REVÊTEMENT CUTANÉ
Ces corps existent, il est vrai, dans le suint de mouton, d'où BuisiNE les a isolés ; mais le suint est une sécrétion sudorale profondément modifiée par de nombreux procès fermentatifs et mélangée d'ailleurs à des déjections déjà altérées. En réalité, les divers principes énumérés plus haut ne paraissent pas exister dans la sueur humaine normale. A Tétat physiologique, la sueur n'élimine, en fait de matériaux organiques, qu'une petite quantité d'urée.
Elle est, par contre, un émonctoire important pour les sels minéraux, principalement pour les alcalins. Le résidu fixe de la sueur est le plus riche en composés inorganiques de tous les résidus que laisse l'évaporation des liquides de l'économie, ainsi qu'il résulte du tableau suivant :
Proportions de sels minéraux pour 100 parties de résidu fixe.
Plasma sanguin 8,6
Lymphe 17 — 20
Liquide de l'hydrocèle 14,6
— du péricarde 15
— de la plèvre 16,8
— du péritoine 29,3
Urine 21,9 — 40
Liquide amniotique 42,3
Humeur aqueuse 64,1
Larmes 72,2
Sueur 75,0
Cette richesse de la sueur en substances minérales et surtout en potasse avait été signalée par Chevreul ; l'industrie en a tiré partie en utilisant le suint de mouton, pour la fabrication en grand du carbonate de potasse (P. Hugounenq).
b. Variations physiologiques, — Quand la sécrétion de la sueur est abondante et continue, le liquide devient de plus en plus pauvre en principes fixes.
La sueur recueillie sur les diverses parties du corps n'a pas la même composition ; celle des pieds est plus riche en résidu €ixe ; elle contient aussi, comme aux aisselles et au pli de Taîne, des corps odorants (acides gras, aminés, corps sulfurés). '
L'-aliinenUition, le genre de vie, le sexe, peuvent faire varier Botablement l'odeur de la sueur. Â Thôpital, quand on entre dans une salle de femmes, Todeur n'est pas la même que celle qui se dégage d'une salle d'hommes. Des agglomérations dans un lieu confiné d'individus condamnés à une vie sédentaire et à une alimentation déterminée, les prisonniers par exemple, s'exhalent des odeurs spéciales dues à la sueur et aux principes odorants de celle-ci (Bouchard).
c. : Variations pathologiques, — A l'état pathologique, les glandeï^ i^udoriparçs peuvent servir à l'élimination d'un grand nombrie de principes qui n'existent pas, ou seulement à Tétat de traces, dans la sueur normale. Exemples : l'urée dans Furémie, le choléra et diverses intoxications ; l'acide urique et quelquefois l'albumine, chez les rhumatisants et les goutteux; )e sucre, chez les diabétiques (Leh.xe et Schottin, Favre).
La sueur peut également entraîner des pigments qui la cotèrent en bleu, en rouge, en noir; oaa vu la sueur colorée par de l'indigo, des matières colorantes biliaires (Bizio, Gamgee).;
Enfin,: la sueur contient aussi, dans certains cas, des substarices médicamenteuses absorbées par le. tube digestif : les iodures,' l'arsenic, le mercure, la quinine, etc. (Bergeron et Lemattrb).
E, SÉRUM. — Le sébum, ou matière sébacée, est déversé à la surface dé la peau par de petites glandes spéciales généralement annexées aux poils, mais quelquefois indépendantes, dans certaines régions, telles que la région génitale, où la sécrétion sébacée est particulièrement abondante.
a. Composition chimique, -r Le sébum est une matière grasse qui oint la peau, les cheveux et les poils. Il est acide, et renferme : une albumine coagulable par l'acide acétique et identique avec la caséine, une seconde matière protéique que le ferrocyanure acétique précipite à froid, des graisses et des .sels ; on n'y trouve pas de sucre. N'était cette dernière f>articularité, le sébum ressemblerait à du lait. D'ailleurs, il est à remarquer que, pendant la vie intra-utérine, la produç»