REIN
adénine), des graisses, de l'inosite, de l'acide lactique, divers acides gras;
Le pancréas exerce sur la destruction du sucre une action régulatrice dont le mécanisme est très obscur : les chiens auxquels on a enlevé le pancréas deviennent diabétiques ; mais, il suffit de greffer sur la peau un fragment de la glande, pour voir le sucre disparaître de l'urine. Il s'agit là d'une sécrétion interne dont les effets seuls nous sont connus (Minkowsri,
LÉPINE, HÉDON, ThIROLOIX).
Le pancréas, traité à la température de SS*' par l'acide sulfurique dilué, abandonne au liquide un principe non isolé qui détruit le glucose. Cet agent, qui ne se produit pas en présence de l'eau pure, semble être le ferment glycolytique (Léplne).
B, Variations pathologiques. — Elles n'ont fait l'objet d'aucun travail, malgré l'intérêt qu'elles présenteraient, au point de vue de la pathogénie du diabète.
On trouve parfois, dans les canaux excréteurs du pancréas, des calculs formés de phosphate et de carbonate calcaires, imprégnés d'un peu de matière organique.
4* Rein. — En dehors de la capsule conjonctive, le rein est essentiellement formé de longs tubes épithéliaux composés d'une rangée de cellules reposant sur une membrane basale. Ces tubes, étroitement juxtaposés et séparés par les vaisseaux et un peu de tissu conjonclif, présentent sur leur trajet diverses modifications {tubes contournéSy anses de Henle, tubes droits). L'élément vasculaire est représenté par les capillaires du glomérule et les vaisseaux situés entre les tubes»
Comme la plupart des tissus, le rein, alcalin pendant la vie, s'acidifie après la mort.
A. Composition chimique. — Elle comprend: des albumines, des matières extractives et des sels, répartis comme suit, d'après les analyses de Gottwald :
Albumines ; . 11,17 -- 13,20 p. 100
Mucine et collagène ; . . : . 0)99 — 1,85 -^
Halliburton distingue, parmi les albumines du rein : une albumine, deux globulines et une nucléo-albumine.
Au nombre des substances extractives, il faut citée : Turée, Tacide urique, la xanthine, Thypoxantbine, la créatine, la taurine, le glycogène, Tinosite, etc.
B, Variations pathologiques. — Elles sont peu connues.
La proportion des graisses'augmente, dans la stéatose rénale; celle de l'acide urique s'élève, chez les goutteux.
Le rein subit, comme la rate, le foie, l'utérus et d'autres organes, ce que Virghow a appelé la dégénérescence amylolde. C'est une formation de Unes granulations transparentes, constituées par une matière albuminoïde spéciale que l'iode et le violet de méthyle colorent en rouge, l'iode et l'acide sulfurique en violet ou en bleu.
L'analyse suivante d'un rein amyloïde est de Lambling.
Albumine 0,79 p. 100
Globuline 5,55 —
Autres albumines 0, i8 —
Gélatine 2,68 —
Substance cireuse 0,99 —
L'obstruction d'un uretère par un calcul a pour conséquence une dilatation considérable de toute la portion du conduit urinaire située en amont, laquelle se remplit d'un liquide où les éléments normaux de l'urine ne tardent pas à disparaître, pour faire place à des matières albuminoïdes.
Voici l'analyse d'un liquide d'hydronéphrose :
Eau , . . 97,96 p. 100
Résidu fixe 2,04 —
Albumines . 0,76 —
Sels 0,86 —
5<* Glandes en grappe. — Elles sont comparables à une grappe de raisin dont le grain représenterait l'élément excréteur et la grappe les canaux d'excrétion. Les grains {acini) sont formés d'une membrane propre très mince et de cellules épi-
thélialfs qui reposent pur celte dernière et reniplissfnt presiiue
l'acLnu», ne laisHUiit au ccnire
qu'une ffiible lumière pouf ^
l'écoulement du produit ex' '
erété.
On ne connaît pas la composition exacte des glundes salivaires, ni, à plus Tdrle i-ai- ' sou, celle des glandes niu- (luouHos. Comme les orgauoH Fig. 16.
sont constilui'M pai- ilivors Glande en grappe (schéma).
(iroupes de cellules, de com- l.acioua. — l. «lluJc glandulain. —
posiliim certainement diffé- î. ^pii^iium du «,i>i «crWcur. ~ 4.
rente, une analyse d ensemble demi».
n'aurait pas firunde pnrK-e.
On s'en tient aux renseipnenienls niicri<cliimii|ues que Uon-
nenl les traitas d'histologie.
g 3. — Organes lvhpiio'ïdes
Les organes lympboïdes sont des organes dont la physiologie est encore très obscure ; on sait seulement qu'ils ont avec la lymphe d'étroites relalionK, imparfaitement connues d'ailleurs. Quelques-uns de ces organes (la rate, le corps thyroïde) portent aussi le nom de glanda vasculaireg sanguine», glande» inUrnex.
X" Rate. — Comme le foie, mais ù un moindre degré, lu rate est le siège d'une activité chimique intense; elle paraît élre pi-éposée à la desti'Udion ou à la formation de.s globule» blancs et rouges, peut-être aux deux phénomènes simultané' ment,
La rate est formée par une sorte d'épongé fibreuse dans les vacuoles de laquelle se trouvent : la houe splénique, formée de globules blancs et rouges en voie de Iransformation ; les corpuscules de Malpigki, constitués par du tissu connectif Mche bourré de globules blancs. Le long des trahécules qui consti'
PHËCIS DE ClIHIR. !t
tuent la charpente de la rate, courent de nombreux vaisseaux sanguins et lymphatiques.
La rate est alcaline.
A, CoMPosmox cHiMiQL'E. — La rate est un des organes de réconomîe dont la composition est assujettie aux plus grandes variations : c'est ainsi que la proportion des matières solides y oscille entre 22 et 32 p. 100 environ.
L'analyse suivante, due à Oidtma.nn, se rapporte à la rate d'un aliéné de cinquante-six ans.
Eau 750,31 p. 1000
Résidu fixe 249,69 —
Matières organiques 242,32 —
Sels minéraux 7,36 —
Ces derniers se répartissent comme suit :
Chlore 0,04 p. 1000
Acide phosphorique 1,99 —
— sulfurique 0,18 —
Silice 0,01 —
Potasse 0,70 -
Soude 3,26 —
Chaux 0,55 —
Magnésie 0,03 —
Oxyde de fer 0,53 —
— de cuivre et de luaugauèse . . 0,01 —
La rate contient un grand nombre de substances organiques, produits de régression des globules : d'abord, plusieurs matières albuminoïdes, un peu d'albumine, des globulines, une nucléoalbumine (Gourlay) et une albumine ferrugineuse ; de nombreuses matières extractives, des dérivés de la nucléine (l'acide urique, la guanine, probablement la xanthine, l'hypoxanthine et l'adénine), des lécithines, de la jécorine, de la cholestérine, des graisses, de l'inosite, de la taurine, de l'acide succinique, des acides gras, de la leucine et de la tyrosine, enfin, une diastase peptonisant l'albumine, suivant Herzen.
Le fer est très abondant dans la rate, surtout chez le fœtus et le nouveau-né (Lapigque) ; peut-être y en a-t-il un peu plus
THYMUS 371
chez la femme que chez Thomme, afin de subvenir à la production de l'hémoglobine chez le fœtus et le nouveau-né, ce dernier ne trouvant dans le lait qu'une quantité de fer tout à fait insuffisante.
La rate réduite en bouillie agit sur Thémoglobine pour la décolorer et la détruire d'abord, puis pour la reconstituer en quantité plus grande. Nous n'insisterons pas sur ce point déjà étudié à propos de l'hémoglobine.
B, Variations pathologiques. — La rate est l'organe qui subit le plus souvent la dégénérescence cireuse ou amyloïde. Elle s'hypertrophie, au cours des maladies infectieuses et éprouve alors probablement des modifications chimiques importantes, mais encore inconnues.
Dans la boue splénique, on trouve un excédent de fer, au cours de l'anémie pernicieuse ; dans la leucocythémie, apparaissent les cristaux de Charcot.
2^ Thymus. — Cet organe transitoire, situé dans le médiastin antérieur, derrière le sternum, disparaît par dégénérescence graisseuse, à l'époque de la puberté. C'est une glande close, formée d'un canal enroulé et dans lequel aboutissent des lobules contenant un liquide albumineux, grisâtre, tenant des éléments cellulaires en suspension.
OïDTMANN a trouvé dans le thymus d'un enfant de quinze jours :
Eau 80,70 p. 100
Matières organiques 19,27 —
Sels 0,02 —
Les matières organiques comprennent ; des albumines coagulables, un acide nucléinique qui se dédouble en acide thymique, puis en un corps cristallin, la thymincy de formule C^'H*®Az*0® (KossEL et Neumann), de la matière collagène, de l'élastine, des graisses, de la leucine, des leucomaïnes du groupe urique (adénine, hypoxanthine, guanine, xanthine) ; les sels sont peu abondants. La graisse augmente beaucoup avec l'âge.
Kossel et Lilienfeld ont repris récemment l'étude du thymus .
Voici une de leurs analyses, rapportée à 1000 paities de substance sèche ;
Matières albuiuinoïdes l''»^
Leuconucléine ^1,^
Histone 5?'!
Lécithine - ^^'*
Graisses *Y'a
Cholestérine **'JJ
Glycogéne ^»"
Ils ont trouvé, en outre, de l'inosite, du protagon et un peu d acides lactique et succinique.
La leuconucléine est le produit de dédoublement d'une sorte de nucléo-albumine, identique avec celle qui existe dans le noyau des globules blancs. L'acide chlorhydrique faible dédouble cette nucléo-albumine en leuconucléine et en une albumose ou peptone insoluble dans Fammoniaque, Thistone.
30 Corps thyroïde. — H est constitué par des vésicules formées chacune d'une membrane propre très mince et d'une rangée de cellules épithéliales. Lorsqu'elles ont atteint une certaine grosseur, les vésicules se remplissent de matière colloïde. L'organe est largement vascularisé par de nombreux vaisseaux sanguins et lymphatiques.
A, Composition chimique. — La thyroïde renferme, d après OïDTMANN, 82,24 p. 100 d'eau, 17,66 de matières organiques et
0,09 de sels. ; ,
Les matières protéiques sont formées d une petite quantité de globulines mêlées à une nucléo-albumine qui en est l'élément prédominant et, suivant Gourlay, le principe thérapeuliquement actif. La thyroïde ne contient ni mucine véritable, ni peptone. Frerichs, St.edeler, Sgherer y ont trouvé de la leucine, des acides succinique, formique, acétique, de la cholestérine et les produits de dédoublement qu on rencontre partout où se détruisent des noyaux cellulaires (xanthine,
hypoxanthine, etc.).
S. Fr.enrel a extrait de la thyroïde une substance organique
CORPS thyroïde 373
azotée en C®H**Az'0^ ou thyro-antiloxine. C'est un sirop épais, hygroscopique, précipitant par les réactifs généraux des alcaloïdes ainsi que par le sublimé et les chlorures d'or et de platine, colorable en rouge par le réactif de Millon; la thyroantitoxine précipite également l'acétate de cuivre et l'azotate d'argent. Peut-être est-ce un dérivé guanidique.
Fr.enkel prépare la thyro-anti toxine, en débarrassant l'extrait aqueux thyroïdien de ses albumines par l'acide acétique. Le liquide, filtré et évaporé, est traité par l'acétate neutre de plomb ; on filtre, et élimine le plomb par l'hydrogène sulfuré. En ajoutant à la liqueur de l'acide phosphotungstique, on obtient une combinaison qui, traitée par la baryte, abandonne la thyro-antitoxine .
La thyro-antitoxine accélère les mouvements du cœur., fait cesser les convulsions qui suivent la thyroïdectomie, et rétablit le rythme cardiaque normal ; mais, elle n'empêche pas les animaux de succomber.
Baumann a récemment découvert dans la thyroïde un corps organique iodé, qu'il prépare en faisant bouillir la glande hachée avec de l'acide sulfurique au dixième. Par refroidissement, le liquide abandonne un précipité qu'on recueille, lave et épuise, à chaud, par l'alcool à 85<> ; en évaporant l'alcool, on obtient un résidu que Baumann débarrasse des graisses par Téther de pétrole et qu'il dissout dans la soude caustique faible. Celle-ci, saturée' par l'acide sulfurique étendu, abandonne, sous forme de flocons brun grisâtre, un corps organique dont la teneur en iode est au moins de 10 p. 100 : c'est la thyro-iodine. On peut aussi préparer la thyro-ïodine, en faisant digérer les glandes par le suc gastrique artificiel ; le résidu non digestible est traité comme le produit de la destruction par l'acide sulfurique du tissu de la glande. Les glandes de mouton renferment 2 à 3 p. 1000 environ de principe actif à 10 p. 100 d'iode. La thyro-ïodine est, dans la glande thyroïde, en combinaison avec une matière albumiuoïde du groupe des globulines.
La thyro-ïodine possède à un très haut degré les propriétés physiologiques de l'extrait thyroïdien : elle rétablit le rythme
cardiaque et fait cesser les conTulsions, chez les animaux thyroîdectomisés. Elle provoque une désassimilation énei^que des substances azotées de Forganisme ; aussi a-t-elle une action très marquée sur Tobésité. A la dose de quelques milligrammes de produit pur, elle agit favorablement sur les symptômes dyspnéiques du goitre parenchymateux et permet, dans la plupart des cas, d'obtenir une rétrogradation de la tumeur. Enfln, la thyro-îodine est un véritable spécifique du myxœdème. Cette curieuse substance remet à Tordre du jour Fancienne théorie de Chatln qui attribuait à un défaut d'iode dans les eaux potables Torigine du goitre. La teneur en iode diminue efTectivement, dans la thyroïde des goitreux (Bauma.n.n).
B, Variations pathologk^ues. — La découverte de Baumaxn fait espérer de nouvelles conquêtes dans le domaine de la chimie pathologique de la thyroïde ; malheureusement, nous ne savons rien en dehors de ce qui se rapporte au goitre, au myxœdème et à l'obésité.
Le liquide qui distend les vacuoles de la glande, chez les goitreux, est très riche en serine et en globuline (7 à 8 p. 100). A la longue, comme dans tous les exsudais, la cholestérine y apparaît; si des exlravasations sanguines se produisent, la méthémoglobine et la bilirubine peuvent se montrer (Hoppe- Seyler).
A? Capsules surrénales. — Ce sont des organes constitués par une série de cloisons parallèles s'insérant sur une enveloppe corticale conjonctive et élastique. Dans ces trabécules, on trouve de nombreuses cellules polyédriques accolées, ainsi que des granulations graisseuses. Les capsules sont largement irriguées par des artères dont le sang se mêle au sang veineux, de telle sorte que le sang des vaisseaux efférents est très riche en oxygène (Chassevant et Langlois),
A, Composition chimique. — La substance întralacunaire des capsules se colore en rouge au contact de Tair et des réactifs oxydants ; il se forme un pigment soluble dans Teau acidulée et dans l'alcool. Les capsules surrénales paraissent