MALADIES DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE
activée, l'air expiré est plus riche en oxygène, plus pauvre en acide carbonique (Geppert et Fr^nkel). Par contre, à cause de la rapidité de son passage à travers le poumon, le sang est plus riche en acide carbonique et plus, pauvre en oxygène ; l'hémoglobine se réduit plus vite et plus complètement, comme on peut s'en convaincre à l'aide de l'appareil d'HÉxocQUE. Grâce à cette compensation due à la suractivité fonctionnelle du poumon et du cœur, la consommation d'oxygène, dans les tissus, reste constante et l'asphyxie est écartée. Ainsi, la- quantité normale d'acide carbonique exhalé, par kilogramme et par heure, variant de Ogi',487 à Og',633, dans les conditions physiologiques moyennes, Môller a trouvé les chiffres suivants, chez divers malades atteints d'affections thoraciques :
Epanchement pleurétique 0g'",532
— — après guérison. . 0g%482
Pleurésie . . 0^,622
Emphysème 0&'',450
Tuberculose Ogr,543-0gf,612
b. Désassimilation. — Quand la dyspnée est intense, la désassimilation des albumines augmente, sans qu'on en puisse préciser la cause ; peut-être s'agit-il d'une fonte des tissus, d'origine toxique (Klemperer). Du reste, l'intérêt de ce fait est d'ordre plutôt expérimental que clinique ; car, il vient à rencontre de la théorie qui considère les réactions oxydantes comme étant celles qui, dans l'économie, réalisent la destruction des substances albuminoïdes. Chez l'homme, apparaissent quelquefois dans l'urine : des acides lactique et oxalique, un excès d'urobiline, du sucre (Dastre), produits considérés, ppur la plupart, comme les résidus d'une combustion incomplète des corps ternaires ; toutefois, leur présence n'est pas constante (Lœwy). La production des toxines semble subir des variations : suractivée dans l'hypertrophie du cœur, elle serait diminuée chez les malades menacés d'asystolie (Ducamp).
La composition du sang est peu modifiée : l'alcalinité baisse, et le plasma est parfois coloré par un peu de bilirubine formée dans le foie à la suite de la destruction exagérée de l'hémoglobine. Ces modifications sont sans importance.
9^ Maladies du sang. — La chimie pathologique du sang n'est pas anssi avancée qu'on pourrait le croire. Les maladies du sang ne provoquent pas de modifications notables dans la composition des humeurs, ou du moins, si ces modifications se produisent, l'organisme réagit pour rétablir l'équilibre.
a. Anémie, — Contrairement aux prévisions, les oxydations ne so|it pas diminuées, dans Tanémie : la consommation de Toxygëne, Texcrétion de Tacide carbonique restent au même niveau. Bohland et Geppebt ont même trouvé une légère augmentation : 4^,3 et 6*^,8 d'oxygène absorbé, par minute et par kilogramme de poids vif, pour 3<*,3 et 5<^,8 d'acide car bonique exhalé, dans les mêmes conditions, les chiffres normaux étant de ^,81 pour les deux gaz. Il n'est pas douteux que l'activité glus grande du cœur et du poumon compense la diminution de l'hémoglobine. On trouvera dans le chapitre consacré au sang, les modifications pathologiques éprouvées par ce liquide, dans l'anémie, la leucocythémie et les autres maladies hématiques. Quant aux troubles digestifs, ils se traduisent par une diminution dans l'absorption des graisses. On sait que BuNGE attribue à des troubles digestifs l'origine de la chlorose : pour lui, le chimisme intestinal des chlorotiques aboutit à là production de l'hydrogène sulfuré, qui détruit les substances organiques ferrugineuses, seuls agents capables d'assurer l'absorption du fer par l'économie. Quant aux préparations ferrugineuses, elles n'agiraient qu'en fixant l'hydrogène sulfuré et protégeant le fer organique contre toute destruction.
L'urine n'est pas sensiblement modifiée dans l'anémie.
b. Anémie pernicieuse. — On ne sait presque rien des troubles apportés par l'anémie pernicieuse aux mutations de matières. La désassimilation des matériaux azotés varie peu ; l'acide urique augmente légèrement. Les urines renferment quelquefois de Talbumose et de petites masses cristallines qui ressemblent beaucoup à la leucine, mais en diffèrent cependant; on y a signalé l'acide acétylacétique et les acides gras inférieurs ; la présence de l'acide lactique est très douteuse.
c. Leucocythémie, — Les troubles que la leucocythémie provoque dans la composition du sang retentissent sans aucun