MATIÈRES GÉNÉBATRICBS DES TISSUS
ainsi que de sels alcalins et calcaires dont il est à peu près impossible de les séparer d'une manière cmnplète; on ignore jusqu'à quel point ces sels sont combinés chimiquement ou simplement mélangés avec les matières azotées. L'absence de forme cristalline de ces dernières empêche de les isoler à l'état de parfaite pureté ; on ne parvient pas non plus à en préparer des composés définis, soit parce qu'elles s'unissent aux autres substances, par exemple, à l'oxyde de plomb, en proportions fort variables, soit parce que les sels étrangers les accompagnent aussi dans ces combinaisons.
On peut diviser en deux groupes les matières génératrices des tissus : en matihes albuminotdes proprement dites, et en dérives immédiats des matières albuminotdes. Cette division, sous bien des rapports, convient aussi à leurs fonctions physiologiques.
Les caractères et les transformations chimiques des substances albuminoïdes sont si semblables, qu'elles semblent toutes dériver d'un type commun; cependant, malgré de nombreuses expériences, on ne connaît pas encore leur constitution chimique. Les matières albuminoïdes se ressemblent aussi par leurs caractères physiques ; en effet, tantôt elles sont en dissolution dans les liquides concourant directement à la nutrition, et elles y subissent conséquemment des transmutations continues, tantôt elles font partie des organes les plus actirs, tels que les muscles et les nerfs.
Les substances de l'autre groupe n'ont pas entre elles la même analogie chimique, cependant elles paraissent directement dériver des matières albuminoïdes, et leur
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l*ôle, datis les llssUs organique^, ëemble être purement physique.
L'étude de ces deux groupes de matières offre une confirmation nouvelle de ce principe, que la fonction physiologique d'une substance est toujours subordonnée à sa nature cliimique. En effet, tandis que les dérivés des matières albuminoïdes opposent le plus souvent une grande résistance aux agents chimiques ou atmosphériques, et n'ont pour ainsi diî*e de Tutlllté que par leurs propriétés physiques; les matières albuminoïdes, au contraire, éminemment altérables, constituent par cela même les véritables médiateurs des transmutations organiques et prennent part aux fonctions les plus importantes. La nature chimique des matières albuminoïdes les rend particulièrement propres à ce dernier fôle; l'équilibre chimique de leUl*s molécules est fott Instable ; les métamorphoses qu'elles subissent dans l'économie , en Vertu de leut* constitution complexe, n'ont pas encore été élucidées, il^est vrai; cependant on ft reconnu, par des expériences récentes , que le gaÉ oxygène et le gaz acide cai*bonique modifient pfomptement les substances albuminoïdes, tandis qu'on avait cru t><?ttdaht longtemps que les mêmes gaf n'avalent d'action sur elles qu'après un contact prolongé, alors qu'elles succombaient à la fermentation.
87. Matièf^B albuminoïdes, — Ces matières revêtent, dans l'organisme, les formes les plus variées ; comme il est impossible de les obtenir k l'état de pureté parfaite, on ne saurait dire si elles sont isomères ou polymères, M elles sont des combinaisotis partlcUllèr*es d'une même
MÀTI^RPS GKNfiRATRICBS DVS TISSUS. %i
substance fondamentale, ow w elles constituent simplement des corps d'une constitution analogue, li'abseuce de données positives à c§t égard nous obligf) à nous borner, pour ces naatières, à une simple étqde descriptive.
Les matières alhuminoïdes comprennent :
L'albumine ,
La fibrine du sang et des muscles , La caséine, La globuline.
Aux substances précédentes, il faut encore ajouter la matière qui constitue les cristaux du saug {hématocris^ talline).
Chacune de ces substances possède la propriété remarquable de se présenter sous deux modifications essentiellement difiërent^ : ^ l'état soluble et à Tétat insoluble.
Ces deux modifications se rencontrent dans Torga-^ nisme, (^es matières albuminoïdes solubles sont susoep^ tibles, surtout par TébuUition, de se modifier profondément dan§ leur cohésion et leur solubilité ; ainsi modifiées elles paraissent absolument différentes de ce qu'elles étaient primitivement. On a nommé coagulation ce passage de l'état ^luble h l'état insoluble; mais on ignore la nature chimique du phénomène. On pourrait l'expliquer par un arrangement moléculaire nouveav* ; e'est ainsi qu'on interpi^ète l'insolubilité qu'acquièrent l'oxyde de zinc, l'acide titanique, etc., sous l'influence de la chaleur; mais des expériences récentes ont démontré que, dans la coagulation des niatières albuminoïdes, il
Sh PRINCIPES IMMÉDIATS DE l'oRGANISME.
se sépare toujours une certaine matière dont il faut évidemment tenir compte, lors même que la quantité n'en serait que les deux centièmes de la substance primitive; ainsi, dans la coagulation de Talbumine, il se sépare toujours une matière alcaline; dans la coagulation de l'hémâtocristalline, il se sépare un acide et des sels. On pourrait, d*après ces faits, considérer les modifications solubles comme des combinaisons qui éliminent une de leurs parties constituantes par Taction de la chaleur, de manière que le groupement principal devient ainsi insoluble ; ce dernier perd en même temps la pro- * priété de se recombiner immédiatement avec la partie éliminée.
Desséchées, les matières albuminoïdes solubles se présentent sous forme de masses légèrement jaunâtres, transparentes, friables, sans odeur ni saveur, solubles dans Teau, insolubles dans Falcool et Téther ; Valcool les précipite de leurs solutions aqueuses, et le précipité est en général insoluble dans Teau. Les acides miné raux et les tannins les précipitent; mais les autres acides et alcalis végétaux ne possèdent pas cette propriété. Les sels métalliques agissent d'une manière variable; tantôt ils précipitent, tantôt ils ne précipitent pas. Il est surtout à remarquer que les matières albuminoïdes ne sont coagulées ni par Tacide acétique ni par les sels neutres, à base d'alcali, pris isolément ; tandis qu'elles sont précipitées de leurs solutions aqueuses par l'action simultanée de l'acide acétique et d'un sel alcalin ; le précipité a d'autres propriétés que la substance primitive, mais il est encore soluble dans l'eau pure, et,