MATIÈRES GÉNÉRATRICES DBS TISSUS
par suite, ne doit pas être confondu avec la modification coagulée.
A Tétat insoluble ou coagulé, les corps albuminoîdes récemment préparés sont blancs, tantôt floconneux ou grumeleux, tantôt visqueux ou d'apparence gélatineuse ; desséchés, ils sont blancs et friables. L'acide acétique œncentré les dissout plus ou moins facilement ; le ferrocyanure de potassium jaune possède surtout la propriété de les précipiter de cette dissolution. Ils forment, avec les sels minéraux, des composés qui sont en général insolubles dans Veau acidulée, et solubles dans l'eau pure. L'acide nitrique concentré les colore en jaune intense, surtout à chaud; l'acide chlorhydrique concentré, aidé d'une douce chaleur et du contact de l'air suffisamment prolongé, leur communique peu à peu une teinte bleue. La solution d'iode les colore en brun intense; la solution du nitrate de mercure acide leur communique une teinte rouge.
Toutes les matières albuminoîdes contiennent du soufre, mais l'on ignore sous quelle forme cet élément s'y trouve.
Il est probable que les rapports qui existent entre les matières albuminoîdes sont du genre de ceux que l'on a observés entre la salicine, la populine, la phlorizine ; en effet, sous l'influence des agents d'oxydation, la fibrine donne plus d'acide butyrique et valérique, la caséine, plus d'acide acétique que l'albumine. Comme les autres produits de décomposition sont presque absolument identiques, on pourrait admettre l'homologie de ces trois matières ; toutefois, les corps homologues sont en
86 l'RlNClFfiS I^M^PUT» m t'oatiAI^laMS.
général jsonjorphas ; il est dès lors impossible de considérer toutes les matières albuminoides comme homologwes ; en effet, des substances aussi semblables que les diverses ^pèpe^ d'hématocristalline, retirées du sang d'animaux différents, affectent des formes cristalline» tout ^fait incompatibles.
Il ^t d'ailleurs très difficile d'affirmer si les substances albuminoides sont véritablement des principes simples, ou si elles ne sont p^s plutôt des mélanges de plusieurs corps. Il est k remarquer que presque tontes ces sub-^ stances se dédoublent, par l'action prolongée de l'acide acétique cristallisable, en deux corps distinctSi dont l'un est soluble et l'autre insoluble dans cet acide, et qui se distinguent en outre par les colorations différentes qu'ils manifestent au contact de l'acide chlorhydrique, de la solution acide de mercure, etc.
SS. l4'aiàmnine possède peu de caractères tranchés. On la définit ordinairement comme une substance dont la solution se coagule intégralement à 63° ; mais il ne faut pas oublier que cett^ propriété est subordonnée aux circonstances extérieures; en effet, la température k laquelle se coagule l'albumine, de même que l'aspect qu'elle présente une fois coagulée, dépendent surtout do la nature des substances mêlées ou combinées avec elle ; en y ^joutant avec précaution des sels alcalins ou de l'alcool, on peut arriver à coaguler l'albumine presque à chaque degré de l'échelle thermométrique, inférieur à 6a% Un excès d'alcali ou d'acide libre (non susceptible par lui-même de coaguler l'albumine) retarde sa c(mgulation par la chaleur ; mais si l'on vient h neutraliser
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TalcRli OU Tacide, Falbumine se précipite sous forme insoluble, lors même que la dissolution serait complètement refroidiei Lorsqu'on évapore une solution d'albumine contenant un grand eicès d'alcali ou d'acide, il se forme à la surface du liquide une pellicule épaisse et incolore de substance coagulée. Précipitée d'une solution faiblement alcaline, l'albumine se présente sous la forme d'une gelée, ou bien elle donne à la liqueur l'aspect laiteux ; celle-ci possède alors une réaction alcaline plus marquée qu'avant l'intervention de la chaleur. L'albumine coagulée au sein d'une solution parfaitement neutre ou faiblement acide forme des flocons ou des grumeaux, tandis que le liquide reste parfaitement transparent et peut être facilement filtré. Il est à noter que l'albumine, en se coagulant, perd une partie du soufre qu'elle renferme.
L'albumine est Un élément constant de tous les liquides qui inlefviennent dans la nutrition de l'organisme animal entier ou de certaines parties de cet organisme. De là sa présence dans le chyle, le sang, la lymphe, l'œuf, les follicules de Graaf, etc. De plus, elle se trouve partout où il s'établit une transsudatiotl normale ou ariormale du contenu des vaisseaux sanguins ; elle se rencontre donc dans les sérosités et dans les liquides du parenchyme de tous les organes actifs. Elle constitue rélémetlt principal du sérum du ftatig; elle forme, en eflfet, de 7,8 à 9,8 pour 100 du sérum liquide ^ et les 85 centiètnes de ses parties solides*
Les sécrétions et excrétiotis du corps ne contiennent de l'ttlbumitie que dans des cfts ttnormaui, tiotam-
88 PRINCIPES IMMÉDIATS DK l'oRGANISME.
meut dans les inflaminations des surfaces sécrétantes.
Il n'est pas douteux que Talbumine contenue dans les liquides de réconomie animale ne provienne des plantes. Des analyses faites avec soin ont démontré que les substances albuminoîdes contenues dans les aliments sont plus que suffisantes pour les besoins de l'organisme. Mais on ne sait rien sur la manière dont les substances, telles que la caséine, lalégumine, la fibrine, etc., transformées en chyme dans l'estomac et introduites ensuite dans la masse des liquides, se convertissent finalement en albumine normale telle que la renferme le sang.
Pour concevoir l'importance physiologique de l'albumine, comme matière destioce à former et à entretenir tous les tissus azotés, il suffit de considérer les parties de l'organisme où elle se rencontre. Au reste, l'étude des substances qui composent les tissus démontre que l'albumine n'a besoin de subir que de faibles modifications pour se transformer soit en la matière contractile qui forme les muscles, soit en la substance qui remplit les tubes nerveux. On ignore toutefois de quelle manière l'albumine s'organise en cellules et en tissus. Les dérivés immédiats des matières albuminoîdes semblent bien constituer des termes formant le passage de l'albumine aux substances constitutives des tissus ; mais il s'en faut de beaucoup que nous soyons en état de suivre ce passage dans tous ses détails, même par une série d'équations chimiques. Les modifications de l'albumine que l'on a trouvées dans l'organisme animal (par exemple, le principe coagulable du suc pancréa-
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tique, la paralbumine et la métalburoine de divers liquides des bydropiques) et les transformations que les matières albuminoïdes éprouvent durant la digestion stomacale, ont été si peu étudiées par les chimistes, qu'elles ne pourraient, en aucune façon, servir de base à une solution scientifique de la question.
39. La fibrine se distingue des autres matières albuminoïdes principalement par la propriété qu'elle possède de se séparer à Tétat solide, sous forme de filaments très ténus ou de petites lames plissées, dès que le liquide qui la tient en dissolution est soustrait à Tinfluence de la vie. Les propriétés de la fibrine dissoute ne sont que peu ou point connues : on sait seulement que cette substance n*est pas précipitée de sa solution naturelle par Facide acétique, mais qu'elle Test par l'éther et par une lessive de potasse. La fibrine, naturellement coagulée, présente aussi quelques propriétés différentes de celles de la fibrine coagulée par Fébullition ; la première se décompose à Tair avec la plus grande facilité ; elle se putréfie, en absorbant l'oxygène, plus rapidement que toute autre substance albuminoïde; aussi décompose-t-elle instantanément l'eau oxygénée; elle se distingue encore en ce qu'elle fait gelée dans l'eau contenant 0,1 pour 100 d'acide chlorhydrique, sans toutefois se dissoudre dans ce liquide à la façon des autres matières albuminoïdes, et que, avec une dissolution étendue de salpêtre (1 p. de sel dans 17 p. d'eau), elle forme une solution qui se coagule par la chaleur. Nous traiterons avec plus de détails des modifications de la fibrine spontanément coagulée, en parlant du sang.
Digitizecj
La fibrine coagulée par Tébullition ne présente pas de propriétés qui la différencient essentiellement des autres matières albuminoïdes, solidifiées par le même moyen.
La fibrine existe en dissolution dans le chyle (qui en renferme en moyenne 0,1 pour 100), dans le sang (3 pour 400), dans la lymphe (0,05 pour 100).
Sa proportion n'est pas la même dans le sang de tous les vaisseaux : le sang artériel en renferme, terme moyen, plus que le sang teineux ; le sang de la veine splénique en contient fort peu ; celui des veines hépatiques en est absolument dépourvu. Le sang des nouveau-nés con« tient moins de fibrine que celui des adultes ; pendatU les derniers mois de la grossesse, la quantité de fibritie renfermée dans le sang augmente considérablettietit.
Ce n'est que dans les exsudations d*une nature réellement inflammatoire, que Von trouve de la fibrine dans les liquides des séreuses, sur les muqueuses ou dans le parenchyme des organes; elle y est bien pluâ souvent coagulée que dissoute.
De Tensemble des circonstances où se présente la fibrine, on peut conclure que cette substance est le ré^ suliat d*une transformation de l'albumine. Ici encore il est impossible de préciser la nature de cette transfert mation. Si Ton accorde quelque valeur aux analyses élémentaires, on est conduit à considérer la fibrine, qui contieht un peu plus d'oxygène que Talbumine, comme un produit de l'oxydation de celle-ci* Par l'arrivée d'une quantité suffisante d'oxygène dans le sang, l'albumine ne s'arrête pas longtemps à ce degré d'oxydation ; aussi
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rêticontre-t-on moins de fibrine dans le sang des enfants et des personnes bien portantes, que datls celui des femmes enceintes, des individus qui soufii*ent de maladies inflammatoires, et, en général, de ceux chex lesquels Tarrlvée de Toxygène dans le sang, et par suite Toxydation deTalbumine, se trouve entravée.
La fibrine parait donc être un degré d'oxydation Intermédiaire, précédant les composés plus otygénés qui constituent les tissus. On ne saurait pourtant affirmer qtie les cellules et les fibres animales passent toutes d'abord par Tétat intermédiaire de fibrine.
39 ôj». La fibrine des muscles (»yn/on/rie de M. Lehmann) a beaucoup d'analogie avec la fibfine du sang spontanément coagulée ; elle s'en distingue en ce qu'elle se dissout dans de l'eau contenant 0,1 pour 100 d'acide chlorhydrique, et se précipite de nouveau sous forme de gelée, quand on neutralise l'acide; celle gelée forme, avec Teau de chaux ou les alcalis très étendus, une solution qui se coagule par la chaleur ; elle se gonfle dans une dissolution de carbonate de potasse, mais ne s'y dissout en ftucune façon ; elle est également insoluble dans une dissolution de nitrate de potasse.
Cette espèce de fibrine est la substance principale des fibHlIes des muscles striés et des mUscles lisses ou des cellules fhsiformes.
U n'est guère possible de s'expliquer comment cette substance, si semblable à l'albumine et â la fibrine du sang, contribue à là conttactilité des tissus vivants, dé préférence aUx autres matières albuminoïdes.
M. La cdséinë m se coagule point par rébullltion,
mais elle se coagule sous Finfluence de l'acide acétique, de la muqueuse qui tapisse la caillette des ruminants, et du suc gastrique des carnivores. Les sels de magnésie et de chaux ne précipitent la caséine qu'avec Vaide de la chaleur. A l'état coagulé elle ne se distingue pas d'une manière essentielle des autres matières albuminoïdes.
Elle existe dans le lait de tous les mammifères (a à 17 pour 400).
On a trouvé dans le sang une substance qui lui ressemble au plus haut point, et qu'on a nommée, pour cette raison, caséine du sétum. Le sang des femmes enceintes et du placenta parait en contenir de grandes quantités.
On rencontre encore la caséine dans les liquides qui imprègnent les muscles, dans ceux du thymus, du tissu cellulaire, du tissu élastique, de l'allantoïde.
Elle existe également dans le jaune d'œuf, mélangée avec l'albumine ; ce mélange a été autrefois considéré comme une substance particulière, la vitelline.
L'imperfection de nos connaissances ne nous permet pas d'émettre une hypothèse sur la manière dont la caséine résulte des autres substances albuminoïdes. C'est donc encore un problème à résoudre que de savoir si la caséine du lait se forme seulement dans les glandes mammaires, ou si elle prend naissance déjà dans le sang.
On ne sait pas non plus pourquoi cette substance forme l'élément nutritif du lait, de préférence à l'albumine, à laquelle d'ordinaire ce rôle est dévolu. 11 y aurait aussi à expliquer les rapports qui existent entre la caséine