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TISSU ÉLASTIQUE

Comme ces fibres deviennent invisibles sous Tinfluence de l'acide acétique, mais que les fibres élastiques du tissu demeurent inaltérées , on peut employer avec avantage ce réactif pour rendre ces dernières plus faciles à examiner au microscope.

Les fibres du tissu cellulaire se dilatent aussi sous rinfluence des alcalis; mais Taddition ultérieure d'une certaine quantité d'eau a pour effet de les dissoudre en réalité.

Le tissu cellulaire de l'embryon se compose de cellules fusiformes unies par une matière intercellulaire particulière, susceptible, quand on la traite par l'eau, de donner de l'albumine et une substance qui a l'aspect d'un mucus gélatineux ; toutefois cette matière ne produit, par l'ébullition , ni gélatine, ni chondrine. On a proposé de lui donner le nom de tissu muqueux (par exemple dans la gélatine de Wharton).

Tlsra élastique.

101. Les fibres élastiques apparaissent au microscope tantôt sous forme de rubans aplatis, assez larges, un peu cassants et fréquemment ramifiés; tantôt elles sont plus étroites , ont une certaine tendance à s'enrouler en spirales et présentent des noyaux (fibres à noyaux). Ordinairement elles sont disséminées dans d'autres tissus ; c'est ainsi que Ton rencontre des fibres à noyaux dans le tissu cellulaire.

Lorsque les fibres élastiques apparaissent en groupes plus considérables, elles constituent des réseaux à mailles

larges ou des espèces d'arabesques avec des courbures en forme de crochets; d'autres fois elles forment un tissu qui présente des intervalles à peu près égaux, semblable à un réseau de vaisseaux anastomosés. On les trouve en plus grande quantité, mélangées toujours avec les flbres d'autres tissus élémentaires , dans les ligaments jaunes de la colonne vertébrale et dans le ligament large de la nuque.

Ces fibres ne perdent leur élasticité ni par l'action de l'alcool , ni par celle de l'eau bouillante : l'ébullition fût-elle prolongée pendant soixante heures, elles ne se dissoudraient pas. Si l'on vient à les soumettre à la lem* pérature de 160* pendant trente heures, elles se transforment en une masse brunâtre ayant l'odeur de la colle; elle n'est pas susceptible de se transformer en gelée ; elle est précipitée par le tannin, l'acide picrique, le sublimé corrosif, mais non par les autres réactifs qui précipitent la chondrine.

La fibre élastique est insoluble dans l'acide acétique concentré ; elle se dissout , avec une coloration brune , dans l'acide chlorhydrique un peu étendu ; le produit de cette dissolution est soluble dans Veau et dans l'alcooL

Traitée par l'acide sulfurique étendu d'une certaine quantité d'eau, elle donne de la leucine, mais pas de sucre de gélatine.

Chauffée avec de la potasse médiocrement concentrée, elle se transforme en une masse gélatineuse au bout de quelques jours seulement.

Pour se procurer la fibre élastique parfaitement pure, il faut la séparer des parties appartenant à d'autres

TISSU, COHNÉ. 369

tissus en la faisant bouillir avec de Teau , puis avec de Tacide acétique, et en la traitant par une lessive étendue de potasse.

Tissa corné.

102. La structure de Vépiderme^ des ongles (griffes et sabots) , de la corne et des fanons ne peut être décelée que par remploi de certains réactifs qui transforment ces tissus en cellules à noyaux ; ils ne peuvent donc pas être regardés à priori comme des formes différentes d'un seul et même principe.

11 sufût de traiter la plupart de ces tissus par l'eau froide ou tiède, pour qu'ils se ramollissent et se changent en des cellules, où Ton aperçoit des noyaux plus ou moins distinctement. Ce sont principalement l'épiderme et les excroissances épidermiques qui donnent de ces cellules ovoïdes, aplaties, notamment celles qui sont voisines du réseau de Malpighi. L'eau agit plus lentement sur la substance des ongles , très peu sur la corne et les sabots ; elle est sans action sur les fanons et sur récaille.

L'action des alcalis caustiques aussi concentrés que possible, surtout de la soude, indique très bien la structure cellulaire de tous ces tissus. Les dissolutions alcalines, même étendues, agissent si énergiquement sur Tépiderme , que les petites écailles se transforment eu cellules transparentes, ovales ou sphériques, dont le noyau, primitivement visible, disparaît peu à peu. La substance des ongles et des sabots subit les mêmes

26U LIQUIDES ET TISSUS. DE L'ORGâNISME.

transformations, moins promptement cependant, lorsque après les avoir traitées par les lessives caustiques on vient à y ajouter de Teau. Les lamelles des fanons, traitées de la même manière , se présentent également comme constituées de cellules aplaties ; la substance du noyau se dissout toujours avec plus de facilité que la membrane même des cellules. L'écaillé ne se transforme en cellules polygonales et ovoïdes que par Faction prolongée des mêmes réactifs.

L'acide acétique n'a qu'une action faible ou nulle sur le tissu corné.

L'acide sulfurique, surtout à une douce chaleur, met en évidence la structure cellulaire de ce tissu.

L'acide nitrique colore en jaune la plupart des tissus cornés ; cependant il ne fait apparaître les cellules qu'imparfaitement ou pas du tout.

De ces réactions, on peut conclure que les tissus cornés dérivent de cellules ou de vésicules à- noyaux qui, au lieu de se développer davantage, comme les cellules d'autres organes, se dessèchent jusqu'à un certain point et ne demeurent agglutinées qu'à la laveur d'une substance intercellulaire peu connue jusqu'à présent. Indépendamment de cette substance problématique , on peut admettre dans ces tissus trois autres principes solides, chimiquement différents, savoir : la matière qui constitue les membranes des cellules et qui se dissout avec beaucoup de difficulté dans les alcalis; le contenu des cellules et le noyau qui s'y dissolvent plus aisément ; enfin les granules qui, étant absolument insolubles dans les alcalis , restent intacts après la complète dissolution

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de certains tissus, et cpsii ne sont pas uniquement formés de matière grasse.

La proportion des principes minéraux contenus dans les tissus cornés varie peu autour de 1 pour 100 ; cependant la quantité de soufre non oxydé qulls renferment est assez variable. Dans Tépiderme , on n'en trouve que 0,7/i pour 100; dans Técaille, 2,22 pour 100; dans les ongles, 2,80; dans la corne debœuf, 3,42; dans les fanons, a,60; dans les sabots de cheval, 4,23. En moyenne, ces tissus renferment 51 pour 100 de carbone, 6,8 d'hydrogène, 17 d'azote et de 20 à 22 d'oxygène.

Tissa eaptllalre.

103. Les tiges des cheveux ont seules été étudiées au point de vue de leur constitution chimique. D'après les recherches anatomiques, elles renferment trois éléments, savoir : la pellicule épidermique , la substance corticale et la substance médullaire.

Là pellicule épidermique se compose de petites écailles imbriquées ; lorsqu'on les isole, ces écailles paraissent transparentes et quadrangulaires ; elles ne semblent renfermer ni noyau, ni autre contenu, et se distinguent par leur complète insolubilité dans les alcalis caustiques et dans l'acide sulfurique concentré.

La substance corticale ou fibreuse qui constitue la plus grande partie du cheveu, se décompose, sous l'influence de l'acide sulfurique aidé d'une douce chaleur, en fibres aplaties, allongées, qui se subdivisent à leur tour en plaques allongées renfermant un noyau de couleur

2M LIQUIDES IT TtSSOa Dl L*0E6ANISllff.

foncée. Après une digestion prolongée dans une lessive étendue de potasse, la substance corticale se dissout, sauf les noyaux allongés. Cette substance présente quelques interstices remplis d*air et un nombre plus ou moins g^nd de granules de pigment, selon le degré de colora* tion des cheveux.

La mésiémce médullaire, que Ton n'aperçoit distincte^ ment qu'après avoir rendu transparente la substance corticale par Faction des alcalis, se compose de eelloles serrées les unes contre les autres, quadrangutaires , plus rarement rondes et disposées en séries reclilignes ; Faction des alcalis démontre qu'elles renferment un noyau rudimentaire arrondi^ ovale, clair, et des granules foncés qui, pour la majeure partie, ne sont autre chose que de petites vésicules remplies d'air.

Dans les cheveux dégraissés, déduction faite des cen* dres, ou a trouvé 50^65 pour IQO de carbone, 6, ad d'hydrogène, 17,14 d'axote, 2d,85 d'oxygène et 5 de soufre.

On n'a pu encore isoler la matière colc^ante propre des cheveux*

La couleur blanche ti^t à la présence d'une grande quantité d'air dans les cheveux. La pro{>ortion de fer qu'ils ccmtiennent n'a point d^influeuce sur leur cou^ leur.

La matière grasse des cheveux se compose 4e margarine, d'acide margarique et d'oléine, imprégnées des acides gras volatils de la sueur.

La proportion des principes minéraux est très Variable (de 0,54 à 1^85 pour laO)} toutefois elle n*exerce att^

CKLLULBS FtSlFOKIIISS CO!)TRÀttlLBd. S67

eune influence notable, ni sur la couleur, ni sur aucune autre propriété des cheveux.

La quantité d*oxyde de fer que renferment les che- \en% varie de 0^058 à 0,390 pour lOC. Il y a toujours un peu de siliœ; les poils des animaux en contiennent toujours un peu plus que les cheveux des hommes.

La laine et les soies sont composées à peu près des mêmes éléments que les cheveux; les plumes, au conitaire^ renferment bien moins d'oxygène et se distinguent surtout eh ce qu'elles contiennent beaucoup plus de silice.

Gellales ftottronnes contraetlles*

104. Elles forment , en se groupant , des faisceaux et des membranes dans les muscles lisses ; toutefois on les trouve disséminées dans beaucoup d'autres tissus, auxquels elles communiquent une certaine contractilité déterminée par des influences nerveuses.

Ces cellules apparaissent d'ordinaire sous forme de fibres longues» fusiformes, étroites ; leurs extrémités se terminent en pointes; fréquemment elles constituent aussi de petites écailles allongées, carrées ou claviformes, abords souvent frangés; dans la plupart d'entre elles, on distingue, après traitement par l'acide acétique, un noyau parfaitement homogène, ou des corpuscules nucléeux.

L'acide chlorhydrique très étendu (1 partie d'acide pour 3000 parties d'eau) possède, comme l'acide acétique étendu , la propriété de rendre transparente , au bout

268 LIQOIOIS IT TISSUS DE l'ORGANISUB.

d'un certain temps, la matière des cellules et d'en faire apparaître plus distinctement les noyaux. Un contact

plus prolongé, ou remploi d'un acide acétique plus concentré, a pour effet de dissoudre la matière cellulaire ; le résidu indissous est composé de noyaux oblongs et de fins granules de graisse (fig. 22).

Dans l'acide nitrique concentré ,

FIg. 22. Cellules fiisiroriiies coutractilet. i^ CcUulcS fusî-

formes se contractent , les noyaux n'apparaissent pas ; mais si l'on ajoute de l'eau, elles se dilatent de nouveau fortement.

^ Le même acide, médiocrement concentré, en contractant un peu les cellules , fait paraître leurs bords plus nettement tranchés; il peut donc être employé avec succès pour rendre apparentes les cellules là où il est difficile de les distinguer; l'acide concentré les transforme en fibrilles d'une couleur jaunâtre.

L'acide sulfurique concentré, l'acide chromique, les alcalis caustiques, détruisent les cellules fusiformes; du moins ces agents leur font éprouver des modifications si profondes, qu'il serait impossible d'utiliser leur action pour l'étude de la constitution des cellules.

CBLLDLBS fUSlFORMES CONTRACTILIS. 269

Ces dernières n'éprouvent aucune altération apparente par le contact avec les carbonates de potasse ou de soude, ni par Vaction prolongée d'une dissolution très étendue de salpêtre.

On ne saurait démontrer, même par les réactifs chimiques , la présence d'un sarcolemme dans les muscles de la vie organique.

La nature chimique du noyau des cellules fusiformes est absolument inconnue.

La substance cellulaire se dissout, ainsi que nous l'avons dit, dans l'acide chlorhydrique très étendu. Lorsqu'on neutralise cette dissolution , il s'en sépare une gelée d'abord à peine visible, et qui finit par se rassembler en flocons au fond de la liqueur ; ces flocons se dissolvent facilement dans les alcalis et dans les acides étendus; ils sont insolubles dans le carbonate et dans le nitrate de potasse. On voit donc que la substance cellulaire présente toutes les propriétés de la syntonine, c'està-dire de la fibrine de^ muscles striés.

Au tissu des muscles de la vie organique (peutêtre en général à toute espèce de tissu contractile ) appartient essentiellement Ije suc qui l'imprègne et qui baigne chaque cellule. Ce suc se distingue, surtout par sa réaction acide, du sérum du sang, des transsudations des membranes séreuses ; il tient en dissolution de l'albumine, des quantités variables de caséine, un peu de créatine , d'assez fortes proportions d'acide lactique ; les sels de potasse y prédominent sur les sels de soude.

270 LIODfDIS BT TIMCJS M L*OB0ÀNI8MI.

PlkrIUtt ém hmimIm strMs*

105. L'examen microscopique démontre que les stries longitudinales que Ton distingue à la surface des faisceaux fibreux déliés des muscles de la vie animale , sont dues à des faisceaux plus déliés encore et qui for-* ment des cylindres arrondis , irrégulièrement aplatis , souvent hexagonaux, dont la surface présente des stries transversales. Ces faisceaux si déliés sont cx)mposés de filaments serrés les uns contre les autres, et ressemblant à des chapelets de perles ; ils sont étroitement enveloppés d'une membrane amorphe, lisse, dite le sarco^ lemme. Entre les sarcolemmes des divers faisceaux primitifs, reliés ensemble par des fibres de tissu cellulaire, on voit circuler des ramifications de capillaires sanguins et des filets nerveux. Çà et là on distingue sur les sarcolemmes des noyaux arrondis ; sur le faisceau enveloppé par le sarcolemme, on remarque nettement des stries longitudinales et des stries transversales; certains anatomistes les regardent pour cette raison comme formés de fibrilles longues, à.stries transvei*8ales; d'au* très , comme constitués par une multitude de lamelles superposées. Probablement il existe encore une substance intermédiaire entre ces filaments des faisceaux primitifs; peut-être aussi chacun d'eux est-^il baigné par le suc acide propre aux muscles.

L'acide acétique faible et les acides minéraux très étendus dilatent considérablement les faisceaux primi* tifs et les font paraître moins colorés ; les stries trans-

riBHILLKS DBS MUSCLES STRIÉS.

Pig. 23. Fibrilles des muscles striés.

versales deviennent plus manifestes , tandis qu'on n'aperçoit que rarement les stries longitudinales; les noyaux s'allongent, le sarcolemme demeure inaltéré (fig. 23).

L'acide chlorhydrique concentré et l'acide sulfurique étendu d'une «petite quantité d'eau décomposent les faisceaux primitifs en parallélépipèdes courts avec stries transversales très apparentes.

On ne distingue pas les

noyaux et le sarcolemme. L'acide nitrique concentré exerce la même action, seulement il colore les parallélépipèdes en jaune. L'acide chromique sépare aussi les faisceaux primitifs en pièces parallélépipédiques fortement colorées en jaune; toutefois les stries longitudinales apparaissent aussi nettement sur ces pièces que les stries transversales.

Lorsqu'on fait digérer pendant un certain temps des faisceaux de muscles avec une solution de salpêtre (1 partie de salpêtre pour 17 parties d'eau) , à la température de 35', les stries longitudinales apparaissent de préférence; la portion du cylindre qui fait saillie à l'extérieur du sarcolemme est alors subdivisée en un faisceau de fils détachés.

Un mélange de nitrate mercureux et de nitrate mer-

272 LIQOIDIS BT TISSOS ME L'ORGANISHB.

curique décompose les faisceaux prinitife en parallélépipèdes d'un roufie bleuâtre pâle, où Ton distingue des stries transversales , très fines et très nettes. Le sarcolemme ne prend aucune coloration.

Traités par une dissolution médiocrement concentrée de carbonate de potasse , les muscles deviennent durs et rigides; si l'on examine alors au microscope les faisceaux primitifs, ils paraissent un peu gonflés; on n'y distingue aucune strie longitudinale, mais bien des stries transversales fines et nettement accusées.

Une lessive très faible de soude (1 partie de soude pour 8500 parties d'eau) transforme les faisceaux cylindriques en une masse visqueuse , de telle sorte qu'on n'y distingue plus guère que des sarcolenmies contractés. Si, à une préparation récente on ajoute, sous le microscope, une solution étendue de potasse ou de soude, les cylindres se distendent considérablement , les stries transversales disparaissent, et l'on voit sortir du sarcolenmie une gelée parfaitement transparente, en partie grenue, en partie filamenteuse.

La solution aqueuse d'iode colore les faisceaux primitifs en jaune intense et facilite surtout l'apparition des stries longitudinales. Les stries transversales deviennent moins distinctes.

Des traitements répétés à l'eau distillée font disparaître les stries transversales; les stries longitudinales, au contraire , apparaissent très distinctement. Certains sels , notamment le chlorure de calcium et le carbonate de potasse, font reparaître les premières.

La matière constitutive des muscles , celle qui forme à

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