TISSU OSSEUX
lorsqu'on en a séparé autant que possible la substance spongieuse, contiennent toujours plus de matières grasses que les os cylindriques; les os plats renferment un peu plus d'eau que ces derniers.
On n'a trouvé aucune différence essentielle dans la constitution des os des deux sexes.
Les os des enfants renferment moins, ceux des vieillards plus de principes minéraux que ceux des adultes. L'âge n'a aucune influence sur leur richesse en matières grasses.
Chez les mammifères^ on observe un peu plus de carbonate de chaux dans les os des herbivores que dans ceux des carnivores; ceux des pachydermes et des cétacés en .sont surtout abondamment pourvus. En général, les os des animaux qui ont de l'embonpoint sont les plus riches en matières grasses. D'après quelques expériences, il paraît que les os humains contiennent un peu plus d'eau que les os des autres mammifères.
Les os des oiseaux ^ surtout ceux des oiseaux de passage, sont plus riches en terres (76 et même SU pour 1 00) que ceux des mammifères; la proportion de carbonate de chaux, relativement à celle du phosphate, y est un peu plus considérable que chez les mammifères. Les os des oiseaux granivores renferment toujours un peu de silice. On trouve plus de matières grasses dans les os des oiseaux que dans ceux des mammifères; ils paraissent aussi contenir en moyenne plus d'eau que ces derniers.
Les os des amphibies renferment moins de terres que ceux des mammifères (de 55 à 63 pour 100) ; leur cendre contient toujours du sulfate de soude.
Les oi des poissom sont encore moins riches eu principes nûo^aui^ (21 à 57 pour 100); ils contiennent aussi du sulfate de soude et renferment plus de ma-* tières grasses et d'eau que les os de touii les autre» animaux.
97. Dans les maladm des os, les principes minérc^ux disparaissent généralement avant la matièi*e organique et en plus grande propoition qu'elle ; s'il survient dans les os quelque vide, quelque raréfaction partielle du tissu, les nouvelles cavités se remplissent ordinairement de graisses liquides. Si, plus tard, il se dépose de nouveau de la matière osseuse, les substances organiques restent toU" jours prédominantes ; de là vi^at que , même dans le& os affectés de sclérose, il y a plus de mati^ organique que dans les os à Vétat normal.
Quant aux os fossilesy il faut tenir compte de leur gisement, car le milieu où ils sont déposés agit sur eux non-seulement en s'infiltrant dans leur tissu (tel est le cas du carbonate et du sulfate de chaux) , mais il agit encore chimiquement en décomposant ou en transfoi^^ mant soit la matière organique, soit le phosphate de chaux. Ox\ comprend, d'après cela, pourquoi la quan« tité de ip^tière organique contenue dans les ossementa fossiles est si variable. On trouve des os qui en renf^r^ ioent à peine des traces; d'autres , au contraire, qui en oontiennent presque autant que les os récents.
l^ phospMe de cfmux s'y (d>aerve parfois sous la forme de petits cristaux d'apatite.
Le carbmcite de chaux est d'ordinaire plus abondant dans les ossements fossiles, d'abord parce qu'il s'y iin*
tissu DËNTAtBÉ. 25S
filtre de Textérieur, ensuite parce qu'une portion du phosphate est décomposée par les carbonates du terrain ftMsilifère. Terme moyen, la magnésie est plus abondante dans les ossements des vertébrés fossiles que dans les os récents.
Il est à remarquer que la plupart des osiements fossiles contiennent plus de fluorure de mldum que les ossements modernes .
L'alumint^ V oxyde de fer, la siliee, qu'on observe souvent dans les ossements fossiles, s'y sont toujours introduits par infiltration.
ttMu deiitftlrè.
98. Toute dent contient trois parties distinctes : l'ivoire, l'émail et le cément.
V ivoire constitue une masse fusiforme ou cunéiforme, pourvue d'une cavité allongée , destinée à recevoir les nerfs et les vaisseaux nourriciers. Des canaux étroits partant de cette cavité la traversent en divergeant vers la surface, près de laquelle ils se subdivisent en rameaux encore plus ténus ; çà et là on trouve dans cette substance, à la place des corpuscules osseux, des lacunes sphériques, dites espaces interglobulaires. Leurs parois sont recouvertes d'Une membrane particulière insoluble dans l'eau bouillante et dans l'acide acétique; on y distingue un noyau. Ces lacunes deviennent parfaitement apparentes quand on débarrasse l'ivoire des sels étrangers au moyen des acides étendus et de la* matière cartilagineuse par l'eau bouillante. Cette matière cartilagi-
neuse peut se transformer en gélatine comme celle (les os.
Les principes minéraux de Tivoire sont aussi les mêmes que ceux, des os; toutefois ils atteignent en moyenne la proportion de 72 pour 100.
L'émail est une masse compacte, très dure et assez cassante; elle ne présente ni canaux, ni lacunes, et se compose de fibres prismatiques à quatre ou six pans, qui vont en divergeant à partir de la couronne. Si Ton en retire les sels au moyen de Tacide chlorhydrique, il reste une sorte de squelette de ces prismes, lequel ne se dissout point dans Teau bouillante, mais qui se désagrège et se comporte avec les réactifs comme de la matière épithélique. On ne trouve dans Vémail que 2 à 6 pour 100 de matière organique; il renferme 88 pour 100 de phosphate de chaux, de 7 à 8 pour 100 de carbonate, et une quantité relativement considérable de fluorure de calcium {U pour 100).
Le cément^ qui recouvre le collet et la racine de la dent, ressemble à la substance osseuse proprement dite en ce qu'on y découvre des corpuscules osseux et leurs canaux; mais il n'y a point de canaux de Haver. La constitution chimique du cément est à peu près identique avec celle des os.
Les molaires sont ordinairement un peu plus riches en principes minéraux que les incisives. Les défenses de l'éléphant et celles du sanglier contiennent relativement une forte proportion de matière organique. Les dents des pachydermes renferment plus de phosphate de magnésie que celles des autres animaux.
Tissa CARTILAGiNBDX. 257
Tliso cartlUiflneiix.
99. Au point de vue anatomique, il faut distinguer deux sortes de cartilages : les cartilages proprement dits, et les fibro-cartilages.
Les cartilages proprement dits sont formés d'une substance principale qui, au premier abord, paraît homogène et creusée de nombreuses cavités , dans chacune desquelles est déposée une ou plusieurs cellules à noyau simple ou multiple.
Toutefois cette substance n*est pas d'une homogénéité parfaite; en général, elle paraît grenue, souvent aussi un peu fibreuse. Quand on la traite par Tacide sulfurique concentré, puis par Teau, sous l'objectif du microscope, on reconnaît que les granules ou les fibres de la substance intercellulaire se dissolvent plus difficilement que la matière cartilagineuse qui les entoure. Soumise à l'action de l'eau bouillante, sous la pression atmosphérique, pendant douze h quarante-huit heures, ou traitée pendant une heure dans le digesteur de Papin, la substance principale du cartilage se dissout, ainsi que les granules; les formations cellulaires seules restent indissoutes.
La substance intercellulaire des cartilages peut seule se transformer en chondrine, d'où résulte que la constitution chimique de la matière cellulaire diffère essentiellement de celle de la substance intercellulalre; toutefois elle est très peu connue. On sait seulement que les noyaux résistent plus longtemps encore que la mem-
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brane cellulaire à raction de l'acide sulfurique concentré» de la potasse caustique et de Teau; la membrane principale de la cellule mère disparait même à Tœil après un contact prolongé aVec Tacide acétique.
Les fibrchcaHUages contiennent, outre la ûiatière des cellules cartilagineuses ordinaires , une substance éminemment fibreuse, dont les fibres, à contours vifs et foncés, sont parallèles ou s'entrecroisent dans diverses directions , et n'offrent aucune trace de noyaux.
On n'a jusqu'à présent constaté aucune différence de constitution entre les cellules des fibro-cartilages et celles des cartilages proprement dits; cependant les observations microscopiques et chimiques démontrent que la matière gélatineuse qu'on retire de la substance intercellulaire des fibro-cartilages n'est point identique avec la chondrine retirée des cartilages proprement dits; la solution de cette matière précipite fort peu par l'acide tannique; avec l'alun, il est vrai, elle donne comme la chondrine un précipité volumineux, qui cependant ne se dissout pas dans un excès de précipitant; de même le bichlorure de platine y produit un précipité insoluble dans un excès de ce réactif.
Si l'on fait agir, dans le champ du microscope, de la potasse caustique , de l'acide sulfurique ou de l'acide acétique concentré, sur une préparation de flbro-cartilage, la structure fibreuse semble disparaître; les fibres ne se dissolvent pas, mais elles se dilatent en une sorte de gelée, et deviennent par là même invisibles. Dans l'acide sulfurique concentré persistent ordinairement quelques fibrilles analogues aux fibres à noyaux.
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Il existe aussi des fibro-cartilages (par exemple le cartilage du genou) constitués principalement par un véritable tissu connectif très ferme , fibreux et présentant çà et là des fibres à noyaux. Ces cartilages toutefois ne fournissent pas non plus de chondrine par l'ébuUition, mais bien de la gélatine, tes cellules enfermées dans la substance principale se comportent comme celles des cartilages proprement dits.
Dans une troisième espèce de fibro-cartilages (cartilages épiglottique, auriculaire, etc.), le squelette fibreux qui enveloppe chaque cellule consiste en un tissu épais défibres fines et élastiques. Ni l'acide sulfurique, ni la potasse concentrée n'altèrent ces fibres , tandis que les cellules sont détruites par un contact de six à sept heures avec les réactifs précédents. .
L'examen quantitatif exact du tissu cartilagineux est encore à faire. Les 2 à 5 centièmes de matière grasse qu'on peut retirer de ce tissu quand il est sec , sont déposées principalement dans les cellules; on en peut aussi apercevoir çà et là quelques gouttelettes dans la matière intercellulaire.
La quantité d'eau varie , pour les cartilages récents , entre 5U et 70 pour 100.
On a trouvé dans les cartilages costaux de 3 à 6 pour 100 de matières minérales ; elles consistent en phosphates de chaux et de magnésie, carbonates alcalins, chlorure de' sodium et sulfates , ces derniers sels en proportions remarquablement fortes.
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TiMa eellBlAire.
100. Ce tissu forme un réseau tantôt serré, tantôt plus ou moins lâche de fibres allongées, fines, réunies pour la majeure partie en faisceaux. Dans les membranes séreuses , les fibres sont groupées plus étroitement et forment des faisceaux épais qui s'entrecroisent d'une infinité de manières en laissant entre eux des mailles assez grandes ; lorsque ces faisceaux fibreux sont plus serrés les uns contre les autres , qu'ils suivent des directions à peu près parallèles, ils constituent des ligaments et des tendons. Enfin on trouve toujours dans le tissu cellulaire, indépendamment des vaisseaux, des nerfs et des cellules graisseuses , ce qu'on appelle des fibres à noyaux ou fibres élastiques.
Si l'on soumet le tissu cellulaire à l'action de l'eau bouillante, on le voit se resserrer d'abord un peu; bientôt cependant il se dilate et prend l'apparence d'une gelée; si l'action de l'eau continue , il finit par se dissoudre. Traité par le bichlorure de mercure , l'alun , le soussulfate de peroxyde de fer, le tannin , il se contracte et devient imputrescible. Bouilli avec des acides ou des alcalis étendus, il se transforme plus rapidement encore en gélatine que sous l'influence de l'eau bouillante.
Dans l'acide acétique concentré, il se prend en gelée et devient invisible au microscope ; toutefois il ne se dissout pas, car si l'on vient à traiter cette gelée -par l'eau et qu'on neutralise l'acide acétique par l'ammoniaque, les fibres reparaissent sous leur forme primitive.