BILE
L*ingestion d'une grande quantité d'eau augmente la sécrétion biliaire ; non-seulement la bile devient alors plus aqueuse , mais le foie sécrète aussi dans le mémo temps une quantité plus considérable de principes solides.
L'ingestion du carbonate de soude la diminue notablement ; l'usage du calomel l'augmente, mais l'augmentation ne porte que sur l'eau, tandis qu'il ne se sécrète pas plus de principes solides qu*à l'ordinaire.
La sécrétion de la bile diminue pendant les fièvres.
De tout temps les fonctions de la bile dans la digestion ont été différemment interprétées. Il est certain que l'une des fonctions les plus importantes de ce liquide consiste à saturer les acides du suc gastrique, passant dans le duodénum avec les aliments digérés. Le contenu du duodénum possède toujours, il est vrai, une réaction acide , mais il ne la doit pas à l'acide chlorhydrique ou à l'acide lactique ; cette réaction provient des acides résineux de la bile, qui ne tardent pas à se décomposer dans l'intestin.
La bile n'exerce aucune action dissolvante particulière sur les éléments du chyme; cependant l'eau qui se répand par elle dans l'intestin doit évidemment dissoudre quelques-uns de ces principes et en précipiter d'autres à l'état insoluble.
La bile empêche jusqu'à un certain point la fermentation putride des matières contenues dans l'intestin; lorsqu'elle manque, le contenu du gros intesthi et les excréments prennent d'ordinaire une odeur des plus repoussantes.
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On a toujours pensé que la bile jouit de la propriété de dissoudre les matières grasses. Cette propriété, alors même qu'elle ne l'aurait qu'à un faible degré, ne saurait être entièrement niée; d'ailleurs, on a démontré par des expériences directes que l'acide taurocholique, l'un des éléments de la bile , la possède en réalité. Malgré cela , le pouvoir dissolvant de la bile pour les matières grasses neutres est si faible , qu'il ne suffirait pas pour déterminer la dissolution de toutes les matières grasses destinées à être absorbées par l'intestin. Et cependant le fait bien connu que la bile enlève facilement les taches de graisse , indique assez que cette sécrétion doit avoir une certaine influence sur le transport des matières grasses dans l'organisme. Il résulte d'expériences plus récentes , que la bile change les conditions d'adhésion entre les liquides huileux et les membranes imprégnées d'emi^: ainsi on a reconnu que les huiles s'élèvent à une hauteur bien plus grande dans des tubes capillaires humectés de bile que dans les mêmes tubes secs ou humectés d'eau ; il est certain aussi que la graisse traverse bien plus aisément les membranes imprégnées de bile que les membranes mouillées avec de l'eau.
Ces faits expliquent assez l'influence de la bile dans l'absorption des matières grasses ; en voici d'autres qui montrent qu'en réalité cette absorption ne peut être que très faible sans le concours de cette sécrétion. Chez les animaux dont toute la bile s'écoule au dehors par des fistules, on trouve que les quantités d'albuminates et d'hydrates de carbone absorbées sont les mêmes que si les fistules n'existaient pas. Il n'en est pas de même des
byGoegle-
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matières grasses : une partie, il est vrai, en est encore absorbée, lors même que la bile n'arrive plus dans Tintestin, mais la quantité de matière grasse absorbée est 2 fois I moindre que dans le cas où la bile s'épanche librement dans Fintestin.
Un chien, pour chaque kilogramme de son poids, absorbe en vingt-quatre heures, de 0»%5 à 0»',6 de graisse, tandis que lorsque la bile n'arrive plus dans l'intestin , il n'en absorbe environ que 0«%1 .
Le chyle de chiens nourris avec de la graisse renferme normalement plus de 3 pour 100 de matières grasses ; si l'on fait écouler la bile par une fistule, on ne trouve presque plus dans ce chyle que des acides gras, dont la proportion s'élève à 0,8 pour 100. On a trouvé aussi dans le chyle d'un chien abondamment nourri de viande , et sur lequel on avait pratiqué une semblable fistule, 0,2 pour 100 seulement de matières grasses, tandis que dans le chyle d'un chien bien portant et sans fistule, auquel on ne donnait que de la viande peu riche en graisse, on en trouva jusqu'à 3,2 pour 100. Ces expériences mettent donc hors de doute l'importance et le mode d'action de la bile dans l'absorption des matières grasses par l'organisme.
Les faits suivants établissent que la bile ne prend naissance que dans le foie : chez les grenouilles, auxquelles on avait enlevé le foie , on n'a pu trouver dans le sang aucun des principes de la bile. Dans les maladies qui attaquent le parenchyme du foie et entravent par conséquent la sécrétion biliaire, il ne se manifeste jamais d'ictère. 11 ne préexiste aucun des principes essentiels
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de la bile dans le sang de la veine porte. Pendant le passage très lent du sang à travers le foie , ce liquide subit de si profondes modifications, comme on peut s'en assurer par Texaraen comparatif du sang de la veine porte et du sang des veines hépatiques, qu'il est impossible d'admettre que le foie, à la manière d'un filtre, opère simplement la séparation de certains principes du sang (comme les reins, par exemple, filtrent l'urine).
Sae paiicr«atl«ae.
78. Le suc pancréatique constitue un liquide incolore, transparent, légèrement gluant, insipide et inodore, doué d'une réaction alcaline assez forte : il est coagulé par la chaleur, ainsi que par l'addition des acides minéraux. Son poids spécifique est assez variable, car, suivant la durée de la sécrélion,il renferme tantôt plus, tantôt moins de principes solides. Lsl concentration du suc pancréatique est , en effet , en raison inverse de la quantité qui en est sécrétée dans un temps donné. Ainsi, dans le suc pancréatique du chien on a trouvé des proportions de principes solides variant entre 1,62 et 11,56 pour 100.
A la température ordinaire, le suc pancréatique exposé à l'air commence à se putréfier au bout de quelques heures. Il transforme en quelques minutes l'amidon en glucose , et décompose les matières grasses neutres en glycérine et en acides gras correspondants.
Pour le recueillir, il n'y a d'autre moyen que de pratiquer sur le canal de Wirsung une fistule ayant issue au dehors.
suc PANCRÉATIQUE. 201
Le principe le plus important du suc pancréatique est une matière albuminotde ^ qui n*est identique ni avec Talbumine ni avec la caséine.
Le suc pancréatique se coagule sous l'influence de la chaleur ; Talcool y détermine un précipité qui , même après des lavages prolongés à Talcool , demeure soluble dans Teau. L'acide acétique y produit aussi un précipité qu'un excès d'acide , aidé de la chaleur, redissout lentement. Le résidu solide contient environ 78 pour 100 de cette substance.
Outre une matière grasse analogue au beurre , on y trouve en très petite quantité une matière organique, soluble dans l'alcool.
Les principes minéraux les plus importants du suc pancréatique sont le chlorure de sodium, les phosphates aK câlins et terreux , les sulfates alcalins et le carbonate de chaux.
Quant à la quantité de liquide sécrété par le pancréas, on a trouvé qu'un chien, par chaque kilogramme qu'il pèse, produit en vingt-quatre heures environ 35 grammes de suc pancréatique.
La sécrétion atteint son maximum pendant la digestion (chez les ruminants, après la rummation).
La quantité de suc sécrété est indépendante du volume du pancréas. L'abstinence prolongée , les vomissements et les opérations la diminuent; l'ingestion d'aliments solides, et surtout de boissons, l'augmente considérablement.
Le suc pancréatique peut remplir dans la digestion un double rôle, en rapport avec les propriétés que nous
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▼enons d'énoncer ; il est susceptible de convertir la fécule en glucose et de transformer les matières grasses en substances propres à être absorbées. De nombreuses expé* riences ^blissent que le suc pancréatique convertit réellement la fécule en glucose pendant la digestion ; il possède cette propriété à un bien plus haut degré que la salive ; son action est encore manifeste à une basse température ; elle n'est entravée ni par la bile, ni par le suc gastrique, ni par les acides libres.
Il n'en est pas de même de la propriété que possède le suc pancréatique de décomposer les matières grasses neutres : il la perd dès qu'il se trouvé en contact avec des acides libres , par exemple avec les acides du suc gastrique. Il n'est pas exclusivement destiné à décomposer dans l'intestin les matières grasses neutres; en effet , on ne trouve jamais des quantités notables d'acides gras , ni dans le chyme , ni dans le chyle des vaisseaux chylifères; les corps gras neutres y dominent toujours. Alors même qu'on fait écouler au dehors tout le suc pancréatique, les matières grasses qui sont introduites par les aliments sont absorbées dans les mêmes proportions que dans le cas où le suc pancréatique arrive naturellement dans l'intestin.
Comme cette sécrétion est entièrement transformée ou résorbée dans l'intestin grêle , avant même d'en avoir dépassé la première moitié , on ne peut pas admettre non plus que le contenu , souvent neutre ou alcalin de l'iléum , possède la propriété de décomposer les matières grasses neutres.
suc INTSSTlNiL. 20S
Sac Intettliuil.
"39. Ce liquide, sécrété par les follicules utriformes du canal intestinal (glandes de lieberkûbn et follicules du gros intestin), est incolore, filant, doué d'une réaction alcaline. Parmi ses éléments solides , on remarque des cellules granulées, des noyaux cellulaires , parfois aussi un peu de graisse et des débris d'épithélium cylindrique.
Après avoir été filtré, il renferme en moyenne 3,2 pour 100 de principes solides; il ne se coagule pas par Tébullition et ne se trouble pas par Tacide acétique. L'alcool en précipite une matière organique qui se re* dissout dans Teau pure , et dont la solution n'est précipitée ni par les acides minéraux ni par le bichlorure de mercure, mais bien par Tacétate de plomb.
Le suc intesttinal débarrassé de bile et de suc paticréatique s'obtient en pratiquant des ligatures sur des anses intestinales dont on a préalablement expulsé le contenu aussi bien que possible par la pression, ou en établissant des fistules intestinales sur des animaux dont la bile et le Stic pancréatiqtie s'écoulent au dehors par d^atitres fistules.
On ne peut déterminer aVec exactitude la quantité totale de suc intestinal qui est sécrétée dans un temps donné) toutefois on a observé que C'est cinq à six heures après le repas qu'il s'en épanche le plus dans l'intestiti gtéle , et qu'après l'ingestion de boissons cette quantité augmente beaucoup.
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Quant à ses fonctions, le suc intestinal remplace eu quelque sorte le suc gastrique et le suc pancréatique , devenus inactifs pendant leur trajet dans l'intestin grêle. En eflTet , il possède non-seulement, comme 1ë suc pancréatique , la propriété de transformer très rapidement la fécule en glucose , mais encore il est apte , malgré sa réaction alcaline, à dissoudre la chair et les autres composés albuminoîdes et à les rendre propres k l'absorption. On a introduit dans des anses intestinales de la fécule, de la farine; au bout de trois heures, ces substances se trouvaient déjà transformées en sucre, et absorbées en grande partie ; de même, des morceaux de viande et du blanc d'œuf coagulé étaient dissous au bout de six à quatorze heures.
ÇoBiena de riatestln.
80. Le contenu de l'intestin, même après l'ingestion d'aliments assez simples, consiste en un mélange de matières non digérées, de matières non digestibles, de substances transformées pu décomposées, et d'autres corps provenant de la métamorphose des sucs digestifs.
Sa réaction varie d'une partie à l'autre de l'intestin , et avec la nature des aliments. Le contenu de l'estomac, dans l'état normal , rougit toujours le tournesol , quels que soient les aliments ; celui du duodénum , malgré l'afHuence de la bile et du suc gastrique, possède encore une réaction acide, bien moins prononcée , il est vrai , que celle de l'estomac; dans le jéjunum, la réaction est encore généralement acide; mais le contenu de l'iléum.