‹ Précis de chimie physiologique et pathologiqueChapitre 167 sur 173 · BACILLE DU TÉTANOS · texte numérisé non relu

BACILLE DU TÉTANOS

c. Bacille du létanos, — Le bacille de Nicolaier {B. tetani) est un anaérobie qui semble être un ferment butyrique du glucose. Ses cultures présentent une odeur sui generis, facilement

Fier

Bacilles du tétanos, en bouillon.

Quelques spores se sont détachées des bacilles. (Gross. = 1000 D.)

reconnaissable. Il pousse bien, à l'abri de l'air, dans le bouillon de veau peptonisé.

Brieger avait autrefois isolé des cultures du tétanos plusieurs poisons alcaloïdiques tétanisants : la télanine G^^H'^Az^OS à chlorhydrate déliquescent, la tétanotoxineC^H^^ Az, base liquide, bouillant vers 100° et peut être identique avec la pentaméthylène-diamine, la spasmotoxine et, enfin, un quatrième poison alcaloïdique. Malheureusement, les cultures n'étaient pas pures, ce qui enlève à ces recherches toute leur portée.

Du reste, même en admettant qu'il s'agisse de produits de sécrétion du bacille de Nicolaier, ces alcaloïdes n'ont qu'un rôle secondaire ; le vrai poison, entrevu par Knud Faber, TizzoNi et Catam, a été bien étudié par Vaillard et Vincent!

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C'est une substance de nature albnmineuse, soluble, amorphe, brunâtre, qu'on peut précipiter des bouillons de culture par un grand nombre d'agents (alcool, sulfate d'ammoniaque, alumine, phosphate de chaux, acide stéarique, etc. i. Brie<;er recommande l'emploi de l'acétate neutre de plomb à 5 p. 100 ; le précipité est ensuite agité avec un excès de sulfate de soude; on filtre et dialyse ; le poison reste sur le septum du dialyse ur. Une température de 65", l'action de l'air et de la lumière font disparaître Faclivité de celle toxine, dont la puissance est extraordinaire : 2 à 3 dix-raillièmes de milligramme suffisent pour tuer une souris. La toxine tétanique peut donner la mort à plus de 100 millions de fois son poids de matière vivante. Pour Courmont et Doyon, cette substance, malgré son énergie, n'agirait pas directement : à la manière d'une zymase, elle provoquerait, dans l'économie, des fermentations qui, à leur tour, et par un processus secondaire, amèneraient le tétanos.

L'iode, le permanganate de potasse modifient la toxine de Va ILLARD et Vlnce.xt ; c'est le point de départ d'une méthode d'immunisation dont nous n'avons pas à parler ici (Beurlxg

et KlTASATOj.

d. Bacille de Ui diphténe. — C'est un anaérobie facultatif qui ne se développe pas ou ne pousse que très mal dans le liquide d'Outchinsky.

De ses cultures dans le bouillon de veau pcptonisé. Roux et Yersin ont extrait une toxine, en évaporant dans le vide le liquide filtré à la bougie ; on reprend par l'alcool qui enlève une substance cristalline inactive et laisse le poison. Ce mode de préparation ne fournit qu'une toxine partiellement altérée. Tout récemment, Brieger a proposé de précipiter la toxine de la diphtérie, comme celle du tétanos, par l'acétate neutre de plomb ; on décompose le précipité par le sulfate de soude et on obtient une solution aqueuse d'où l'excès de sulfate de soude ne peut être éliminé par dialyse. La toxine diphtéritique est, en eflet, dialysable, elle aussi ; ce n'est donc pas une albumine, du moins une albumine vraie. A l'état, certainement impur, où on l'obtient, elle constitue des flocons grisâtres,

Bx\CILLE DE LA DIPHTERIE

solubles dans l'eau, insolubles dans Talcool ; elle ne paraît pas douée de propriétés diastasiques. Son action sur Torga-

Fig. 101.

Bacilles dé la diphtérie (d'après J. Courmont).

Culture de 24 heures.

nisme est des plus énergiques (dyspnée, diarrhée, tremblements, épanchementsdans les séreuses). Toutes ces propriétés disparaissent par chauffage prolongé de la tc^ine, vers 60^; les acides atténuent ou détruisent la substance active ; il en est de même du trichlorure d'iode, qui a été utilisé pour l'immunisation (Roux et Martin).

Indépendamment de la toxine principale qui vient d'être étudiée, on a extrait des cultures du bacille de Lôliler, aussi bien que de l'urine des diphtéritiques, une toxine alcaloïdique, en C14Hi2 AzW.

e. Bacille du choléra. — Le komma-bacille (Spirilhim cholerœ) est, pour les uns, un aérobie strict, pour d'autres, un anaérobio facultatif. Il paraît, du reste, former des variétés nombreuses qui toutes se développent bien dans les milieux habituels.

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Vis-à-vis du sucre, le komma-hacille est un ferment lœvolactique ; en outre, il produit, en même temps que Tacide lactique gauche, une petite quanlité d'acides gras (acétique,

Fig. 102.

Vibrions cholériques (d'après J. Courmont).

Culture on eau i)0|ilon(^e.

butyrique et isopropyl-acétique), de Talcool, de Taldéhyde, de Tacétone et très peu (facide carbonique (Gosio). Dans les milieux peptonés, lesquels contiennent ou produisent d'une façon constante, au cours des fermentations, des traces de nitrates, le choléra fournit des nitrites, et comme il donne simultanément un peu d'indol, il suffît d'additionner le liquide de culture de quelques gouttes d'acide sulfurique ou chlorhydrique, pour voir apparaître la coloration rose violacée ou rouge du nitroso-indol : c'est le rouge du choléra {Choleraroth, des Allemands). Cette réaction a été regardée, bien à tort, comme spécifique ; en réalité, elle est commune à d'autres bactéries et n'est même pas constante, pour le choléra lui-même, dans les milieux anaérobies, non peptonisés ou contenant des sucres fermentescibles.

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