OVAIRE
OU pseudomucine, paralbumine, colloïdes) sont des mucines. Il faut faire une exception pour la colloïdine qui semble en différer sensiblement.
On trouve encore, dans les kystes ovariques, des matières albuminoïdes proprement dites (serine, globuline), mais en moindre quantité que les corps mucoïdes précédents. Nombre de kystes sont colorés en brun chocolat par des pigments dérivés de Thématine. Hoppe-Seyler et Salkowski y ont signalé la présence de la bilirubine. Enfin, quand ils sont anciens, presque tous ces liquides tiennent en suspension des paillettes de cholestérine.
D'après un travail récent de von Zeynek, les kystes dermoïdes contiennent des matières grasses où l'analyse décèle la présence des acides suivants : myristique C**H**02, palmitique C**H"0*, stéarique C*«H3«0S arachidique C^oH^oQS oléique C^W^O^, en même temps que des traces d'acides formique et butyrique ; tous ces acides sont combinés avec la glycérine. La matière grasse des kystes renferme encore de J'alcooi cétylique ou éthal C**H''.OH , un des éléments du blanc de baleine. Dans les kystes qui ne sont pas trop anciens, on ne trouve pas souvent de la cholestérine : par contre, on peut extraire constamment, et en proportion assez considérable, une huile difficilement cristallisable qui paraît constituée par des corps mal déterminés voisins de la cholestérine [Zeitschrift /*. physiol, Chem.y t. XXIII, 1897).
b. Analyse. — La consistance du contenu des kystes révèle d'ordinaire la présence des diverses mucines. Pour les rechercher, il suffit de faire bouillir les liquides avec quelques gouttes d'acide acétique, pour coaguler les albumines. On filtre et on évapore ; le résidu est mis à l'étuve avec un peu de salive, pour saccharifier les matières ternaires provenant du dédoublement des mucines ; on n'a plus qu'à essayer à la liqueur de Fehling. La présence du sucre décèle les mucines.
Il résulte d'un travail d'CERUM que les liquides des kystes de l'ovaire ont une densité comprise entre 1010 et 1028; ils renferment de 25 à 75 p. 1000 de résidu fixe, où prédominent les matières protéiques et les mucines (de 8 à 50 p. 100).
Les liquides séreux de la vésicule de Graaf sont beaucoup moins chargés de principes fixés ; leur densité oscille entre 1005 et 1020. Ils ne renferment guère que 40 à 50 grammes par litre de matériaux fixes et se rapprochent d'ailleurs, à tous les points de vue, des sérosités ordinaires
§ 4. — Revêtement cutané et organes des sens
1* Revêtement outané* — Nous étudierons, sous ce titre, la peau, ses annexes et excrétions.
A, Peau. — Abstraction faite des éléments accessoires qui se terminent dans la peau, la traversent ou s'y implantent (terminaisons nerveuses, glandes, poils, vaisseaux), la peau se compose de deux couches : la couche profonde ou derme, formée de tissu conjonctif et de libres élastiques; la couche extérieure, ou épiderme, constituée par des cellules en contact ou séparées par une très faible quantité d'un ciment semi-liquide. Les strates profonds de Tépiderme sont composés de cellules molles {corps muqueux de Malpighi), unies entre elles par des filaments très courts et très fins {filaments unitifi de Ranvier). Dans les strates superficiels, au contraire, les cellules sont dures et cornées.
a. Composition chimique. — Le derme est formé de matières chondrogènes, c'est-à-dire se transformant en gélatine par la coction ; ce sont des substances albuminoïdes déjà étudiées à propos du tissu conjonctif (conjonctine, élastine, etc.). Ces composés retiennent énergiquement le tannin et forment avec lui une combinaison imputrescible, le cuir.
L'épi derme est formé de kératine, substance protéïque non chondrogène, déjà étudiée avec les matières albuminoïdes, au commencement de ce volume. Signalons encore, dans les cel-
Fig. 47.
Ëpiderme (schéma).
1, couche génératrice. — 2, corps muqueux de Malpighi. — 3, couche cornée.
REVETEMENT CUTANÉ 381
Iules de Malpighi, le pigment qui colore diversement la peau, dans les différentes races humaines : c'est une mélanine^ substance noire qui ne se dissout bien que dans la potasse et les acides sulfurique et azotique concentrés. Cette mélanine renferme 12 p. 100 d'azote et dos traces de fer.
b. Variations pathologiques, — La chimie n'a encore apporté aucun renseignement important à la dermatologie. On sait seulement que, dans Tichtyose, les cellules cornées de Tépiderme se chargent de graisse et de cholestérine ; on y a trouvé également de l'acide hippurique et.de la silice.
Dans la pellagre, les troubles chimiques sont à peu près les mômes : il se forme aussi de la leucine, de la tyrosine, une huile jaune et un corps gras solide.
Donnons ici la composilion chimique d'un liquide provenant des vésicules de l'eczéma (Méhu).
Eau 962,82 p. 100
Matières organiques 29.43 —
Sels 7,75 —
Le liquide qui s'accumule dans les bulles de pemphigus ou dans les ampoules de vésicatoire, est un exsudât riche en principes lixes (45 à 65 p. 1000). Il est alcalin et contient une substance réductrice de la liqueur de Fehling.
B. Cheveux et poils. — Poils et cheveux sont formés d'un tube extérieur constitué par des cellules épithéliales allongées engainant une partie centrale composée de cellules plus lAches, lesquelles contiennent les pigments qui donnent aux cheveux leur couleur. Une matière grasse qui comprend de l'oléine, de la palmitine, de la stéarine et aussi de la cholestérine combinée à des acides gras, enduit les poils et les cheveux.
Soumis à l'analyse, les cheveux donnent 10 à 15 p. 100 d'eau et des proportions très variables de cendres (depuis 0,3 jusqu'à 7 p. 100). L'élément principal en est une matière albuminoïde, la kératine, insoluble dans l'eau, qui la gonfle et la ramollit seulement, surtout à chaud. A température plus élevée, vers 150**, sous pression, l'eau décompose la kératine en met-
tant en liberté des produits sulfureux mal connus ; en présence de Tacide sulfurique dilué et chaud, une transformation du même ordre a lieu, avec production d'acides amidés (leucine, tyrosine, etc.). La kératine n'est pas attaquée par les ferments digestifs ; elle résiste très bien à la putréfaction. C'est une des substances protéiques les plus riches en azote et en soufre : elle contient 50 p. 100 de carbone, 6,3 p. 100 d'hydrogène, 20,8 d'azote et de 3 à 8 p. 100 de soufre, d'après von Bibra.
Ces propriétés de la substance fondamentale des poils et des cheveux rendent compte de la résistance de ces derniers à la putréfaction et à la plupart des réactifs. Notons toutefois que l'acide azotique colore les cheveux en jaune, Teau oxygénée en blond roux. L'acide sulfurique les désagrège et les détruit; quand il est dilué, il laisse un pigment qui varie suivant la couleur des cheveux. Pour les cheveux noirs, ce serait, d'après quelques auteurs, un corps de formule C**H**AzW, substance amorphe, soluble dans les dissolvants ordinaires, surtout dans les alcalis Ce pigment serait très voisin de la mélanine du derme, peut-être identique. On ne connaît pas bien le pigment des cheveux blonds ou roux.
Outre l'eau, la kératine et les pigments, les cheveux contiennent en abondance des sels minéraux, dont voici plusieurs analyses (cheveux humains) ; elles sont rapportées à 100 parties de cendres (Baudrimoxt).