‹ Précis de chimie physiologique et pathologiqueChapitre 126 sur 173 · GO^H · texte numérisé non relu

GO^H

Sarcosine

+ GQ.(AzH2)2

Urée

La créatinine réduit la liqueur de Fehling. Elle donne avec

GRÉATININE 453

le nitroprussiate de soude et la soude une leinle rouge que Tacide acétique, à chaud, fait virer au vert (Weyl). On obtient également avec l'acide picrique et la soude une coloration rouge qui vire lentement au jaune. Enfin, la créatinine donne avec le chlorure de zinc une combinaison double (G*HUz30)2 ZnCl^ en aiguilles blanches, à peu près insolubles dans Talcool.

D'après G. Stilllngfleet et Johnson, la créatinine urinaire différerait de celle qu'on prépare avec la créatine des muscles, par quelques propriétés (eau de cristallisation, solubilité dans l'alcool).

3° Variations. — Comme l'excrétion de l'urée, celle de la créatinine est sous la dépendance prédominante de l'alimentation, la majeure partie de la créatinine provenant de la chair musculaire de nos aliments. Aussi, trouve-t-on plus de créatinine chez l'homme (i gramme) que chez la femme (08^,6), chez l'homme sain que chez le malade, chez l'adulte que chez l'enfant ; l'urine des nourrissons en renferme des traces, ce qui prouve bien que la totalité de la créatinine ne provient pas des aliments. Il s'en forme, en effet, aux dépens de la créatine que met en liberté la désassimilation du tissu musculaire. Après dix-sept jours d'inanition, le jeûneur Succi en éliminait encore 08%40 par jour ; ultérieurement son urine n'en contenait plus que des quantités impondérables.

L'exercice musculaire augmente l'excrétion de la créatinine, d'après MoiTEssiER ; il en est de même de la fièvre (K. B. Hof- MAN, MuNK, Schottin). Ou cousthte, au contraire, une diminution chez les chlorotiques et chez les cardiaques à lésions non compensées.

4^ Dosage. — On substitue de plus en plus à l'ancien procédé de Neubauer la méthode plus rapide de Ken Taniguti. 300 centimètres cubes d'urine additionnés d'acide sulfurique concentré, sont évaporés au tiers, précipités par la baryte et filtrés. Après n(?utralisation de la liqueur par l'acide chlorhydrique, on évapore et extrait le résidu par l'alcool à 95" juscju'à ce qu'on

ait 100 ceulimètres cubes de liquide alcoolique. On en prélève 80 centimètres cubes, qu'on additionne aussitôt d'acétate de soude et de 20 gouttes d'une solution alcoolique de chlorure de zinc ; le sel double se sépare ; on recueille sur un filtre taré et on pèse. Le résultat doit être multiplié par y- . Cent parties de combinaison zincique correspondent à 62,44 de créatinine.

§ 3. -- Acide urique

L'acide urique C*H^\z*03 est très répandu dans l'économie : on a signalé sa présence dans le sang, le foie, la rate, les muscles et la plupart des tissus ; l'homme, à l'état de santé, en élimine de O^^S à O^^S par vingt-quatre heures. Chez les oiseaux et les serpents, l'acide urique constitue l'élément prédominant de l'urine.

1" Préparation. — On l'extrait habituellement des excréments de serpents, qu'on fait bouillir avec de la soude étendue ; le liquide liltré chaud est additionné d'acide chlorhydrique ; l'acide urique se dépose. Ou le puritie en le dissolvant dans l'acide sulfurique concentré d'où on le reprécipite par l'eau.

2'* Synthèses. — L'acide urique a été obtenu synlhétiquement par plusieurs procédés ;

a. L'action du glycocolle sur l'urée, a 200^ (Horbaczewki).

CH^.AzH-' — CO^H + 3CO.(AzH2)2=:C«H*Az''0» + 3AzH' + 2H20

Glycocolle Urée Acido urique

p. En faisant agir sur l'urée l'acide ou l'amide trichloro-luctique (HoRBAczEWSKi).

/AzH2 CCI» H^Az.

COC -i- CH . OH + HUz/ =

\AzH=

COOH

Ur6c Acide trichloro- Urée

lactique

AzH— G— HAz

>G0 + 3HG1 + 2H20 -HAz^

AzH

GO

Acide uriquc

Gette synthèse définit l'acide urique comme une diuréide de l'acide acrylique GH-î = GH — GO*H.

Y- On a encore obtenu l'acide urique en fondant l'urée avec les acides chloracétique, cyanacétique et isodialurique (Beh-

RE.\D, ROOSEN, FoRMANEK).

30 Propriétés physiques. —L'acide urique est une poudre cristalline blanche, extrêmement peu soluble dans l'eau (l/loOOO« à froid, 1/1800° à l'ébuUition), insoluble dans l'alcool, l'éther, le chloroforme. Dans les sédiments urinaires, l'acide urique est toujours coloré, le plus souvent en rouge orangé ou en brun; même quand on l'extrait chimiquement, il retient énergiquemeut des matières colorantes. Pour l'avoir incolore, il faut, à plusieurs reprises, le dissoudre dans l'acide sulfurique concentré et le reprécipiter par l'eau. L'acide urique se dissout un peu dans l'eau chargée de phosphate ou de carbonate de soude, de sels de lithium, d'urée ; il se dissout bien dans la pipérazine, ou éthylèneimine G^H* = AzH, et mieux encore dans la méthyl glyoxalidine, ou lysidine G=^H'».Az'^.

GH.GH« (Ladenbuhg). L'acide sulfurique concentré dissout l'acide urique ; par addition d'eau, il l'abandonne inaltéré.

FifT. 66.

4^ Propriétés chimiques. Acide urique pur.

— L'acide urique réagit au tournesol comme un acide faible ; il donne deux séries de

45G L'biNE

<l#'i i%Vf» Ill<ftaI^qu*'^. qui II*? >onl pas de T*f niables sels, lacide urique n'^laiit jias ud acide. On connait des urales mono- et liiliasiiiue-î, tou» peu s^^lubles, à l'exceplion de ceux de pip«^razîiie et de lysidîne. l-e-^ sels ueulres sont, du reste, décom- |M»»'S par l'acide rarhonii|ue.

Oxydé, l'acide urique donne des uréîdes seuls ou mélaDgés d'urée Likbio et Wôhlek'.

,AzH-C— HAz / Il cu-rOi-H-'0 =

WzH— CO

Acide uriqut*

/AzH— CO Cf)/^ /CO -f CO. AzH^ ^

\\zH— CO^

Allosaoc ou mésoiaK i-uréc Urée

/AzH~C— HAz.

/Il ^ (;(j

CO;^ <:0-HAz/ + O + H'O =

\\zH-C

Acide urique

/Azll— C:H— Azll^

C()< I /CO + co=*

\\zH— CO AzlP/

Allai! loïue

A l'air, l'acide urique fermente en présence du B. vreœ et du D. fluorescens^ eu doiiuaut de l'urée, puis du carbonate d'ammoniaque (F. et L. Se?ti.mj. II réduit, en milieu alcalin, la licjueur de Feliling et l'azotate d'argent. Evaporé à sec, au bainmarie, avec quelques gouttes d'acide azotique, il donne un résidu qui passe au rouge pourpre par l'ammoniaque et au violet par la potasse (réaction de la murexide). Avec l'acide pliosi)homolyl)(lique et la potasse, apparaît une coloration bleue foncée intense (Offer). Cette dernière réaction est commune à beaucoup de matières oiganiques. Si à un mélange légèremeut

chauffé d'acide urique et d'acide nitrique, on ajoute quelques î^outtes de diméthyl-paraphénylène-diamine, on obtient une matière colorante pourpre qui passe au violet quand on chauffe

(Malerba).

50 Origine. — Cette question n'est pas encore complètement élucidée. Pour Horbaczewsri, l'acide urique serait, avec l'adénine, la xanthine et la guanine, un produit de dédoublement de la nucléine des leucocytes. Quand les globules blancs se détruisent, la nucléine de leur noyau, se décomposant à son tour, mettrait en liberté de l'acide uriciue. Horbaczewsri a constaté qu'il se forme de l'acide urique, quand on expose à l'air et à une température de 37<^, p(»ndant plusieurs heures, un mélange de sang et de boue spléni(|ue, très riche en nucléine. En remplaçant, dans l'alimentation, la chair musculaire par le thymus , qui renferme» aussi beaucoup de nucléine, Umber a vu augmenter l'excrétion rénah» de l'acide urique. HoRBACzEwsKi fait observer (ju'au moment de la digestion, les leucocytes affluent dans le sang ; c'est pourcjuoi l'excrétion de l'acide urique, après avoir diminué, quand le dernier repas remonte à sept ou huit heures, s'élève aussitôt après le repas. Il y a parallélisme entre le nombre des leucocytes et la proportion d'acide urique éliminée par le rein. Le sang est plus riche en globules blancs chez l'enfant que chez l'adulle, chez le sujet qui s'alimente bien (|ue chez l'individu mal nourri ; or. l'enfant excrète plus d'acide urique que l'adulte, et on sait, d'autre part, que l'acide uricjue abonde dans l'urine, chez l'homme dont l'alimentation est substantielle. La seule maladie qui augmente d'une façon certaine et incontestée l'excrétion de l'acide urique, est la leucocythémie, caractérisée par une augmentation des leucocytes dans le sang.

La théorie d'HoRBACzEwsKi a été très attaquée par Kossel, voN NooRDEN, Stadthagen. Lcs objcctious portent sur les points suivants : on n'a jamais pu obtenir, in vitro, l'acide urique aux dépens de la nucléine ; Tingestion de nucléine n'augmente pas l'excrétion de l'acide urique ; les végétaux qui renferment beaucoup de nucléine ne contiennent pas trace d'acide urique.

Mai» aucun*' di; €♦•> objec lions n'eàl décb>i%'e : car, rien n'em- [M><:iie d'a<l nie lire que ('«''couomîe de rhunime et des mammifères fait ^ubîr à la nucl«*ine des ulobules blancs, et à celle-là s<'ulenient une d(^<:om[»o^ilion spt'ciale. Mal^é les attaques dont elle a él«^ l'objet, la théorie d'HoRBAczEwssi paraît devoir s'imposer de jdus en plus.

^' Lieu de formation. — On ne sait pas exactement dans quel organe se détruit le globule blanc et se forme lacide urtque ; peut-être est-ce la rate ou le foie Giacosa . On est plus avancé en ce qui concerne les oiseaux et les serpents, chez lesquels la production de l'acide urique a une origine spéciale, pour la majeure partie tout au moins. SchrOder a montré qu'en enlevant le rein à des serpents, l'acide urique s'accumule dans leurs tissus; le rein n'est donc pas le siège de la formation de l'aride urif{ue. Si, à l'exemple de Mi.xiiowsfci, on extirpe le foie, chez une oie, la conqiosition des urines change du t<iut au tout. Tandis (jue chez l'animal sain, 60 à 70 centièmes de l'iizote (olal sont éliminés à l'étal d'acide urique, chez l'oiseau privé (le foie l'azote uratique ne représente plus que 3 à 6 p. 100 ; l'intégrité des fonctions hépatiques est donc un facteur prédominant, dans la production de l'acide urique. L'expérience de MiXKOwsKi démontre, en outre, qu'une petite partie de Tacide uri(|ue se forme en dehors du foie, puisqu'on retrouve un peu d'acide urique tlaus l'urine de l'oie privée de son foie. Enfin, si on analyse l'urine de Tanimal opéré, on y constate la présence d'une jiroportion très élevée d'acide lactique et d'ammoniaque, ce (jui senjblerait prouver que, chez l'oie, l'acide urique provient de l'union, dans le foie ou sous son influence, de l'acide l/ictique avec l'ammoniaque ou des composés susceptibles de fournir de l'ammoniaciue. C'est là un résultat qui concorde av(;c la synthèse remarquable qu'HoRBAczEwsRiafaitede l'acide urique, en faisant réagir l'acide trichloro-lactique sur l'urée.

7" Variations physiologiques. — Une alimentation riche sfîinble provo([uer une hyperproduclion d'acide urique ; mais le fait n'est pas bien certain, et, s'il est exact, rien ne prouve que

ACIDE URiyUE 450

ce soit lu conséquence d'une action directe : Taugmenlation est peut-être due àractivité chimique plus intense des leucocytes. On constate une augmentation d'acide urique après l'ingestion de la glycérine et ladministralion de la pilocarpine ; au cours de l'inanition, l'acide urique est éliminé en quantité plus grande, par suite de la désagrégation des tissus et par conséquent de la destruction des éléments nucléaires des cellules et des globules blancs ; l'inanition aboutit, par autophagie, au même résultat qu'une alimentation carnée exclusive (voir Inanition page 550). La quinine, l'atropine diminuent, au contraire, l'acide urique. L'influence du travail musculaire, de Teau ou des alcalis paraît nulle.

8^ Variations pathologiques. — C'est au cours d(> la leucocythémie qu'on observe raugnienlation la plus niar(iu»'M* de l'excrétion urinaire de l'acide urique, ce (jui conlirme bien l'hypothèse d'HoRBACZKwsRi touchant la formation de l'acide urique aux dépens de la nucléine des leucocytes. La lièvre élève également le taux de l'élimination. Les afl'ections du foie (atrophie , cirrhose) passent pour diminuer l'acide urique ; Hokbaczewski a contesté le fait. Nous ne savons rien de l'influence de la goutte sur l'excrétion de l'acide urique ; les déterminations anciennes, faites par la méthode de Helntz, n'ayant aucune valeur , c'est une question entièrement à reprendre. Pour Pfeikkkr, l'urine des goutteux aurait seulement une tendance à déposer son acide urique sous forme insoluble : les urines d'hommes entre trente et cinquante ans, iiltrées sur de l'acide urique, perdent une partie de celui qu'elles contenaient; l'urine de femme ou d'enfant se charge, au contraire, d'acide urique dans ces conditions; toutefois, ces expériences sont contestables. L'influence du diabète n'est pas mieux connue : chez certains diabétiques, l'élimination est audessus, chez d'autres au-dessous de la normale. Il en est de même du cancer et de la plupart des maladies. Les divergences s'expliquent par l'insuffisance des méthodes anciennes et par ce fait que le facteur essentiel des variations n'est pas tant dans la maladie elle-même que dans la j)r()[)ortion des leuco-

cyles (lu sang ot peut-êlre aussi dans le degré d'intensité de Tautopliagie (Horbaczewski}.

9^ Dosage. — La méthode par précipitalion directe, ou méthode de Heintz, donne des résultats absolument faux, et ne doit être suivie en aucun cas.

A. Procédé Herma.nn-Haycrakt. — En présence de l'azotate d'argent, du chlorure de magnésium et d'un grand excès d'ammoniaque, l'acide urique fournit un précipité gris jaunâtre, gélatineux, de conqiosition à peu près constante, répondant à trois molécules d'acide uricjue pour quatre atomes d'argent et un de magnésium. Ce précijnté est dissous dans l'acide azotique, et l'argent est dosé par le sulfocyanate, en présence de l'alun de fer; iW l'argent trouvé on déduit l'acide urique.

Réactifs nécessaires :

1^ Solution de 26 grammes d'azotate d'argent pur et sec dans un demi-litre d'etiu. Ajouter de l'ammoniaque jusqu'à redissolution complète du précipité. Parfaire au litre.

2® Solution titrée à 1«'',94 par litre de sulfocyanure de potassium pur et sec.

3^ Solution à 5 p. 100 d'alun de fer.

4^ Acide nitrique \m\\ ayant séjourné queltjue temps sur de l'urée, alin de supprimer les composés nitreux, qui détruiraient l'acide urique. Diluer cet acide nitrique à 30 p. 400 [d-= 1,15).

o** Dissoudre 100 grammes de chlorure de magnésium et 150 grammes de chlorure amnionique dans 6 à 700 centimètres cubes d'eau ; additionner d'un excès d'ammoniaque. Parfaire au litre.

On ajoute à 5 centimètres cubes de liqueur magnésienne (5), o centimètres cubes de liqueur argentique (1) ; éclaircir par addition d'ammoniaque et verser ce mélange dans 50 centimètres cubes d'urine, additionnés au préalable de 0r'*,50 de carbonate de chaux précipité pur ; laisser déposer. Filtrer à la trompe sur un filtre sans pli, en papier très fort, muni au sommtît d'un cône de platineet intérieurement d'un petit tampon «le laine de verre; le papier Chardin, qui sert dans Tindus-

trie à filtrer les huiles, convient parfaitement. On lave avec lie l'eau ammoniacale à 1/100*', tant qu'il passe du chlore ou de l'argent. Le précipité est alors dissous dans l'acide azotique ; on ajoute de l'eau pour parfaire 100 centimètres cubes et on titre à la liqueur sulfocyanique (2), en présence de 5 centimètres cubes d'alun de fer (3), jusqu'à apparition de la teinte rouge. Un centimètre cube de liqueur sulfocyanique représente 3iningr 35 d'acide urique.

Ce procédé est expéditif et donne des résultats comparables, mais non suffisamment exacts : l'apparition de la teinte rouge n'est pas tout d'abord bien nette ; de plus, ce n'est pas l'acide urique seul qu'on dose, mais l'ensemble des corps xantliiques.

Denigès a heureusement modifié la méthode Hermann-Haycraft; il précipite l'acide urique par un volume connu d'une solution titrée d'argent, en présence du chlorure de magnésium ammoniacal ; dans la liqueur filtrée, il détermine îa quantité d'argent non précipitée et en déduit le poids de l'acide urique resté sur le filtre à l'état de composé argentique insoluble. Le titrage de l'argent en excès s'effectue par le cyanure de potassium, en présence de l'iodure de potassium comme indicateur. La méthode est rapide et suffisamment exacte ; mais elle donne le total de l'acide urique et des composés xanthiques et non l'acide urique pur.

B. Procédé Hopkins. — Quand on dissout dans 100 centimètres cubes d'urine 100 grammes de chlorhydrate d'ammoniaque, tout l'acide urique est précipité à l'état d'urate ammonique. Après deux heures de repos, on jette sur un filtre et lave le précipité avec une solution saturée de chlorhydrate d'ammoniaque. L'urate ammonique est dissous dans l'eau bouillante ; on ajoute de l'acide chlorhydrique à la liqueur chaude ; l'acide urique se dépose. On le pèse ou on le litre volumétriquement par le permanganate. Les résultats sont exacts.

C Procédé Salkowski-Ludwig. — Précipité en présence de l'azotate d'argent et d'un sel de magnésie, l'acide urique donne

ne combinaison double de macnésium et d'argent qu'on décompose par le suIfUre de potassium; l'argent et la magnésie restent sur le filtre. La solution contient l'urate de potasso; on la décompose par l'acide chlorliydrique et on évapore presque à sec ; l'acide urique se dépose; on le pèse.

On se sert des solutions n** 1 et n** 5 du procédé Hermann- Haycrcifl ; en outre, une solution de monosulfure de potassium K*S est nécessaire : on l'obtient, en dissolvant to grammes de potasse caustique bien pure dans i litre d'eau ; on divise en

deux parties égales, on sature l'une à refus par l'iiydrogène sulfuré et ajoute l'autre.

Si l'urine est albumlneuse, on élimine l'albumine par la chaleur, en présence d'un peu d'acide azotique. Si elle est troublée par des sédiments uratiques, on les dissout en chaulTant lésrèrenient au bainmarie. Après quoi, on mélange d'abord tO centimètres cubes de liqueur argentique (I) et 10 centimètres cubes de liqueur magnésienne (5) ; on éclaire it avec de l'ammoniaque. Le mélange limpide est versé dans 100 centimètres cubes d'urine ; au bout de quelques minutes de repos, le précipité est jeté sur un filtre épais, disposé sur un entonnoir à succion ; on lave à plusieurs reprises avec de l'eau ammoniacale à i p. 100, puis on fait tomber avec une baguette de verre le contenu du filtre dans un verre de Bohème et on l'arrose avec 10 centimètres cubes de sulfure de potassium étendus de 10 centimètres cubes d'eau et portés à l'ébullition. Il faut avoir soin de faire passer la liqueur sulfureuse bouillante à triivers le filtre, afin de décomposer les parcelles d'urate qui y sont restées adhérentes. Le précipité ayant été bien divisé dans le sulfure, on chauffe au bain-marie quelques instants

Fig. 67.

Acide urique extrait de l'urine humaine par la méthode Salkowski-Ludwiff.

ACIDE HIPPURIQUE 463

dr le même filtre, qu'on épuise par l'eau bouillante. Les

i guipassent, réunies aux eaux de lavage, sont acidulées

centimètres cubes d'acide chlorhydrique dilué au

évaporées au bain-marie jusqu'à JO centimètres cubes

indonnées douze ou vingt-quatre beures dans un endroit

; l'acide urique cristallise. On le recueille sur un fdtre

;, on le sèche, on le lave au sulfure de carbone e( à l'étber,

ir enlever un peu de soufre, précipité avec l'acide urique;

ifîn, après une seconde dessiccation à 100^-1 10°, on pèse. A

i condition d'ajouter 0b'*,02 par litre aux résultats obtenus, la

méthode est parfaitement exacte.

Outre l'urée, la créatinine, les acides urique et hippurique, on trouve encore dans l'urine humaine, constamment ou par accident, mais toujours à l'état de traces, l'acide oxalurique C*H^Az'0*, poudre cristalline blanche, peu soluble, l'allantoïne ou glyoxyl-diuréide C'*H^Az*0', corps blanc, cristallin, soluble dans l'eau chaude, la xanthine G^H*Az*0*, l'hypoxanthine G«H*Az*0, la guanine G^H^Az^^O, peut-être l'adénine G^H*^Az^ et d'autres corps xanthicjues (paraxanthine , hétéroxanthine, épisarcine, etc.). Tous ces composés ont déjà été étudiés; nous ne reviendrons pas sur leur description.

S 4. — Acide hippurique

L'urine humaine entraîne, en moyenne, par vingt-quatre heures, de O^^o à i gramme d'acide hippurique, ou benzoylj^lycocolle G02H.GH^AzH(G«H».G0). L'urine des herbivores en contient davantage.

1» Extraction. — On évapore l'urine et dirige un courant de chlore dans le liquide concentré et chaud; par refroidissement, l'acide hippurique cristallise. Une .seconde cristallisation permet de l'obtenir très pur (Gazeneuve).

2^ Synthèse. — On a réalisé la synthèse de l'acide hippu-

rique, en rhaufîanl à 160^, on vase clos, lacide benzo'ûjue avec le glycocolle (Dessaignes) :

G«H5.CO^H+CH^.AzH2.C02H=H»0 + CH2.AzH(C6H5.GO).C02H

Ac.bcnzoîquc Glycocolle Acide hippurique

par Faction du glycocolle argentique sur le chlorure de benzoyle (Ci:rtius) :

G«H«.COCl+Cn2.AzH2.C02Ag=:AgGl+GH2.AzH(G«H^CO).GOm

Chlorure de Glycocolle argcntique Acide hippurique

beuKoyle

OU encore, en traitant la benzamide par Tacide mono-chloracétique :

GW.GO.AzH2 + GH'Gl.G02H=:HGl + GH2.AzH(G«H^GO).GOni

Benzamide Ac. chloracc^tique Acide hippurique

30 Propriétés physiques et chimiques. — L'acide hippurique cristallise en beaux prismes incolores, fusibles à i 87*^,5,

Fig. 68.

Acide hippurique.

très peu solubles à froid dans l'alcool et dans Teau (1/600*^), beaucoup plus solubles à chaud, insolubles dans la benzine et Téther de pétrole.

ACIDB HIPPURIQUE

Les bases et les acides minéraux le déduubleDt, à l'ébul en acide benzoique et glycocolle.

CH>.AzH(C»H».CO).CO'H + H'O = C'H'.GO'H + CH'.AiH'

Acide hippurique Acide beniorque Giycoci

Chauffé vers 200", l'acide hippurique se décompose, en geunt des vapeurs d'acide benzoïque, puis uue forte d'acide prussique ; il reste un cliarbun poreux. Qua évapore l'ucide hippuiique avec de l'acide uitrique fi: on perçoit l'odeur de l'essence d'amandes amères, gràc formation de nitrobenzine. Ces caractères, joints à son i bilité dans l'éther de pétrole, achèvent de distinguer I hippurique de l'acide benzoïque.

4° Origine. — Les expériences Je Bl'.n'gb et ScuMrEj ont établi que c'est dans le rein et en la présence ind sable des globules rouges, vecteurs d'oxygène, que le glye et l'acide benzoïque s'unissent pour former l'acide hippu Cette synthèse, qui s'accompagne d'une élimination d'eau pas le résultat d'une action diastasique, mais bien d'une . chimique exercée directement par les cellules ; quand 1« Iules sont détruites, l'acide hippurique ne se forme plus

Le glycocolle est un produit de dédoublement coustai matières albuminoïdes; il disparaît, d'ordiuaire, dans lé mie et s'élimine à l'êtut d'urée, à moins qu'il ne s'unis» copule aromatique qui le proti'ige de la destruction. 1. benzoïque provient des végétaux alimentaires, surtou fruits (prunes, baies, etc.). Dans l'alimentation exclusiv< carnée, l'acide benzoïque résulte de la putréfaction intes de la viande et de la production subséquente d'acide pi propionique, lequel se transforme ultérieurement, dans I nîsme, en acide benzoïque. Bai;3IA.nn a vu l'acide hippi disparaître complètement de l'urine, chez des chiens noi la viande el dont l'antisepsie intestinale était assurée calomel.

En administrant aux animaux ou ù l'hominc les acide PIIÉCI3 DE cmiiiE. 30

cylique, aiiisique, chlorobenzoïque, mésitylénique, etc., on obtient des acides hippuriques substitués, dans lesquels le noyau C*H^.CO est remplacé par le radical de ces divers acides.

5® Variations. — A l'état physiologique, elles sont dues au régime : l'alimentation végétale, surtout avec des fruits riches en acides henzoïque ou cinnamique, augmente l'excrétion de l'acide hippurique. Dans la fièvre, l'acide hippurique diminue (Wevl et Anrepp); sa diminution dans Tictère et le diabète n'est pas démontrée.

6® Dosage. — On extrait l'acide hippurique par le procédé, indiqué plus haut, de Gazeneuve ; l'acide est pesé en nature.

§ 5. — Pigments urinaires

L'urine contient des pigments tout formés et des corps chromogènes qui, s'oxydant à l'air, se transforment en matières colorantes. Les pigments urinaires sont nombreux ; la plupart sont peu connus, à l'exception de l'urobiline. L'urine des vingtquatre heures contient 0 gr. 40 de ce dernier pigment.

l^Urobiline. — a. Préparation. — Ce pigment, qui ne paraît pas exister tel quel dans l'urine, mais en grande parlie à l'était de chromogène précipi table par saturation de Turine avec le sulfate d'ammoniaque, ce pigment s'obtient comme suit : 1 500 centimètres cubes d'urine sont additionnés d'acétate et de sousacétate de plomb; le précipité, jeté sur un fdtre, lavé à l'eau et à l'alcool, puis desséché à basse température, est broyé avec 120 centimètres cubes d'alcool à 95<* centésimaux et 20 centimètres cubes d'acide sulfurique pur ; après vingt -quatre heures de contact, on filtre et lave le résidu avec un peu d'alcool. Les liqueurs alcooliques sont additionnées d'un tiers de leur volume de chloroforme, puis d'un grand excès d'eau ; on agite doucement et on lave à plusieurs reprises avec de l'eau pure la couche de chloroforme ; ce dernier, décanté et évaporé, abandonne l'urobiline (Binet).

I>[GUENTS UHINAIREH 467

b. Propriétés. — Pouilre amorphe, rouge brune ou rouge jaunâtre, ù reflets verts, peu soluble dans l'eau pure, plus Koluble en présence <le quelques sels neutres; le sulfate d'ammoniaque ajouté i sutui'Ution et l'aildition d'un peu d'acide sulfurique précipitent l'urobiline (Mébu); l'alcool, le chloro- Torme, les alcalis la dissolvent. Eu solution alcoolique neutre, l'urobiline est jaune ou Jaune brunâtre, avec une fluorescence verte marquée. Eu liqueur acide, la fluorescence disparuit;

Upobihne no

Upobiiine f'èbpile Fig. 69.

la liqueur est rougft brune et présente, en avant de la raie F, une large bande d'absorption. Au contact dus alcalis, le dichroîsme reparait, la coloration vire au jaune vcrdùtre. En ajoutant du chlorure de ïinc à la solution ammoniacale du pigment, la coloralion devient rouge pur transparence et verte par réflexion; la bande d'absorption persiste en avant do F. L'urobiline G"H*°Ai'0' paraît être identiijue avec l'hydrobllirubine obtenue en réduisant la bilirubine de la bile par l'hydrogène naissant (Malv). Cette réduction s'efTecluerait dans l'organisme, grûce aux fermentations inteRlinales. Hac-Mun.s et EicHHOLT/ ont contesté l'identité de l'urobiline avec l'hydrobilimbine. 11 est possible, du reste, que l'urobiline ne soit pas un composé cbimique, mais un mélange de corps voisins. Stokvis, Nencki, Le -Nobel et Hoite-Sevler ont obtenu des composés vrobilinoîdes, en partant de divers pigments hématiques et biliaires ou de leurs dérivés.

c. Variations, — L'iirobiline augmente dans les maladies du foie, à la suite des troubles digestifs, dans la lièvre; il y aurait, suivant Mac-Munn, une différence entre Turobiline normale et la fébrile ; c'est cette différence que traduisent les spectres reproduits par la ligure 69. L augmentation est très marquée pendant la résorption des extravasats sanguins, dans les cas de métliémoglobinliémie, plus encore dans Tictère.

d. Recherche, — On peut reconnaître la présence de Turobiline dans Turine, à Taide des caractères cbimiques ou spectroscopiques décrits ci-dessus. Dans les urines fortement pigmentées, il est parfois difticile ou même impossible de mettre Turobiline en évidence, à un examen direct. On y parvient cependant, en dépouillant l'urine des pigments autres que Turobiline, à Taide du sulfate mercurique, préparé en dissolvant 5 grammes d'oxyde mercurique dans 100 centimètres cubes d'eau contenant 20 centimètres cubes d'acide sulfurique. Après avoir ajouté à 20 centimètres cubes d'urine 10 centimètres cubes de ce réactif, on agite et au bout de quelques minutes de contact, on filtre. La liqueur claire ne contient plus que Turobiline et se prête très bien à l'examen des caractères spectroscopiques de ce pigment (Denigès).

e. Dosage. — On peut évaluer les variations de Turobiline, soit en l'extrayant en nature, comme il est inditjué plus haut, soit par la méthode de Studensky, dont on trouvera la description dans le Maly's Jahresber, (4893, p. 588.)

2^ Autres pigments urinaires. — Nous étudierons, sous ce titre, quelques pigments moins importants que le précédent.

a. Urochrome, — C'est le pigment jaune des urines. Thuijicuum, puis Garrod l'ont décrit sous la forme d'une poudre brune, amorphe, soluble dans l'eau et l'alcool faible, insoluble dans les dissolvants organiques habituels. L'urochrome n'est pas lluorescent et ne donne pas de bande, au spectroscope.

b. Uroérythrine. — La coloration rouge des sédiments uratiques est due à l'uroérvthrine, pigment soluble dans Talcool amylique et dans les alcalis. Avec ces derniers, on obti<;nt une liqueur verte, donnant au spectroscope deux larges bandes

INDICOCENE

qui s« ronfondent presiiuft : l'une entre D cl E, 1' Ce pigment est pliysinlopiique ; mais il CBl part: ntionila.nt deins la lièvrf , le rhumatisme et les mala

i;. Urorosèine. — Nbsi;ki et Siebeb, puis Roâi.v onl ce nom, un pigment rose, soluble dans l'eau et I' combinant avec les alcalis, pour donner des se L'uroroséine donne des Kindes d'absorption dans existe, en petite quantilé, dans l'urine normale végétarien, le diabète, l'anémie pernirieuse, le tuberculose provoquent une élimination plus aboi

Dans certains états pathologiques, on voit apji l'urine d'autres pigments, biMins ou noirs : la méh cujose, tumeurs méliiniques), et des matières co mique» mal connues (tuberculose, cachexies, ma tieuses, etc.]> H ne faut pas confondre ces pigm matière noire qui colore les urines, après l'admin phénols.

S 6. — iNDIGOGÈfJE

La coloration bleue de cerljiines urines expt avait donné lieu à bien des diseussions, quand Bauj tra que la substance ehromogène, désignée autre! noms à'iiroxanlkine, à'uroglaucine , . A'urorkodifti n'était autre que i'indoxyl-sulfate de potassium, a ajouter dos traces de combinaisons Je l'indoxyle C d'autres corps, tels que l'acide glycuronique (Schu

1" Propriétés. — L'indigogène est un corps blanches, nacrées, soluiiies dans l'eau froide et l'a de formule brute C«il"AïO. SO'K et, en formule dé

élimination de sulfate acide de potassium SO^KH et formation d*indigo.

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