‹ Précis de chimie physiologique et pathologiqueChapitre 130 sur 173 · CHINE · texte numérisé non relu

CHINE

a. Variations. — A l'état physiologique, lacide phosphorique augmente après le repas, surtout par une alimentation carnée; les exercices violents et peut-être la fatigue cérébrale exagèrent aussi la production d acide pbosphorique. Néanmoins, il semble que, pendant l'activité cérébrale ou physique, il y ait plutôt une diminution ; Faugmentation ne se manifeste qu'après. Les températures élevées agissent dans le même sens que la fatigue. On admet que l'excrétion est moinilre pendant le sommeil qu*à la période de veille.

Plusieurs maladies s'accompagnent d'une hyperexcrétion phospliatique : la méningite (diagnostic différentiel avec la fièvre typhoïde), l'atrophie aiguë du foie, la tuberculose au début, Tosléomalacie, le rachitisme ; encore, le fait a-t-il été contesté pour ces deux dernières dyscrasies. Dans Thystérie et Tépilepsie, on a signalé l'augmenta tion des phosphates terreux par rapport aux phosphates alcalins (Catheuneau et Gilles de la Tourette) ; cette assertion parait controuvée (Fkré).

J. TEissiER-a décrit, sous le nom de diabète pkosphatique, un trouble de la nutrition qui se traduit par l'élimination de quantités énormes, pouvant atteindre 10 grammes, par vingt-quatre heures, d'acide phosphorique. Cette hypersécrétion, liée tantôt au diabète sucré, tantôt à la cataracte, tantôt à des lésions pulmonaires ou à des affections des centres nerveux, reconnaît l)eut-étre pour cause une production exagérée d acide lactique, avec dissolution subséquente des phosphates osseux.

b. Dosage. — On utilise la méthode de Neubauer, basée sur la précipitation des phosphates par l'acétate d'urane ; le ferrocyanurc sert à indiquer la fin de la réaction. La technique du dosage exige plusieurs solutions :

1^ \]nG iicjueur contenant 50 grammes d'acide acétique et 100 grammes d'acétate de soude, par litre ;

2" Dissoudre 20 grammes d'oxyde d'urane dans une quantité suffisante d'acide acétique, diluer à 700 centimètres cubes et titrer cette liqueur avec une solution contenant, par litre, 10t^"-08o de phosphate disodique pur, PO^HNa*, 12H*0, non effleuri. Amener ensuite la liqueur uranée à un tel volume

que 1 centimètre cube de cette liqueur représente Ogi^jOOS d'anhydride phosphorique P'O^.

3® Une solution à 1/1 0<^ de ferrocyanure de potassium.

On prélève 50 centimètres cubes d'urine liltrée et on y ajoute o centimètres cubes de la solution d'acétate ; puis, dans le liquide bouillant, on fait tomber goutte à goutte la liqueur d'urane jusqu'à ce qu'une goutte, mise au contact d'une goutte de ferrocyanure déposée sur une assiette légèrement suifée, prenne une teinte brun chocolat. Si la liqueur uranique est au titre indiqué, il suffit de multiplier par 0,1 le nombre de centimètres cubes employés pour avoir, en grammes, la teneur d'un litre d'urine en anhydride phosphorique P'^0*.

Pour doser à part les phosphates terreux, on les précipite par l'ammoniaque, et, après douze heures de repos, on les recueille sur un filtre. On lave, on dissout dans l'acide acétique et on titre comme ci-dessus. Les résultats ne sont jamais très exacts, à cause de la présence de la magnésie, qui fausse les dosages. '

3^ Phosphore incomplètement oxydé. — Quand on a précipité par le sulfate de magnésie, le chlorhydrate d'ammoniaque et l'ammoniaque la totalité des phosphates de l'urine, il reste dans la liqueur filtrée des composés organiques du phosphore que les réactifs habituels ne précipitent pas. La présence de ce phosphore peut être mise en évidence, en évaporant l'urine débarrassée des phosphates et additionnée d*un excès de nitrate de potasse ; on incinère et reprend le résidu par l'eau et l'acide azotique ; en ajoutant du molybdate d'ammoniaque, on obtient, à chaud, un précipité jaune d'acide phospho-molybdique .

Ce phosphore incomplètement oxydé que l'action du nitrate de potasse, au rouge, a transformé en acide phosphorique, préexiste dans l'urine, à l'état organique, notamment sous forme d'acide glycéro-phosphorique ; à cet état, il résulte vraisemblablement de la décomposition des lécithines (Lépine). Le poids du phosphore organique ne dépasse pas 0g»',02, par vingtquatre heures.

A° Sulfates. — a. Origine. — Une partie seulement des sulfates urinaires préexiste dans les ingesta; l'autre provient de Toxydation du soufre des albumines de nos aliments et de nos tissus. A l>tat normal, l'aride sulfurique est neutralisé soit parles alcalis alimentaires (herbivores), soit par l'ammoniaque produite dans l'organisme aux dépens des matières protéiques (carnivores). Si les aliments ont été, au préalable, déminéralisés, lacide sulfurique qui se forme dans l'économie n'est plus saturé et la mort arrive plus rapidement qu'à la suite de l'inanition absolue. Dans ces circonstances, l'addition de bicarbonate de soude, mais non pas de chlorure de sodium, aux aliments déminéralisés, permet de prolonger la vie.

L'excrétion des sulfates s'élève à 2 grammes environ, par vingt-quatre heures ; elle est parallèle à celle de l'urée, la formation de ces deux dérivés aux dépens des albumines s'exagérant avec la désagrégation de celles-ci. Aussi, dans la fièvre, voyons-nous la phosphaturie marcher de pair avec l'azoturie.

b. Dosage, — 1/acide sulfurique se rencontre, dans l'urine, sous deux états : l'acide des sulfates métalliques ordinaires et celui qui est combiné aux corps aromatiques. Le premier se dose en acidulant 100 centimètres cubes d'urine par l'acide acétique ; on fait bouillir et on précipite par le chlorure de baryum. Le précipité est recueilli, lavé, séché, incinéré et pesé; on en déduit l'acide sulfurique des sulfates. L'acide combiné aux corps aromatiques est resté inaltéré dans le liquide filtré. On fait bouillir ce dernier avec 5 p. 100 d'acide çhlorhydrique, pour saponifier les éthers aromatiques ; l'acide sulfurique devenu libre se précipite grâce au chlorure de baryum en excès. Le nouveau précipité de sulfate barytique est recueilli, lavé et pesé, comme précédemment. Les sulfates phénoliques représentent 05»',20 environ de matière, par vingt- quatre heures.

5<> Soufre difficilement oxydable. — Quand on évapore 100 centimètres cubes d'urine avec 15 à 20 grammes dp nitrate de potasse pur, qu'on incinère le résidu et qu'on dose l'acide sulfurique total, on obtient un chiffre supérieur à la somme de l'acide libre et de l'acide combiné aux corps aromatiques.

La différence est due à la présence d'un corps organique sulfuré difficilement oxydable. C'est qu'en dehors de l'acide sulfurique combiné aux bases ou aux corps aromatiques, il existe encore, dans l'urine, des composés organiques sulfurés dont le soufre ne peut être transformé en acide sulfurique que par l'action des oxydants énergiques ; ce soufre difficilement oxydable a pour origines la taurine, la cystine et des composés sulfurés résultant de la désassimilation des matières protéiques. On peut démontrer la présence de ce soufre de la façon suivante. On fait bouillir l'urine avec de l'acide chlorhydrique, qui met en liberté l'acide sulfurique des combinaisons aromatiques : le chlorure de baryum précipite alors la totalité de l'acide sulfurique qui préexistait dans l'urine. Après séparation du sulfate de baryte, le liquide filtré, évaporé et incinéré au contact du nitrate de potasse, fournit une nouvelle quantité d'acide sulfurique.

Le soufre urinaire difficilement oxydable existe sous deux états : une partie est oxydée, à chaud, en présence du brome ; l'autre ne peut être transformée en acide sulfurique que par le nitrate de potasse, au rouge (Lépine). Cette dernière portion représente 08'*,03 de soufre, par vingt-quatre heures ; l'autre, celle que le brome oxyde, est environ dix fois plus forte et s'élève, par conséquent, à 0e^'*,50 environ. Dans l'ictère et au cours de la pneumonie, la proportion de soufre difficilement oxydable augmente ; elle dépasse même, dans certains cas, le soufre des sulfates.

Qo Ammoniaque. — a. Origine. — Le rein élimine, par vingtquatre heures, de 0g'',5 à Ogr,7 d'ammoniaque provenant de la destruction des albumines alimentaires et de la désassimilation des tissus. Cette proportion s'élève, sous l'influence de la fièvre; elle s'élève aussi dans le diabète.

b. Dosage. — Quand on veut doser l'ammoniaque, dans l'urine, voici comment il convient d'opérer. Dans une cloche en verre reposant sur le mercure, on dispose une capsule plate contenant 50 centimètres cubes d'urine, et, au-dessous, un vase à large surface dans lequel on a introduit un volume connu

d'acide suifurique décime-normai. A l'aide d'un tube à brome fixé dans la douille de la cloche, on îadi couler dans l'urine une lessive de potasse concenlrée ; toute l'ammoniaque se dégage à froid et se fixe sur l'acide. Après vingt-quatre heures, on titre celui-ci ; la perte d'acidité permet de calculer l'ammoniaque. Les peptones et les albumines faussent les résultats, en dégageant un peu d'ammoniaque.

7** Gaz. — L'urine renferme de 20 à 25 centimètres cubes de gaz, par litre. Ils sont formés de :

Acide carbonique, 65,40 p. 100

Oxygène 2,74 —

Azote 31,86 —

On ne connaît que très imparfaitement les variations des gaz de l'urine.

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