‹ Précis de chimie physiologique animaleChapitre 51 sur 61 · FORCES ET LOIS DBS MOUVEMENTS ORGANIQUES · texte numérisé non relu

FORCES ET LOIS DBS MOUVEMENTS ORGANIQUES

On était persuadé autrefois que les mouvements vitaux , régis par les lois connues de la physique et de la chimie, Tétaient encore par une autre loi appartenant exclusivement aux êtres organisés, ou, pour mieux dire, qu'ils étaient en partie produits par une force indépendante de toute loi, par une force vitale. La molécule organique , résultat définitif des réactions vitales , était elle-même considérée comme différente dans son essence des autres composés chimiques; on la croyait presque absolument soustraite aux lois de l'affinité ; on pensait, en effet, que c'était une force exclusivement propre à l'organisme qui en rassemblait les éléments et les maintenait réunis. Mais il est démontré par les recherches les plus exactes de la chimie que ce sont les mêmes lois qui président à la constitution et aux transformations des divers composés , qu'ils soient organiques ou minéraux. Toutes les différences qui s'observent entre ces deux classes de corps sont accidentelles, relatives, et n'ont rien d'essentiel. La constitution des corps organiques n'est en rapport qu'avec les fonctions auxquelles ils sont appelés à concourir dans l'organisme vivant. Les propriétés des molécules qui doivent servir de points d'application aux forces qui agissent dans le corps vivant sont toujours en harmonie avec les fonctions dont l'objet est d'atteindre les différents buts de la vie. La chimie animale , l'étude des liquides et des tissus de l'organisme, nous ont fourni les preuves les pi us évidentes de cette vérité.

Les molécules organiques ont une constitution différente de celle des molécules inorganiques, bien que

296 rbàctions chimiques de l^égqnomie.

les mêmes lois président à leur formation ; elles sont susceptibles d'éprouver des transformations bien plus variées; le résultat de l'action des forces physiques sur ces molécules organiques est évidemment différent de celui que les mêmes forces détermineraient sur les composés minéraux dont la constitution est beaucoup plus simple. Nous verrons donc nécessairement se produire dans l'organisme animal une foule de phénomènes qui ne se manifestent point en dehors de lui , parce que les principes immédiats du corps présentent aux forces physiques des points d'application tout à fait différents. Une étude plus approfondie des phénomènes vitaux, faite à ce point de vue, nous révélera l'existence de rapports extrêmement simples entre ces phénomènes et certaines lois physiques connues ; elle nous apprendra que le caractère particulier que présentent les phénomènes vitaux ne résulte presque toujours que de différences dans le mode de groupement des éléments et de la complication d'un grand nombre de conditions.

Très souvent, il est vrai, nous ne pouvons saisir les rapports de causalité physique que présentent certaines réactions vitales ; toutefois ce n'est point là une raison suffisante pour recourir à l'hypothèse d'une force vitale ; la physique et la chimie ont fait assurément des progrès considérables , mais les parties qui traitent des forces moléculaires, de leurs nombreuses modifications suivant les diverses circonstances et les variations dans les rapports des masses , sont précisément celles qui offrent le plus de lacunes. Nous ne sommes pas même encore en état d'expliquer tous les phénomènes qui en découlent

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