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Homologue des g. métliol (198) et alcool

Amylol normal (huile de pommes de terre, alcool amylique, bihydrate d'amilène, hydrate d'oxyde d'amyle, fuseloel des Allemands). — OW^O. — Cet alcool se produit dans la fermentation du sucre (1) ; c'est à lui et au produit de son oxydation (acide valérianique) que les eaux-de-vie communes, fabriquées avec les pommes de terres ou les raisins , doivent leur mauvais goût et leur odeur désagréable. On l'extrait de l'eau-de-vie de pommes de terre, en soumettant celle-ci à la distdlation, et recueillant à part les dernières portions dès qu'elles passent laiteuses. Le produit brut renferme beaucoup d'eau et d'alcool ordinaire; après l'avoir agité avec de l'eau, on décante l'huile surnageante, on la dessèche à l'aide du chlorure de calcium, et on la rectifie de nouveau ; le produit est pur quand son point d'ébuUition se maintient à 132'' d'une manière constante (Cahours).

L'A. normal est une huile incolore, très fluide , volatile , douée d'une odeur forte et d'une saveur acre et brûlante. Respiré à l'état de vapeur, il occasionne un serrement de poitrine et provoque fortement la toux. Il ne s'enflamme que difficilement; il faut pour cela qu'il ait été échauffé , et alors il brûle avec une flamme d'un bleu très pur. Sa densité est de 0,8184 à 15°. Il bout à i;;2" (Cahours); la densité de sa vapeur a été trouvée égale à 3,147 r= 2 vol. (Dumas). Il tache le papier d'une manière fugitive. Il est peu soluble dans l'eau; l'alcool , l'éther et les huiles essentielles le dissolvent en toutes proportions. Refroidi à — 20°, il se prend en lames cristallines.

Conservé dans des flacons mal bouchés , il se convertit en partie en acide valérianique; cette transformation est très rapide sous l'influence du noir àv platine (131). La chaux potassée détermine la même métamorphose (l4l).

L'acide sulfurique concentré s'accouple avec lui en produisant

(1) En recliliaiit les produits foniK's par la li'iiiR'iilalioii di's iiiTlasses de beucravcs, ou en reliic une ossf'ii<<' qui n'est autre que l'amylol normal (Gaultier de Claubry).

du sulfamilate ; quand on chauffe le mélange, il passe des hydrogènes carbonés, parmi lesquels on remarque le paramilène (344); on obtient des produits semblables en chauffant l'A. normal avec de l'acide phosphorique anhydre [voy. g. Amilène, 10' fam.), ou avec du chlorure de zinc.

L'acide nitrique le convertit en valérène nitrique (343) , en valérate normal et valéramylol normal (lO' fam.), suivant la concentration et la température du mélange. L'acide hydrochlorique le transforme en valérène chloré.

Les acides oxalique, tartrique et citrique produisent avec lui des combinaisons copulées. Quand on le distille avec de l'acide oxalique, on obtient de l'oxamylol normal (12* fam.) (Balard).

Distillé avec du perclilorure de phosphore, il fournit du valérène chloré; distillé avec un mélange d'acide sulfarique et d'un acétate, il donne de l'acétamylol normal (7'' fam.) (Cahours).

Le chlore l'attaque vivement , en produisant un liquide plus pesant que l'eau [chloramilal) qui paraît être à l'A. normal ce que l'acétol trichloré (2* fam.) est à l'alcool normal (Cahours).

Le bichlorure d'étain se combine directement avec l'A. normal , en produisant des cristaux qui se décomposent rapidement à l'air humide ; sous l'influence de la chaleur, ils se comportent comme ceux que M. Kuhlmann a obtenus avec l'alcool ordinaire (Gerhardt).

346. Annjlol sî///Mrc(mercaptan de l'huile de pommes de terre). C*H'-S. — Le valérène chloré donne ce composé sous l'influence du sulfliydrate de potasse. C'est un liquide fétide , bouillant vers 125°, et qui s'attaque vivement par l'oxyde de mercure en produisant un composé blanc (Balard).

Genre Pyrogaïol R-^O.

347 . Pyrogaïol normal. — C^H^O. — J'appelle ainsi l'huile légère qu'on obtient dans la distillation sèche du gaïac (1). Elle est in-

(1) Dans la dislillation sèclie du gaïac , on obtient l'huile k^gèrc C'-Il^O, une substance cristallisée en paillettes nacrées, volatile sans décomposition (C'I1'*0?) , une substance liuilunse plus pesante que J'eau {acide pyrogaïquc) et des produits empyrcumatiques d'une nature particulière (De ville).

M. Sobrcio {An))aL dcr Chem. u. Vbann., t. XLVHI, p, 9) a

ciNOiiÈME rA.\rn.i.E. 545

colore, et possède une odeur agréable d'amandes amures. Elle bouta 118'; la densité de sa vapeur a été trouvée égale a 2,92 = 2 vol. ; à l'état liquide, sa densité est de 0,874. Elle s'oxyde à l'air, et se transforme en une substance cristallisée en lames d'une grande beauté [Deville). Si ces cristaux renferment C-^H^Oet sont acides, le P. normal devient un aldéhyde, homologue de l'acroléine normale fS' fam.).

Genre Valérate R0-.

348. Les valérates, homologues des formiates (i" fam.) et des acétates (2' fam.), se forment par l'action des corps oxygénants sur les g. valérène, amylol, etc. On les obtient aussi en faisant fondre avec de la potasse les espèces normales des g. valérol (6* f.) et pimélate (7' f.). Il s'en produit d'assez fortes quantités quand on traite d'une manière semblable l'indigo brut (Gerhardt) ou le lycopodium ( \\'inkler ) ; mais ces substances ne donnent pas de valérate pur; celui-ci est toujours mélangé de formiale (l). La racine d' Alhamanla oreoselinvnt renferme une matière cristallisable (-2) qui donne aussi beaucoup de valérate par la fusion avec la potasse (Winkler).

L'acide que M. Chevreul a extrait de l'huile de marsouin et

trouvé dans riiuile pesnntc : carbone 68,3 — 68,8 — 68,9 — 68,6 ; hydr. 6,7 — 6,8 — 6,8 — 6,9. Dcnsilé de vapeur /i,9. [I lui assigne la formule C'"'ll'^0*:^= /j volumes. Celte formule ne nous paraît pas exacte ; d'ailleurs l'huile est fort dilTicile à purilicr el à dcssi'-clier d'une manière complète. M. Sobrero en a détermin(5 Téquivalent en précipitant sa solution alcoolique par de Pacélatc de plomb surbasique; il a obtenu ainsi un composé C'^Il'^0-*,2I'6-0. Mais celle nirtliode est fort vicieuse et ne saurait domicr des résultats exacts.

(1) Celle impureté a conduit !\1. Winkler à nier ridcnlilé de l'acide valérianique el de celui (|ue fournissent riiidif^o et le hcupodium ; mais il suflil d'examiner le produit avec un peu d'allenliou pour voir que mou assertion est bien fondée.

(2) M. Ilerzélius rappelle aihamanline. On l'oblient , d'après .M, W"\\\klcr, en épuisant la racine avec de l'alcool de 80 p. c, distillant l'extrait jusqu'à hiccité , reprenant par l'étlier , dé-colorant la solution i)ar du charbon animal, tt chassant l'étlier par révaporaiion. Il reste alors un liquide oléagineux (jui se prend par le ri froidissenu-ui en une masse crislaliinc ; on la fait rcdi»soudre dans l'alcool bouiilaut, où elle se dépose pn aiguilles déliées. Co corps se décompose par la distillation sèche, en

546 mSTOIRE ET CLASSIFICATION.

des billes de Vibvnnim Opubix présente tous les caractères decelui de la valériane, et nous partageons l'opinion de 31. Dumas, qui admet l'identité de ces deux acides (l).

Valérate normal (acide valérianique, delphinique ou phocéniqne). — C^H*"0^. — Il se trouve dans le produit aqueux delà distillation de la racine de valériane. MM. Dumas et Slas le préparent de la manière suivante à l'aide de l'huile de pommes de terre (345). On place cette huile dans un matras et on la recouvre d'une couche de potasse mêlée de son poids de chaux ( 0 p. de ce mélange pour 1 p. dhuile) ; dès les premiers instants du contact, la température du mélange s'élève beaucoup; on porte ensuite le matras dans un bain qu'on chauffe jusqu'à 20()°. La masse blanchit et développe de l'hydrogène en abondance; en opérant sur 4o grammes d'huile , il faut maintenir la température du mélange vers 200" , pendant dix ou douze heures. Lorsque le dégagement d'hydrogène a cessé , il convient de boucher le ballon et de laisser refroidir la masse hors du contact de l'air; on la délaie alors rapidement dans l'eau ; on l'introduit dans une cornue, et l'on y ajoute peu à peu de l'acide sulfurique affaibli en léger excès. On distille, et l'on reçoit les vapeurs dans du carbonate de soude ; le V. sodique ayant été desséché , on le distille avec de l'acide phosphorique.

LeV. normal constitue un liquide très fluide, incolore, d'une odeur forte et persistante de valériane, d'une saveur acide et piquante, produisant une tache blanche sur la langue. A 16°,5il aune densité de 0,937 (-2). Il bout sans altération à 175" environ. Refroidi à — 15", il reste parfaitement limpide. Il s'enflamme facilement et brûle avec une flamme fuligineuse. La densité de sa vapeur a été trouvée égale à 3,68 — 3,66 = 2 volumes (Dumas etStas).

donnant un produit volatil dont rôdeur ia|)pellc celle de riuiile de navette; il fournil df racidi- valérianique quand on Tarrose par de Tacide nitri(iue ou par de Tacide sulfurique concentté. La potasse fondante le iransfonne rapidement en valérate.

(1) M. Chovreul admet pour l'acide phocénique la composition C^HV 0< =: C^li^ V' 0- ; mais la plupart des analyses de ce célèbre chimiste présentent une légère perle sur riiydrogène.

(2) M. Chevreul assigne à son acide pliocénique une densité de 0,932

Toutes les fois qu'on sépare l'acide valévianique d'un V. dissous dans l'eau, on l'oblient sous la forme d'un hydrate C5{jio02 }- aq., qui se détruit par la chaleur en donnant le corps anhydre.

Le chlore l'attaque et lui enlève de l'hydrogène, en produisant des espèces chlorées dérivées du même genre. L'acide nitrique, à chaud ou à froid, ne lui fait subir aucune altération sensible. L'acide sulfurique ordinaire le charbonne à chaud en dégageant de l'acide sulfureux ( Dumas et Stas).

L'eau en dissout une grande quantité; l'alcool et l'éther lê dissolvent en toutes proportions.

Les valérates métalliques ont' tous une légère odeur de valériane.

Valcrale potassique. — Sel déliquescent.

Valérale baryiiquc (pliocénate de baryte). — C*{H^Br/)02-f-?aq. — Il cristallise en prismes transparents et brillants, et présente une légère réaction alcaline. Ils'eftieurit à l'airen perdant 2,44 p. c. d'eau. 11 est fort soluble dans l'eau ; sa solution étendue se décompose à la longue , en répandant l'odeur du vieu.v fromage et en déposant du carbonate barytique ainsi que des llocons muqueux (Chevreul).

Vaiérate arfjcntiqiie.—O[WXg)0'-. — C'est une poudre blanche cristalline, soluJjle dans l'eau bouillante, où elle se dépose par le refroidissement en masses dendritiques; elle noircit extrêmement vite au contact do la lumière.

349. Valér-iie trichloré (acide chlorovalérisique). — C5(H'C/^)0^ — Cet acide s'obtient toujours (juand on fait paser du chlore sec dans du V. normal, exempt d'eau et abrite tUi contact direct de la lumière. C'est une huile peu lluide, transparente, plus pesante que l'eau , sans odeur, d'une saveur lun'c et bridante. Il se décomj)Ose à 1 10 ou 120" (!n dégageant beaucoup d'acide hydrochiorique. A froid , les alcalis le dissolvent et les acides le précipilen'. intact de ces dissolutions. Sa .solution précipite h; nitrate d'argent; mais le précipité (?sl sohibh; dans l'acide nitri(iMe (Durna.-: et Stas ) .

Vaiérate quadriclilorc (acide chlorovalérosique). — C^(II*C/')0-. — 3I."\I. Dumas et Stas l'ont obtenu en faisant passer du chlore à refus dans du V. normal .sec, exposé (au soleil. C'est un corps

5^8 mgroniE tt classification. ^

semi-fluide, inodore, plus pesant que l'eau; il se décompose quand on le chaulfe au-dessus de 150". îl dégage l'acide carbonique des carbonates alcalins. Quand on le met en contact avec l'eau, il en absorbe une certaine quantité et se fluidifie; la combinaison renferme C5;Hcc/'')0^ -f aq. ; récemment obtenue , elle ne précipite pas le nitrate acide d'argent.

Valérate qiiadrichloro-arfjentiquc (chlorovalérosate d'argent). — C^(fPA5C<^)0-. — On l'obtient en précipitant le V. quadrichloroammoniacal par le nitrate d'argent neutre. Le sel ainsi obtenu est blanc, cristallin, un peu soluble dans l'eau, tout-à-lait soluble dans l'acide nitrique (Dumas et Stas).

Genre Bulyromélhol RO^.

350. Isomère du g. valérate et bomologue des g. formométhol (•2« l'am.), acéméthol (o^ fam.), formalcool (3*^ fam.), acétalcool (4« fam.), etc.

Butyromcihol normal (butyrate de méthylène). — C'^H"'0-. — Un mélange d'acide butyrique avec l'esprit de bois et l'acide sulfurique donne lieu sur-le-champ à la formation et à la séparation d'une quantité considérable de B. normal. Cet éther est liquide, incolore, inflammable, d'une odeur particulière, qui a quelque analogie avec celle de l'esprit de bois. Il est à peine soluble dans l'eau , soluble sans limite dans l'alcool et l'esprit de bois ; il bout vers 10-2". La densité de sa vapeur a été trouvée égale à 3,52 = 2 vol. iPelouze et Gélis).

Genre Cantharidine R— ^0-.

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