‹ Précis de chimie physiologique et pathologiqueChapitre 158 sur 173 · GOUTTE · texte numérisé non relu

GOUTTE

la méthode de Heiutz (précipitation directe de Turine, à l'aide de l'acide chlorhydrique) sont radicalement fausses et doivent être rejetées sans examen. Or, c'est le cas de toutes les analyses, jusqu'à ces derniers temps.

"a. Dyscrasie urique ? — Il n'est pas du tout démontré qu'il existe le moindre rapport entre la goutte et l'acide urique, malgré les assertions de Garrod, Lécorceé et autres auteurs; il est probable même que ces rapports, généralement admis cependant, n'existent pas : la goutte n'est pas une dyscrasie uratique. Tout ce que l'on sait sur les mutations des matériaux azotés, chez les goutteux, se résume en une expérience dans laquelle VoGEL a constaté de grandes variations dans les échanges azotés, avec une tendance à la rétention des déchets. Mais, VoGEL n'est pas certain, il l'a reconnu lui-même, que cette rétention ne doive pas être attribuée à un léger degré de néphrite. Le sang des goutteux semble, il est vrai, plus riche en acide urique que le sang normal (Os**, 025 à 0g»*,175 par litre, d'après Garrod), et on sait que les sérosités goutteuses, acidifiées par l'acide acétique, laissent déposer sur un fd de soie des cristaux d'acide urique. Mais, il n'y a là rien de spécifique : on a constaté la même accumulation dans le saturnisme et l'emphysème ; l'uricémie existe également chez les néphrétiques, quelquefois même dans l'anémie. L'alcalinité du sang, qui a fait l'objet de tant de controverses, semble bien décidément augmentée (Drouin).

Un seul fait bien établi plaide en faveur des théories classiques : c'est la formation fréquente, autour des articulations, de ces dépôts tophacés, quelquefois très considérables, où l'acide urique domine, et dont Wollaston publiait, il y a un siècle, en 1797, la première analyse :

Acide urique 59,7 p. 100

Matière organique 27,88 —

Soude (Na*0) 9,30 —

Potasse (K*0) 2,95 —

Chaux (CaO) 0,17 —

P20t), MgO, Fe traces

Il faut remarquer toutefois que beaucoup de goutteux authen-

tiques ne présentent jamais de tophus ; enfin, rien ne prouve, quand les dépôts péri -articulaires se produisent, qu'il ne s*agit pas d'un phénomène tout à fait secondaire, comparable à Fincrustation calcaire des tubercules, assez banale, comme on sait. Peut-être n'y a-t-il pas plus de relation entre lacide urique et la goutte qu'il n'y en a entre la chaux et la tuberculose.

Du reste, l'acide urique ayant pour origine probable les noyaux d«»s leucocytes, on ne voit pas bien le rapport qui rattacherait res derniers aux manifestations de la goutte.

b. Urine. — L'urine des goutteux, pendant l'accès, est dense, rolorée et chargée de pigments et d'urates, comme à la suite de tout mouvement fébrile. Mai* la quantité absolue (Tacide urique n'y est pas augmentée ; elle est tout à fait normale. Il en est de même de lammoniaque, de l'urée et de l'acide phosphorique.

6° Cancer. — L'état de misère physiologique des cancéreux se mesure à l'abaissement considérable de leurs combustions respiratoires, qui ne donnent plus que 1 200 et peuvent même descendre jusqu'à 300 Calories par vingt-quatre heures, au lieu de 2500 (chifTre normal). Cependant, il est possible de réagir contre cette désagrégation cellulaire et quelquefois même, par une alimentation riche, de gagner du poids.

a. Désassimilation. — La désassimilation azotée est très intense dans la majorité des cas, mais non pas dans tous ; la plupart du temps, on a beau augmenter l'azote des ingesta, celui des excréta est en surplus ; il y a rupture par déficit de l'équilibre azoté. Cette déperdition d'azote, qui provient peut-être d'un poison destructeur du protoplasma, fabriqué par le néoplasme, peut être enrayée, pendant un certain temps, par un régime très riche en hydrates de carbone. Mais, à la fin, rien n'arrête plus la débâcle des tissus : l'organisme est envahi par l'acétone, les acides acétylacétique, ^-oxybutyrique, les déchets si souvent cités de la désagrégation des albumines. On observe, dans cer^ tains cas, assez rares, il est vrai, des symptômes comateux dont l'origine n'est peut-être pas sans analogie avec celle du coma diabétique (Muller, Klemperer, G^rtig, von Noorobn)»

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