‹ Précis de chimie physiologique animaleChapitre 31 sur 61 · SPERME · texte numérisé non relu

SPERME

que pour les analyses microscopiques. Pour étudier chimiquement le sperme , on s'est servi du liquide obtenu en exprimant les testicules de divers animaux.

Les éléments organisés propres au sperme {spermatozoïdes) présentent chez les divers animaux un aspect à peu près constant, bien qu'il soit aisé de distinguer ceux qui appartiennent à des espèces différentes. Ils sont formés d'une tète ronde, ovale ou piriforme, d'où part un long fil qui s'amincit graduellement. La tête du spermatozoïde de l'homme a de O^^jOOlSS à 0'"'",00293 de large, et de 0™™,00429 à 0'»"',0056a de long ; le fil a une longueur de 0"'», 04061 à 0'"°\0Zi512. Les spermatozoïdes ne se putréfient que difficilement ; ils ne se dissolvent que dans des solutions concentrées de carbonates alcalins. Ils sont composés d'une matière albuminoïde qui laisse à l'incinération des cendres très abondantes, riches en phosphates ; ils renferment en outre k pour 100 d'une matière grasse analogue au beurre.

Outre les spermatozoïdes, la liqueur séminale contient encore les éléments solides suivants : des cellules épithéliales, des corpuscules de la prostate, des corpuscules muqueux et des granules blancs à contours tranchés , ayant de 0"",00361 à 0"'»,02256 de diamètre et qu'on a nommés granules séminaux.

Le liquide qui baigne les spermatozoïdes provient, pour la majeure partie, des glandes de Cooper, des vésicules séminales et de la prostate ; il se prend en gelée après son extraction; la matière qui détermine ce phénomène , la spermatine, ressemble plutôt aux mucosités qu'à la fibrine ; elle ne se coagule point par l'ébullition ;

172 LIQUIDES ET TISSUS DE l'ORGANISME.

par la dessiccation , elle devient insoluble dans Teau ; elle se redissout dans les dissolutions alcalines étendues, et se précipite de nouveau par les alcalis concentrés ; l'acide acétique la précipite ; un excès de cet acide la redissout. Enfin elle se dissout dans l'acide nitrique concentré.

Parmi les sels contenus dans le sperme, les phosphates de chaux et de magnésie sont prédominants; on y trouve aussi beaucoup de chlorure de sodium, ainsi que des phosphates alcalins.

Dans les cas douteux , c'est le microscope qui sert le mieux à constater l'identité de la liqueur séminale; les spermatozoïdes se conservent en effet pendant longtemps, qu'ils soient à l'état de dessiccation ou en suspension dans l'urine. En humectant avec précaution du sperme desséché et en le détachant du tissu sur lequel il était fixé, on aperçoit toujours au microscope des spermatozoïdes intacts.

Les taches de sperme sur le linge ou sur d'autres étoffes se distinguent aussi de toutes les autres taches semblables, en ce qu'elles se colorent en jaune fauve, lorsqu'on les chauffe modérément pendant une ou deux minutes.

Liquides de l*œar*

69. Nous ne parlerons ici que des liquides contenus dans l'œuf avant l'incubation et antérieurement au développement de l'embryon, c'est-à-dire des liquides qui constituent la masse centrale jaune et la substance

LIQUIDES DE l'oEUF. 173

qui Tentoure , notamment dans les œufs des oiseaux (1).

Le liquide jaune ^ ou vitellus^ n'a été examiné avec soin que dans les œufs des poules et des poissons. 11 est visqueux, épais, peu transparent, coloré tantôt en jaune rougeâtre, tantôt en jaune-citron ; il est inodore et doué d'une saveur propre peu prononcée. Mêlé à l'eau, le jaune d'œuf forme une émulsion blanche qui ramène au bleu le tournesol rougi , et se prend par TébuUition en une masse friable. L'alcool froid le coagule; agité avec l'éther, il abandonne à ce liquide une matière grasse rougeâtre ou ambrée , tandis qu'une masse blanche visqueuse reste indissoute.

En soumettant le jaune d'œuf à l'analyse microscopique, on y découvre, au milieu de granules trop fins pour qu on en puisse mesurer le diamètre, des globules et des gouttelettes de graisse de diverses grosseurs ; ces dernières se reconnaissent surtout à leur couleur d'un jaune moins intense. Les globules jaunes ou globules vitellins sont entourés d'une membrane qui semble saupoudrée de granules. Si l'on fait agir sur le jaune d'œuf du sel ammoniac ou d'autres sels à base d'alcali, les granules suspendus dans le liquide disparaissent complètement; il reste des gouttelettes brillantes de graisse à contours bien tranchés , à côté des globules jaunes

(i) \\ sera qaeslioD des liquides de Tœaf développé, de ceux des eaux amniotiques et allantoïdieunes , de renduil caséeux et de la gélatioe de Wharloe, dans les chapitres consacrés aux transsudalions f à Turine, à la sécrétion cutanée et au mucus.

déchiréset devenus ovales, oblongs ou fusiformes. On aperçoit encore dans ces derniers une enveloppe fine recouverte de granules. L'acide acétique étendu détruit aussi les globules vitellins, sans toutefois dissoudre les granules suspendus dans le liquide.

Dans les œufs des poissons et des amphibies , on découvre , à l'aide du microscope , les corps qu'on a nommés plaques vitellines. Ce sont des tablettes ordinairement carrées, souvent stratifiées. Elles ne sont point formées de matières grasses , car elles ne se dissolvent pas dans l'éther ; l'acide nitrique les colore en jaune ; d'autres acides les gonflent et les divisent en plusieurs parties.

Quant aux corpuscules sphériques, analogues à des cellules , ils paraissent formés principalement de matières grasses ; ils contiennent surtout une matière grasse phosphorée (acide phosphoglycérique?) et un pigment jaune.

La masse de leurs enveloppes représente environ 0,5 pour 100 de celle du jaune d'œuf.

Les granules fins ne sont autre chose que de la caséine pauvre en alcalis, qui se dissout très facilement dans les sels alcalins. Ils forment les l/i centièmes du vitellus.

Le jaune d'œuf renferme de Yalbumine pauvre en alcalis à l'état de véritable dissolution. Cette albumine forme les 3 centièmes environ de la masse totale.

On désignait autrefois sous le nom de vitelline un mélange de caséine et d'albumine renfermé dans le vitellus (voy. p. 92).

LIQOIDBS DB L'oBOP. 175

On n*a pas encore fait de recherches exactes sur les matières grasses du jaune d'œuf. Elles se composent principalement de margarine et d'oléine; outre ces corps , on en trouve un autre que l'on a pris pour de la cholestérine à cause de l'élévation de son point de fusion et de la forme de ses cristaux (tables rhomboïdales) ; mais il ne paraît pas qu'il y ait identité entre ces deux substances. Enfin on a signalé encore la lécithine^ matière visqueuse analogue à la gélatine et la céréLrine; toutes deux ont été peu étudiées. C'est, dit-on , aux dépens de la cérébrine que se forme l'acide phosphoglycérique contenu dans le vitellus.

Les matières que l'on peut retirer par lether du vitellus desséché s'élèvent à environ 30 pour 100 du vitellus liquide.

Les matières colormUes du jaune d'œuf sont peu connues ; on sait seulement qu'il en existe une jaune et une rouge, et que l'une d'elles contient du fer.

Parmi les principes minéraux prédominent les sels à base de potasse et les phosphates ; les chlorures et les sels de soude sont fort peu abondants dans les cendres; celles-ci contiennent de 67 à 70 pour 1 00 d'acide phosphorique (monobasique] . Le total des matières inorganiques renfermées dans le jaune d'œuf s'élève à 1 ,5 pour 100.

La quantité d'eau du vitellus de l'œuf frais est assez variable (de /i8 à 55 pour 100).

Les œufs des poules contieiment en moyenne 15'", 2 de jaune et 23»',9 de blanc.

Les œufs de poissons, qui n'ont point d'enveloppe albumineuse , renferment les mêmes éléments que les

œufs de poules, et même dans des proportions assez semblables.

Valbumine du blanc des œufs de poules ne parait nullement amorphe quand on la regarde au microscope. Outre les chalazes et les membranes cellulaires amorphes , on y voit çà et là des corpuscules à trois pointes ou plus et des groupes d'aiguilles extrêmement fines. Ce sont les membranes cellulaires qui donnent surtout à Talbumine sa consistance gélatineuse.

L'albumine du blanc d'œuf est en général unie à de la soude; elle constitue environ les 12,5 centièmes du blanc d'œuf frais.

Les groupes d'aiguilles sont formés par de la margarine; on rencontre encore, dans le blanc d'œuf, de Toléine , de l'oléate et du margarate de soude.

On trouve aussi du glucose dans le blanc des œufs couvés et non couvés ; sa proportion s'élève à environ 0,5 pour 100.

Parmi \es principes minéraux du blanc d'œuf, prédominent les sels solubles, tandis que les sels insolubles sont plus abondants dans le jaune d'œuf. Les cendres du blanc d'œuf contiennent plus de 50 pour 100 de chlorures ; il y a peu de phosphates et peu de sels de potasse. Une certaine quantité de soude s'y trouve à l'état de carbonate. On rencontre un peu de silice dans les deux parties de l'œuf. Le blanc d'œuf frais contient en moyenne 0,66 pour 100 de composés minéraux.

La quantité d'eau y varie de 82 à 88 pour 100.

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