ACIDES ORGANIQUES NON AZOTES
d'intérêt en chimie animale que comme produit de décomposition de Tacide hippurique par le bioxyde d'azote.
L'acide lithofeUique^ substance résinoïde et cristalline, n*a été rencontré que dans certaines concrétions ou bézoards, qu*on observe quelquefois dans les intestins de diverses espèces de chèvres. On ignore si cet acide provient des aliments, ou s'il n'est pas plutôt une sécrétion du foie ou du canal intestinal. '
Vacide cholalique (qui perd si aisément les éléments de Teau, sous Tinfluence de la chaleur ou des acides, pour se transformer en acide choMdique et en dyslysine), dérive directement des acides (cholique et taurocholique) qui, en combinaison avec la soude, constituent la bile. Ces acides, dans certaines circonstances anormales, passent aussi dans le sang et dans d'autres liquides. Sous l'influence de certains réactifs, ils se transforment en acide cholalique et en taurine ou en sucre de gélatine. Une semblable transformation s'eflectue quelquefois dans l'organisme, par exemple, dans le canal intestinal, où Ton rencontre de l'acide choloïdiquc et de la dyslysine, dérivés directs de Vacide cholalique. A l'état normal, les excréments renferment de très faibles proportions d'acide cholalique ; ce n'est que pendant les diarrhées qu'ils en contiennent des quantités plus considérables.
Il est probable que les acides de la bile prennent naissance uniquement dans le foie, mais on ne sait au juste quelles matières servent à les former. La sécrélipn biliaire se faisant surtout aux dépens des matières grasses, comme le démontrent les analyses comparatives du sang
qui pénètre dans le foie et du sang qui en sort, ainsi que les expériences statistiques faites sur des animaux vivants,' on est naturellement conduit à supposer que Tacide choialique résulte de la combinaison de Tacide oléique avec un hydrate de carbone :
C48H40O10 = C36H310* -f O^BI^C^.
Acide clioUliqiie. Acide olcique. Hydrate de carbone.
Cette opinion pi^sente d'autant plus de vraisemblance qu'on a parfaitement constaté dans le foie la formation du sucre, c'est-à-dire d'un hydrate de carbone. La nature des produits de décomposition de l'acide cholalique vient encore à l'appui ; en effet, traité par l'acide nitrique fumant, l'acide cholalique fournit les mêmes produits que l'acide oléique, ainsi que de l'acide cholestérique, C^H*0*, composé renfermant l'hydrogène et l'oxygène dans les proportions de l'eau.
Acides orfanlqacs «zoiét.
22. Les acides azotés suivants paraissent contenir des radicaux conjugués :
Acide hippurique... C»WN0\
— cholique C'^^H^NO^,
— hyocholique . . C5<H«NOio,
— taurochoilque. C52H«NO'<S2.
Les métamorphoses que ces acides subissent sous l'influence des réactifs, indiquent que leur constitution chimique n'est pas aussi simple que celle des acides gras ou des autres acides non azotés.
ACIDES OaGANIQUKS AZOTÉS. Hl
En eflfet, Tacide hippurique se dédouble, par ractioa des acides minéraux puissants, en acide benzoïque et en sucre de gélatine :
Ci8H»N0« + 2H0 = C«<H«0* + C<H*NO<.
Acide hippurique. Acide beniotque. Sucre de gchiiiuc.
De même, sous l*influence de Tacide nitreux, Tacide hippurique se cx)nvertit en acide benzoglycoUique (21) :
Acide hippurique. Acide glycollique.
Cette réaction est semblable à celle en vertu de laquelle Tasparagine et l'acide aspartique se convertissent en acide malique.
On est parvenu à produire artificiellement l'acide hippurique en mettant en digestion, avec du chlorure de benzoïle, la combinaison du sucre de gélatine avec Toxyde de zinc. L'acide cholique et Tacide hyocholique donnent aussi du sucre de gélatine , sous Tinfluence des acides et des alcalis; mais on ignore s'ils présentent avec l'acide nitreux la même réaction que Tacide hippurique.
L'acide taurocbolique se dédouble par l'action des acides, en acide cholalique (21) et en taurine (28) :
C"'2H«N0«<S2 + 2H0 = C^BH^OW + C<H^N0^S2.
Acide taurocbolique. Aride choluliquc. Taurine»
Aux acides azotés que nous venons de mentionner, il ftiut encore ajouter les suivants :
Acide inosiciue. . . . C^OHeN^O»»?
— pneumique.. ?
-=- urique C^WN^O^^*
hS PRINCIPES IMMÊDUTS DE L*ORGANISME.
L'acide iirique, l'un des corps les plus importants de la chimie animale, présente, sous le rapport de la composition et des propriétés, des rapports intimes avec deux substances neutres, l'hypoxantliine et la xanthine :
Hypoxanlhine... C«0H*N*02, Xaolhioe aoH^N^O».
t)n remarque que la composition de ces substances ne diffère que par de l'oxygène de la composition de l'acide urique.
La xanthine semble être une homologue de deux substances végétales, la théobromine et la caféine (ou théhie); en effet, celles-ci ne diffèrent que par C^"H^" :
XaDlhinc... G^OH<N*0^ Théobromine . C'^H^N^O^ Caft^c C*6H»ON*0^
On a trouvé, d'ailleurs, que la caféine et la théobromine donnent par l'oxydation des
composés homologues de ceux qu'on obtient avec l'acide urique, dans les mêmes circonstances.
23. \j acide hippurique (fig. 2), existe en abondance dans l'urine des mammifères herbivores ; Fig. 2. Acide- hippurique.' - .l'urlne de certains
ACID£â- QIIGANIQUES AZOTÉS. ^9
amphibies, de la tortue grecque, par exemple, en renferme également. Enfin il se rencontre constamment dans l'urine humaine après une alimentation végétale ou mixte. Les observations ne sont pas encore assez nombreuses pour permettre de décider si les proportions de l'acide hippurique augmentent ou diminuent dans les maladies.
On a aussi constaté dans le sang, d'une manière certaine, la présence de petites quantités d'acide hippurique.
On ne saurait indiquer les substances qui contribuent principalement à la formation de cet acide, ni les parties de l'organisme où elle s'opère. On connaît, il est vrai, la constitution de l'acide hippurique ; on sait que l'acide benzoïque, directement ingéré, se convertit en acide bip* purique au seiii de l'organisme, et que la sueur renferme alors de l'acide benzoïque libre ; mais ces données ne suffisent pas pour éclairer la question.
V acide cholique a été principalement trouvé dans le fiel de bœuf, et aussi, ordinairement en proportions bien moindres, dans la bile de plusieurs autres animaux. 11 subit une décomposition rapide dans l'intestin. Sans doute il ne se forme que dans le foie, et contribue pour sa part aux fonctions dont cet organe est chargé, c'està-dire à la résorption des matières grasses.
Ij acide htjocholique tient , dans la bile de porc , la place de l'acide cholique.
L'acide taurocholique existe dans la Wle de l'homme, du bœuf, et sans doute aussi du renard, de l'ours, du mouton, du chien, du loup, de la chèvre, de quelques oiseaux et des poissons d'eau douce. Dans la bile du boa
50 PRINCIPES IMMAdIATS DB l'organisme.
anacoiida, il paraît n'être accompagné (i*aucun acide résineux non sulfuré.
On rencontre toujours Tacide taurocholique dans le sang, dans les transsudations et dans l'urine, à la suite de quelque perturbation de la sécrétion biliaire.
Cet acide se décompose très i*apidement dans Tintestin ; aussi y trouve- t-on de la taurine libre, de Facide cboloidique, etc.
11 est à peu près certain que l'acide taurocholique ne se forme que dans le foie ; en traitant de la bile nous examinerons de plus près le rôle qu'il jotie comme agent de résorption des matières grasses.
L* acide inosique^ trouvé seulement dans les liquides musculaires, et Y acide pneumiqve , qui ne paraît exister que dans le liquide dont le poumon est imprégné, sont trop peu connus pour qu'il soit permis de hasarder une opinion sur leur origine ou sur la nature de leurs fonctions.
L* hypoxanthine a été d'abord découverte dans la rate, et plus tard dans le liquide des muscles du cœur de bœuf. Elle existe cependant aussi en faible quantité dans le sang, où ses proportion^^ s'accroissent considérablement pendant certaines maladies de la rate , nommées leucémies. Les rapports qui existent entre cette substance et l'acide urique démontrent qu'elle est un produit de métamorphose, destiné à être évacué.
La xanthine a été trouvée, bien que rarement, dans certains calculs urinaires. On ignore absolument les conditions nécessaires à sa production et le rôle qu'elle joue dans la formation de ces calculs»
ACIOBS ORGANIQUES AZOTÉS. 51
24. U acide urique est un élément constant de Furine humaine, qui en renferme.moyennement 0,1 pour 100. Il est moins abondant dans l'urine des carnivores, et manque complètement dans celle des omnivores et des herbivores. Toutefois on le trouve aussi dans Turine des veaux pendant la période de Tallaitement. L'ifrine des oiseaux et des serpents est presque exclusivement composée d'urates. Enfin on a démontré la présence de l'acide urique dans Turine des tortues, dans les excréments rouges des papillons, des coléoptères et des chenilles ; il est accumulé en grande quantité dans les vaisseaux biliaires de ces animaux.
La proportion d'acide urique contenue dans une même quantité d'urine humaine doit évidemment varier avec le degré de concentration de celle-ci ; aussi l'urine très concentrée que l'on évacue le matin en renferme-t-elle jusqu'à 0,8 pour 100, bien que la production absolue de cet acide ne soit pas augmentée.
Le chiffre absolu de l'acide urique varie peu chez l'homme avec la nature du régime alimentaire. 11 augmente lorsque la digestion est troublée , notamment après l'ingestion de mets indigestes, de spiritueux, et dans toutes les maladies accompagnées d'une forte fièvre. Dans ces divers cas, les urines, en se refroidissant, déposent un sédiment grenu et amorphe d'urate de soude, que l'on reconnaît à sa grande solubilité dans l'eau chaude. C'est surtout lorsqu'il survient un trouble dans les fonctions de la respiration ou de la circulation que l'on observe cette augmentation, ainsi ^ue la formation du sédiment urique (qui provient quelquefois unique-
52 PRINCIPES IMMÉDIATS DE L'oRGâNISME.
ment d'une plus grande concentration des urines), par exemple, dans les emphysèn^es pulmonaires , les maladies du cœur, du foie, etc. Dans les arthrites aiguës, le chiffre de l'acide urique augmente avant le délire; mais il diminue dès que ce dernier état est déclaré, ou que l'arthrite est devenue chronique.
L'acide urique libre (fig. 3), ne se rencontre que rare-
Fig. 3. Acide urique.
ment dans l'urine récente ; celle qui est évacuée pendant la fièvre a la propriété remarquable de déposer des cristaux d'acide urique et de se transformer à l'air en urine normale.
Vurate d'ammoniaque (fig. k) ne se développe dans la fermentation de l'urine que lorsqu'elle est alcaline; cette fermentation ne se produit ordinairement qu'en dehors de l'économie ; cependant dans les catarrhes chroniques de la vessie, l'urine devient alcaline déjà à l'intérieur de la vessie et laisse , immédiatement après sa sortie, dé-