‹ Précis de chimie organiqueChapitre 87 sur 95 · On ne l'a pas encore obtenu artiliciellement · texte numérisé non relu

On ne l'a pas encore obtenu artiliciellement

Asparagine normale (asparamide, althéine). — OH^X^qs ^ aq. — Cette amide se rencontre toute formée dans les asperges, la racine de guimauve, les betteraves (Rossignon), la grande consoude , etc. Elle se dépose à l'état cristallisé par la concentration de l'extrait aqueux des asperges ou de la racine de guimauve.

On l'oljtient en prismes droits à base rhombe, d'une entière transparence; elle est dure, sans odeur, et possède unesavi'iufraîche et légèrement nauséabonde. Les cristaux développent par réchauffement 12 p. c. = 1 éq. d'eau ; ils sont peu solubles dans l'eau froide, plus solubles dans l'eau bouillante, insolublt;s dans l'alcool absolu et dans l'éther. Leur solution acpieuse ne précijiite pas les sels métalliques. Les acides et les alcalis , ainsi qno les ferments, la convertissent en aspartate (3-28j et en amM)onia(pie.

Genre Cyanalcool RN^O-*.

332. Ce genre, isomère du précédent , est riiomologue du g cyanométhol (28.')).

Cyanalcool normal (éther cyanicpie , bicyaiiurate d'oxyde d'étliyle ;. — CMRN^O^ — Lors(iu'on dislill»' le cyaiiural*; normal (290) et (ju'on dirigi- Icsvajjours dans de l'alcool normal (22()J, celui-ci s'échauffe ((tnsidfrahlcmt'nt et d(''i)os(î peu à peu des cristaux de cyanalco(»l normal. (>onnne le (•yanurat(î nuim. se décompose par la distillation sèche eu eyanale iiorm., on a

donc :

(2iico -f 2r.ii.\o ^- r.MiSNW.

On lave le produit avec un peu d'alcool et on le dissout ensuite dans un mélange d'alcool et d'éther qu'on abandonne à l'évaporation spontanée.

Le C. normal cristallise alors en prismes ou en aiguilles incolores, transparentes et douées d'un grand éclat. A froid, il ne se dissout pas dans l'eau, mais il est soluble dans l'eau et l'alcool bouillants. Sa solution est neutre aux papiers, n'a point de saveur et ne précipite pas les solutions métalliques.

Quand on chauffe les cristaux a l'air libre, ils fondent, se Yolatilisent et se condensent dans l'air sous forme de flocons lanugineux. Soumis a la distillation sèche, ils se dédoublent en alcool norm. et cyanurate normal. Ils se dissolvent dans une solution de potasse caustique en donnant de l'alcool normal et du cyanurate potassique (Wœhler et Liebig).

Genre Dialwalc R-'^N^O^.

333. L'espèce normale de ce g. se forme par l'action prolongée de l'hydrogène sulfuré sur l'alloxantine normale :

2C<H5i\205 4- tPS = S + 2H20 + 2C<H<^2o4.

Probablement le g. dialurate se produit aussi par la décomposition de l'uramile normale sous l'influence des acides et des alcalis bouillants :

Dialurate normal (acide dialurique , acide uramilique?) — G^H^N'^0^ — Ce corps (l) s'obtient aisément en dissolvant à chaud du dialurate ammoniacal ou potassique dans de l'acide hydrochlorique moyennement concentré, jusqu'à saturation, et abandonnant au repos. 11 cristallise alors en longues aiguilles, d'une saveur aigrelette , et assez solubles daiis l'eau. Les cristaux

(1) MM. Wœhlcr el Liobig décrivent , dans leur beau travail sur l'acide inique , un corps qu'ils appellent acide uramilique , et qu'ils ont obtenu par l'action de l'acide sulfiiric^ue sur rurauiile normale. Ces chimistes le représentent par C'^'ii2(^Aï"0'^ = cnRV'^ V^ 0^ 3/4, Si je ne m'abuse, ce corps est idenli(|ue avec l'acide dialurique, dont j'ai emprunté la description au Dictionnaire de MM. Liebii; , Pogy;endorf et Wœhler (t. II. p. 57o). D'ailleurs cette partie du travail de MM. Liebig et Wœhler offre quelque obscurité.

QUATRIÈME FAfflLLE. 515

rougissent à l'air et se convertissent peu à peu en alloxantine normale (modification dimorphe). Cette transformation s'effectue sans doute sous l'influence simultanée de l'eau et de l'humidité, car:

Dialurate ammoniacal. — C'H^N20'',NH^. — Lorsqu'on fait passer du gaz hydrogène sulfuré dans une solution bouUlante d' alloxantine , il se dépose du soufre, et le liquide devient fort acide. En saturant ensuite par du carbonate d'ammoniaque, on obtient un sel qui se dépose , par le refroidissement , à l'état d'aiguilles soyeuses.

La même combinaison s'obtient si l'on ajoute du sulfhydrate d'ammoniaque aune solution d'acide urique dans l'acide nitrique dilué, de manière que le mélange conserve une légère réaction acide. On épuise la bouillie par l'eau bouillante et on y ajoute du carbonate d'ammoniaque.

Enfin on peut aussi l'obtenir en réduisant l'alloxane normale par du zinc et de l'acide hydrochlorique, et ajoutant au liquide assez de carbonate d'ammoniaque pour redissoudre le précipité d'oxyde de zinc.

Le D. ammoniacal cristallise en aiguilles qui deviennent rosées à la température ordinaire , et d'un ruuge de sang par la dessiccation. Il est très soluble dans l'eau bouillante. Il précipite en blanc les sels de baryte , en jaune les sels de plomb ; les précipités prennent à l'air une teinte violette. Les suis d'argent en sont réduits à l'état métallique (Liebiget Wœhler).

Dialurate potassique. — C<(H^K;N20^ — Ce sel, qui se distingue par sa faible solubilité dans l'eau froide ou chaude , s'obtient sous la forme d'un précipité cristallin , d'un jaune citronné, lorsqu'on ajoute une solution de cyanure potassique ù une solution d'allox.an«; normalt". On It^ décolore en le dissolvant dans une lessive faible de potasst; et saturant |)ar de l'acide acéti(iue; il s'obtient alors sous la forme d'un préci|>ile blanc et caillebotteux.

On peut aussi l'obtenir en dissolvant le 1). normal dans l'acide hydrochlori([ue et saturant i)ar du carbonate de potasse (Liebig et Wœhler, Gregory).

Diahirate barytique. — C^{H3Ba)N20^ —Précipité blanc analogue au précédent (Frésénius).

Il est difficile d'obtenir un sel de plomb d'une composition constante , car le produit s'altère rapidement.

Genre AUoxantim R-^N^O^,

334. Produit de l'action de l'acide nitrique surl'urate normal (5« fam.).

On l'obtient aussi par l'action des agents de réduction sur l'alloxane normal ( Wœhler et Liebig).

Alloxantine normale. — C^H^N'-O^. — La dissolution de l'acide nrique s'opère dans l'acide nitrique étendu avec les mêmes phénomènes que dans l'acide concentré (175); mais la liqueur dépose , après une douce évaporation, des prismes à A pans, durs, transparents et incolores d'A. normale.

Ce corps est très peu soluble dans l'eau froide et un peu plus soluble dans l'eau bouillante ; sa solution rougit les couleurs végétales d'une manière très sensible , et cependant elle ne peut yenir en contact avec les bases sans en être décomposée. Il peut cristalliser sous deux formes différentes.

Une solution d'A. normale donne avec l'eau de baryte un épais précipité d'un beau violet, qui devient blanc par l'ébullition du liquide, en disparaissant entièrement. Le nitrate d'argent y occasionne un précipité noir d'argent métallique ; le liquide séparé de ce dépôt à l'aide du filtre précipite alors la baryte. C'est que ces réactifs convertissent l'A. normale en alloxane normal.

Cette métamorphose se produit aussi quand on dissout l'A. normale dans l'eau bouillante et qu'on y ajoute quelques gouttes d'acide nitrique ; on remarque alors une légère effervescence due au dégagement des produits de décomposition de cet acide. Évaporée jusqu'à consistance d'un sirop épais , la liqueur donne des cristaux d'alloxane normal, sans aucun autre produit ; d'ailleurs on a:

2(C<ll5]\ï05) -f 0 = IPO -I- 2(C^1Ha2o5).

L'alloxane norm. peut être de nouveau converti en A. nonn. lorsqu'il! y fait agir un agent de réduction , par exemple l'hydrogène sulfuré (181); mais l'A. ni.riii. est elle-même décomposée,

quand on t'ait passer pendant longtemps un courant d'hydrogène sulfuré dans sa solution maintenue à l'ébullition ; il se précipite alors une nouvelle quantité de soufre , et la liqueur prend une réaction acide bien caractérisée due au dialurate normal (333).

Lorsqu'on dissout à froid de l'A. dans l'ammoniaque étendue d'eau , qu'on laisse évaporer cette dissolution à l'air libre et à une température modérée , qu'on renouvelle ensuite l'ammoniaque à plusieurs reprises , on obtient finalement de l'oxalurate biammoniacal (288); hors du contact de l'air, ce corps ne se forme pas ( Wœhler et Liebig).

En mélangeant une solution de sel ammoniac avec une solution d'A. norm., toutes deux ayant été préalaldement purgées d'air par l'ébullition , on voit se précipiter au bout de quelques instants des cristaux d'uramile normal C^H'N20\ tandis <|ue l'eau-mère retient de l'acide hydrochlorique libre et de l'alloxane normal. On a évidemment (l) :

2(C<H5N205) -f lic;,MP = G^H\N303 + UCl -J- C<IH.\205 -f 2Il-'0.

Genre Alloxanc Ix-^yiH)^.

335. L'espèce normale de ce g. prend naissance dans plusieurs circonstances : par l'action de l'acide nitrique sur l'urate normal (acide urique), sur l'alloxantine normale, sur l'uramile normal , etc. Toutes les espèces de ce g. ont la propriété de fixer les éléments de l'eau, en présence des alcalis, et de se convertir en urée normale et en mésoxalates (280).

Alloxanc normal (alloxane, acide érythririue de BrugnatcUi, acide alloxanique?). — C^H^X^O''. — On le prépare on faisant agir l'acide nitricpiesur l'acide uri([ue. Nous avons dt'-jà parh' de cette réaction (175). MM. Liebig et Wœhler presciivcnt d'employer, pour obtenir de l'A. normal, 1 p. d'acide uricpicscr et 4 p. d'aci(l(; nitri(|ue de 1,4 ou 1,5. 11 faut éviter une U(»i> grande élévation (!(! lem[)r'ratiire , en ayant soin de lel'roidir le mélange et de ne décomposer que très peu d'acide nii(|iie à la fois.

(1) Comme dans loiiles les réaflioiis de ralioxaiiliiie o» V(iit iiitcrvoiiir 2;cMl''.\-U'') , il est uV-s probalilc que sou équivalent est (.«ll""\<0^ La même chose doit se due de l'indigo blanc, qui ressemble à l'uiloxanlinc sous tant de rapports.

On obtient ainsi par le refroidissement une bouillie blanche presque solide de cristaux qui offrent la plus grande ressemblance avec l'acide oxalique. On les répand sur une brique bien poreuse sur des doubles de papier Joseph ; quand ils sont secs, on les fait recristalliser dans l'eau bouillante.

L'A. normal cristallise dans l'eau sous deux formes différentes : par le refroidissement d'une solution saturée à chaud, on obtient des cristaux très volumineux , mais très efflorescents , qui contiennent 3 éq. = 25 p. c. d'eau do cristallisation. Les cristaux qui se forment dans une solution chaude sont au contraire toujours anhydres et ne s'eftleurissent pas. Il est donc avantageux, pour se procurer de l'A. pur, de le faire cristalliser la première fois k l'état anhydre. On obtient souvent des cristaux d'un pouce de long , surtout ceux du corps hydraté ; ils constituent des prismes à base rectangulaire. Le corps anhydre se présente sous la forme d'octaèdres rhomboïdaux tronqués sur les angles et d'un éclat vitreux ( Wœhler et Liebig).

Il est très soluble dans l'eau ; sa solution colore la peau en pourpre au bout de quelque temps et lui donne une odeur nauséabonde ; il rougit le papier de tournesol , mais ne décompose pas les carbonates de chaux et de baryte. Il n'attaque pas non plus l'oxyde de plomb, même à l'ébullition.

Selon MM. Wœhler et Liebig , VA. normal ne serait pas un acide ; et cependant , quand on mélange sa solution avec de l'eau de baryte ou de chaux , il se produit un sel barytique ou calcaire qui tendrait à faire admettre que l'A. normal est un acide bibasique. Mais, suivant ces chimistes, ce corps éprouve alors une modification moléculaire qui le convertit en un corps isomérique appelé par eux acide alloxanique. Ils n'en ont pas fait l'analyse (1).

Une dissolution chaude d'A. normal donne par une addition

(1) .Tiisqu'.'i plus .nmplo infnnîintinn , noiis ronsidérerons les alloxanates de MM. Ij'ebic; et ^Vo'lilcr cominc ries espèces du ir. alloxane, (ioiu ils pi»^scntent d'ailleurs la composition. MM. W. et L. disent que l'acide alloxanique s'obiient en dc'composant par l'acide sulfurique le pri^cipiié occasionne dans Talloxane par l'eau de baryte. « L'acide alloxanique , disent-ils, est très acide , décompose les oarlionalcset 1rs aci^îates avec fariliiO , ci crislnllisc eu une massi; dure et rayonnéc. Combiné avec ).'! |jar\[e, il prodiMl leiucnie sel <|uo celui (|u'un obtient avec l'alloxanc;

d'eau de baryte un précipité d'A. bibarytique qui se décompose, par une ébuUition prolongée, en urée normale et en mésoxalate bibarytique :

Mêlé avec un protosel de fer , l'A. normal n'y détermine d'abord aucun précipité , mais le liquide se colore en bleu-indigo inteuse.

Une dissolution d'A. normal, doucement échautïée avec du peroxyde puce de plomb, dégage de l'acide carbonique pur; quand l'opération est terminée on obtient un magma blanc de carbonate et d'oxalate de plomb. La liqueur fdtrée donne des cristaux d'urée. Comme l'oxalate de plomb se décompose luimême en carbonate , sous l'influence du peroxyde, on a donc :

C<H^N205 4- P6202 = C02 4- avb'^0* + CH<i\20.

Fait-on passer un courant d'hydrogène sulfuré à travers une solution passablement concentrée d'A. normal, il se dépose du soufre , et le liquide se prend en une bouillie épaisse de cristaux d'alloxantine normale :

2(C<Il<iN205) -{- I12S = 2(C<I1\N'0'') + S.

On obtient le même produit on ajoutant un peu d'acide hydrochlorique à de l'A. normal et y plaçant un morceau de zinc métallique. Il se dépose au bout de quelques heures une quantité considérable d'alloxantine en croûtes cristallines, et par une seule cristallisation la substance est purifiée d'oxyde de zinc.

Le chlorure d'étain ajouté à une solution d'A. en précipite aussi de l'alloxantine.

Réciproquement l'alloxantine se convertit en A. sous l'influence des agents oxygénants.

Une dissolution acjueuse d'A. liouillie avec un excès d'acide

pn'alablcment noiUralisi^ pnr l'ammoniaque, il donne un précipité blanc avec les sels d'aigcnl. Il dissout le zinc avec dégagement d'hydrogène. » Comme Palloxane donne directement, avec les hases, les mêmes sels, et que d'ailh'ms MM. \V. et L. ne disent pas si les indications précédentes ont été fournies par tin acide alhixaniqiie dépunillé d'acide sidfiiriqiie par la cristallisation, n*esl-on pas conduit ù voir , dans leur acide alloxanique, de Palloxanc impur?

520 mSTOIKE ET CLASSIFICATIOX.

sulfureux donne par le refroidissement des cristaux d'alloxanline ; mais si avant de faire bouillir on y ajoute de l'ammoniaque , on obtient du thionurate biannnoniacal (337).

Un mélange d'ammoniaque et d'A. norm. chaulfé doucement devient jaune , et se prend par le refroidissement en une gelée jaune et transparente d'un sel ammoniacal; cette combinaison , dissoute dans l'eau chaude et traitée par un excès d'acide sulfurique étendu , donne aussitôt un précipité transparent et gélatineux au(|uel MM. Liebig et Wœliler donnent le nom d'acide nnjcoméliquc , et qui me paraît être identique avec le corps que M. Pelouze a décrit postérieurement sous le nom (M acide allantiirique (287). Si ma supposition se confirme, la formation de ce corps est nécessairement accompagnée de celle de l'urée , car :

o^v^^o^ + 2N!i3 = 1120 + c3h<.n203 + ciR\2o.

AUoxane hibarytiqnc (alloxanate de baryte). — C<(H2Ba2)N205.

— Une dissolution chaude d'A. normal donne par l'eau de baryte un précipité qui se redissout à une douce chaleur. Si l'on continue d'ajouter l'eau de baryte , il arrive un moment où toute la liqueur se trouble, et alors, abandonnée à elle-même, elle laisse déposer une quantité considérable de paillettes blanches. On obtient ce même sel en ajoutant un mélange d'ammoniaque et de chlorure de baryum à une solution d'A. normal.

L'A. bibarytique forme des prismes courts, transparents, ou bien des paillettes brillantes ; il perd à 100" 20 p. c. d'eau de cristallisation. Sa dissolution se convertit, par une ébuUition prolongée , en urée normale et en mésoxalate bibarytique (280).

AUoxane bistrontiqne (alloxanate de strontiane). — C''(H2S/2) N20^ + 4 aq. — L'eau de strontiane ou un mélange de chlorure de strontium et d'ammoniaque occasionne dans l'A. normal un précipité de A. bistrontiqne. Ce sel forme de petits cristaux aciculaires, transparents, et contenant 4 éq. = 22,5 p. c. d'eau de cristallisation qu'ils perdent à 120°.

AUoxane bicalciquc (alloxanate de chaux). — Précipité gélatineux qui devient cristallin par le repos ; il est très soluble dans l'acide acétique.

AUoxane biargcntiquc (alloxanate d'argent). — C^(H2A«/2jN-0'.

— L'A. ne trouble pas une dissolution de nitrate d'argent ; mais

si l'on y ajoute (le l'ammoniaque, il se produit un précipité blanc (jui se colore en jaune par l'ébullition. Séché à 100°, il présente la composition indiquée ( Wœhler et Liebig ),

Genre Uramile R-^N^O^

336. Sous l'influence de la chaleur, le tliionurafe normal élimine les éléments de l'acide sulfurique et .se convertit en uramile normal :

Uramile «or/na^ (uramile, murexane, acide purpuriijue?). — C^H^N^O''. ■ — On obtient cette amide en faisant bouillir quehiues minutes le thionurate normal ou biammoniacal avec de l'acide sulfurique ou liydrochlorique. Les dissolutions , lors même qu'elles ne sont que peu concentrées , se prennent alors en une bouillie très blanche composée d'aiguilles très fines. Le magma est aisé à laver, et diminue beaucoup de volume par la dessiccation. L'U. normal cristallise en longues aiguilles, dures, brillantes , réunies comme les barbes d'une plume. Il est insoluble dans l'eau froide, et un peu soluble dans l'eau b(»uillante, dont il se sépare par le refroidissement. Exposé dans une atmosphère contenant des traces d'ammoniaque , il prend une teinte rose.

Il se dissout dans l'ammoniaque; les acides l'en précipitent sans altération. Il est décomposé par l'ébullition avec l'ammoniaque ; la liqueur devient d'abord jaunâtre , se colore peu à peu en pourpre foncé, et donne des aiguilles vertes de murexide normale.

L'acide nitrique le décompose avec effervescence; la liqueur évaporée et saturée par l'ammoniaque devient pourpre comme la solution de l'acide urique dans l'acide nitrique.

Dans ces circonstances, par l'action simultanée de l'ammoniaciue et de l'oxygène, il se produit du murexide normal et de l'eau ; en effet :

Cette réaction s'accomplit aussi .sous l'influence de certains oxydes très rédurtibles, tels (|U(! ceux de nuTcurc et d'argent. L'IL normal, mélangé avec d«î l'ammoniaque, et bouilli avec

un de ces oxydes , se convertit en murexide normal , en réduisant l'oxyde à l'état métallique.

L'U. norm. peut d'ailleurs se convertir en murexide sans le concours de l'ammoniaque ; il suffit de le mettre dans l'eau bouillante et d'y ajouter de petites quantités d'oxyde d'argent ou de mercure. En même temps que ces oxydes sont réduits , la liqueur prend une teinte pourpre foncé , et donne, filtrée à chaud, des cristaux de murexide très purs ; il ne se dégage aucun gaz pendant l'opération. Il suffit du plus petit excès d'oxyde pour faire disparaître la coloration rouge ; alors la liqueur renferme de l'alloxane ammoniacal (Wœhler et Liebig). Lorsqu'on n'emploie pas d'ammoniaque, la formation de la murexide est évidemment accompagnée de celle de l'alloxane , car :

2(C4I15N303) + 02 = C^H<N<02 -1- C^H^N^QS | n2o.

Les acides et les alcalis bouillants convertissent l'U. normal en dialurate (l) et ammoniaque :

C4H5N303 + H20 =: Cm''.\204 -|- Ml^,

L'U. normal est donc l'amide de l'acide dialurique. L'acide nitrique concentré convertit l'U. normal en alloxane normale et ammoniaque , avec dégagement de vapeurs nitreuses:

Cni-^N^OS + 2NII03 = C<II^.\205 4- KH3 J- o^Io2.

Lorsqu'on dissout la murexide normale dans la potasse caustique en cliaufîant le mélange jusqu'à ce que la couleur bleue ait disparu , et qu'on ajoute ensuite un excès d'acide sulfurique étendu , il se précipite une poudre très légère, d'un éclat soyeux, et qui rougit lorsqu'on l'expose aux vapeurs ammoniacales. MM. J^iebig et Wœliler appellent ce corps mureœnve ( acide purpurique de Proutj , mais il est aisé de voir à la description qu'ils en doiHif'ut (pie ce n'est que de l'U. normal (2). En effet, au con-

(1) Suivant M. Liol)ig, on acide uraniiliquc.

(2) jM.M. Liebig et W'œiilei' aniimenl que ces deux corps sont distincts. Les analyses de l'urami'e et de la niiirexanc s'accoident parfaitement dans le caibone cl i'liy(lro:;ène ; il n'y a en de dillerence (3 p. c. ) que dans l'azote; niais il est k remarquer (|ne cet éli'menl avait été dosé par MM. )Vœider et Liehii; d'apiès le procédé qualilicatif, qni , comme on sait, est fort peu rigoujeux.

tact de l'air et de l'ammoniaque , il se convertit, comme ce dernier, en murexide normale.

Genre Thtonnrate R-'N^SO^

337. Lorsqu'on soumet à l'ébullition un mélange d'alloxane normal C^H^N^O^ et d'acide sulfureux SO^ saturé de gaz ammoniac NH^, la liqueur donne par l'ébullition des cristaux de thionurate biammoniacal (162). Les thionurates se décomposent sous l'influence des acides concentrés en donnant de l'uramile normal.

Thionurate vormnl (acide thionurique). — C'H'N^SO'. — Ce corps est aisé à obtenir par la décomposition du thionurate biplombique au moyen de l'hydrogène sulfuré ; par une douce évaporation, il se dépose en une masse blanche cristalline composée de très fines aiguilles. Il ne s'altère pas à l'air ; sa solution rougit les couleurs végétales et présente une saveur fort acide ; elle ne précipite pas les sels de plomb et de baryte acidulés ( Wœhler et Liebig).

A la température de l'ébullition , sa solution se trouble et se prend en une masse soyeuse d'uramile normal , tandis que de l'acide sulfurique est mis en liberté :

urnmilo. ac. sulfui".

C'Il'.N^SO' = CliWW + SlPO'.

T/iioniirnle biamwanuica} . — C^H'N^S0^2^'H' -|- ^H- — ^^^ mélange d'alloxane normal et d'acide sulfureux étant saturé par de l'anmioniacpic et maintenu quelques instants à l'ébullition , donne, en se refroidissant, une quantité considérable de feuillets brillants de thionurate biammoniacal. On obtient le même sel en saturant à froid le T. normal par de l'ammoniaque. Il cristalliser en ])ailleltes nacrées, très brillantes, (pii perdent, à 100", I (''(|. d'eau dv. cristallisation; il est très solnhUr dans l'eau chaude , et peu solnble dans l'eau froide.

Lors(|u'()n clianfle une dissulntion de ce sel avec \\\\ M-'n\c minéral , il subit la même di'eonqiosilidii (pie le T. normal. Mélangé av(!c du nilrale d'argent , il dijpose, au bout d(.' (juel(iue temps, de l'argent nn'taliifpie «pii offre un as|)ect mii'oitanl (Wcehler et Liebig).

('ne dissolution chaude de T. i)iannnoniaeiil donne avec lo

deutosulfate de cuivre un précipité d'un brun clair, tirant sur le jîuuie, et qui est évidemment du protoxyde de cuivre.

Tliionurate ammoniacal (sel acide), — C^H'N^SO^NH^. — En évaporant le sel précédent au bain-marie , avec une quantité d'acide sulfurique moindre qu'il n'en faudrait pour neutraliser toute l'ammoniaque , on obtient des aiguilles très fines et blanches de T. ammoniacal. Une dissolution de ce sel se décompose (1) par l'ébullition en sulfate d'ammoniaque et en dialurate normal ( Wœhler et Liebig) :

suif, d'ammon. dialur. normal.

C^^F]V3SO^xNIl3 + IPO = SI120^2WI3 4- CWN20*

Thionuraie hicalcique. — C^(H''Ca2)N3S0\ — On l'obtient sous la forme de prismes raccourcis , fins et satinés , en mélangeant à chaud des dissolutions de nitrate de chaux et de T. biammoniacal (Wœhler et Liebig).

Thionurate biplombiqite. — C^(H^P//2)N^S0'. — Si l'on mêle une dissolution d'acétate de plomb avec une dissolution bouillante de T. biammoniacal , il se forme un précipité gélatineux (pu se change par le refroidissement en fines aiguilles blanches ou roses groupées concentriquement. Quand on les soumet à la ' distillation sèche , elles donnent de l'urée normale et un autre corps qui cristallise en grosses lames ( Wœhler et Liebig).

Genre Murcxide R-''N^O».

338. Produit de l'ammoniaque sur l'alloxane normale : CWI\205 -f 2NH3 — G''ll^x\^02 + 31120.

Mnrexide normale (purpurate d'ammoniaque). — C^H^N^02, — Ce corps (2) , découvert par Front , peut s'obtenir de différentes

(1) ?.l. Liebig dit que le sel se décompose eu ammoniaque et en acide uramilique, que je suppose être identique avec l'acide dialuriquc.

(2) La formule par laquelle je représente provisoirement la murexide exige 3/i,2 carbone et 2,85 bydrog. MVl. Liebig et Wœhler y ont trouvé carb. Z!x,lx — 33,9— o/i,ù — 3A,1 — 33,5 (anc. poids atom.) ; bydrog. 3,1 — 3,0 — 3,1 — 3,0 — 2,8. Ces analyses s'accordent donc avec ma formule. Alais elle exige un i)eu plus d'a/.ole que ces cliimistes n'y en ont trouvé; toutefois, comme leurs analyses ont été faites d'après le procédé qualitatif, qui n'est pas bien rigoureux, il est ù supposer que celte

manières. M. Fritzsche le prépare en ajoutant goutte à goutte, à une dissolution d'alloxane normale, maintenue à une température voisine de l'ébuUition , une solution de carbonate d'ammoniaque ; il se manifeste alors une vive effervescence d'acide carbonique; chaque goutte de sel ammoniacal détermine une coloration pourpre jusqu'à ce qu'enfin le liquide se trouble , en déposant des cristaux rouge brun de M. normale. On continue l'addition du carbonate d'ammoniaque jusqu'à ce que le liquide présente une légère odeur d'ammoniaque. Puis on attend que le précipité se soit déposé ; on décante l'eau-mère , et on lave le précipité avec de l'eau , jusqu'à ce que les liquides de lavage présentent une couleur pourpre intense.

En place de l'alloxane pur, on peut employer la dissolution de l'acide urique dans l'acide nitrique concentré (Liebig et Wœbler).

La M normale se produit aussi par l'action simultanée de l'ammoniaque et des agents oxygénants sur l'uramile normal (336).

Elle se forme encore dans une foule de cas , toutes les fois qu'on traite par l'ammoniaque les produits de l'action de l'acide ■ nitrique sur l'acide urique.

La M. normale cristallise en prismes à 4 pans raccourcis, d'un vert doré magnifique, comme des ailes de scarabée; placés entre l'œil et la lumière, ils paraissent d'un rouge grenat; ils donnent une poudre rouge qui prend sous le polissoir une couleur verte , d'un éclat métallique.

Elle est très peu soluble dans l'eau froide, et se dissout plus aisément dans l'eau cliaude ; elle est insoluble dans l'alcool et l'éther. Elle se dissout dans la potasse caustique en prenant une magnifique couleur bleue. Desséchée à l'aide de la chaleur, elle jjerd de 3 à 4 p. c. d'eau ( Wa'hler et Liebig).

diiréicnce lient à une riroiir d'analyse. Ajoiiloiis aussi que M, Fiil/sc.lio a exactement trouvé le eaihoiie et l'Iiydio^ène (jui eoricspimdent à ma formule; mais son azote est de 2 p. c. plus laihle (|ue dans les résidtals de MM. Wœhlcr et Liebig.

Ces chimistes représentent la miiiexide par (:'2i|'2.\io(,k^ M, i.vjizsrlic rcxprimc au contraire par (."i||'«.\<^0". M.rf.jimtde est bien mieux eu harmonie avec les réactions, et se recomuiincîe par sa s'mjjlicité ; il est nécessaire, toutefois , de lu vérilier par de nouvelles analyses.

Une dissolution de M. normale dans de l'eau à 36" donne avec le nitrate d'argent un précipité rouge, qui devient vert par la dessiccation, et prend sous le polissoir un reflet métallique. L'acétate de plomb et le nitrate d'argent la précipitent également (i) (Fritzsclie).

Une dissolution bouillante de M. traitée par l'acide sulfurique ou liydrochlorique , dépose des paillettes nacrées , que Proust a appelées acide jjurpurique ; MM. Wd'hler et Liebig les nomment murexane (voir plus haut, p. 522). D'ailleurs cette substance n'est pas le seul produit de Irf décomposition de la M. normale. On trouve combiné avec l'acide, par Icfjuel on l'a traitée, un second produit , l'ammoniaque ; ensuite, si, après avoir décomposé la M. par l'acide sulfurique étendu , on sépare l'uramile norm. à l'aide du filtre, il reste une liqueur incolore qui se comporte comme un mélange d'alloxane et d'alloxantine.

Il est nécessaire de soumettre à une nouvelle révision la formule de la M. normale.

Genre Allantoïne R-WOl

339. Sous l'influence du peroxyde puce de plomb , l'acide uricjue (5* famille) , dissous dans l'eau , dégage de l'acide carbonique et se convertit en allantoïne normale (l6l j.

Allantoïne normale (acide allantoïque ou amniotique). — C^HcN^O^ — Ce corps , découvert par Vauquelin et Buniva dans les eaux de l'amnios de la vache, a été obtenu artificiellement par MM. Liebig et Wœhler. Ces chimistes le préparent en délayant l'acide urique dans Teau, de manière à former une bouillie claire, chauffant jus(iu'a l'ébullition, et ajoutant peu à peu dii peroxyde puce de plomb en poudre fine. La réaction s'établit aussitôt , il se dégage de l'acide carbonique avec effervescence , la masse s'épaissit beaucoup s'il n'y a pas assez d'eau , et la couleur du peroxyde disparait. On continue d'ajouter ce dernier, avec la piwaution de toujours chauffer et de renouveler fréquemment

(1) Si Ton prend jiour ba.sc les ;innly.ses de ce chimiste, il faudrait doubler la formule que U(tus avons adoptée pour la M. normale , et alors les combinaisons métalliques deviendraient C8(H7A5')N80< et C^{\VBa)

l'eau, jusqu'à ce que le mélange conserve une légère teinte chocolat. On filtre alors à chaud. La liqueur filtrée est incolore et dépose par le refroidissement une grande quantité de cristaux durs et brillants d'A. normale. L'eau-mère donne par l'évaporation une nouvelle quantité de cristaux. Evaporées au bain-marie à consistance de sirop , les dernières liqueurs déposent des cristaux d'urée. La masse blanche en laquelle le peroxyde s'est transformé se compose d'oxalate de plomb (Liebig et Wœhler). Nous avons déjà exposé ailleurs (iGl) comment nous concevons cette réaction.

S'agit-il d'extraire l'A. normal des eaux amniotiques , on les réduit par l'évaporation jusqu'au quart de leur volume primitif, et l'on traite par le charbon animal les cristaux qui s'y déposent par le refroidissement.

L'A. normale forme des prismes brillants, incolores, et d'un aspect vitreux. Elle est insipide et sans action sur les couleurs végétales. Elle se dissout dans 1(50 parties d'eau froide; l'eau bouillante la dissout bien mieux.

Bouillie avec de l'eau de baryte . elle dégage de l'ammoniaque et précipite de l'oxalate bibarytique :

G^H'i^-sos -f Zi(BaII)0 -f- 11^0 =^ 2C2j3a20< -}- /iNiP.

Chauffée légèrement avec de l'acide nitrique ou hydrochlorique , elle se dédouble en urée et en allanturate normal. Chauffée en dissolution aqueuse à 140°, elle se convertit en acide carboniciue, ammoniaque et allanturate normal (287).

L'acide sulfurique la décompose a chaud en acide carbonique, oxyde de carbone et ammoniaque , qui reste combinée avec l'acide sulfurique :

G<I16.N''0^ -I- 311^0 -f- 2Sir-^0^ = 2C02 -1- '2C0 -f 2[SlPOS2iNll3].

Quand on cliaude li-op fort , li; mélange noircit.

Allanloïne argenlique falhinloat(î d'argent). — C^(H^V7)i\^0^. — Lorsqu'on nièie une solution Ijouillanle d'A. normal avec du nitrate d'argent, et qu'on y ajoute goutte a goutte; de l'annnoniaque, il se forme un précipité blanc (|ui olln; la composition indicpiée (W(i'hl(T et Liebig).

Genre Cacodyîe R+^As^.

340. Plusieurs espèces du g. arsine (26 1 ), et notamment l'arsine hydrochlorique , sont attaquées par les métaux capables de décomposer l'eau , tels que le fer, le zinc et l'étain , en donnant un corps composé de carbone, d'hydrogène et d'arsenic , que M. Bunsen considère comme le radical des combinaisons arsenicales obtenues par l'acétate potassique et l'acide arsénieux (2' fam. g. arsine, cacoplatyle, alcargène; 4''fam., g. alcarsine).

Ce corps a une grande tendance à se convertir en espèces dérivées des g. alcarsine et alcargène.

Cacodijle normal. — C^H'-As-. — L'amalgame d'étain solide ou le zinc en lames minces, étant mis en contact avec de l'arsine hydrochlorique sec, on observe vers 90 ou 100" une décomposition complète sans le moindre développement de gaz ; la dissolution reste d'abord limpide, et ne se trouble qu'à la longue, par suite de la dissolution d'une certaine quantité de métal. A la fin le liquide se solidifie par le refroidissement; en traitant alors par l'eau, on dissout le chlorure de zinc sans toucher au cacodyîe liquide, qu'on peut ainsi séparer :

2[C2H5As,HCn + Zn2 = 2ZnCi -f C^H'2Ai2.

Quelque prompte que soit cette réaction , la préparation du C. normal à l'état de pureté est une opération aussi délicate que difficile , à cause de l'inflammabilité spontanée de ce corps. M. Bunsen a construit à cet effet un petit appareil fort ingénieux dont il donne la description dans son mémoire (l).

L'arsine hydrobromique se comporte d'une manière semblable ; mais elle exige , pour être attaquée , une température plus élevée.

Lorsqu'on chauffe de l'alcarsine sulfurée dans une cloche courbe sur le mercure à 200 ou 300", le métal se couvre d'une couche de sulfure, et il se produit aussi du G. normal.

Ce corps constitue un liquide transparent , incolore , visqueux, et qui fume à l'air conmie l'alcarsine normale; il en possède l'odeur, et présente à un plus haut degré encore la propriété de s'enflammer spontanément. Lorsqu'on y fait arriver de l'air bulle à

(1) Aiinol. de chim. et depJiys. , .'}' série, t. VI, p. 20S.

bulle, il forme des nuages et fixe de l'oxygène en se changeant en alcarsine normale , et finalement en alcargène normal.

Son point d'ébuUition est vers 170'; la densité de sa vapeur a été trouvée égale à 7, 1 =: 2 vol. Il se solidifie à — 6°, en cristallisant en prismes à base carrée.

Il brûle dans l'oxygène avec une flamme d'un bleu pâle, en donnant de l'eau, de l'acide carbonique et de l'acide arsénieux; si l'accès de l'air n'est pas suffisant , il se dépose un corps rouge particulier (l), ainsi que de l'arsenic métallique. II. brûle aussi dans le chlore gazeux, en déposant du charbon.

L'acide sulfurique fumant le dissout sans noircir ; il se dégage déjà à froid une grande quantité d'acide sulfureux, et, à la distillation, il passe une matière d'une odeur éthérée agréable (2).

Dissous dans l'acide nitrique, puis traité par le nitrate d'argent , il donne un précipité cristallin d'alcarsine nitro argentique ; avec le bichlorure de mercure , il produit du protochlorure de mercure et de l'alcarsine chloromercurique.

Le soufre s'y dissout en produisant de l'alcarsine sulfurée; un excès de soufre donne de l'alcargène sulfuré. Une dissolution d(î chlore en est immédiatement décolorée , en produisant de l'ursine hydrochlorique.

Distillé avec du chlorure de zinc, le C. normal se décompose en plusieurs produits variables et qui n'ont pas encore été examinés.

Chauffé à 400 ou 500°, il se décompose complètement en arsenic métalli(iue et en un mélange gazeux composé de 2 vol. de formène normal ( 197] , et de 1 vol. d'éthérène normal (225), sans le moindre dépôt de charbon :

C<II'2As2 = 2CFH -f C2H< + AA

(1) M. liunscn l'appelle tTy/r(/r5Ùie. Celte .substance ne s'obtient pas toujours à voloiiU'; ni en gianclf (HianlilO. lilie se produit aussi quand on liaito le C. normal par de l'acide liydnicldorifiuc cl lU' l'élain nnMalli((ii<' , ou |)ar de l'acidr pliosplioii(|ut', [)ar du prntocliloruro d'(?lain , etc. ; crilin on l'ohlii-iil (•galcnuMil en lai.sant passn- des vapeurs do C. normal ou d'alcarsine normale à Iravt-rs dis tubes l('^;i'remfMl cliaulles. Elle est rou^îo foncé , sans indice de, crislallisaliiin , iiis(»lul)le dans l'eau et l'alcool. Ij'aut<;nr lui assigne provisoiremenl la coniposili<»n (.'il''-A.'i''()', poor laquelle on n'a d'ailleurs aucune garantie.

(2) Cette substance paraît ^tre do rinjile de vin pi'sanle (page /(fil).

Le C. normal peut , à juste titre, être considéré comme un radical composé , capable de s'unir, comme les métaux , à l'oxygène et à d'autres qui entretiennent la combustion. Voici comment M. Bunsen range les composés qui y donnent naissance :

CHii^As^ = Cd radical cacodyle.

CdO oxydf' de cacod. (alcarsine luirmale).

C(/0^ acide cacodylique siipposi? anhydre (alcarg. norm.).

CdS sulfure de cacod. (alcarsine sulfurée).

CdS* sidlide de cacod. (alcargv-ne sulfuré).

CoC/2 cldorure de cacod, (arsine ludrochl.).

GdBr- bromure de cacod. (arsine liydrobrom.).

Cette théorie est séduisante, mais elle a cela de contraire qu'elle dénature certains faits de l'expérience; elle applique , par exemple, à l'acide cacodylique une composition G^H'^As^O* = C*H'2A6-20^H^O qu'il ne saurait avoir (voy. p. 397); l'expérience indique pour ce corps , à l'état libre, la composition C''H'2As20* =: C^H^As02, comme nous l'adoptons ; d'après la théorie électrochimique , cela ferait pour l'acide anhydre C^H'^As^O'^, où il n'y aurait donc plus de radical cacodyle. Ensuite , certaines combinaisons directes de l'acide cacodylique avec les acides hydrochlorique et hydrobromique ( superchlorides basiques de M. Bunsen) contrarient manifestement cette théorie (i), et forceraient d'adopter pour ces composés un mode de constitution qui n'a aucune analogie en chimie organique (page 399).

Genre Alcarsine R+^As^O.

34 1 . L'espèce normale de ce g. se produit par la distillation sèche

(1) Le C. normal ressemble au stilbène norinal de M. Laurent ilx° L), sous bien des rapports. Issu d'un corps de la 2' famille, par la décomposition de plusieurs molécules, le C. se trouve placé dans une famille supérieure à la 2'; mais, par des réactions éneigiqiios , il se dédouble de nouveau en rentrant dans la famille d'où il lire son oris^iine ; en ellel , l'alcargène n. et l'élliérône ii. appartiennent à celte dernière famille.

Le slilbène n. résulte de la décomposition de plusieurs molécules d'un corps de la 7'' famille , et vient se placer dans la l/i*. Sous l'influence des agents oxygénants, il rentre dans la 7'' en produisant du benzoate n. et du benzoïlol n. M. Laurent pourrait donc le considérer comme le radical benzoïque , avec autant de raison que Ai. Bunsen considère le cacodyle comme le radical de ses combinaisons arsenicales. ( Voyez, sur ces sortes de complications, page 200.)

d'un mélange d'acétate potassique et d'acide arsénieux As^O^ ; la réaction est accompagnée d'un dégagement d'acide carbonique , et le résidu se compose de carbonate de potasse :

6C2(H3K)02 + As203 = C<H'2A520 4- 2C02 + 2C02,K20.

Telle serait la réaction dans toute sa simplicité; mais comme il est presque impossible de rendre le mélange assez intime pour éviter que l'acétate potassique se décompose seul , on recueille toujours, outre les produits précédents, de l'acétone normal G^H^O , du formène normal CH^, de l'acétate normal C2H^02, et même de l'arsenic métallique, provenant de la réduction d'une partie de l'acide arsénieux par du charbon mis en liberté.

Les espèces de ce g. attirent promptement l'oxygène et se convertissent en espèces du g. alcargène (263). Sous l'influence de l'acide hydrochlorique ou hydrobromique , elles donnent des espèces du g. arsine ('26 1).

Alcarsine normale ( liqueur de Cadet, oxyde de cacodyle). — CîH'2A520. — Pour préparer ce corps intéressant, M. Bunsen prescrit d'opérer de la manière suivante : on place dans une cornue un mélange de parties égales d'acétate potassique sec et d'acide arsénieux, et l'on y adapte un récipient nmiii d'un long tube qui permette d'éconduire les gaz dans la cheminée du laboratoire. On dispose la cornue dans un bain de sable, et on la chauffe peu à peu , de manière à l'aire rougir le fond. On trouve alors trois couches dans le récipient : la couche inférieure consiste en arsenic , dans lequel se trouve un liquide brun et oléagineux d'alcarsine impure. La couche supérieure est un mélange d'eau, d'acétone et d'acide acétique. lOu p. d'acétate potassique <t 100 p. d'acide arsénieux donnent, si l'on a soin de refroidir convenablement le récipient, 30 p. d'alcarsine impure.

Comme celle-ci est très inflammable, on la décante au moyen d'un siphon dont la longue; l)ranche aboutit au-dessous de la surface de l'eau plac('t; dans un flacon. Après l'avoir lavée ii l'eau bouilli»;, on la distille sur de l'hydrate de potasse dans un courant d'hydrogène. Cette opération est très pénible et nécessite des soins tout particuliers (l).

(l) Voyez le Mi^moiic de M. Hiinsfii , Annal, de chim. et de phys., 3* série, t. IV, p. 17ù.

L'A. normale est un liquide parfaitement incolore, doué d'un pouvoir réfringent considérable. Sa densité à + 15» est d'environ 1 ,462 ; à l'état de vapeur, elle a été trouvée égale à 7,55 = 2 vol. Son odeur est désagréable et rappelle celle de l'hydrogène arséniqué; elle est nauséabonde et provoque le larmoiement. Appliquée sur la peau, l'A. normale y détermine de fortes démangeaisons; prise intérieurement, elle agit comme un poison très énergique.

Elle est peu soluble dans l'eau , et se dissout en toutes proportions dans l'éther et dans l'alcool. Elle bout à 150°, et distille sans altération dans une atmosphère exempte d'oxygène. Elle supporte une température de 195° sans se décomposer ; mais elle s'altère par une plus forte chaleur en mettant de l'arsenic en liberté. Refroidie à — 23", elle cristallise en paillettes soyeuses.

Elle se distingue par l'avidité avec laquelle elle attire l'oxygène ; en effet , elle s'enflamme spontanément quand l'air ou l'oxygène y ont un libre accès, et alors elle brûle avec une flannue pâle en répandant des nuages épais. Si l'on fait arriver l'oxygène lentement, de manière à éviter l'inflammation , elle se convertit en cristaux d'alcargène normal (2' famille).

CH1'2As20 -f 03 = 2Cni^AsO\

Le bioxyde de mercure est surtout propre à opérer cette oxydation; au contact de cet oxyde , l'A. normale entre en ébullition , et se convertit en alcargène en même temps que du mercure métallique se sépare.

Des fragments de potassium projetés dans l'A. normale y perdent bientôt leur éclat métallique ; plus tard il se dégage du gaz , et le tout se prend en une bouillie épaisse (composée probablement de C<(H"K)As-0) ; quand on la chauffe avec le potassium, la décomposition est violente et accompagnée de lumière.

Elle se dissout dans la potasse caustique en la colorant en brun. Elle s'enflamme dans le chlore et le brome gazeux.

L'A. normale se comporte avec les acides comme un véritable alcaloïde , en s'y unissant directement : c'est un alcaloïde dans lequeU'arsoiiic remplace l'azote. M. Bunsen, en rendant compte de ces combinaisons, a été préoccupé d'idées lhéori(iues qui ne lui ont pas permis de saisir les faits dans toute leur netteté ; il est

impossible de voir des analogies plus grandes que celles qui existent entre l'alcarsine et les alcaloïdes végétaux , tels que la quinine, la strychnine ou la morphine (68) ; mêmes combinaisons salines de part et d'autre , jusqu'à celles du nitrate d'argent , du bichlorure de mercure , etc. M. Bunsen y a vu des oxychlorures , des oxybromures , etc., toujours dans le sens de la théorie électro-chimique ; il faudrait , selon moi , en suivant ces idées , considérer absolument de la même manière les hydrochlorates de quinine, de strychnine, etc. Ce qu'il y a de neuf dans le travail de M. Bunsen, et ce qu'on ne connaît pas encore pour les alcaloïdes végétaux, ce sont les produits de décomposition de l'alcarsine normale (4" famille , g. alcarsine , cacodyle ; 2' famille , g. arsine, cacoplatyle et alcargène).

Dans la formation de l'alcargène normal par l'oxydation directe de l'A. normale, on obtient, outre les cristaux du premier corps , un liquide sirupeux qui présente exactement la même composition que l'A., mais qui ne fume pas à l'air et ne se transforme que difficilement en alcargène , sans échauffement notable.

M. Bunsen a donné à cette modification isomère de l'A. normale le nom d'oxyde de paracacodyle.

Alcarsine sulfurique (sulfate d'oxyde de cacodyle). — On peut l'obtenir en faisant digérer l'A. normale dans de l'acide sulfurique; par le refroidissement, on obtient une masse blanche, formée de cristaux aciculaires groupés en sphères radiées. Leur action est toujours acide ; ils sont très déliquescents , et ont une odeur fort désagréable (Bunsen).

Alcarsine phosphorique. — L'acide phosphorique s'unit à l'A. normale , et forme un liquide visqueux et fétide , qui n'est jamais neutre au papier, et qu'on ne peut obtenir cristallisé; ([uand on le chaullc', il distille d'abord de l'eau , puis un mélange d'eau et d'A. normal; l'acide phosphori(iue reste libre dans la cornue (Bunsen).

Alcarsine nitrique. — Ce sel s'obtient en dissolvant à froid de l'A. normal dans de l'acide nitri([U(; étendu ; lorsciu'on chaull'e la dissolution, il se dégage du gaz, et l'on obtient de l'alcargène normal.

Alcarsine nitro-ni(jcnli(ji(r (nitrate d argent f't d'oxydt! de cacodyle). —C<II'-As'(),NA^O\ — Si l'on verse du nitrate d'argent

dans une dissolution d'A. nitrique maintenue froide , on obtient un abondant précipité blanc , corné et pesant , qui peut être facilement lavé , par décantation , à l'eau froide non aérée. L'air, la lumière, le contact des corps organiques n'altèrent pas ce précipité ; il prend seulement à la longue une teinte brune. A l'état de pureté, il constitue une poudre semblable à la crème de tartre, et d'une odeur alliacée (1). Examinée à la loupe, cette poudre offre des octaèdres réguliers , avec les faces du cube et du dodécaèdre rhomboidal ; ces cristaux ont un éclat adamantin. L'acide nitrique ne dissout pas cette substance à froid ; à chaud , il l'oxyde rapidement. Elle peut être chauffée à 90" sans décomposition, mais elle se colore alors en brun ; à 100°, elle fait explosion, et donne des produits fétides et inflammables (Bunsen).

Alcarsine hydrocliloriqne ( oxychlorure de cacodyle ). — C'H'2A.s20,HC^ — M. Bunsen prépare ce composé en distillant de l'A. normale avec l'acide hydrochlorique liquide, rectifiant le produit sur de la craie , à l'abri du contact de l'air, et desséchant sur du chlorure de calcium. Le produit émet des vapeurs blanches à l'air, et bout à 109" (2).

Alcarsine chloromercurique (chlorhydrargyrate d'oxyde de cacodyle). — QJ^W-ks^0,A)^çjO. — Lorsqu'on traite une dissolution alcoolique et étendue d'A. normale par une solution étendue de bichlorure de mercure , il se forme un précipité blanc abondant , et l'odeur pénétrante de la dissolution disparaît complètement. On exprime le précipité, on le dissout dans l'eau bouillante, et on le fait cristalliser à plusieurs reprises. Il se sépare de l'eau chaude sous formes de houppes soyeuses ; il est soluble dans l'alcool , mieux à chaud qu'à froid ; sa saveur est métal-

(1) Ce (Hii semble indiquer une altération progressive.

(2) M. Bunsen représente ce corps par cnii^As^C/^f/aoi/^ ; [\ en a dé- KMminé la densité de la vapeur dans une expérience qui a donné le nombre 5,/i6. Comme le produit fume à l'air, l'iinalyse n'a pas pu donnrr des résultats Lien exacts. Cependant il me paraît évident que le protîuit sur lequel M. lîunsen a opéré n'était que dcTarsine bydroclilorique (clilorure de cacodyle) mélangé d'un peu d'alcarsine non altérée. Pour avoir à l'état de pureté rhydrocblorate d'alcarsine. il faudrait, ce me semble, ne pas distiller le mélange, puisque la clialeur détermine , ainsi que .M. Bunsen l'afllrme lui même, wwq n'aclion entre l'alcar.sine n. et l'acide hydrochlorique.

OUATRIÈME FAMILLE. 535

lique.ll est très vénéneux; il se décompose très aisément, quand on le chauffe au contact de l'air, sans laisser de résidu (Bunsen).

Lorsqu'on arrose ce composé avec de l'acide hydriodique, il se forme instantanément du biiodure rouge de mercure , qui se dissout ensuite dans l'excès d'acide ; en même temps il passe à la distillation des gouttelettes huileuses d'arsine hydriodique. Avec l'acide hydrochlorique et l'acide hydrobromique, la réaction est analogue :

C<H«As20,ZiH^Ci + mCl = mgCl + H20 + 2[C2H5A5,HCr|.

Quand on le distille avec de l'acide phosphoreux, il donne du protochlorure de mercure, de l'acide phosphorique (1) et de l'arsine hydrochlorique (261) ; une addition plus forte d'acide phosphoreux opère une réduction complète du mercure. L'étain, le mercure métallique, et en général tous les agents qui réduisent le bichlorure de mercure se comportent d'une manière analogue :

C^H'2As2o,/iH^C/ + PH303 = UUgCl + PH^O* + 2[C'^H^As,]iCl].

Le perchlorure d'or et les oxydes métalliques très réductibles sont réduits par l'A. chloromercurique , comme ils le sont par l'A. normal , avec production d'acide hydrochlorique et d'alcargène normal. La décomposition qu'éprouve l'A. chloromercurique quand on la chauffe , et surtout par l'addition d'un excès de bichlorure de mercure , repose encore sur le même principe ; il se forme du protochlorure de mercure qui .se précipite , de l'arsine hydrochlorique qui passe à la distillation avec la vapeur d'eau , et de l'alcargène normal qui reste dissous ( Bunsen).

Alciirsine hydrobromiquc ( oxybromure de cacodyle ). — C<H'2A.«!20,HBr. — Cette substance a les plus grands rapports avec l'A. hydrochlori(iue, et s'obtient d'une manière semblable; elle fume à l'air (2) ; sa couleur est jaunâtre, elle disparaît par la chaleur Pt n-parait par 1(; n'IVoidisseinent. Lors(iu*on la chauffe avec du mercure niélalliciue, elle se change en une matière .so-

(1) l'IlW = I'203,;jll20; l'acide i)hospliori.jii<'. v^i de même l'Il'O* = l'20\31l20.

(2) Le produit analysé par M. Ikmscn avait M. soumis à la distillation , comme le composé liydrorlilorifiiie.

lide d'un jaune citron, très fusible, volatile sans Hlténition , et qui, par l'ébullition, au contact de l'eau, se décompose en mercure et en une substance fumante (jui est entraînée par la vapeur d'eau (Bunsen).

Alcarsine ftrowo wercwr/ç ?/e (bromhydrargyrate d'oxyde de cacodyle). — On l'obtient à l'état cristallin par le mélange d'une dissolution d'A. normale et de bibromure tle mercure.

Alcarsine Injdriodique. — Lorsqu'on distUle l'A. normale avec de l'acide bydriodique, il passe, en même temps que de l'arsine bydriodique (261) , des paillettes jaunes et cristallines qui se déposent dans la dissolution . On les purifie en les dissolvant dans l'alcool absolu , où elles se déposent en beaux cristaux , mais qui sont extrêmement avides d'oxygène comme l'A. normal (Bunsen). Sans doute cette combinaison bydriodique se produirait par le simple contact de l'acide bydriodique et de l'A. normale.

342. Alcarsine sulfurée (sulfarsine, sulfure de cacodyle). — C''H'2As-S. — Ce corps se forme par l'action de l'iiydrogène sulfuré sur l'A. normale :

On l'obtient en grande quantité en employant le liquide brut qui distdle dans la préparation de l'A. normale ; si l'on y ajoute du sulbydrate de baryte (BaH)S , il se précipite de l'A. sulfuré , qui est presque aussi insoluble dans cette liqueur acétique que dans l'eau. Enfin un autre moyen de l'obtenir consiste à distiller une dissolution de sulfhydrate de baryte avec de l'arsine liydrocblorique (261).

2[cmh\s,lîa] -\- (BalI)S = HC^ 4- Baa + C^I1<2as'S.

On purifie le produit à l'aide du carbonate de plomb et du cblorure de calcium ; dès que le carbonate ne noircit plus, il faut garantir le produit du contact de l'air, surtout quand on le soumet à la distillation .

C'est un liquide incolore , transparent, qui ne fume pas à l'air, et d'une odeur pénétrante très fétide , qui rappelle à la fois celle de l'alcool sulfuré (230) et de l'A. normal. Il conserve sa lluidité à — 40" ; il bout bien au-dessus de 100". La densité de sa vapeur a été trouvée par expérience égale k 7,72.

OUATRIÈME FAMILLE. 537

Il attire promptement l'oxygène de l'air, et se convertit alors en alcargènc normal et aicargène bisulfure (264]. De même il se combine directement avec le soufre, et alors il donne également ce dernier corps.

Il est presque insoluble dans l'eau , et se mêle en toutes proportions avec l'éther et l'alcool. L'acide hydrochlorique le convertit en arsine hydrochlorique , avec dégagement d'hydrogène sulfuré; les acides suliurique et phosphorique se comportent d'une manière semblable. L'acide acétique ne le décompose pas (Bunsen).

Alcarsinc sdéniée (séléniure de cacodyle). — On l'obtient en distillant deux ou trois fois de l'arsine hydrochlorique (261) avec une dissolution aqueuse de séléniure de sodium. Elle distille à la faveur des vapeurs d'eau. C'est un liquide incolore, transparent, très fétide, insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et l'éther. Il précipite en noir l'acétate et le nitrate d'argent. Au contact du sublimé corrosif, il se fait d'abord un précipité noir de sulfure de mercure , et par une nouvelle addition de sublimé on obtient un précipité abondant d'A. chloromercurique , soluble dans l'eau bouillante , dont il se sépare par le refroidissement sous forme de paillettes soyeuses.

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Genre Valérène R+2.

343. Ce g. est l'homologue des g. formène (1" fara.) et acctène (2' fam.).

Valérène chloré (chlorhydrate d'amilèiie). — C^(H''C/). — On l'obtient en distillant parties égales en poids d'huile de pommes de terre et de perchlorure de phosphore , lavant le produit de la distillation à plusieurs reprises avec de l'eau alcalisée par de la potasse , séchant le liquide sur du chlorure de calcium fondu, et distillant dans un bain de sel marin (Cahours). On peut aussi le préparer en distillant l'huile de pommes de terre avec de l'acide hydrochlorique ; en agitant le produit avec un grand excès du même acide , on voit se former trois couches : la supérieure est du V. chloré presque pur, la moyenne est une dissolution de ce corps dans l'huile de pommes de terre , et la dernière est de l'acide hydrochlorique (Balard).

C'est un liquide incolore , doué d'une odeur aromatique assez agréable , insoluble dans l'eau , bouillant vers 102° , parfaitement neutre aux papiers , et n'exerçant aucune action sur le uitrate d'argent. Il brûle avec une flamme bordée de vert comme tous les corps chlorés (Cahours). Lorsqu'on dirige la vapeur du V. chloré sur de l'hydrate de potasse en fusion , il se produit de l'eau, du chlorure potassique et du paramilène normal (Balard).

C5(H«'C0 + (KII)O = IPO -\- KCl + C5lI»o.

Il est probable qu'en traitant le V. chloré par le potassium on obtiendrait le V. normal (139). Traité par le monosulfure de potassium, le V. chloré fournit de l'amyléther sulfuré; par le sulfhydrate de potasse, il donne de l'amylol sulfuré (Balard) :

2C5(HUC0 + K2S = C'oh22S + 2KCi.

c5(ii>ico + (kh;s = cHV^'S -j- kc/.

La réaction est entièrement semblable à celle de l'acétcne chloré (219) dans les mêmes circonstances.

Valérène novemchloré (chlorhydrate d'amilènc chloré). — <^^(II^C;''). — Il se produit par l'action i)rolongée du chlore sur le corps précédent , exposé aux rayons solaires. Liquide assez lim-

pide, incolore, doué d'une odeur forte et comme camphrée (Cahours).

Valérène brome ( bromhydrate d'amilène). — C^(H**Br). — Liquide incolore, volatil, plus pesant que l'eau, doué d'une saveur acre et d'une odeur à la fois alliacée et piquante. La potasse et la soude caustique en dissolution aqueuse ne lui font éprouver qu'une altération très lente ; mais , dissous dans l'alcool , ces alcalis l'altèrent promptement (Cahours).

Valérène zof/e ( iodhydrate d'amilène ). — C5(H"I). — On le prépare en faisant réagir à une douce chaleur un mélange de 8 p. d'iode, 15 p. d'huile de pommes de terre et 1 p. de phosphore, et distillant lentement le produit. Le liquide obtenu est lavé à l'eau à plusieurs reprises, puis mis en digestion sur du chlorure de calcium calciné, et distillé ensuite deux ou trois fois.

C'est un liquide incolore plus pesant que l'eau; sa saveur est piquante et son odeur alhacée. A la lumière solaire , il s'altère par le temps. 11 bout vers 120°; la densité de sa vapeur a été trouvée égale à 6,675. Il ne s'enflamme pas par l'approche d'un corps en combustion , mais si on le chauffe au point de le réduire en vapeur, et qu'on enflamme celle-ci , elle brûle avec une flamme pourpre. Une dissolution alcoolique de potasse le décompose promptement (Cahours).

Valérène nitrique (éther nitreux de l'huile de pommes de terre). — C^(H"X). — Il se produit dans l'action de l'acide nitrique sur l'huile de pommes de terrt;. Liquide légèrement coloré en jaune, et qui se fonce par la chaleur; son odeur est étourdissante. Il bout à 96°, distille sans altération, et ne détone pas (Balard).

Genre Paramilène R.

M4. Il est riiomologue des g. éthérèiie (1" fam.) , butyrène {i'^ fam.), amilène (lO' fam.), etc.

Paramilène «orm«/ (hydrogène carboné de l'alcool ainyli(iue). — C^II"". — Ce (MM'ps peut s'obtenir i)ar plusieurs procédés différents. On chauffe à 1 M)" up inélangi! de volumes égaux d'huili! de .pommes de t(Mre et d'acKle sulfuri(|U(' (•trudu dr sou volume d'eau ; ou l:ivc le li(|ui(l(' «listillr avec de la [.otassc caustique, et

on le distille de nouveau à une basse température (1). On obtient le même produit en mélangeant à chaud une solution de chlorure de zinc et de l'huile de pommes de terre , et soumettant le mélange à la distillation. Entin un troisième procédé consiste à décomposer le valérène chloré par de l'hydrate de potasse en fusion. C'est un liquide incolore, d'une odeur alliacée; il bout vers .30", brûle avec une flamme blanche, et donne avec l'acide sulfurique un sel copule ( Balard ) .

Quand on distille le caoutchouc et qu'on fractionne les pro • duits , en ayant soin de les condenser à l'aide de mélanges réfrigérants , les huiles les plus volatiles se composent de butyrène normal (296) et probablement aussi de paraçiilène normal, M. Bouchardat appelle ce dernier caoutchène. Ce corps cristallise dans un mélange réfrigérant en une masse blanche; il fond à

— 2" en un liquide limpide qui bout à -f 14" (?) , et possède à

— 2° une densité de 0,65. Il est insoluble dans l'eau, fort soluble dans l'alcool et dans l'éther. Les alcalis n'y agissent pas. Il se mélange avec l'acide sulfurique concentré en s'échauffant considérablement. L'analyse y a constaté les mêmes proportions de carbone et d'hydrogène que dans le gaz oléfiant.

L'un des hydrogènes carbonés obtenus par M. Masson dans l'action du chlorure de zinc sur l'alcool normal, présente aussi de l'analogie avec le paramilène normal.

M. Marchand a décrit sous le nom d'éthérone un produit très volatil qui accompagne l'huile de vin pesante (302) dans la distillation sèche des sulfovinates. Voici ce que ce chimiste en dit : Recueillie dans un récipient refroidi à — 10", cette substance se présente sous la forme d'un liquide léger, aussi limpide que l'eau, et ayant une odeur semblable à celle des choux aigris. Elle bout à + 30" environ , s'enflamme aisément et brûle avec une ilamme pâle. Dix livres de sulfovinate de chaux n'en ont pas donné assez pour établir sa composition d'une manière certaine.

Il est fort probable que l'éthérone de M. Marchand est identique avec l'hydrogène carboné de M. Balard.

(1) Dans les prodiiils qui ne passent ^as à ctlte température , ou trouve beaucoup d'iiuiie de pommes de terre non décomposée, des hydrogènes carbonés (amilène de M. Cahours) bouillant jusqu'à 300°, et probablement aussi de l'amylétlier normal (10* fam.)

CINQUIÈME FAiin.LK. 543

Genre AmyloI R+2O.

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