‹ Précis de chimie physiologique et pathologiqueChapitre 159 sur 173 · MALADIES DU FOIE · texte numérisé non relu

MALADIES DU FOIE

b. Urine. — L'urine reproduit fidèlement tous ces troubles nutritifs. L'azote total augmente ; au contraire, le rapport de Furée à l'azote total faiblit, à cause d'un excédent d'ammoniaque et de matières extractives. La leucocytose, qui accompagne souvent le cancer, a pour conséquence une augmentation de l'acide urique. Le taux de l'urobiline et celui des corps aromatiques s'élève. L'albumine et les albumoses apparaissent (ulcération, pus), en même temps que l'acétone, les acides acétylacé tique et p-oxybutyrique ; l'acide lactique est plus rare. Le chlore diminue beaucoup, comme toujours, à la suite d'une alimentation insuffisante. L'excrétion des acides sulfurique et phosphorique est exagérée, parallèlement à celle des déchets azotés.

c. Sucs digestifs^ sang, — Le cancer, même quand il a son siège ailleurs qu'à l'estomac, retentit sur la composition du suc gastrique : l'acide chlorhydrique subit une diminution notable ; on observe même l'anachlorhydrie absolue, dans le cancer du pylore. Par voie de conséquence, les putréfactions intestinales sont plus actives qu'à l'état normal.

Le sang s'appauvrit en globules et en hémoglobine ; les leU' cocytes y sont plus nombreux ; les produits acides du déchet des albumines diminuent l'hémo-alcalinité ; quelques auteurs ont signalé une augmentation du sucre. D'après Klemperer, le poison destructeur des albumines du protoplasma circulerait dans le sang.

7® Maladies du foie. — Elles provoquent des troubles divers dans les échanges nutritifs.

a. Ictère, — Dans l'ictère, les graisses s'absorbent mal; elles enrobent une partie des matières albuminoïdes et les soustraient à l'absorption, créant ainsi des conditions défavorables à l'alimentation. Dans le foie, les acides biliaires et le glycogène diminuent; l'urobiline augmente, dans les urines, ainsi que le soufre inoxydable (Lépine), lequel provient peut-être indirectement de la taurine.

b. Cirrhose, — La cirrhose provoque une augmentation considérable de l'ammoniaque urinaire, qui s'élève à 2 et 3 grammes

04 MLTATiOXS DE MATIERES

par jour. L'hypersécrétion d'acide urique est assez généralement admise. Quant à l'abaissement du taux normal de la glycosurie alimentaire, il a été affirmé par Bouchard et Lépixe. contesté par von Noorde.n, Frerichs, Quixcile et Vulpiax.

c. Atrophie aiguë. — Ce qui caractérise l'atrophie aiguë du foie, c'est une désassimilation intense des matériaux albuminoïdes. L'urée cependant diminue, dans Turine, au point de dit»paraître à peu près complètement, comme la \'u Fherichs. L'azote s'élimine sous daulres formes : ammoniaque, corps xanthiques, substances qui ne se rencontrent pas dans l'urine normale, ou seulement à l'état de traces, telles que la leucine et la tyrosine iSchlltzex, Riess;. On trouve également, dans l'urine, de l'acide lactique, des acides aromatiques, des pigments et des acides biliaires. Le foie n'exerçant plus qu'incomplètement son action antitoxique, la toxicité urinaire augmente (Boucha BU, Diprk, Rendu, Charrin, Surmont).

8** Maladies de l'appareil respiratoire. — Elles peuvent affecter les échanges gazeux, puis la désassimilation des matières albuminoïdes, et, par là, retentir sur la composition du sang et celle des urines.

a. Conséquences chimiques de la compensation. — Les troubles circulatoires non compensés et accompagnés de cyanose ne sont pas suivis nécessairement d'une modification de l'absorption d'oxygène : la circulation étant ralentie, celui-ci est mieux utilisé ; l'intensité des oxydations ne s'en ressent pas . Mais, à la longue, ce peut être l'origine de troubles profonds, dans la vie des cellules.

Quand les troubles de la circulation sont compensés, le cœur et les muscles respiratoires fournissent un surcroît de travail, qui se traduit naturellement par une augmentation de l'oxygène absorbé et de la chaleur produite. Comme les besoins d'oxygène de la cellule règlent la respiration, si, par suite d'un obstacle quelconque, un bouchon bronchique par exemple, l'air n'a pas accès dans un segment pulmonaire, le sang, plus riche en acide carbonique, excite les centres respiratoires : la circulation et la respiration s'accélèrent, et alors, la ventilation étant sur-

Page 1