au 10* jour
lie au 15* — — ... 5,80
16« au 20« — — ... 5,30
21" au 25* — — ... 4,68
26« au 300 — ... 5^34
Dans une expérience de Voit, un chat qui, jusqu'au dixième jour, avait éliminé une quantité d'urée à peu près constante de 3 à 4 grammes, a excrété à partir du onzième et peu avant sa mort, jusqu'à 6 grammes et plus. En général, la mort arrive, quand l'organisme a perdu le tiers de son poids initial.
Abstraction faite de cette dernière période qui précède immédiatement la terminaison, l'économie maintient donc sa calorilîcation à peu près au même niveau, et elle y parvient eu détruisant ses tissus, au lieu de brûler ses aliments. Quand on rétablit l'alimentation, l'organisme commence, au contraire, par fixer des proportions élevées d'albumine, pour réédifier ses tissus ; les réserves graisseuses ne se reconstituent qu'après. Le rôle protecteur exercé par les graisses à l'encontre d'une désassimilation trop rapide des matériaux albuminoïdes doit donc assurer à priori aux sujets gras une résistance plus grande
qu'aux sujets maigres : c'est bien, eu effet, te que l'expérience vérifie.
a. Sucs digestifs, sang. — Les troubles des échanges nutritifs retentissent sur toutes les fonctions : les sucs digestifs (salive, sucs gastrique et pancréatique, bile) diminuent. L'estomac de Succi ne sécrétait plus de pepsine.
Le volume du sang est également diminué ; mais, Thémoglobine, élément essentiel, reste constante. Comme on l'a vu plus haut, la proportion de sucre du sang, après s'être maintenue constante, diminue : c'est le signal d'une chute marquée de la température. L'inanition n'entame pas, non plus, le cœur, les os, le système nerveux. Malgré sa détresse, l'organisme respecte la hiérarchie physiologique et attaque d'abord les graisses et les muscles.
b« Urine. — L'étude de l'urine fournit des renseignements précieux sur la destruction élective des tissus. Notons d'abord que le volume n'est pas diminué. La majeure partie de l'albumine s'élimine, comme à l'ordinaire, sous forme d'urée ; mais, l'inanition obligeant l'économie à détruire ses propres tissus et lui imposant l'autophagie, c'est-à-dire le régime carné, l'ammoniaque augmente, de môme que les acides phosphorique et sulfurique, qui proviennent de la désassimilation des albumines ; on observe également une augmentation de l'acidité globale. Quant à l'acide urique, il ne paraît pas affecté. Par contre, on voit s'éliminer des produits de régression qui n'apparaissent qu'à la suite d'une désagrégation profonde de la matière albuminoïde. Dès le premier jour de jeûne, Cetti avait d'énormes quantités d'acétone, comme on en trouve dans l'haleine et l'urine des typhiciues, pendant l'inanition de la période d'état. Kulz, Lorenz ont signalé la présence de l'acide acétyl-acétique et de l'acide p-oxybutyrique lévogyre, qui accompagnent si souvent l'acétone et ont la même origine que ce composé.
Les chlorures diminuent lentement, au fur et à mesure de la fonte des tissus ; comme les muscles sont atteints les premiers et qu'ils sont j^auvres en chlore, l'urine n'entraîne pas beaucoup de chloie. Le ra])port -A— qui, à l'état normal, est égal,
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en moyenne, à -^, peut descendre à~. Au contraire, la potasse qui est abondante dans le tissu musculaire, augmente dès le début. L'élimination des acides phosphorique et sulfurique reste naturellement parallèle à celle de Tazote, ces trois éléments ayant la même source : la désagrégation des matières protéiques. A la lin, quand 1(; tissu osseux est attacjué, Tacide phosphorique apparaît en quantité plus grande, en même temps que la chaux et la magnésie.
c. Héengraissement. — Dès que l'alimentation est rétablie, la période de réengraissement commence. L'organisme fixe énergiquement les albumines, les chlorures, la potasse et, en général, tous les éléments qu'il avait perdus ; il y a une véritable rétention de ces substances : l'urine s'appauvrit (Salkowsri). Ceci ne doit pas faire oublier que le rétablissement est fonction plutôt de l'activité vitale des cellules que des aliments qu'on leur fournit. Ce qui le prouve, c'est la facilité avec laquelle les typhiques récupèrent leurs tissus et leurs réserves, tandis que chez les syphilitiques, les tuberculeux et, en général, tous les malades frappés de déchéance vitale, cette récupération est beaucoup plus malaisée.
2^ Fièvre. — On s'exagère beaucoup l'augmentation des combustions internes de la fièvre. On peut observer de l'hyperthermie sans augmentation de la consommation d'oxygène (Senator) ; niais, c'est là un fait exceptionnel. En général, la fièvre provoque une surélévation de 10 à 23 p. 100 dans la consommation de l'énergie, cette énergie tout entière n'ayant alors d'autre origine que les emprunts faits aux réserves et aux tissus, pendant toute la durée de l'inanition à laquelle sont soumis les fiévreux.
L'exagération de la thermogénèse reconnaît pour causes deux facteurs. Le plus important de beaucoup relève de phénomènes secondaires, la suractivité mécanique du cœur et des mouvements respiratoires, qui sont pour plus de moitié dans la dépense excessive de l'énergie. Le second facteur n'est autre que l'exagération des combustions respiratoires due à la fièvre elle-même, c'est-à-dire à l'infection, à l'influence des toxines
sur le SA'stème nerveux central. Sans doute, certaines conditions physiologiques, le travail par exemple, provoquent, nous l'avons vu, une augmentation bien plus considérable de la consommation des calories ; mais, c'est lalimenlation qui en fait les frais et non les tissus. De plus, pendant l'inanition fébrile, ce sont les albumines qui sont désassimilées en premier lieu. Dépenses exagérées, ayant leur source, non pas dans l'énergie potentielle des aliments, mais dans les tissus de l'organisme ; dépenses empruntées, d'abord et surtout, aux albumines : telle est, en driix mots, la caractéristique des modifications apportées par la fièvre dans le cliimisme des échanges nutritifs.
a. Dèsansimilation des albumines. — La désassimilation des albumines est, chez le fiévreux, moins intense que n'est la destruction des hydrocarbonés chez l'homme qui fournit un travail moyen ; pourtant, elle peut s'élever jusqu'à 51,8 p. 100 au-dessus de la normale, d'après les expériences récentes de Richard May, ce qui ne veut pas dire, hâtons-nous de l'ajouter, que la calorification totale se soit élevée d'autant. Les albumines étant de médiocres producteurs de calories, il n'y a pas parallélisme entre leur «lésassimilation et la thermogénèse, considérée dans son ensemble.
La cause de l'hyperdésassimilation est d'abord, mais pour une faible part, l'élévation de température ; ensuite et surtout, l'action des toxines de l'infection fébrile qui, à l'instar du phosphore, sont des poisons du protoplasma et en désagrègent les matériaux albumineux. A l'inverse de ce qui se produit dans l'inanition ordinaire, c'est d'abord aux albumines que la fièvre s'attaque ; les réserves graisseuses ne viennent qu'après. C'est même à cause de cette destruclion élective des substances protéiques que l'exagération de la calorification doit d'être relativement restreinte.
b. Sang, sucs digestifs. — L'hémoglobine n'échappe pas plus que les autres albumines à cette destruction suractivée et presque exclusive des substances protéiques, qui caractérise la fièvre ; elle diminue dans le sang, tandis qu'un de ses produits de régression, l'urobiline, augmente dans les urines, forte-