‹ Précis de chimie physiologique et pathologiqueChapitre 150 sur 173 · MODALITÉ DES RÉACTIONS CHIMIQUES · texte numérisé non relu

MODALITÉ DES RÉACTIONS CHIMIQUES

prendre sRissitôt une coloration intense (phénylène-diamine, résine de gaïac). Abelous et Biarnès ont démontré par cette méthode le pouvoir oxydant des tissus normaux, L. Hugounenq et Paviot celui de certaines variétés de tumeurs malignes.

Le mécanisme de ces oxydations est beaucoup plus difficile à saisir ; peut-être une part doit-elle être attribuée à des diastases oxydantes, comparables à la laccase de Bertrand et aux diastases oxydantes découvertes par Bourquelot dans les champignons. Mais, ce n'est là qu'une hypothèse. Les oxydations ont lieu presque toujours à même les cellules vivantes (Schmiedeberg) : il se produit alors, à basse température, des coïnbustions que nous sommes incapables de reproduire, m vitro, dans les mêmes conditions.

2^ Phénomènes d'hydratation. — C'est à Gautier que revient, sans conteste, le mérite d'avoir montré la réalité et l'importance des phénomènes d'hydratation, aussi bien que de la vie anaérobie des tissus. A la suite de Berthelot, il a fait voir qu'une part de l'énergie produite dans l'organisme provient de réactions chimiques où l'oxygène n'intervient pas ; il en a établi la preuve directe, en serrant de près le bilan des matériaux alimentaires et des produits excrémentitiels, tel qu'il est fourni par une expérience de Pettenkofer et Voit, puis indirectement en faisant ressortir le parallélisme qui existe entre les dédoublements de l'albumine dans les tissus et ceux qu'elle éprouve du fait des bactéries (Gautier et Etard) ou par l'action de l'eau en vase clos, en présence de la baryte (Schutzenberger). De part et d'autre, ce sont les mêmes acides amidés, l'hydrogène, l'acide carbonique, l'urée ou ses éléments. Gautier attribue aux phénomènes d'hydrolyse la première place dans la désagrégation des albumines et dans la genèse de l'urée, qu'il envisage, à bon droit, plutôt comme un dérivé d'hydratation que comme un produit des combustions internes.

Parmi les réactions qui se traduisent par une fixation d'eau, citons encore le dédoublement de l'amidon, du glycogène, de la saccharose et de la maltose, sous l'influence de plusieurs diastases déjà étudiées, celui des graisses, par l'action de la

diastase saponifiante récemment décrite par Hanrioï, la lipase. Or, aucune de ces hydratations ne s'effectue sans un dégagement notable de chaleur (Berthelot), d'où leur importance dans la thermogénèse animale.

30 Phénomènes de déshydratation et de réduction. —

On cite toujours, comme un exemple de ces procès, la synthèse, dans les cellules du rein, de Tacide hippurique, aux dépens du glycocoUe et de Tacide henzoïque. Cette synthèse, réalisée pour la première fois par Wôhler et bien étudiée depuis par Schmiedeberg et Bunge, se résume dans l'équation suivante :

Page 1