‹ Précis de chimie physiologique animaleChapitre 44 sur 61 · TISSU 0S5EUX · texte numérisé non relu

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les parties les plus compactes des os; ils s'anastomosent fréquemment entre eux , et vont s'ouvrir, soit dans la grande cavité médullaire des os longs, soit dans les espaces cellulaires des os spongieux, soit à la surface même des os , vers le périoste. La substance osseuse qui environne tous ces canaux est traversée par un troisième système de canaux bien plus déliés encore , les corpuscules osseux et les ductuli chcdikophori. Ceux-ci , dans les os desséchés, sont remplis d'air et se dessinent en noir dans le champ du microscope. La substance des os devient éminemment poreuse, par suite de l'existence de ces petites cavités de forme lenticulaire allongée (0""",02256 de longueur, 0'"'",00902 de largeur et 0""'", 0067 7 de hauteur) et de l'innombrable quantité de petits canaux [ductuli) (\m en partent et communiquent entre eux de mille manières.

La moelle des os s'étend non-seulement dans la gi'ande cavité médullaire , elle pénètre jusque dans les espaces cellulaires des articles et des os spongieux , mais elle ne s'introduit pas dans les canaux de Haver. Tandis que Ton trouve dans la moelle, outre la substance médullaire proprement dite, un peu de tissu cellulaire et quelques vaisseaux , on ne rencontre dans ces canaux que des vaisseaux sanguins et les nerfs qui les accompagnent.

Les corpuscules osseux et les canaux qui en partent ne sont pas remplis de sels calcaires , ainsi qu'on le croyait précédemment; ils contiennent un liquide dont on ne connaît pas encore la nature; toutefois ce ne sont pas de simples cavités creusées dans la substance des

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os; ils sont tapissés intérieurement d'une membrane propre.

La substance osseuse n*est point homogène : autour de Touverture de chaque canal de Haver, on distingue, dans une section transversale faite avec soin, une multitude de cercles concentriques, formés de véritables lamelles ayant de 0«",00!i51 à 0'»",01128 d'épaisseur. Un autre syst^e de semblables lamelles se dirige parallèlement aux surfaces interne et externe de l'os ; enfin on en trouve encore çà et là des groupes isolés qui s'intercalent entre les lamelles des canaux de Haver. Enfin les lamelles ne sont elles-mêmes pas homogènes ; on y découvre une infinité de granules blanchâtres qui peuvent avoir environ O'^'^OOO^S de diamètre.

95, Dans l'état actuel de la science, l'étude chimique des divers éléments solides du tissu osseux est encore fort incomplète; on sait seulement que la substance essentielle des os est formée d'un mélange intime d'une substance cartilagineuse, dite osséine (susceptible de se transformer en gélatine), et de sels calcaires, tandis que la membrane qui tapisse les corpuscules osseux et les canaux qui s'y rendent est formée d'une substance alburoinoïde insoluble dans l'eau bouillante.

Il est fort douteux que les granules qu'on aperçoit dans les lamelles osseuses libres consistent, ainsi qu'on Ta prétendu, en phosphate de chaux.

Les recherches chimiques qu'on a faites sur la substance des os ont eu presque toujours pour objet de déterminer les rapports entre les quantités des principes essentiels pour les diverses parties du squelette, dans

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des couditious physiologiques et pathologiques diffé*rentes.

Tous les os des vertébrés, outre Tosséine, formant la partie organique la plus abondante, renferment des quantités plus ou moins grandes de matières grosses et de substances albuminotdes non susceptibles de se transformer en gélatine, et provenant soit des vaisseaux sanguins , soit de la membrane qui tapisse intérieure-* ment les plus' fines cavités des os. Les principes miné' roux, qui forment ordinairement plus de la moitié de la masse totale des os, sont des mélanges, en proporticnis variables, de phosphate de chaux (3GaO,PO^) qui prédo* mine constamment, de carbonate de chaux, d'un peu de fluorure de calcium et de phosfdiate de magnésie. Il est digne de remarque que les cendres des os des reptiles et des pcHssons paraissent toujours renfermer une certaine quantité de sulfates alcalins. D'ordinaire les cendres des os des animaux ne renferment que fort peu de sels solubies, tels que le chlorure de sodium, le carbonate de soude, qui d'ailleurs ne proviennent que des liquides qui pénètrent dans les os.

Vosséine^ qu'on obtient par une digestion prolongée des os dans l'acide chlorhydrique ou l'adde nitrique étendu, constitue à l'état humide une substance assee élastique, jaunâtre et translucide, qui conserve la forme primitive de l'os dont elle provient. Elle se durcit et devient cassante en se desséchant. Si elle a été assez long" temps en contact avec les acides, elle ne donne à l'incinération que des traces de cendres. On lui a trouvé exactement la même composition qu'à la gélatine qui en

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résulte par le traitement des os à Teau bouillante; elle présente d'ailleurs toujours la même composition dans les os malades que dans les os sains. Dans quelques ossements fossiles seulement, elle a paru se comporter comme la gélatine produite par Teau bouillante.

Une proportion minime des matières grasses qu'on rencontre dans les os fait partie de la constitution du tissu osseux, car la moelle, si riche en matières grasses, ne pénètre même pas dans les canaux de Baver ; ce n'est qu'après avoir été raréfié par la maladie , que le tissu osseux contient de plus grandes quantités de graisse , déposées dans les cavités qui se sont formées. Généralement les matières grasses des os renferment plus d'oléine que celles des autres organes, et sont par conséquent aussi plus fluides.

Les proportions des matihes minérales sont à peu près les suivantes : phosphate de chaux, 57 pour 100; carbonate de chaux , 8 ; fluorure de calcium, 1 ; phosphate de magnésie, 1. Les variations qu'elles éprouvent, notamment dans les os du même individu, sont rarement considérables.

96. Quant à la constitution des divers os d'un même individu, on peut établir ce qui suit : Les os des membres sont plus riches en matières terreuses que ceux du tronc ; le fémur et l'humérus en renferment plus que les autres os longs ; les os du crâne ressemblent, sous ce rapport, à ces derniers ; ceux du métatarse, du métacarpe et du bassin ressemblent à ceux du tronc; les côtes et les clavicules renferment im peu plus de matières minérales que les vertèbres. Les os courts, même

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