‹ Précis de chimie physiologique animaleChapitre 6 sur 61 · MATIÈRES GRASSES NEUTRES · texte numérisé non relu

MATIÈRES GRASSES NEUTRES

à ceux-ci une plus grande liberté de mouvements; delà son accumulation dans Tépiploon, dans la cavité orbitaire et entre les muscles du cœur. Que des organes tels que les os, notamment après la raréfaction de leur tissu, soient rendus moins fragiles et en quelque sorte plus malléables par la présence d'une certaine quantité de graisse, c*est ce qu'il est à peine nécessaire de faire ressortir.

La graisse est un mauvais conducteur de la chaleur ; elle est déposée en proportion plus ou moins grande dans le tissu cellulaire situé sous la peau, afin de diminuer autant que possible la quantité de chaleur que rayonne le corps. Les variations notables de la température extérieure exerceraient sur les fonctions de la vie une influence bien plus prompte et plus pernicieuse, si le corps n'était en quelque sorte garanti contre leurs effets par le pannicule adipeux de la peau. Le grand épiploon, si abondamment pourvu de graisse, est un puissant auxiliaire du travail digestif, parce qu'il forme autour des intestins une sorte de couverture qui empêche la déperdition de la chaleur nécessaire à la digestion.

Les graisses contribuent, plus que toute autre substance , à produire et à conserver la chaleur animale. Par leur oxydation lente ou rapide elles développent nécessairement une quantité considérable de chaleur ; elles ne renferment que peu d'oxygène ; il faut donc que l'oxygène gazeux introduit dans l'économie par la respiration soit presque exclusivement employé à brûler les matières grasses , car au lieu d'être évacuées sous leur forme première , elles sont presque toujours

3/i PRINCIPES IMMBDUTS DE L'ORGANISMB.

rejetées à 1 état tracide carbonique et d'eau, c'est-à-dire après avoir été complètement brûlées.

En général, les graisses sont des médiateurs importants poujr les métamorphoses qui s'opèrent dans l'économie, La fermentation lactique ne peut s'effectuer rapidement qu'avec le concours d'une petite quantité ^u moins de matières grasses; il parait aussi , d'après qiielques expériences, que les gi^aisses ne sont pas sanç influence sur la digestion stomacale. Leur présence dans l'œuf, dans le pus, dans toutes les exsudations plastiques, dans tous les organes riches en tissu cellulaire, indique visiblement que ces substances interviennent dans la formation des cellules; jusqu'ici, du moins, on n'a observé aucune cellule animale, aucun centre de formation cellulaire, qui ne contînt des quantités appréciables de graisse. La graisse, sous forme de granules ou de vésicules, est-elle réellement la première ébftucbe de la cellule, ainsi qu'on l'a pensé? c'est là une hypothèse qu'il convient d'ajourner encore.

Enfin, il est nécessaire de rappeler qu'une partie de la graisse contribue à la formation de l'acide résineux de la bile (acide cholique). Des analyses comparatives faites avec soin sur le sang de la yeine porte et sur celui de la veine hépatique, des expériences exécutées sur des ani-* maux pourvus de fistules à la vésicule du fiel , l'examen des quantités d'acide carbonique exhalées par des animaux morts dHnanition, tous ces faits, joints à certaines observations pathologiques, rendent fort probable que la formation de la bile est impossible sans le concours de la graisse. F^ constitution chimique de l'acide cholique et

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