TOXINES MICROBIENNES
du chlorure d'iode ou de l'iode libre. En général, ces toxines protéiques paraissent moins azotées que les peptones. A l'instar des diastases, les toxines albumineuses sont précipitées de leurs solutions aqueuses par l'alcool, le phosphate de chaux, les solutions alcooliques d'acide stéarique, l'acétate de plomb, le phosphate d'urane, etc.
Malgré les observations de Charrix, de Guinochet et d'Oui- CHiNSftY, il n'est pas démontré que des toxines vraiment albumineuses puissent se former à même des corps cristallins azotés, en dehors de l'intervention de toute trace d'albumine préexistante dans le riiilieu de culture ; toutefois, c'est là une probabilité très grande.
3^ Actions chimiques des microbes. — Seuls, les microbes les plus importants trouveront place dans cet exposé. On verra, du reste, que leur histoire chimique est encore fort incomplète K
a. Pneumocoque de Talamon-Frœnkel — Ce microbe (Diplococcus pneumoniœ) est un agent actif de la fermentation des hydrocarbonés : glucose, saccharose, lactose, maltose, raffinose, dextrine, dulcite, mannite, glycérine, xylose, arabinose (CiRiMBERT,. Franrlaxd). On obtient de l'alcool éthylique, quelquefois mélangé de traces d'alcools supérieurs, un peu d'acides gras (formique, acétique, propionique) et de l'acide succinique. Avec la dulcite et la dextrine il se produit de l'acide succinique sans acide lactique ; la mannite et tous les autres sucres donnent de l'acide succinique et de l'acide lactique gauche ; l'arabinose ne fournit pas d'acide succinique (Grimbert). Certaines variétés de pneumocoque ne font fermenter ni la glycérine, ni la dulcite (Franrland).
On a signalé, dans les produits de culture du pneumocoque, des toxines basiques qui seraient immunisantes (Bonardi). Mais, d'après Buchner, le principal agent toxique est une matière albu-
' Les figures de ce chapitre ont, pour la plupart, été empruntées à un volume de cette bibliothèque, la Bactérioloffie pratique de J. CouRMONT (Paris, Doin, 1897).
minoide, incnagulable pur la cliiikur ou par ralcool, snluble dans l'eau et les alcalis dilufs, |tri'cipilable par le sulfate de
PneuiiioC(ii]ups (d'après J. Colbuom;.
Crachat de pi.cunioiiiquc.
magnésie, les sels de plomb et i\v cuivre, le tannin, et l'acide picrique.
b. Bacille lie la tttbereutose. — l'anni les composas chimiques ■Tabriqués par cette bartéric, il n'y a puèru que la tubeiculine qui art été étudiée.
La tuberculine de H, Kucu est un |)uison qui, d'après von HovsiA.NM, préexisterait dans le corps des bacilles. On la prépare, en évaporant au dixif'mi' une cuHure du bariltes tuberculeux dans du bouillon de veau, glycérine à i p. ino et peptoné à 1 p. 100. Tel est, du moins, le produit brui, destiné à l'usage thérapeutique ; on en a fait l'analyse par le procédé suivant. Le produit, mtré sur bougie, est addilionné d'une fois et demie son volume d'alcool absolu. Après vingt-quatre heures de conlact, on lillre et addilionné le liquide de son volume d'alcool
BACILLE DE l^ TUBERCULOSE 379
à 60» centésimaux; on recueille le dépôt; la liqueur mère additionnée d'une nouvelle quantité d'alcool à 60° abandonne un second précipité et même un troisième. On recueille tous ces produits insolubles, on les dissout dans l'eau, puis on obtient par addition d'alcool un premier précipité qu'on rejette, La liqueur, filtrée et additionnée d'alcool à 60°, donne alors la
Fig. »9.
Bacilles de la tuberculose (d'après J. Coubuont).
f rijursiion de crachali tubercuLeui colorés par la mélhoilc de ZUilil.
tubercnline impure ; on la puritie, en la lavant à l'alcool absolu, la dissolvant dans l'eau, la reprécipitant par l'alcool et renouvelant plusieurs fois ce traitement (Brieger et PnosKAUEn). ' La tubercuiine est un produit blanc, soluble dans l'eau et dans l'alcool à 60", altérable à la longue, bien qu'elle résiste pendant quelques minutes à une température de 115°. Le chlorure de sodium, en petite quantité, la précipite. Malgré
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les purifications qui viennent d'être indiquées, la tuberculine contient une énorme quantité de cendres (16 à 20 p. 100) où prédomine l'acide phosphorique ; une partie du phosphore paraît engagée dans la molécule. A des doses très minimes, la tuberculine provoque chez les tuberculeux un accès fébrile pathognomonique, d'après Kogh, inconstant et non spécifique, d'après Arloing, Rodet et Courmont. La tuberculine est un agent thérapeutique dangereux et complètement abandonné.
Tout dernièrement, R. Kogh a décrit le prpcédé de préparation d'une nouvelle tuberculine qu'il obtient de la façon suivante. On dessèche les cultures pures et virulentes de bacilles tuberculeux ; le résidu est trituré dans un mortier d'agate au contact de l'eau distillée. La masse est soumise à la centrifu. gation ; on décante la couche liquide supérieure, qui a des propriétés très voisines de l'ancienne tuberculine et qui, par conséquent, n'a pas d'emploi en thérapeutique. Le sédiment est trituré de nouveau, on ajoute de l'eau, centrifuge encore et décante le liquide; on réitère cette opération jusqu'à ce que tout le sédiment soit nettement broyé et dissous. On obtient ainsi des liqueurs transparentes ou translucides qui tiennent en solution les éléments chimiques du corps des bacilles : c'est la nouvelle tuberculine.
Elle est fort active : on l'emploie en injections sous la peau du dos, en commençant par des dilutions à 1/500*^ de milligramme, dilutions qu'on obtient, en dissolvant 1 centimètre cube de tuberculine dans 500 centimètres cubes d'une solution physiologique (0,6 p. 100) de sel marin stérilisée. La tuberculine présente, d'après R. Kogh, des propriétés immunisantes et thérapeutiques des plus marquées. Quand la maladie est traitée au début, on obtient peu à peu la disparition des bacilles des crachats, la rétrocession progressive des signes stéthoscopiques, bref, une amélioration qui, dans certains cas, paraît évoluer vers une guérison véritable.
Plusieurs autres poisons ont été retirés des cultures du bacille tuberculeux : une nucléo-albumine riche en phosphore et soluble dans la soude (Weyl), d'autres toxines encore, mais mal définies et peu connues (Hueppe et Sgholl, Hunter).