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SUBSTANCES NEUTRES NON AZOTÉES

pouvoir d'ailleurs s'en rendre compte, qu'une lésion du plancher du quatrième ventricule du cerveau, c'est-àdire d'un certain point de la moelle allongée, détermine pendant plusieurs heures l'apparition du glucose dans les urines.

Cette substance sucrée a été aussi observée parfois dans les liquides de l'amnios et de l'allantoïde.

Elle se trouve encore, d'une manière constante, dans le blanc et le jaune de l'œuf; ses proportions paraissent augmenter durant l'incubation.

Le liquide dont est imprégné le tissu du foie renferme du glucose lors même qu'il n'a été introduit dans l'économie ni aliments sucrés , ni substances amylacées. Le foie de l'homme , des mammifères et des oiseaux , renferme plus de glucose (en moyenne 2 pour 100) que celui des reptiles (tout au plus 1 pour 100). Le foie des poissons paraît en être absolument dépourvu. Souvent la matière sucrée disparaît du foie pendant les maladies.

Chez les diabétiques, on trouve le glucose jusque dans les sérosités, la salive, les matières vomies, les excréments solides, et parfois même dans la sueur ; mais on ne l'observe pas dans le cerveau, la moelle épinière, le pancréas, la rate.

Quant à l'origine du glucose dans l'organisme, on peut l'attribuer à deux espèces de substances. D'abord, il est reconnu que la salive, le suc pancréatique, le suc intestinal, ont la propriété de transformer en glucose la matière amylacée des aliments. D'un autre côté, il est probable que le glucose se forme dans le foie aux dépens de certaines matières azotées ; du moins, cela

Ik PRINCIP^^ IMMSDUTS DB t'OUGANlSMK.

semble résulter, non-seulemept de l'abondance de cette matière sucrée dans le foie, m^is encore de cette observation que le sang de la veine pqrte, qui pénètre dans ce viscère, est extréiperaent pauvre en glucose, tandis que le sang qui en sort par les veines hépatiques en est plus chargé que le sang de tout autre vaisseau.

Nous aurons occasion de revenir sur la haute importance du glucose en physiologie, en nous occupaut des

^li. Le sucre de lait paraît être un élément ponstant du lait de tous les mammifères; le lait des cftrnivores en contient cependant hien moins que le lait d^^ herbivores (1).

Quant m\ autres liquida de Vorgani^wet on ne saurait affirmer avec certitude s'ils renferment la même matière sucrée. Comme le glucpse est la seule espèce de sucre qu'on ait trouvée dans le sang, il çst probable que le sucre de l^it ne prend naissance que dans les glandes mammaires aux dépens du glucose.

Nous parlerons, à propos des trunsmuiations, du rôle du sucre de lait dans la nutrition des jeunes animaux.

Vinosite^ e^\ une autre espèce de sucre, non suscep-^ tible d'éprouver la fermentation alcoolique, et qu'on n*a encore trouvée que dans le liquide qui imprègne les muscles du cœur.

Is paramylo» est une matière amylacée qui a été ren-

(I) Voye}, ^aos U bÊuxiÊHE partie, le chapitre eoeaaepé au lail, poar le& pFfi|iert|ens de sucre cooteaaes ddos le laii des divers animauxi

Matières coLOfeANtÈS. 75

contrée dans le corps d'un infusoire, VEttgléUa viridis. La cellulose, qui forme, comme on salt^ les parois de toutes les cellules végétales, n'a été observée que dans quelques animaux inférieurs, par exemple dahs le manteau de la Phallusiamamillaris, dans l'enveloppe cartilagineuse des ascidies simples , dans le manteau coriace des cynthies, et dans le tube extéHeur des salpes. On a également annoncé la présence de la cellulose dans certaines parties du cerveau des anltnaux supérieurs, ainsi que dans des dépôts pathologiques ; mais ce point est fort douteux..

MatKrci colorantes.

35. Les matières colorantes qui entrent dan^ la composition deé liquides et des tissus chez les atiitnaux sont à peu près inconnues sous le Rapport chimique.

La matière colorante du sang , ou hématosine , se rencontre , chez les animaux supérieurs , dans les globules colorés , où elle est toujours intimement mélangée avec une substance albumlnoïde susceptible d'être obtenue h l'état cristallisé {hématocristalline). Elle ne peut pas être Isolée sans subir de modification ; telle qu'on l'extrait du sang, à l'aide des acîdes ou des alcalis sous l'influence de l'oxygène, elle constitue un corps insoluble, différent de l'hématosine naturelle. Elle feiifei'me, parmi ses éléments, une quantité notable de fer. Il est probable qUe les globules du sang renferment des quantités variables d'hématosine, à en jUger du moins par l'analyse des globules, qui n'a pas toujours donné les mêmes proportions de fter,

76 PRINCIPES IMMÉDIATS DE l'oUGANISME.

Quant au rôle de l'hématosine, il est difficile de rétablir d*une manière certaine. Comme Thématosine soluble, telle qu'elle est contenue dans les globules, possède une grande tendance à absorber de Voxygène et à devenir insoluble, on est fondé à croire qu'elle contribue , en partie du ipoins , à réchange des prpduits gazeux dans le sang pendant la respiration.

La matière colorante du sang paraît être détruite ou modifiée par le passage de ce liquide dans la rate. Lorsque le sang s'extravase dans Tintérieur du corps et qu'il s'arrête plus ou moins longtemps dans le parenchyme d'un organe, l'hématosine se transforme en une substance cristalline (hématoïdiné), généralement d'un rouge grenat.

La matière colorante de la bile, qu'on trouve en dissolution dans ce liquide , constitue quelquefois en totalité les calculs biliaires ; d'autres fois elle ne forme que le noyau de cette espèce de concrétions. Elle se présente sous différentes modifications : brune, à l'origine, chez l'homme et chez les carnivores, elle passe au vert par une oxydation graduelle dans l'intérieur de la vésicule ; cette modification verte paraît seule exister chez la plupart des oiseaux, des poissons et des amphibies.

L'acide nitrique fumant, chargé d'acide nitreux, présente une réaction caractéristique avec la matière colorante de la bile. Si on l'ajoute goutte à goutte à un liquide contenant cette matière, il se forme, au fond, une zone d'abord verte, puis bleue, violette, rouge, et enfin jaune sale.

Dans l'ictère, la matière colorante de la bile se mêle

au sang, aux sérosités, et même à Turine ; celle-ci est alors colorée en brun rouge et passe au vert par la fermentation acide ou par Taddition d'un acide.

La matière colorante de la bile s'altère promptement par son passage dans Tintestin ; après y avoir séjourné quelque temps, elle ne donne plus, avec Tacide nitrique, les colorations caractéristiques.

Il est probable qu'elle prend naissance dans le foie même, comme les acides de la bile ; peut-être résultet-elle directement de i'hématosine; on a du moins trouvé qu'un séjour prolongé dans la vésicule la transforme en une substance cristalline, semblable à celle que fournit I'hématosine par la stagnation du sang extravasé dans les organes ; on a obtenu des cristaux entièrement identiques en reprenant par l'éther ou par l'eau, après dessiccation, les espèces de baguettes ou de boudins qu'on observe fréquemment dans la bile stagnante.

On ignore si la matière colorante de la bile joue un rôle particulier dans l'intestin, ou si elle est simplement destinée à être évacuée.

Une matière noire dite mélanine, contenue dans des cellules dodécaédriques, s'étend en couche serrée sur la face interne de la choroïde. Elle recouvre aussi les vaisseaux et les nerfs, chez la grenouille et d'autres amphibies.*La même substance paraît constituer le pigment noir des ganglions bronchiques, du tissu pulmonaire, du réseau de Malpighi de la peau des nègres , des tumeurs mélaniques, et peut-être aussi des granules qu'on observe dans les cellules en voie de transformation graisseuse dans d'anciens épanchements sanguins.

78 PRINCIPES lUHBDlATS DE L*0RGaNIS1IE.

La présence du fer dam cette matière noire et la na^ ture des parties Où on la rencontre, semblent Indiquer qu'elle résulte de la transformation chimique de Thématosine. Le rôle physique qu'elle remplit dans l'œil n'a pas besoin de commentaire.

Les matières colorantes de r urine ^ au nombre de deux et peut-être même de quatre, sont parraitement inconnues sous le rapport des fonctions qui leur sont dérolues. L'une d'elles [urhématiné) renferme du fer, absorbe* l'oxygçne avec avidité, et se rapproche encore par d'autres caractères de l'hématosine du sang ; elle ^'en est probablement qu'un prodtiit de transformation. Dans certaines maladies, les matières colorantes de l'urine se modifient d'une manière très visible.

Ilail«rfft téttêratrleès ie« tissas

:i6i Malgré les recherches nombi*elises auxquelles ont été soumises les matières azotées qui formeiit la partie essentielle des organes chez les animaux^ on ne possède pas encore des notions satisfaisantes sur leur nature chimique. On les a souvent analysées, mais on n'est guère parvenu à établir leur poids atomique, et il est même probable qu'aucune d'elles n'a encore été isolée à l'état de parfaite pureté. C'est là, pour la physiologie, une lacune fort regrettable qui nous prive des moyens de discuter, en parfaite connaissance de cause, la théorie des transmutations dotit l'orgatiisme est le siégé.

A défaut ded données nécessaires sur les relations àioiniques de ces matière84 nous sommes obligé d'exdttiiner

MATIÈRES OÈNÊRAtftlCES DBS TISStJS. 79

avec quelques détails leurs caractères physiques et chimiques.

A rétat sec, elles sont solides, et se présentent ordinairement sous forme de lamelles scarieuses et diaphanes; à Vétat humide, elles sont tanlAt jaunâtres et transparentes, tantôt blanches et opaques, tantôt tenaces et élastiques, ou molles et gluantes, tantôt enfin gélatineuses. Une seule d*entre elles a été obtenue à l'état cristallisé (/!i2). Elles sont sans saveur nlodeur, et généralementinsolubles dans Veau ; celles qui se dissolvent dans ce liquide perdent leur solubilité et se coagulent sous l'influence de la chaleur, de l'alcool, de l'acide acétique. Quoique très hygrométriques, elles ne forment avec l'eau aucun hydrate défini. Elles sont absolutnent insolubles dans l'alcool, dans l'éther et dans les autres menstrues neutres. La chaleur les décompose, avec production d'eau, d'ammoniaque, de matières azotées diverses, neutres ou basiques, et d'autres corps non azotés.

L'eau bouillante modifie leurs caractères physiques.

Les acides SulfuriqUe et chlorhydrique concentrés les décoraposetit en produisant, par un contact prolongé, des sels ammoniacaux, une substance brune, semblable à l'ulmine, delà leucine, de la tyrosine. Une substance cristallisable, volatile, douée d'une odeur désagréable, etc.

L'acide nitrique concentré les colore en jaune, surtout à chaud.

Les agents d'oxydation, telsque l'acide chromique ou le mélange de bioxyde de manganèse et d'acide sulfurique, leur font éprouver des transformations remarquables. Parmi les produits de la réaction se trouvent tous les

acides gras volatils, depuis Tacide formique jusqu'à Tacide caproïque , les aldéhydes correspondants , Tacide benzoïque et Thydrure de benzoïle ; de môme on y rencontre l'ammoniaque et les uitriles (les éthers cyanhydriques) des acides précédents, notamment Tacide cyanhydrique et le valéronitrile.

Traitées par les alcalis caustiques, dissous ou fondus, les matières azotées dont nous parlons donnent de Tam* moniaque, de l'acide formique, de l'acide carbonique et plusieurs produits azotés neutres ou basiques, tels que la leucine, le sucre de gélatine, la méthylamine, etc.

Une autre propriété caractérise les matières azotées des tissus: à Tétat humide, elles sont susceptibles d'éprouver une décomposition spontanée, c'est-à-dire de se putréfier sans l'intervention apparente d'une autre substance, mais par l'influence seule des agents atmosphériques. Elles se distinguent, sous ce rapport, de la plupart des autres corps qui, dès qu'ils sont chimiquement purs, n'éprouvent aucune altération de la part des seules influences atmosphériques. D'ailleurs, la résistance qu'elles opposent à la décomposition dépend beaucoup de leur degré de cohésion ; ainsi, le tissu qui compose les tendons se putréfie moins rapidement que le tissu cellulaire, l'albumine coagulée se décompose moins aisén:ent que l'albumine encore liquide. Les produits de cette putréfaction sont : le carbonate, le sulfhydrate, le butyrate et le valérate d'ammoniaque, la leucine, la tyrosine, etc.

11 importe aussi de noter que les principes azotés des tissus sont toujours accompagnés de matières grasses,

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