cacoplatyle hydrochlorique (Bunsen).

Arsine hydrohromiqne (bromarsine, bromure de cacodyle). ■ — • C-H^A*',HBr. — On l'obtient en distillant la combinaison de bichlorure de mercure et d'alcarsine avec de l'acide hydrobromique le plus concentré possible. Il se produit ainsi une liqueur jaune non fumante possédant des propriétés entièrement semblables à celles de l'arsine hydrochlorique (Bunsen).

Arsine hydriodique ( iodarsine , iodure de cacodyle). — C-H^As,HI. — Lorsqu'on distille de l'alcarsine normale avec de l'acide hydriodique concentré , il passe avec l'eau , dans le récipient , un liquide huileux qui , par le refroidissement , dépose des cristaux transparents sous forme de tables rhomboïdales ; ce liquide est l'arsine hydriodique. Pour le séparer des cristaux, on plonge le tube condenseur dans un mélange réfrigérant , on décante la partie demeurée liquide et l'on distille de nouveau avec d(! l'acide hydriodique concentré. On abandonne le liquide sur du chlorure de calcium et de la chaux vive , dans un tube bouché, rempli préalablement d'acide carbonique, puis on le distille dans ce même gaz en arrêtant l'opération dès que les deux tiers du liquide ont passé.

Ainsi préparée , l'arsine hydriodique est un liquide jaunâtre légèrement sirupeux, d'une odeur forte et repoussante. Sa densité est plus grande que celle du chlorure de calcium fondu. A — 10", elle est encore liquide. Son point d'ébuUition est bien supérieur à 100", néanmoins elle distille aisément avec les vapeurs d'eau. Elle ne fume pas à l'air, mais elle s'altère en déposant de beaux cristaux prisnîati(|ues d'alcargène normal.

L'arsine hydriodi(iue est soluble dans l'étlKjret dans l'alcool, iiisolid)l(î dans l'eau ; l'acide sulluriquc la déconijKJseen niellant de l'iode il nu. H en est do même du l'acide nitritjue; chaullée à

l'air, elle brûle avec une ilamme éclatante en développant des vapeurs d'iode.

M. Bunsen décrit sous les noms d'oxyclilorure, oœybromure et oxijio^ure de cacodyle trois composés qu'il considère comme des combinaisons d'alcarsine normale avec les corps précédents ; le corps chloré , par exemple , serait d'après lui C^HizAsîQ -(- 3C^H'2A.s2C/-. Mais l'auteur, en admettant cette Ibrnmle , a été préoccupé de vues théoriques ([ui font conduit à considérer comme des principes définis ce qui n'était probablement que de l'alcarsine hydrochlorique ou hydrobromique plus ou moins impure. (Voyez Quatrième Famille, G. Alcarsine.)

Arsine hydrocyaniqiie (cyanarsine, cyanure de cacodyle). — C2H5A5,CHN. ■ — Cette substance , d'une énergie toxique extraordinaire , est aussi remarquable par son extrême tendance à cristalliser. Le procédé de préparation le moins dangereux consiste à distiller une dissolution concentrée de cyanure mercurique avec de l'alcarsine. L' arsine hydrocyanique se rassemble alors sous l'eau , dans le récipient, à l'état d'une hurle jaunâtre qui ne tarde pas à se prendre , par le refroidissement , en beaux cristaux prismatiques. On décante le liquide, et l'on exprime ceux-ci entre des doubles de papier Joseph. Les cristaux fondent à 33" en un liquide éthéré , incolore , réfractant fortement la lumière, et qui se solidifie de nouveau par le refroidissement ; ï\ bout à 140", se dissout peu dans l'eau, et beaucoup plus dans l'alcool et l'éther. La densité de sa vapeur a été trouvée égale à 4,63 = 2 volumes.

Cette substance est extrêmement vénéneuse. Quelques centigrammes répandus en vapeur, à la température ordinaire , dans l'atmosphère d'un appartement , suffisent pour déterminer des engourdissements dans les mains et les pieds, des vertiges et des bourdonnements dans les oreilles. Ces symptômes peuvent être suivis de syncopes ; mais en général ils ne sont pas de longue durée si l'on se soustrait à temps à l'influence de cette substance (Bunsen).

L'arsine hydrocyanique forme , dans les sels d'argent , un précipité de cyanure d'argent ; elle réduit le protonitrate de mercure , mais n'en trouble pas le deutonitrate. Mise en contact avec le bichlorure de mercure , elle donne un précipité blanc.

Les alcalis faibles ne paraissent pas la décomposer , mais les acides concentrés en développent de l'acide hydrocyanique. Les combinaisons que nous venons de décrire sont considéi rées par M. Bunsen comme des chlorures, bromures, etc., du radical cacodyle. Les formules par lesquelles nous les représentons correspondent à deux volumes de vapeur ; pour les faire accorder avec la théorie de ce chimiste , il faudrait nécessairement les doubler.

A notre sens , ces combinaisons sont entièrement semblables à celles que la quinine , la cinchonine et en général les alca- ! loïdes produisent avec les acides ; l'arsine normale serait donc i un véritable alcaloïde renfermant de l'arsenic. Jusqu'à présent j cette espèce normale n'a pas encore été isolée; mais il est probable qu'on l'obtiendrait en distillant l'espèce hydrochlorique ou j hydrobromique sur de la chaux vive ; dans tous les cas , il est : remarquable de voir les espèces précédentes présenter, avec les sels métalliques, les mêmes réactions que les sels des alcaloïdes (69).

Genre Cacoplahjle R+'P/AsO.

i 26-2. Nous avons dit plus haut que l'arsine chloroplatinique se décompose au sein de l'eau par l'ébullition de ce liquide. M. Bunsen fait bouillir une solution aqueuse de bichlorure de platine avec de l'arsine hydrochlorique ; le précipité , d'abord brun , prend par l'ébullition une couleur jaune de vin. Le cacodyle hydrochlorique commence déjà à se déposer pendant l'ébullition , et l'on en obtient encore davantage par le refroidissement; les eaux- mères ne retiennent qu'un pou d'alcargène provenant sans doute d'une action secondaire effectuée par le contact de l'air. Les cristaux ayant été rassemblés sur un liltrc , on les purifie par de nouvelles cristallisations.

Voici comment nous concevons la réaction (1) :

C2ll5A«,Iia -I- P/C«2 -I- 1120 = Cn\^Pt\sO,UCl -j- '21 k;/.

('(icoplalijle normal. — C2li^P/A.sf). — Il n'a pas encore été isol»'.

Ciicoplatijle liydroc/ilorif^iic ( chlorinc df cacoplatylc ). —

(1) M. r>uiis('n admet dans le produit 1 t'ij, d'hydrogène déplus, mais i»a formule n'est point d'accord avec la réaction.

C^H^P^AsO,HC/. — Ce composé s'obtient en fines aiguilles très belles , inodores et d'une saveur arsenicale et nauséabonde. Il se dissout à chaud dans l'eau et l'alcool. Quand on le chauffe, il devient jaune, puis brun, prend feu sans se fondre, et brûle comme une mèche en répandant des vapeurs arsenicales et en laissant un résidu fusible d'arséniure de platine.

L'acide sulfurique le colore en jaune ; l'acide hydrochlorique n'a pas d'action sur lui.

Il se dissout en toutes proportions dans l'ammoniaque ; par l'évaporation de la solution on obtient des cristaux confus insolubles dans l'alcool.

Le nitrate d'argent y produit un précipité de chlorure sans détruire la neutralité de la solution.

L'iodure de potassium détermine dans sa solution la formation d'un précipité jaune de cacoplatyle hydriodique. Le bromure de potassium se comporte d'une manière semblable.

Le C. hydrochlorique ne renferme pas d'eau de cristallisation, car on peut le chauffer à 164" sans qu'il se décompose; mais à cette température il perd environ 4 p. c. d'eau , qu'il reprend d'ailleurs par l'ébullition dans ce liquide (Bunsen).

Cacoplatyle hijdrobromique ( Ijromure de cacoplatyle ). — OH^P/AsOjHBr. — Cette combinaison s'obtient en mélangeant à chaud une solution de l'espèce précédente avec du bromure de potassium ; on purifie le précipité par une nouvelle cristallisation. Elle forme de petites aiguilles jaunes , et quelquefois des cristaux plus gros assez solubles dans l'eau chaude et peu solubles à froid. Ils ont une légère réaction acide , sont sans odeur et possèdent une saveur arsenicale fort désagréable.

Cacoplatyle hydriodique (iodure de cacoplatyle). — C'H^P/AsO, HI. — C'est le précipité jaune occasionné par l'iodure de potassium dans le cacoplatyle hydrochlorique. Lorsqu'on mélange les deux solutions, bouillantes et passablement étendues, le cacoplatyle hydriodique se sépare à l'état de paillettes brillantes et soyeuses semblables à l'iodure de plomb (1).

(1) M. r.iinscn lui assigne la formule CH\^'^As'^Pl\^0=C^l\^\f;Pl0y',U\, qui ne nous paraît guère vraisemblable ; il serait possible toulofois que l'oxygène renfeiimi dans ces combinaisons s'en dégageât à l'élal d'oau par une i'orle dessiccation (comme dans les émétiqucs) , de manière que le C, hydrochlorique , par exemple , deviendrait C-]PPtAs,UCl,

1 Cacoplatyle ssmi-stdfurique (sulfate d'oxyde de cacoplatyle).

— (C2H5P/AsO)2,SH^O''. — Il s'obtient en décomposant à l'ébul- ^lition du cacoplatyle hydrochlorique par une dissolution de j sulfate d'argent. La solution liltrée donne, par l'évaporation

dans le vide, des grains blancs et cristallins. Ce sel est sans

odeur, mais il possède une saveur amère et astringente. Il n'est I pas déliquescent et ne s'altère pas au contact de l'air. On peut ! le chauffer à 160" sans qu'il se décompose , mais il se détruit par

une plus forte chaleur (1) ( Bunsen ).

Genre Alcargène R+^AsO^.

I 263. Il se produit par l'oxydation ou la sulfuration directe I du g. alcarsine (4" famille). Les agents réducteurs transforment j les espèces du g. alcargène en espèces du g. arsine ou du g. alcar- I sine.

Alcargène normal (acide cacodylique). — C^H'^AsO^. La pro- F duction de ce corps curieux résulte de l'oxydation directe du j

j (1) M. Bunsen compare les composés précédenls aux sels de platine déciiis par MM. (Iros et Ileiset. Voyons jusqu'à quel point ce rapproclie- ; ment est fondé.

; Le piotoclilorure de platine IVC^, traité par l'ammoniaque liquide , I donne un précipité vert et cristallin (sel vert de Magnus) renfermant des ' équivalents égaux d'ammoniaque et de protoclilorure de platine = MPVtOl. Si, au lieu de borner Taction à la production du composé précédent , on fait bouillir, en ayant soin de remplacer l'ammoniaque à mesure qu'elle s'évapore , on linit par avoir une belle crislaliisation d'un corps ^-l]^\HCl renfeimanl une quantité d'ammonia(iue double de celle du sel vert; à froid la potasse n'en déj^age pas l'ammoniaque. Ce second corps, (jue M. lleisel considère comme un radical, se comporte plutôt comme un bydroclilorate : N''H'5l7,llCi ; car si on le dissout dans l'eau et qu'on le mette en contact avec une dissolution chaude de sulfate d'argent, il se produit un précipité de chlorure d'argent, ainsi qu'une liqueur incolore qui donne par l'évaporation des cristaux d'un

sel : (.\2/l5l7)2^SI|20<.

Avec l'eau de baryte, ce dernier sel donne du sulfate de baiyte et le corps \-ll'->l't 4- iiq., qui a toutes b-s proi)riélés d'un alcaloïde, seiid)lable «'i l'ammoniaque.

Ou obtient les sels de (Iros en faisant agir l'acide nitritiue sur le sel vert de Magnus MIMVC/ ; il se produit alors de l'acidi' bydrocbloriipu^ , un dépôt de platine métalbipu- et du nitrate de cliloraiiiidc i)latiui(pie C-'Ml^l'/a -f MIU* ~ lia 4- Vt H- N2|l-'l>/C/,NllO^). Le niOine sel

cacodyle normal C''H'2As- ou de l'alcarsine normale C^H'"'^A.<i20. Lorsque le cacodyle normal est amené graduellement en contact avec l'oxygène , ce gaz y étant dirigé très lentement de manière qu'il n'y ait pas d'inflammation, il s'absorbe de l'oxygène quia pour résultat la formation d'un fluide épais et visqueux renfermant de l'alcarsine normale et de l'A. normal. Si ce fluide est chauffé à 60° et qu'on y dirige pendant quelques jours un courant d'oxygène , la plus grande partie se convertit en cristaux d'A, normal , qui peuvent être purifiés par la pression entre du papier Joseph et par une nouvelle cristallisation.

Cette préparation, exécutée ainsi, est à la fois désagréable et dangereuse, à cause de la grande inflammabilité de l'alcarsine normale et de son odeur engourdissante. On évite ces inconvénients eu employant du bioxyde de mercure qui oxyde l'alcar-

sc forme par l'action de l'aci ie nitrique sur le sel de Rcisel N^licp/c/. Les sels de Gros renferment 1 éq. de chlore de plus que les sels de Reiset.

On a donc , en appelant VI l'alcaloïde platinique de M. Reiset , Am Tammoniaque (NIP) et K l'alcaloïde C2ll5p/AsO que nous supposons contenu dans les composés de 1\I. Bunsen :

Sels Sels Sels Sels

nnimoiiiacaux. de M. Bunsen, de M. Heisct. de M.^Gros.

Alcaloïde .... Am » VI ... . »

Ilydrochlnrate. . \u>,ua . . K,I1C; . . P/,IIC/. . ClVlMCl.

.^itrate Am,MIO^ . >' » aP/,MI03.

Sulfate (neutre). AîJi^StPO». K2,SH20<. P/2,SH20< (Cn>/)2,SH20*.

Le corps C/P/== K-il^VtCl , dont on obtient l'hydroclilorate en taisant passer du chlore dans Vl,EGl , n'a pas encore été isolé.

Voici les corps qui jouent le rôle d'alcaloïdes dans ces combinaisons :

1 éq. d'ammoniaque : Mt^.

— d'alc. de Reiset : ^'^IM^I.

— d'alc. de Gros : Xm^PlC!.

— de cacoplatyle : c2tPP/AsO.

On voit , d'après cela , que les analogies qui existeraient , suivant M. Bunsen, entre les composés du cacoplalyle, les sels de Gros et ceux de Reiset , se bornent à la présence du platine dans les alcaloïdes.

sine très promptement en s'échaufifant considérablement (1). Pour éviter que la masse n'entre en ébullition , on met les deux corps sous une couche d'eau , et l'on a soin de refroidir le vase où l'on opère. L'oxydation s'effectue dans quelques secondes ; on purifie le produit en le faisant cristalliser dans l'alcool :

C'n'2A52o ^ 3II(;2o = 2(C2H6As02) + 3IIr/2.

L'alcarsine sulfurée C^H'2A52S se convertit aussi en A. normal par le séjour à l'air; on obtient alors une masse saline d'où l'étlier extrait de l'A. bisulfure en laissant de l'A. normal :

2(C<n<2As2S) -\- 0« = C2H6ASS2 + 3C2llGAs02.

L'A. normal forme de gros cristaux vitreux parfaitement Iranspareuls qui sont des prismes obliques à 4 pans , avec des faces terminales inégales, et à angles obliques. Il ne s'altère pas à l'air sec , mais l'air humide le décompose. Il est moins soluble dans l'alcool pur que dans l'eau , et insoluble dans l'éther. Il ne possède aucune odeur. Sous le rapport toxicologique il est aussi très reiiiar(]uable , car il ne possède aucune propriété vénéneuse, bien ([u'il renferme plus de 7-2 j). c. d'arsenic : 8 grammes dissops dans l'eau et injectés dans la veine jugulaire d'un lapiu ne déterminèrent pas la mort, ni même aucun symptôme d'empoisonnement.

Ce corps re distingue par sa grande stabilité : ni l'acide nitrique fumant , ni un mélange d'acide sulfurique et de chromate de potasse ne l'attaquent , pas même à l'ébullition.

Il déplace l'acide carbonique de ses combinaisons ; on peut le cliaufier à 200" sans qu'il se décompose , mais il entre alors en fusion. Au-dessus de cette température, l'A. normal se dt-compose en fournissant de l'acide arsénieux ainsi ([ue d'autres produits arsenicaux très fétides.

(1) M. Tîiinspo rppr<îspnle l'alcargciic normal par ('.^II"A.«'0* = i?ll'i\gO-. Ses aiialy.sp.s onl doiin*' un peu moins d'Iiydio^'ônc que n'exige celle formule; d'ailleurs l'oxydalion direcle de Takarsine par l'oxyde de mercure, sans lu préfcnvc (U l'eau, démoulre hieti qu'il ne saurait y avoir dans l'alcarf^i'-ne un plus j^raiiù noinljre d'i-ciuivalmls d liydroj^riie que dans le produit d'où il d(''rive. Mais il fallait à l'auleur un o.rj/di' du radical varudijlv , el la tliéorie du dualisme le f((r(;ail à scinder les forninics , afin d'y eouslrnir»' les éléinenls dr l'eau!

L'acide sulfureux , rafido oxalique, le protosulfate de 1er et le gaz hydrogène libre ne l'altèrent point; mais quand on le cliaulfe avec de l'acide phosphoreux, il développe instantanément des vapeurs d'alcarsine normale.

Une solution d'étain acidulée le convertit en arsine hydroclilo rique. Une réduction semblable s'opère lorscpi'on chaufTe une solution aqueuse d'A. normal avec du zinc métallique. Il se produit alors de l'A. zincique et de l'alcarsine normale.

Lorsqu'on fait passer sur l'A. normal sec du gaz hydriodiquc également sec , il se produit de l'eau, de l'arsine hydriodiqiie et de l'iode libre :

C2H6AS02 + Zilil =- 21120 -L C2ll5As,ni + 31.

L'acide hydrobromique détermine une réaction semblable ; l'hydrogène sulfuré produit dans les mêmes circonstances de l'eau , de l'A. bisulfure et du soufre libre ; mais ce dernier provient probablement d'une décomposition secondaire.

L'A. normal présente cela de remarquable que non seulement il se comporte comme un acide monobasique capable d'échanger de l'hydrogène pour du métal , mais encore qu'il s'unit directement à d'autres acides ou se!s, comme le ferait un alcaloïde, sans y opérer de déplacement. Il donne de semblables combinai sons avec les chlorures d'hydrogène , de mercure, de cuivre, etc.

Alcargine hydrochlorique (superchloride de cacodyle basique). — DH'^AsO'^jHC/. — ■ Lorsqu'on dissout YX. normal dans l'acide hydrochlorique concentré , et qu'on abandonne la masse dans le vide, elle se prend en une bouillie de beaux cristaux lamellaires. On les exprime entre du papier Joseph. Cette combinaison est sans odeur et possède une saveur très acide.

L'eau la décompose en acide hydrochlorique et A. normal (l), Si l'on fait passer du gaz hydrochlorique sur de l'A. normal sec, la masse s'échauffe considérablement et se convertit en un liquide d'où il se dépose par le refroidissement des paillettes d'A. hydrochlorique. La partie qui reste liquide est un produit

(1) L'alcargène n. resseoîble , sous ce rapport , au cyanale noiin. (acide cyanique), qui donne également une coiiibinaison liydroclilorique que l'eau dtîcompose (211).

de décomposition et paraît renfermer de l'arsine hydrochlorique.

L'A. hydrochlorique soumis à l'action d'une température de 100" dégage du gaz formène chloré C(H^C/), de l'eau , de l'acide hydro(îhlorique et un liquide particulier (l) en laissant un résidu d'acide arsénieux (Bunsen).

Alcargène chlorocnivrique. — C^H^AsO^,2C»C/. — Cette combinaison se forme lorsqu'on mélange ensem])le des solutions alcooli(iues d'A. normal et de bichlorure de cuivre. Il se produit un précipité verdàtre qui devient grenu par l'ébullition (2). On peut le laver avec de l'alcool ; il se dissout aisément dans l'eau , mais on ne peut pas l'obtenir cristallisé par l'évaporation de la solution aqueuse. Quand on le cliauflé, il exhale des vapeurs d'alcarsine normale qui s'enflamment à l'air, et laisse un résidu de cuivre , d'arsénite de cuivre , d'arsenic et de charbon ( Bunsen ).

Alcargène htjdrohromique (superbromide de cacodyle basique).

— C2H'^As02,HBr. — Cette combinaison s'obtient , comme l'A. hydrochlorique , d'une manière directe ; mais elle ne cristallise pas; c'est un liquide sirupeux sans odeur et parfaitement neutre. Elle est très hygroscopique, et l'eau la rend instantanément acide. Le zinc métallique la convertit en arsine hydrobromique (p. 391). Sojis l'influence de la chaleur, l'A. hydrobromique éprouve une décomposition semblable à celle de l'A. hydrochlorique , en dévelopi>ant du gaz formène brome ( Bunsen ).

Alcargène hydroflaorique ( superfluoride de cacodyle basique).

— L'A. normal se dissout aisément et d'une manière conq^lète dans l'acide hydrofluorique concentré; quand on a chassé l'excès d'acide par l'évaporation, le liquide se prend en beaux cristaux prismatiques qu'on exprime entre des doubles de papier Joseph

(1) M. lUinscn appelle ce liquide kakodylsaures KaJcodylchlorid : il y a Iroiivé ^5,0 arsenic et 2G,3 chlore ; sa forimiie t'xit^e /i7,7 arsenic el '21 clilore ; elle n'est pas assez simple {&'li''>^ iW'Œ-0*') pour que nous l'adoptions; d'ailleurs ce liquide nous parait Otre un mélange d'alcarsine normale et d'arsine liydroclilorifiiie.

(2) M. IJunsen , toujours lidrlc à la théorie électro-chimique . représciitc ce compctsé par (;"'ll''**A.s"()'^('.rH'.i('8, c'est-à-dire par une coinhinaison de 2 éq. de bicacodylure de cuivre avec 7 é(i. d(î chlorure de cuivre.

400 llLsTOIRE ET CI.ASSTFir.ATIOX.

pour les sécher ensuite dans le vide. Ce soûl des cristaux prismatiques transparents , inodores , très solubles dans l'eau et l'alcool, et qui se transforment à l'air humide en un liquide très acide. Ils attaquent beaucoup le verre et ne se conservent sans altération que dans des vases de platine (l).

Alcargcnc jioliisaiquc (cacodylate de potasse). — C2(H^K)AsO^. — Cond)inaison déliquescente qui , par l'évaporation de sa solution aqueuse , se prend en groupes concentriques semblables à la waAvellite (Bunsen).

Alcargcne argentiqiie (cacodylate neutre d'argent). — C2(FFAg) A.sO-. — On obtient cette combinaison en dissolvant de l'oxyde d'argent dans l'A. normal. La masse évaporée à siccité se dissout aisément dans l'alcool, et y cristallise en aiguilles allongées, groupées concentriquement, et sans odeur. On peut les sécher à 100° sans qu'elles se décomposent (-2). Lorsqu'on traite l'A. normal par du car])onate d'argent pendant plusieurs jours , à chaud , et qu'on évapore la masse à siccité, l'eau en extrait un sel qui cristallise difficilement ( il renferme probablement O{Y[^\g]Xs0- -f

A Icarrjcne nltro-argeniique (combinaison de cacodylate d'argent ^i de nitrate d'argent). — Ç?{YiK^g)\sO-,^\gOK — Lorsqu'on mélange des solutions alcooliques d'A. normal et de nitrate d'argent, il se sépare des aiguilles d'A. argentique; mais ces cristaux se convertissent bientôt, au sein du liquide, en paillettes qui renferment 1 éq. d'A. argentique pour 1 éq. de nitrate d'argent. On les lave par décantation et on les dessèche dans le vide ; elles sont peu stables et noircissent rapidement. A 210" elles se décomposent avec une légère explosion ; elles sont aisément solubles dans l'eau et moins solubles dans l'alcool absolu ( Bunsen).

Alcargene mcrcurique (cacodylate dé mercure). — On l'obtient en dissolvant du IVioxyde de mercure récemment précipité dans une dissolution concentrée d'A. normal. Il ci'istallise par l'évaporation spontanée en aiguilles blanches et lanugineuses qui jaunissent par l'eau en séparant du bioxyde de mercure. Quand

il) M. Bunsen ropréscnlc celle combinaison par OHV^As.HH^O^. (2) M. Bunsen y admet 1 t^q. criiydrogèno de pins que nous. IFydrog. trouvé 2,6.'5, /(/. cale. 2,/|5.

on les chauffe, ils mettent du mercure métallique en liberté en développant des produits arsenicaux.

264. Alcarrjcne bisulfure (sulfide de cacodyle, sulfocacodylate de cacodyle). — C^H'^AsS-. — Ce corps intéressant se produit dans plusieurs circonstances : par l'action de l'hydrogène sulfuré sur l'A. normal , par l'oxydation lente de l'alcarsine sulfurée (4' fam.) , par l'action des sultliydrates sur l'arsine hydrochlorique, etc.

Lorsqu'on fait passer l'hydrogène sulfuré sec sur de l'A. normal également desséché , il y a une réaction extrêmement vive , de manière qu'il faut refroidir le vase où l'on opère , afin d'éviter les décompositions secondaires. Par le refroidissement de la masse , on obtient de grosses tables incolores , ou , si le refroidissement a été brusque , des prismes agglomérés , gras au toucher , inaltérables à l'air , et qui répandent une odeur pénétrante d'assa-fœtida.

On peut aussi obtenir l'A. bisulfure en mettant en digestion l'alcarsine sulfurée (4' fam.) préalablement desséchée sur du chlorure de calcium avec 1 /7 de son poids de soufre dans un flacon rempli de gaz carbonique. Par l'échauflFement du mélange, le soufre se dissout en un liquide jaune qui se prend par le refroidissement en paillettes d'A. bisulfure. On les fait cristalliser dans l'alcool bouillant :

Ce procédé toutefois n'est pas fort avantageux.

L'A. bisulfure fond à 50° eji un liquide incolore; par un plus fort échaufffîment il développe de l'alcarsine sulfurée ainsi que d'autres produits de décomposition.

Il est iiisolnhlc (huis l'eau, mais il se dissout aisément dans l'alcool; l'éther le (Hssout moins bien. L'acide sulfurique concentré le dissout en développant du ga/ sulfureux et en nii^ttant |du soufre en liberté. L'acidt; hydrochloritiue parait le dissoudre jsans altération.

j Lorsqu'on le sépare par l'eau de sa solution afjueuse , il se sépare d'abord en gouttes (|ui peuvent être refroidies à 20" sans qu'elles .si; concrètcnt; mais la moindre agitation du iKiuide les fait cristalliser.

L'acide nitrique le convertit en A. normal en éliminant du soufre et de l'acide sulfurique.

Le peroxyde puce de plomb opère la décomposition en donnant de l'A. plombique accompagné de soufre et de sulfure de plomb.

Le mercure réduit l'A. bisulfure déjà à la température ordinaire en produisant de l'alcarsine sulfurée et du sulfure de mercure.

Lorsqu'on précipite l'A. bisulfure par des dissolutions métalliques , on obtient les espèces sulfurées suivantes ; elles se produisent aussi par l'action de l'hydrogène sulfuré sur les espèces métalliques et oxygénées du g. alcargène (Bunsen).

Alcargène bisulfuro-plombique ( sulfo-cacodylate de plomb). — €2(H^Pè)AsS^. — On l'obtient en mélangeant une solution alcoolique d'acétate de plomb avec de l'A. bisulfure. Il constitue des paillettes blanches et soyeuses , inodores , inaltérables à l'air , insolubles dans l'eau et à peine solubles dans l'alcool. L'hydrogène sulfuré ne les altère point.

Aîcargène bisulfuro-bismiithique (sulfo-cacodylate de bismuth) — G2(H5Bî)AsS2. — Paillettes lanugineuses, inodores, d'un jaune doré, presque insolubles dans l'eau, l'alcool etl'éther, et inattaquables par l'hydrogène sulfuré.

Les dissolutions d'or , de cuivre et d'antimoine donnent dfâ combinaisons semblables.

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