ŒIL
et les dissolvants neutres, soluble en rouge brun dans les alcalis ou les acides minéraux forts et concentrés. Ce pigment est'azoté et ne renferme ni fer, ni soufre ; il laisse à l'incinération un peu de silice. Le chlore le détruit ; la potasse en fusion le dédouble avec production d'ammoniaque, d'aminés, d'acides gras et d'acide oxalique.
D, RÉTINE. — La rétine comprend des éléments nerveux et connectifs. On y a signalé la présence de la myosine, d'une globuline et de la serine. Il y a aussi des matériaux extractifs encore inconnus et des sels. On trouvera ci-dessous des analyses de la rétine du bœuf (Gahn).
Eau 86,52 à 87,61 p. 100
Résidu fixe 13,48 — 12,39 —
Matières albuminoïdes . . . 8,45 — 7,02 —
Matières extractives .... 0,67 — 1,07 —
Gholestérine 0,66 — 0,77 —
Lécithine 2,08— 2,89 --
Graisses 0,00 — 0,57 —
Sels 0,69 — 1,25 —
Ces derniers comprennent :
Phosphate de sodium 42,16 p. 100
Chlorure — 35,16 —
Carbonate — 5,51 —
Sulfate de potassium .- 8,73 —
Chlorure — 4,63 —
Phosphate de calcium 2,71 —
— magnésium 1,10 —
Le principe immédiat le plus caractéristique de la rétine est le pourpre rétinien ou rhodopsine de Kuhne. On l'extrait en faisant macérer, dans l'obscurité, des rétines fraîches dans une solution de sels biliaires à 3 p. 100 ; on dialyse et évapore dans le vide. Le résidu, d'une belle couleur pourpre, est de la rhodopsine impure.
Le pourpre est soluble dans l'eau, altérable à la lumière, qui le détruit, altérable aussi en présence de nombreux réactifs; il exerce une absorption diffuse dans le spectre, entre les
Taies D et E. Détruit par la lumière, il se régénère à Tobscurilé par un mécanisme inconnu.
Du reste, la rétine est le sièije <le réactions photochimiques actives : elle devient fluorescente, quand on la soumet, dans l'obscurité, à Faction des rayons uitra-violets ; le contact de Toxygène lui fait subir également des modifications.
E. Cristallin. — C'est une lentille dont la densité diminue graduellement du centre à la périphérie, de 1194 à 1076, comme d'ailleurs Tindice de réfraction (1456 à 1407). Elle est enveloppée d'une capsule conjonctive très riche en fibres élastiques.
a. Composition chimique* — Bien que les premières analyses du cristallin remontent à Berzelius, on n'est pas bien fixé sur la composition chimique de cet organe. Il semble y exister une globuline et une albumine, peut-être d'autres matières protéiques, de l'extractif, des sels, ainsi que le montre l'analyse ci-dessous qui appartient à Lapschixsky.
Eau 63,57 p. 100
Résidu fixe .• 36,43 —
Albumines 34,93 —
Lécithine 0,23 —
Cholestérine 0,22 —
Graisses 0,29 —
Sels 0,76 —
Parmi ces derniers, figurent des phosphates, de la chaux, et des alcalis.
b. Variations pathologiques, — La plus importante est celle (ju'é[)rouve le cristallin au cours des cataractes séniles. Le contenu de l'organe devient graisseux, se trouble ; de la cholestérine et des sels calcaires s'y dé[)osent; la proportion des matières albuininoïdes diminue. Cahn a donné le tableau suivant de la composition, à l'état sec, d'un cristallin cataracte :
Matières albuniiiioïdes 85,37 p. 100
Cholestérine 4,55 —
Lécithine 0,80 —
Graisses 1,19 —
Sels 3,86 —
ŒÎL 391
Rappelons ici que radmiuistration, prolongée quelque temps, de la naphtaline et de plusieurs autres composés aromatiques provoque la cataracte, chez le lapin. Jusqu'à présent, cette réaction singulière n'a pas reçu d'explication satisfaisante.
F. Humeur aqueuse. — La matière transparente qui remplit la chambre antérieure, est un liquide alcalm,- dedenisité très voisine de celle de Teau (1003 environ) et ne renfermant que peu de substance en dissolution (de 1,16 à 1,18 p. 100, en moyenne, dont 0,35 de substance organique et 0,82 de sels minéraux).
L'humeur aqueuse contient une globuline et une trace d'albumine coagulable à 80<*. On y trouve en outre : un peu d'urée, du glucose, de l'acide paralactique et peut-être un second acide, voisin de l'acide lactique (Grunhagen, Pautz).
Voici la composition chimique de l'humeur aqueuse, d'après
LOHMEYER :
Eau 986,87 p. 1000
Réâidu fixe 13,13 -
Albumine 1,22 —
ExtracUf 4,21 —
Les sels se composent surtout de chlorure de sodium (6,89), avec des phosphates et des sels de chaux, en petite quantité.
Les alcaloïdes toxiques s'accumulent dans l'humeur aqueuse, comme aussi dans l'humeur vitrée (Siringo-Gorvaïa).
G.. Corps vitré. — Le corps vitré se rattache au tissu conjonctifmuqueux : il est formé d'une substance mucilagineuse, transparente, tenant en suspension des cellules qui s'anastomosent.
On trouve dans le corps vitré : 1" une globuline préoipitable par le sulfate de magnésie et coagulable à 75" ; 2° une trace d'albumine coagulable à 80<>; 3° d'après les travaux récents de YouNG, une substance mucinogène qui, après la mort, se transforme rapidement en mucine. L'extractif est, comme pour l'humeur aqueuse, formé d'urée et peut-être aussi d'acide paralactique.
Le corps ritré a la composition suirante (Lohmetbr) :
Eau 986,40 p. 1000
Résida û\c 13,60 —
Albumines 1,36 —
Graisses et ex trac tir 3,21 —
Sels 8,68 —
Le chlorure de sodium domine de beaucoup (7,75 sur 8,68).
En somme, l'humeur vitrée a sensiblement la même composition que rhumeur aqueuse.
On aperçoit quelquefois, dans le corps vitré, des cristaux: lamellaires, nacrés et brillants {Synehysis élincelant) ; ces cristaux ne sont pas autre chose que de la cholestérine.
B, Larmrs. — Le produit de la sécrétion des glandes lacrymales est un liquide alcalin, salé, tenant en dissolution un peu de matière albuminoîde et des sels.
Eau 982,0 p. 1000
Résidu fixe 18,0 —
Albuniine 5,0 —
Chlorure de sodium 13,0 —
Autres sels minéraux 0,2 —
D'après Berniirim, les larmes exerceraient une action antiseptique vis-à-vis des microbes, tout comme le mucus nasal, avec lequel elles se mélangent.
8^ Oreille. — Nous ne savons encore rien sur la chimie de l'oreille interne, sinon que la périlymphe est un liquide riche en mucine et en chlorure de sodium, tandis que V endolymphe tient moins de matériaux solides en dissolution.
Quant aux otolithes, ils sont formés de carbonate de chaux englué dans du mucus.
Le cérumen est le produit de sécrétion des glandes spéciales du conduit auditif externe. C'est une sorte de cire molle, jaunâtre, amère, partiellement soluble dans Peau et dans