BACILLE DU CHOLÉRA
LuNREwiTSGH a moiitré que la réaction des nitrites cI'Ilosway était la meilleure, pour difTérencier des autres komma-bacilles et même du bacille de Finkler-Prior, le vibriou cholérique et celui de MetschnikofT. Voici quelques renseignements sur la réaction d'Ilosway. On conserve à part, en flacons bouchés : 1° iO centigrammes de naphtylamine dans 20 grammes d'eau distillée ; 2<> 50 centigrammes d'acide sulfanilique et 150 grammes d'acide acétique dilué. On mélange à parties égales les deux liqueurs et on ajoute le bouillon à examiner, dans la proportion de 1/5® du volume total du réactif. A froid, une coloration rouge se produit rapidement, s'il y a des nitrites dans la culture.
Les cultures du komma-bacille ont fourni un très grand nombre de toxines, sans que la chimie du choléra en soit beaucoup plus avancée. Nous nous bornerons à donner les principaux résultats. Aucun travail n'ayant apporté de solution satisfaisante, la question reste très confuse. Winter et Lksage isolent, d'abord, des cultures du choléra, des extraits alcooliques ou des ptomaines mal définies, mais très toxiques. Brieger et Fr.enrel se prononcent ensuite pour une toxalbumine, ScHOLLpour une toxo-globuline et une toxo-peptone, Out- CHLXSKY pour un poison diastasique qui prendrait naissance en l'absence des albumines. D'une culture en peptone. Pétri retire : de la tyrosine, de la leucine, de l'indol, des acides gras, des bases vénéneuses et une toxo-peptone peu active. Sanarelli a extrait des cultures du vibrion cholérigène une substance qui manifeste une action toxique, quand on l'administre par la voie intestinale. Wesbrook, en utilisant divers milieux de culture (alcali-albumine de Sydney-Martin, œufs frais, peptones, liquide d'Outschinsky), a préparé une alcali-albumine, des albumoses et diverses matières protéiques. Gamaleia considère les toxines comme faisant partie intégrante des corps vibrioniens et comme étant constituées par des nucléo-albumines ; celles-ci, qui provoquent les symptômes typiques du choléra, se dédoubleraient facilement, en donnant plusieurs poisons, lesquels ne seraient autres que ceux qui ont été isolés par les divers auteurs.
Rappelons que Pouchet avait déjà, avant ces recherches,
586 CHIMISME MICROBIEN
extrait des fèces d'un cholérique une base huileuse, très réductrice, provoquant chez l'homme des nausées, de l'embarras gastrique, une sensation de froid. Ce composé paraît se retrouver dans les bouillons de culture. Villiers, de son côté, avait isolé du contenu intestinal de deux cholériques, une base à odeur d'aubépine. On doit à Nicati et Rietsch des constatations ana-
Fig. 103.
Bacille d'Eberth (d'après J. Courmont).
Culture de 24 heures, en bouillon. La préparation montre, en outre, des globules
sanguins plus ou moins altérés.
logues. Brieger avait signalé dans les cultures du kommabacille la présence de la méthyl-guanidine C^H^Az', substance cristalline, caustique et convulsi vante , celle de l'éthylènediamine G'^H^Az'^, et d'un troisième principe alcalin non défini auquel il faut, semble-t-il, reporter la cause des symptômes les plus caractéristiques de l'infection cholérique : la diarrhée, Talgidité, la paralysie.
f. Bacille cVEherlh et Dacillus coli communis. — L'histoire de ces deux microbes ne peut pas être séparée; on.les étudie