MUCUS
Mncns.
70. La matière qui est sécrétée par les membranes muqueuses forme, à Tétat normal, une masse visqueuse et filante, composée d'un liquide transparent et gluant , ainsi (\ue d'un grand nombre d'éléments solides, notamment de cellules épithéiiales. Elle varie, sous le rapport de la composition et des caractères chimiques , suivant la membrane d'où elle provient. Suivant la nature du tissu à la surface duquel le mucus est sécrété, les cellules épithéiiales appartiennent à Tepithélium pavimenteux, cylindrique ou vibratile. Elles sont si nombreuses dans le mucus normal, qu'on peut à peine distinguer le liquide interposé, et bien moins encore en séparer celui-ci . (Nous parlerons de la nature chimique des cellules épithéiiales en traitant des tissus cornés.)
On trouve dans le mucus des corpuscules propres, des corpuscules cytoïdes , semblables aux globules incolores du sang et du pus. Ils sont souvent fort rares; cependant leur nombre augmente , pour peu qu'il survienne une faible irritation de la muqueuse ; dans des irritat'ons plus fortes (catarrhes) , ils augmentent tellement , qu'au microscope la masse entière du mucus en paraît formée. (Nous y reviendrons dans le chapitre réservé au)^ Exsudations,)
On ne rencontre de caillots de fibrine accompagnés de globules de sang que dans les inflammations exsudatives (croupales) des membranes.
Souvent aussi les mucosités renferment des amas de granules et des cellules granulées [globes inflammn-
toutes), notarameiit dans les catarrhes, les affections croupales des voies aériennes.
Fréquemment encore on y trouve des gouttelettes de graisse.
C'est surtout pendant des maladies qui entravent les métamorphoses vitales de l'organisme entier , par exemple pendant les maladies tuberculeuses , le cancer, le typhus , que le mucus est chargé de nombreux granules microscopiques.
Certaines sortes de mucus renferment des corps cellulaires variés produits par des follicules dont le canal sécréteur s'ouvre à la surface de la membrane muqueuse. Ce n'est qu'accidentellement que Ton observe dans du mucus ancien des vibrions et des cryptogames microscopiques.
Le mucus doit ses principales propriétés à une substance particulière (inuclne) qui s'y trouve dissoute ou délayée. Cette substance est fort peu connue chimiquement, parce que ce n'est que dans des circonstances rares ou anormales qu'on a pu se procurer le mucus débarrassé de cellules épitliéliales et d'autres formations analogues. Elle paraît tantôt se dissoudre dans l'eau , tantôt simplement s'y gonfler ; la chaleur ne la coagule pas ; l'alcool la précipite sous forme de flocons ou de filaments, qui, lavés à l'eau, reprennent leurs propriétés primitives. Les acides, môme l'acide acétique étendu , la précipitent; le précipité se redissout dans les acides concentrés. Les variations qu'on remarque dans les propriétés du principe particulier du mucus paraissent être dues aux proportions différentes d'alcali qu'il renferme