DIABÈTE
termes qui résument le mieux les mutations des matières azotées, dans le diabète. Chez la plupart des malades, cette substitution physiologique de l'albumine au sucre, dans les combustions productrices d'énergie, permet de conserver longtemps Téquilibre de l'apport et de la dépense, et le sujet se maintient. Dans certaines formes graves, probablement sous des influences toxiques, la désintégration des albumines est si intense que tous les moyens restent impuissants; l'économie est encombrée par les déchets de cette désorganisation : c'est la toxhémie, le coma et la mort.
L'impuissance de l'économie à détruire le sucre dépend d'un grand nombre de facteurs et subit de grandes variations, suivant l'état du sujet, la nature et le degré de l'afiTection, le sucre qu'il s'agit de détruire. Sans parler des causes, certainement multiples, de diverses variétés cliniques du diabète, rappelons qu'on provoque une glycosurie temporaire par l'administration en une seule fois de 100 à 200 grammes de glucose (glycosurie alimentaire). De nombreux poisons (oxyde de carbone, curare, strychnine, nitrite d'amyle), l'administration de la phloridzine (von Mering), des lésions nerveuses (piqûres de Cl. Bernard), l'ablation totale du pancréas (Mtnkowskt et von Mering), la disparition du ferment glycolytique (Lépine et Barral) sont autant de causes qui provoquent une glycosurie de durée et d'intensité variables, depuis la glycosurie alimentaire jusqu'au diabète grave, résistant à la suppression complète des hydrocarbonés de l'alimentation.
Tous les sucres ne se comportent pas de la même façon, dans l'organisme du diabétique. La plupart (glucose, sucre de canne, lactose, etc.) passent à travers le rein ; la lévulose, l'inuline sont brûlées par beaucoup de malades, mais non par tous. Cependant, tous les hydrocarbonés sans exception contribuent à augmenter la glycosurie. Il n'en est pas de même des graisses.
L'organisme, dans les cas les plus graves, ne perd jamais complètement le pouvoir de détruire le sucre : une partie du sucre ingéré est toujours brûlée. Par contre, beaucoup de diabétiques continuent à éliminer du sucre, quand leur régime
n'en comporte pas trace : le sucre provient alors de la destruction des albumines.
Le travail musculaire diminue la glycosurie ; certaines maladies infectieuses aiguës peuvent la faire disparaître, au moins provisoirement.
Enfm, dans certains cas, le sucre, au lieu de s'éliminer par le rein, s'écoule dans les réserves adipeuses, sous forme de graisse : c'est le diabète gras.
a. Sang. — La composition du sang est soumise à des variations importantes. î^ densité s'élève habituellement (1060 au lieu de 1056), mais non toujours (Leichtenster.n). La proportion de glucose est augmentée : de Os'',5, chiffre normal, elle s'élève à 1 ou 2 grammes et plus, par litre. Les déchets acides déversés dans le sang par la désintégration des albumines, en abaissent l'alcalinité (Wolpe, Mixkowski, Lépine, Hugol.xenq, Roque et Devic, von Jaksch). Dans le coma diabétique, c'est par vingtaines de grammes que l'acide p-oxybutyrique arrive dans le torrent circulatoire, avec l'acide acétylacétique, l'acétone et quelquefois d'autres acides encore indéterminés (Kulz et Minkowski, Hugouneno). On a voulu faire jouer un rôle à ces résidus, dans l'étiologie du coma diabétique (Sfadelmann) ; mais, aucune expérience ne confirme cette théorie, les acides énumérés plus haut n'étant pas toxiques.
b. Urine. — L'urologie du diabète a été naturellement très étudiée ; elle est bien connue. Le volume de l'urine augmente considérablement et peut monter à 10 litres ; malgré cela, la densité s'élève. L'excrétion de l'azote total monte à 30 et 40 grammes par jour, c'est-à-dire à plus du double de l'éUmination normale. Une notable partie de l'azote, fixée dans l'organisme par les déchets acides des albumines, s'élimine à l'état d'ammoniaque : c'est ainsi qu'on a trouvé, chez des diabétiques comateux, jusqu'à 17 p. 100 de l'azote total à l'état d'ammoniaque (vox Noohden). L'augmentation de l'ammoniaque est, dans le diabète, d'un pronostic défavorable. On a noté une légère augmentation de la créatinine, due à l'autophagie. L'acide uriquo n'est pas modifié. L'albuminurie est très fréquente, le rein étant rarement intact, dans le diabète. Citons