‹ Précis de chimie physiologique et pathologiqueChapitre 155 sur 173 · FIÈVRE · texte numérisé non relu

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ment colorées de ce chef. Les acides provenant de la fonte albumineuse des tissus (acides p-oxybutyrique, pliosphorique, sulfurique) réduisent le taux de l'alcalinité du sang.

Les sucs digestifs sont modifiés : la salive diminoie, le suc gastrique est beaucoup moins riche en acide chlorhydrique (HiLDEBRANDT, Brieger). La bilc s'épaissit et se colore, grâce aux pigments provenant de la destruction de riiéuioglobine.

c. Urine, — Beaucoup d'eau s'éliminant par le poumon, dont le fonctionnement s'exagère, l'urine est peu abondante, colorée et concentrée. L'azote total y est augmenté, par suite dé l'hyperdestruction des albumines. Pour la même cause, l'ammoniaque, fixée par les acides provenant de cette désassimilation, ne se transforme pas en urée, comme à l'ordinaire, mais s'élimine en nature et en plus grande quantité qu'à l'état normal. L'augmentation de l'acide urique ne paraît démontrée que dans les maladies fébriles qui s'accompagnent de leucocytose (HoRBACzEwsRT, vox Jaksch). La fonte des muscles a pour conséquence une augmentation de la créatinine (Hofmann et ScHOTTEx). L'acide hippurique diminue, un de ses éléments constitutifs, l'acide benzoïque, n'étant plus introduit dans l'organisme par l'alimentation (Anrep).

Signalons encore la présence dans l'urine de l'albumine ellemême et, parmi les produits de désassimilation des albumines : l'acétone, les acides acétyl-acétique et p-oxybutyrique (ce dernier moins fréquent) ; des traces d'acides gras : formique, acétique, propionique (von Jaksch, Frerichs, Rokitansky) ; un peu d'acide lactique (Mixkowski) ; la nombreuse série des toxines découvertes par Brieger, Baumann et vo.\ Udransky, Léplne et GuÉRiN, ViLLiERs, Griffiths, Kern'v, Kobler, Wasser- MANx, Bouchard ; enfin, les corps, encore mal connus, qui donnent la diazoréaction d'EHRLicH. Cette réaction est de règle dans la fièvre typhoïde ; très fréquente dans la granulie, elle est plus rare dans la pneumonie, la scarlatine, la diphtérie, le rhumatisme articulaire aigu, l'érysipèle auxquels elle donne un cachet particulier de gravité (vox Noordex).

Redtexbacher et Rohmaxx ont signalé la rétention des chlo rures, au cours des maladies fébriles ; la cause n'en est pas

connue. La potasse, les acides sulfuri(iue et phosphorique augmentent, parallèlement à la fonte des albumines.

La destruction toxiiiue des tissus, l'inanition, l'autophagie et les pertes de substance qui en sont la conséquence, créent la nécessité d alimenter les malades, quand la fièvre se prolonge, avec précaution sans doute et en choisissant les aliments, mais plus largement peut-être qu'on ne le fait d'ordinaire.

3^ Diabète. — La pathogénie d'une variété de diabète a fait un grand pas, dans ces derniers temps : à la lumière des travaux de Kl'lz, Mlxkowski, von Meking, Lépine, Hédon, on a pu rattacher une forme clinique du diabète à des troubles fonctionnels du pancréas. Quand cette glande a été totalement oxtir])ée, le sucre apparaît dans l'urine ; si alors, on greffe sur un point quelconque de l'organisme, le pancréas enlevé, la glycosurie disparaît aussitôt. C'est donc une sécrétion interne du pancréas, qui, à l'état normal, empêche le sucre de s'éliminer par le rein ; cette sécrétion vient-elle à diminuer ou à faire défaut, une forme de diabète est constituée. D'après LÉPINE, l'agent actif de cette sécrétion serait un ferment particulier chargé d'assurer la destruction du sucre dans le sang; ce ferment, différent des ferments oxydants signalés dans les tissus par divers auteurs, est placé sous l'influence des éléments figurés du sang, spécialement des globules blancs.

Quelle que soit la physiologie pathologique de la maladie, le diabétique brûle incomplètement le sucre, et si la glycosurie atteint chez lui 100 grammes par vingt-quatre heures, ce qui n'est pas rare, la perte d'éûergie s'élève à 100 x 4,1 =410 Calories ; elle peut dépasser 800 Calories et plus. Il n'est pas vrai toutefois que les échanges nutritifs, dans l'ensemble, soient diminués ; Leo a démontré qu'ils restent constants. Le diabétique, en effet, supplée à la perte d'énergie qu'entraîne l'élimination du glucose, par la destruction d'une proportion considérable de matériaux albuminoïdes empruntés à ses tissus ; la dépense est telle que si on n'exagère pas l'alimentation azotée, l'équilibre ne peut s'établir. Polyphagie, autophagie, tels sont les

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