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Produit de l'action des alcalis sur le g. anile

Anilate chloré (acide chloranilique). — C^ClKjO"^. — Lorsqu'on dissout à chaud l'anile bichloré dans une dissolution de potasse, et qu'on ajoute ensuite de l'acide hydrochlorique au mélange, le liquide prend une teinte rouge-jaunâtre, et il s'en sépare des paillettes blanc-rougeâtre , d'un éclat micacé , et qui , recueillies sur un filtre et vues en masse, présentent. la couleur du minium.

Chauffés dans un petit tube , ces cristaux se subliment en partie sans altération ; une grande partie , toutefois , brunit et se décompose. Les cristaux paraissent retenir 1 éq. d'eaii de cristallisation = 7,1 p. c. qui se dégage à 11 5" (Erdmann).

Anilate chloro-potassique ( chloranilate dépotasse). — C^(C/ït) 0^. — Ce sel se sépare en cristaux par le refroidissement d'une solution d' anile bichloré dans la potasse caustique , et cela d'une manière si complète que l'eau-mère conserve à peine une teinte rougeàtre ou brunâtre. On purifie le sel en le faisant cristalliser dans l'eau. Les cristaux ne perdent pas d'eau à 100". Chauffé sur une lame de platine , ce sel de potasse bride avec une petite détonation , en exhalant des vapeurs pourpres. Il se dissout dans l'eau et l'alcool avec une teinte pourpre tirant sur le violet.

Il précipite l'acétate de plomb en brun , le deutosulfate die cuivre en brun verdâtre , le protonitrate de mercure en brun jaunâtre. Le bichlorure de mercure n'en est pas troublé ; le pernitrate de fer est troublé par lui en noir. Les protosels de fei*, ainsi que ceux de nickel et de cobalt , n'en sont pas précipités (Erdmann).

Anilate chloro-argentique (chloranilate d'argent). — C^(C/A^) Q2. On l'obtient en mélangeant une solution d'an date chloropotassique avec du nitrate d'argent; c'est un précipité pulvéru-

lent , d'un brun rouge , et qui ne se dissout que fort peu dans l'eau avec une teinte rougeàtre ( Erdmann ).

Genre Glycérine R+^0^.

276. L'espèce normale de ce g. se produit dans la saponification des glycérides (100) par les alcalis.

Glycérine normale (principe doux des huiles , hydrate d'oxyde de glycéryle). — C^H^O^ — Pour l'obtenir, on met parties égales d'huile d'olive et de litharge en poudre fine dans une bassine avec de l'eau ; on fait bouillir en ajoutant de l'eau chaude à mesure qu'elle s'évapore et en agitant sans cesse le mélange , afin d'éviter qu'il ne s'en charbonne une partie au fond de la bassine. Lorsque l'emplâtre (mélange d'oléate et de margarate de plomb) s'est formé, on ajoute de l'eau chaude et l'on décante la liqueur aqueuse. Après l'avoir filtrée, on y fait passer un courant d'hydrogène sulfuré; on filtre de nouveau , et l'on évapore la liqueur au bain-marie.

Concentrée dans le vide, la glycérine se présente sous la forme d'un liquide sirupeux, incristallisable, d'une couleur légèrement jaunâtre, sans odeur et d'une saveur franchement sucrée.

Son poids spécifique est de 1,280 à + 15". Elle se dissout en toutes proportions dans l'eau et l'alcool; elle est insoluble dans Téther. Elle dissout tous les sels déliquescents , ainsi que quelques nitrates, chlorures et sulfates métalliques, et même l'oxyde de plomb (Pelouze).

Soumise à la distillation sèche , elle se décompose en partie en donnant des gaz inflammables , de l'acide acétique et de l'acroléine (269).

L'acide phosphorique anhydre lui enlève les éléments de 2 éq. d'eau et la convertit en acroléine (Redtenbacher).

La pf)tasse solide la convertit , à une douce chaleur, en acétate f!t en formiatc avec dégagement d'hydrogène (Dumas et Stas) :

c3n8o3 -( 1120 = C2IM02 + cir-'oî ^ m.

L'acide iiitri(|ue la convertit en eau , acide carboiii([U{' et acide oxalique; mise en contact avec le peroxyde de manganèse et l'acide sulfurique étendu d'eau , elle produit de l'acide carbo-

nique et de l'acide formiqiie. L'acide hydrochlorique fumant se dissout dans la glycérine sans l'altérer.

Quand on mêle, suivant M. Pelouze , 1 p. d'acide sulfurique concentré avec 1/2 p. de glycérine, ces deux corps s'accouplent en dégageant beaucoup de chaleur et en produisant du sulibglycérate normal :

mm^ -f sH2o< = C3H8S06 + 1120.

La glycérine dissout une quantité considérable de brome ; le mélange s'échauffe , et , si on l'étend d'eau , il se précipite un liquide brome. Le chlore exerce sur elle une action analogue.

Genre Carbomcthol RO^.

277. Carbométhol normal (carbonate de méthylène). — C^HW. — Cet éther se forme sans doute par l'action du potassium sur l'oxaméthol normal (138).

Genre Carbovinate RO^.

278. Il se produit par la combinaison de CO^ ou CS^ avec le g. alcool.

Carbovinate potassique. — C^(H^K)0^ — MM. Dumas et Péligot obtiennent ce composé en dissolvant dans l'alcool absolu de Vhvdrate de potasse porté à la chaleur rouge et faisant passer dans le liquide du gaz carbonique sec , en ayant soin d'éviter l'élévation de température qui ne manque pas de s'établir. Il se forme alors un abondant dépôt cristallin , qui consiste en carbonate , bicarbonate et carbovinate de potasse. On y ajoute son volume d' éther, et l'on filtre la liqueur, qui entraîne la potasse libre et laisse ces trois sels sur le filtre. Ensuite on délaie le produit cristallisé dans l'alcool absolu , on filtre de nouveau et l'on ajoute de l'éther à la liqueur filtrée. L'alcool dissout le carbovinate, et l'éther l'en précipite. En filtrant de nouveau et séchant rapidement, on obtient le carbovinate en lames nacrées , d'un grand éclat :

C2I160 -f (KH)o + C02 = c3(ii5k: 03 4- 1120.

Ce sel est blanc, nacré ; il brûle avec fiamme sur la lame de

platine, et laisse un résidu charbonneux. Dès le contact de l'eau, il se transforme en alcool et en bicarbonate de potasse :

C3(H5K)03 + H20 = C2fl60 + C02(KH)0.

A la distillation, il donne du gaz inflammable et un peu de liquide éthéré, en laissant un résidu de carbonate mêlé de charbon (Dumas et Péligot).

Carbovinate bisulfure (acide xanthique de M. Zeise, sulfocarbonate d'oxyde d'éthyle). — C^HC(0S2). — Lorsqu'on dissout de l'hydrate de potasse fondu dans la moitié de son poids d'alcool absolu , qu'on y dirige doucement du sulfure de carbone CS^ jusqu'à ce que le liquide cesse de réagir alcalin, et qu'on refroidit le mélange à 0% il y cristallise des aiguilles incolores de carbovinate bisulfuro-potassique ; l'eau-mère en fournit encore davantage si on l'évaporé dans le vide, après en avoir séparé, par l'eau, l'excédant du sulfure de carbone. On place le sel sulfuré dans un grand verre cylindrique , et l'on y verse de l'acide sulfurique ou hydrochlorique étendu d'eau ; il se produit alors un liquide laiteux auquel on mélange encore plus d'eau , de manière que le carbovinate sulfuré se sépare plus complètement.

Ce sel de potasse se produit , comme le précédent , de la manière suivante :

C2H60 + (KH)0 -f- CS2 = C3(I15K)(0S2) -|- II'O.

Le carbovinate bisulfure constitue une huile incolore plus pesante que l'eau, d'une odeur forte, d'une saveur à la fois acide, astringente et amère. Il rougit d'abord le tournesol, et fmit par le blanchir. Il est très inflammable, et brûle en répandant une odeur de gaz sulfureux. On ne peut pas le chauff'er sans qu'il se décompose; dès qu'on le porte à 24", il se trouble, s'échaufle, se met à bouillir, et se décompose en alcool et en sulfure de car- Ijone ; en effet :

C3ll6(OS2) = C2H60 -f- CS2.

Exposé à l'air, il se couvre d'une croûte blanche. Il déplace l'acide carbonicjue des sels alcalins (Zeise, Couerbe).

Carbovinate bisulfuro-potassique (xanthate de potasse, sulfo- «•arbonatc d'oxyde d'éthyle et d(! potasse ). — (?(H^K) (OS^). — il cristallis(î en prismes brillants, incolores et (\m jauni.ssenl

légèrement à l'air. A l'état sec, pu peut le chauffer à 200» sans qu'il s'altère. Il est très soluble dans l'eau et l'alcool, mais il ne se dissout pas dans l'éther . Lorsqu'on fait bouillir sa solution , elle se décompose en hydrogène sulfuré , sulfure de carbone , alcool, hyposulfite, carbonate, sulfocarbonate et sulfure de potassium.

Lorsqu'on chauffe sa solution aqueuse avec de la potasse , elle se décompose en développant de l'alcool sulfuré.

Carbovinate hisidfuro-plomhiqiie . — C^(H^PA) (OS'^). — Il s'obtient en décomposant le sel précédent par de l'acétate de plomb ; il se dépose peu à peu à l'état d'aiguilles qui sont d'une grande stabilité. L'hydrogène sulfuré ne les décompose pas à l'état sec, et si le sel est en dissolution , ce n'est qu'à la longue qu'il noircit par cet agent. Leur dissolution se décompose peu à peu quand on la fait bouillir; la potasse active cette décomposition , et l'on obtient alors du sulfure de plomb ( Zeise ).

Carbovinate bisulfiiro - cuivreux. — Lorsqu'on mélange un deutosel de cuivre avec le carbovinate bisulfuro-potassique , il se produit de beaux flocons jaunes qui paraissent correspondre à un protosel de cuivre.

Les carbovinates bisulfures à base de métaux se décomposent à la distillation sèche en produisant de l'acide carbonique , de l'hydrogène sulfuré, du sulfure de carbone, une huile particulière [xanthogenoel de M. Zeise), et en laissant pour résidu des sulfures (l).

Genre Pyruvate R-sQ^,

279. La distillation sèche de l'acide tartrique , comme celle des autres acides fixes, donne des produits très divers et en quantité fort variable, suivant la température à laquelle on l'effectue. Faite à feu nu , elle fournit des huiles empyreuraatiques , du gaz C^H^ , de l'eau , de l'acide carbonique , de l'acide acétique et une très faible quantité d'un acide concret C^H^O^ que nous décrirons plus loin sous le pqni de pyrqtartrate normal (^cide pyrotartrique ) ; du charbon reste en abondance dans la cornue. Entre

(1) jM. Couërbe a examiné les produits de la distillation si'che des carbovinates bisulfures (Revue scientif., t. Ill, p. 11) , mais ses résultats ne me paraissent pas bien nets.

200 et 300°, les mêmes produits apparaissent encore , mais il y a beaucoup plus d'acide carbonique et de ce même acide concret. Entre 175 et 190°, à peine remarque-t-on des traces d'huile; l'eau, l'acide carbonique et l'acide concret abondent (Pelouze).

M. Weniselos , qui s'est également occupé des produits de la distillation sèche de l'acide tartrique(l), a obtenu par ce procédé un acide liquide ; la distillation de la crème de tartre lui a fourni l'acide concret en grande quantité.

Voici les observations de M. Berzélius sur le même sujet : Lorsqu'on distille de l'acide tartrique ou paratartrique ( uvique ou racéraique ) au bain de sable , sans dépasser la température de 200", du moins au commencement de l'opération, la matière fond et se boursoufle considérablement, de sorte qu'il faut de temps à autre la remuer avec un agitateur. Il se développe constamment de l'acide carbonique , dont le courant entraîne de la vapeur d'acide acétique et d'acide pyruvique. Dès que le résidu est noir et semi-fluide , on cesse de distiller.

Le produit distillé renferme des traces d'un corps volatil plus léger que l'eau ( acétone ?) , de l'acide acétique , de l'acide pyruvique et l'acide concret dont nous venons de parler, souillé de matières résinoïdes. On distille ce produit au bain-marie; on obtient alors pour résidu une masse sirupeuse où se déposent quelquefois des cristaux de l'acide concret. Le liquide qui a passé à la distillation au bain-marie n'est pas incolore , et il paraît même qu'on ne peut pas le distiller sans qu'il s'altère (Berzélius).

Il paraît , d'après ce qui précède , que l'acide liquide de M. Weniselos est le corps obtenu par M. Berzélius ; il serait même possible que l'acide liquide se convertît en acide solide par une distillation prolongée. Les équations suivantes rendent compte de la foirnation de ces corps :

Ac. tarlriq. C<llW = C02 -{- Il2o + C^II^O^. Ac. pyruvique (liquide). Produits secondaires :

2C311W = C02 4- CHl^O*. Ac. pyrolartiique (solide).

2C3IH03 = 2C02 + C'-'11<0-' -f C^ii*.

Ac. acélique. Gaz oléliaiil.

(1) Annal, der Pharm.^ t. XV , p. 153.

Aii HISTOIRE ET CLASSlblCATIOX.

On aurait de même, eu supposant l'acide concret formé d'une manière directe :

Pynivale normal (acide pyruvique, pyroracémique ou pyrofartrique liquide). — C^H^O'. — Pour l'obtenir pur, on sature à froid le liquide acide obtenu dans la distillation sèche de l'acide tartrique , et rectifié au bain-marie , par du carbonate de plomb récemment précipité ; on abandonne la masse pendant 24 heures et ensuite on la jette sur un filtre , et on la lave avec de l'eau froide; on évapore dans le vide le liquide ; on le délaie dans l'eau, et on le décompose par l'hydrogène sulfuré (Berzélius).

L'acide pyruvique, évaporé dans le vide, constitue un sirop épais, sans aucun indice de cristallisation. A froid il est sans odeur , mais quand U est chaud il a une odeur légèrement acide. Il est d'une saveur acide et amère ; il se mêle en toutes proportions avec l'eau , l'alcool et l'éther.

Il paraît que les agents oxygénants le convertissent en acide acétique ; du moins on a :

Les pyruvates métalliques (l) se présentent sous deux formes : à l'état cristallin et à l'état gommeux. On les obtient sous la première forme lorsqu'on évite de chaufter leur dissolution aqueuse; ils passent dans la modification gommeuse par l'ébuUition et l'évaporation de leur solution diluée. La plupart d'entre eux jaunissent à l'état sec par réchauffement à quelques degrés audessus de 100". Lorsqu'on les chauffe avec de l'acide sulfurique concentré , ils noircissent en dégageant de l'acide acétique. Ils sont généralement peu solubles dans l'alcool. Leur dissolution aqueuse se colore en rouge foncé par les protosels de fer. Ils réduisent à l'ébuUition le perchlorure d'or ; les chlorures de platine n'en sont pas altérés (Berzélius).

Pyruvate potassique. — C''(H^K)0\ — C'est un sel déliquescent ; évaporé dans le vide , il dépose de petites paillettes qui disparaissent de nouveau à l'air (Berzélius).

(1) Ces sels se trouvent décrits d'une manière complète dans le Traité de M. Berzélius, 3'^ édit. allem., t. VI , p. 116.

Pyruvate sodique. — C^yH^NfljO^. — Gros prismes aplatis qui ne renferment pas d'eau de cristallisation.

Pyruvate bary tique. — C^'H^BajO^. — Paillettes brillantes qui paraissent retenir 5,45 p. c. d'eau de cristallisation ; leur dissolution dans l'eau passe dans la modification gommeuse par le moindre échauffement ( Berzélius).

Pyruvate plomhique. — C^(H^P/))03. — Il s'obtient sous la forme d'une poudre blanche et amorphe lorsqu'on mélange de l'acide pyruvique avec de l'acétate de plomb ; il perd de l'eau à 120" en brunissant. Lorsqu'on le traite par de l'ammoniaque diluée , il donne un sel surbasique qui parait renfermer D^H'Pi) 03,P//20.

Pyruvate argentique. — C^(H^A^]0^. — On l'obtient en saturant à froid l'acide pyruvique dilué par de l'oxyde d'argent récemment précipité et humide. On redissout la masse cristalline dans l'eau bouillante ; le sel se dépose alors à l'état de lamelles brillantes, douces au toucher comme du talc, et qui ressemblent à l'acide borique. Lorsqu'on évapore à chaud sa solution aqueuse, il se dépose peu à peu de l'argent métallique , en même temps qu'il se manifeste une efifervescence d'acide carbonique (Berzélius).

Genre Mésoxalate R— 2O6.

280. Lorsqu'on verse goutte à goutte une dissolution bouillante d'acétate de plomb dans une solution d'alloxane normale C^H^X^O^, il se produit un précipité de mésoxalate de plomb , et la H(iueur retient en dissolution de l'urée. Le sel de plomb décompoM'; par l'hydrogène .sulfuré doime de l'acide mé.soxalique. 1 éq. dalloxane s'assimile 2 éq. d'eau etpro(hiit 1 é([. de mésoxalale et 1 ('({. d'urée, car :

C<1MN205 + 21120 = C3ll<0« + Cll<.\20.

Mésoxalate normal (acide mésoxalique). — C^H^O^. — La dissolution de ce corps est très acide, rougit les couleurs végét.iles, et i)eut être bouillie sans qu'elle se décompose. Saturée d'ammoniaque, elle donne des précipités blancs dans les sels de baryte, de chaux et de strontiane ; ces précipités sont solubles dans les acides et dans un excès d'eau.

Lorsqu'on ajoute du nitrate d'argent à une dissolution d'acide niésoxalique neutralisée par l'ammoniaque, il se produit wn précipité jaune qui devient noir et se réduit par l'échaulfement en produisant une vive elïérvescence ( Wœhler et Liebig).

Mésoxalate bibarytique. — C^{YPBa^)0^. — Lorsqu'on soumet à l'ébullition une dissolution d'alloxanate bibarytique C^(H2Bûf2) N^O*, il se produit un précipité blanc composé de mésoxalate et de carbonate (l) ; par l'évaporation de la liqueur, il se produit des croûtes cristallines composçes d'urée et de mésoxalate bibarytique ; celles-ci , traitées par l'alcool , lui abandonnent l'urée, tandis que le mésoxalate n'en est pas dissous ( Woebler et Liebig).

Mésoxalate biplomhiqm . — C^(H2P^2jQ6 Qn l'obtient directement avec l'acide mésoxalique libre et l'acétate de plomb (Woebler et Liebig).

Le sel de plomb qu'on obtient en décomposant l'alloxane par l'acétate de plomb est , selon nous , un sel surbasique : (C^(H2P6^) 06+P620).

Genre Phosphomésitate R+'PO*.

281 . Quand on mêle l'acide phosphorique glacial avec son poids d'acétone normale, la masse s'échauffe et brunit ; en neutralisant cette liqueur avec une base, on obtient un sel soluble. Avec la soude , on obtient de petites lames rliomboïdales qui , exposées à l'air, deviennent opaques en perdant une certaine quantité d'eau de cristallisation ; quand on les chauffe davantage , elles fondent dans leur eau de cristallisation et finissent par laisser une masse blanche qui , chauffée plus fortement , se boursoufle , noircit , et brûle en laissant un résidu de phosphate de soude (Kane). Une petite quantité de ce sel , soumise à l'analyse, a donné 48,8 p. c. de phosphate de soude ; cette quantité correspondrait à la formule C3(H6Na)PO^ + 2aq. (2).

(1) Le carbonate provient d'une décomposition partielle de l'urée.

(2) D'après notre loi d'accouplement, on aurait : pour l'acide phosphorique , C^H^O + Pll^O'* — IJ20 = C^IPPO^ acide phosphouicîsitylique ( bibasique ) ; pour l'acide phosphoreux , CHl^O + PU^O^ — ll20 = C^H^P^O^ acide phosphomésityleux ; car nous écrivons l'acide phosphorique vitreux î>^0^,m^O = y^H^O^ = PH^O^

TROISIÈilE FAILLE. 437

M. Kane décrit dans son Mémoire ( l) un corps qui accompagne la formation du ptéléène iodé (266) et s'obtient en cristaux blancs loi'squ'on fait agir un mélange d'iode et de phosphore sur l'acétone. Ces cristaux , saturés par du carbonate de baryte , donnent un sel blanc qui nous semble représenter un sel copule correspondant à l'acide phosphoreux : C^(H^Bf/)P03.

D'ailleurs les analyses de M. Kane ne sont pas assez complètes pour que ces formules puissent être considérées comme certaines.

Genre Suif oglycér aie R+-S06.

282. L'acide sulfurique concentré mis en contact avec la moitié de son poids de glycérine (276) se mêle avec elle sans la colorer et en produisant une grande élévation de température. Le mélange refroidi , étendu d'eau , saturé par un lait de chaux et fdtré , donne par l'évaporation une masse sirupeuse de laquelle le froid sépare des cristaux incolores d'un sel calcaire particulier. Celuici , traité par l'acide oxalique , fournit avec facilité l'acide sulfoglycérique (Pelouze).

Tous les sulfoglycérates se distinguent par la facilité avec laquelle ils fixent les éléments de l'eau , sous l'influence ties alcalis , pour se transformer en glycérine et en sulfate ;

C^tRSOe + 1120 = C3n803 + SIPO*.

Sulfoglycérate normal (acide sulfoglycérique). — C^H^SO^. — Il se présente sous la forme d'un liquide incolore et sans odeur, d'une saveur fortement acide , et d'une instabilité telle tju'en l'évaporant dans le vide à plusieurs degrés au-dessus de 0°, il se décompose en acide sulfurique et en glycérine, alors même qu'il contient encore une quantité d'eau très considérable. H décompose avec facilité tous les carbonates ( Pelouze).

Sulfoglycérate ralcique. — C^iIPCojSO^. — \\ cristallise en aiguilles prismatiques, incolores, solubles dans moins il»; leur poids d'eau froide , insolubles dans l'alcool et l'éther ; à une teinj)érature de HO ii 150°, il se déconqiose en répandant une od('ur j)énétrante d'ucroléine (269) et en laissant un résidu noir qui blanchit par une calrination [trolongée à l'air (Pelouze).

(1) Répertoire de chimie, U IV, p. iUl.

Sulfoglycérate barytique. — C^{H'Bfl)SO^. — La baryte décompose a froid le sel précédent et en précipite de la chaux. Lorsqu'on chauffe le sel de baryte avec un excès de baryte , il se décompose, même au-dessous de 100", en déposant du sulfate de ])aryte et en mettant de la glycérine en liberté (Pelouze).

Genre Uréthane R+iNO^.

283. D'après les observations de M. Dumas, l'ammoniaque liquide et concentrée étant mise en contact avec le formalcool chloré C^iH^C/)0'^ (éther chloroxicarbonique ) détermine une réaction tellement vive que le mélange entre en ébuUition et produit quelquefois une sorte d'explosion. Si l'ammoniaque est en excès, tout l'éther disparaît ; il se forme de l'hydrochlorate d'ammoniaque et de l'uréthane normale (C6).

Uréihane normale. — C^H'NO^. — Pour l'isoler, on fait évaporer dans le vide le produit de la réaction précédente ; quand il est bien sec , on le met dans une cornue bien sèche et on le distille dans un bain d'huile chauffé. La nouvelle matière passe à la distillation sous la forme d'un liquide incolore qui se fige en une masse feuilletée et nacrée comme le blanc de baleine ; elle est blanche, fusible au-dessous de 100*, et capable de distiller vers 180° quand elle est sèche ; quand elle est humide , la distillation en décompose une partie en produisant des torrents de gaz ammoniac. Elle est très soluble dans l'eau, soit à chaud, soit à froid ; la dissolution est entièrement neutre et ne trouble pas les sels d'argent. Elle se dissout aussi fort bien dans l'alcool. La densité de sa vapeur a été trouvée par expérience égale à 3, H. La disposition à cristalliser de cette matière est si grande que quelques gouttes d'une dissolution abandonnée à l'évaporation spontanée forment toujours de grands cristaux minces et transparents (Dumas).

L'uréthane est évidemment l'homologue de l'uréthylane de la Deuxième Famille (254).

Genre Cystine RNO'.

284. Cystine sulfurée [cyst'me, oxyde cystique). — C^H^N(02S).— Ce principe , découvert par WoUaston , constitue quelquefois les

calculs qu'on rencontre dans la vessie de l'homme ; il est du reste extrêmement rare , de sorte qu'il n'a pas encore pu être complètement étudié : aussi n'est-ce que provisoirement que nous le plaçons dans la Trilsicme Famille.

Les calculs de cystine '-ont d'un jaune sale , diaphanes et cristallins ; on peut en extraire la cystine à l'état de pureté en les dissolvant dans la potasse caustique et ajoutant à la solution bouUlante de l'acide acétique en excès. Elle se dépose alors par le refroidissement à l'état de feuillets hexagones , incolores et transparents. On l'obtient aussi en cristaux, en abandonnant à l'évaporation spontanée sa dissolution dans l'ammoniaque caustique ; il se produit alors des prismes réguliers , raccourcis et à 6 faces.

La cystine n'a aucune réaction sur les papiers colorés. Elle ne fond pas par réchauffement ; à la distillation sèche elle fournit une huile très fétide, une eau ammoniacale et un résidu de charbon très poreux. Elle est insoluble dans l'eau et l'alcool. Les acides hydrochlorique , sulfurique , nitrique , oxalique et phosphorique la dissolvent ; on obtient même une combinaison cristalline de cystine avec l'acide hydrochlorique , mais elle se décompose déjà à 100".

Les alcalis fixes, caustiques ou carbonates, dissolvent également la cystine ; elle produit aussi une combinaison cristalline avec la potasse et la soude.

Elle renferme 25,5 p. c. de soufre (Baudrimont, Thaulow , Malaguti).

Genre Cyanomcthol RN^O^.

285. Cyanométhol norma/ ( bicyanuratc d'oxyde de mélhyle). — C^H^NW. — Lorsqu'on fait passer dans l'esprit de bois absolu les vapeurs provenant de la distillation sèche de l'acide cyaimri(|ue , il .se dépose au bout de quelque temps de longues aiguilles incolores. Ces cristaux sont ni'utrcs au i)api('r, .solublcs dans l'eau , l'alcool et l'éther , mieux à chaud qu'a froid. .\ la distillation sèche ils se subliment en partie, tandis (|u'umc autre portion sedéromposo en lais.sant do l'acide cyanuri(|ue et en (N'i^agcaiit de l'ammoniaque, ainsi (jue du gaz hydrogène carbone. L'Iiv-

drate de potasse les décompose à l'ébullition en donnant du méthol normal et du cyanurate de potasse (Richardson).

Ce composé se produit par la réunion directe de 2 éq. de cyanate normal et de 1 éq, de méti-./" , car 2CHN0 -|- CH^O =: C^HWO^ ; il sort donc de la classe des cvhers proprement dits.

Genre Parabanate R— 'N^O^. *'

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