‹ Précis de chimie physiologique animaleChapitre 33 sur 61 · SALIVE · texte numérisé non relu

SALIVE

en combinaison ; si dans certaines mucosités i*eau précipite la mucine sous forme de filaments , cela est dû sans doute à ce qu'elle s'empare de l'alcali combiné avec cette matière.

\J albumine proprement dite n'existe^ pas dans le mucus normal , mais elle y apparaît dès que la muqueuse est irritée.

Le mucus normal ne renferme que peu de matière grasse ; il en contient davantage dans les affections catarrhales.

Le mucus des diverses membranes présente tantôt une réaction acide, tantôt une réaction alcaline; il est d'autant moins possible de décider quelle est la réaction qu'il doit avoir dans l'état normal, que l'alcali ou l'acide libre sont dus peut-être à la présence de matières étrangères.

Parmi les principes minéraux du mucus , le chlorure de sodium est le plus abondant ; les cendres du mucus renferment principalement encore des carbonates alcalins (dont la base était combinée avec la mucine) , des phosphates et des sulfates alcalins et des phosphates terreux. La proportion de ces sels s'élève à environ 0,7 pour 100.

Veau constitue de 88,2 à 95,6 pour 100 du mucus.

Salive.

71. La salive n'est pas seulement un mélange des sécrétions provenant des diverses glandes salivaires ; la sécrétion de la muqueuse buccale en forme aussi une

partie essentielle. Il est donc important de bien distinguer cette salive complexe des sécrétions individuelles de chaque glande.

La salive complexe est un liquide trouble, légèrement opalin, visqueux 'et filant, inodore et insipide. Abandonnée à elle-même, elle dépose au bout de quelque temps un sédiment blanc grisâtre composé de débris d'épithélium paviment^ux et de rares corpuscules muqueux. Sa densité, chez l'homme, varie de 1,004 à 1,006; sa réaction normale est alcaline.

Le meilleur moyen de se procurer la salive humaine pure consiste à déprimer fortement la mâchoire inférieure, tandis qu'à l'aide d'une plume on excite la voûte palatine ; après une strangulation momentanée, la salive se précipite de la bouche par jets. Chez les animaux à jeun , on se procure aisément la salive en leur présentant leur nourriture de prédilection , tandis qu'on déprime le museau.

Lsl sécrétion des parotides ^ qu'on ne peut se procurer que par des fistules naturelles ou artificielles , est transparente et incolore; elle n'a ni saveur ni odeur; elle n'est point filante. Son poids spécifique varie de 1.0061 à 1,0088 ; elle possède une réaction sensiblement alcaline.

La proportion des principes solides qu'elle renferme est assez variable : chez Thomme, elle s'élève k i,k et jusqu'à 1,6 pour 100; chez le chien, elle est de 0,46 pour 100 ; chez le cheval , de 0,7 à 1,1 pour 100.

Le principe le plus important de la sécrétion des parotides, ]siptyaline, est une substance unie à de tapotasse, de la soude ou de la chaux ; ces combinaisons présen-

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tent quelque analogie, sans pourtant être identiques, avec celles que Talburaine est susceptible de contracter avec les bases. La ptyaline est une substance gélatineuse, soluble dans l'eau ; elle ne se coagule point sous Tinfluence de la chaleur; les dissolutions des composés qu'elle forme avec les alcalis sont précipitées par l'acétate de plomb , le bichlorure de mercure , l'acide tannique ; elles ne le sont point par l'alun , le sulfate de cuivre et les autres sels métalliques.

Une partie de la ptyaline est unie à de la chaux qui peut lui être enlevée même par l'acide carbonique. De là vient que la sécrétion parotidienne du cheval , primitivement transparente comme de l'eau, se trouble à Tair comme de l'eau de chaux.

A côté de la ptyaline , on trouve une autre matière organique soluble dans l'alcool et Teau , susceptible également d'être précipitée par le tannin , mais non par l'alun.

On y trouve encore un sel à base de potasse dont l'acide appartient au groupe des acides homologues de l'acide butyrique.

D'ordinaire on y rencontre encore du sulfocyanure de potassium; toutefois ce produit n'est pas constant.

Dans les cendres de la sécrétion parotidienne on trouve des quantités assez considérables de chlorures de potassium et de sodium ; le carbonate de chaux y est assez abondant ; on n'y rencontre que de petites quantités de phosphates.

La sécrétion des glandes sous -maxillaires est un liquide incolore, transparent, très visqueux, inodore et insipide.

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Sa densité, chez le chieii, est de 1 ,00^ ; elle a une réaction alcaline moins prontmcée que la sécrétion des parotides; ses éléments sont à peu près les mêmes ; on y remarque cependant moins de chaux unie à des matières organiques. Évaporée, elle laisse un résidu solide qui s'élève à 0,855 pour 100.

La êécrétion de la muqueuse buccale est très visqueuse, très gluante, trouble, incolore, d'ordinaire écumeuse, riche en cellules épithéliales ; elle a une réaction alcaline et renferme environ 1 pour 100 de principes solides, dont 0,62 de» matières organiques.

La salive complexe de Thomme contient de 0,35 à 1 pour 100 de principes solides; 100 parties de ces principes contiennent 38 de matières minérales, parmi lesquelles on remarque surtout le chlorure de sodium et le chlorure de potassium.

72. La salive renferme quelquefois aussi des principes anormaux ; on y observe , par exemple , toujours de Fiodure de potassium après Tingestion de Tiode ; quelquefois aussi on y trouve certains principes de la bile ; rarement on y trouve du sucre. On ne sait pas positivement si l'albumine proprement ditç £ait partie de sa composition.

On ne trouve du mercure dans la salive que dans les cas où il s'est déclaré des salivations mercurielles par stiite d'une ingestion abondante de mercure.

l)ans des cas anonnaux, la salive présente, à jeun «urtout, une réaction acide. Elle est alcaline après Tingestion de certains aliments , notamment de substances acides fortement épicées ou difficiles à digérer* La salive

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acide s'observe principalement dans les iiTiiations des premières voies et dans le diabète sucré. On ne sait encore quel est Tacide qu'elle renferme alors.

Les concrétions qu'on trouve parfois dans les canaux sécréteurs des glandes salivaires sont composées principalement de carbonate de chaux, d'un peu de phosphate de chaux, de phosphate de magnésie, et d'une petite quantité de matière organique.

On admettait autrefois que la quantité de salive secrétée dans les vingt-quatre heures par un homme adulte s'élevait de 216 à 316 grammes. Des expériences plus récentes portent à croire que ces nombres sont beaucoup trop faibles et que l'on peut admettre 1500 grammes comme représentant la quantité moyenne de salive sécrétée en vingt-quatre heures par un adulte.

L'abondance de la sécrétion salivaire pendant un intervalle de temps peu considérable est susceptible de varier beaucoup; l'affluence plus ou moins grande de la salive dans la cavité du palais dépend , en effet , de conditions très différentes. Des aliments secs et durs provoquent «ne sécrétion abondante; des mets humides et mous n'en déterminent qu'une très faible. Tout mouvement de la mâchoire inférieure , par conséquent la mastication , la parole , le chant, augmentent la sécrétion salivaire. Les substances acides ou aromatiques, celles dont ia saveur est prononcée, produisent un effet analogue. Du reste , la sécrétion continue quelque temps encore après l'ingestion des aliments.

Plus il y a eu de salive avalée ou rejetée , moins la salive nouvelle contient de principes solides; les prin-

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cipes organiques éprouvent dans ce cas une diminution plus forte que les principes minéraux.

73. La fonction de la salive est complexe ; elle est à la fois mécanique et chimique.

La salive , notamment la sécrétion parotidieniie , sert à imprégner d'humidité les aliments secs, et à les rendre plus accessibles aux autres liquides digestifs ; elle sert encore , surtout la sécrétion sous-maxillaire , à lubrifier le bol aUmentaire et à faciliter la déglutition. Il est possible que la salive , par sa consistance visqueuse , consistance qui la rend écumeuse par la mastication, serve encore à introduire de Tair atmosphérique dansTestomac et dans le canal intestinal.

La fonction chimique de la salive est également complexe. La propriété la plus remarquable et la plus importante qu'elle posède sous ce rapport, consiste à transformer en très peu de temps la fécule en sucre. Il est à observer que la sécrétion parotidienne seule ou mêlée au mucus buccal ne produit pas cette transformation; la sécrétion sous -maxillaire non plus n'est à elle seule susceptible de la déterminer, mais elle acquiert cette propriété lorsqu'elle est mélangée avec du mucus buccal. La sécrétion des parotides n'a donc aucune influence dans la conversion de la fécule en sucre ; le ferment résulte uniquement de la réunion du produit des glandes sous-maxillaires avec la mucosité du palais.

On a cherché à démontrer l'existence d'une diastase salivaire, c'est-à-dire d'un principe immédiat particulier qui , par sa présence dans la salive complexe , déterminerait la transformation de la fécule en sucre ; mais

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