ALIMENTS DE JOUISSANCE
On peut affirmer à priori la supériorité du rîz sur la pomme de terre, dans l'alimentation des brightiques.
§ 4. — Aliments de jouissance
Aux aliments proprement dits, insipides pour la plupart, l'homme incorpore presque toujours des substances excitantes (les piments, le poivre, la moutarde, le citron) qui, par leur action sur les nerfs de l'odorat et du goût, activent les sécrétions salivaire et gastrique, et, prisîi dose modérée, favorisent la digestion. Ce sont des condiments, simples excitateurs nervins qui ne participent à aucun degré des propriétés de l'aliment véritable.
1° Boissons alcooliques. — Bien que l'usage de Valcool soit aujourd'hui presque universel, on ne sait rien de bien précis sur les modifications éprouvées dans l'économie par ce composé. Cependant, tout ce que nous savons du sort des matières ternaires dans l'organisme fait présumer que l'alcool s'oxyde, au moins en partie, pour donner de l'aldéhyde, puis finalement CO* et H*0. S'il en est ainsi, Falcool subit, à Tinstar des hydrocarbonés, une combustion complète, libérant 1 Calories environ par gramme d'alcool brûlé, en admettant que la combustion soit totale, hypothèse qui n'est pas démontrée. Ce qui semblerait prouver que l'alcool est bien un aliment, c'est la substitution réciproque du sucre et de Tcalcool dans l'alimentation humaine. En général, les individus qui boivent de l'alcool mangent peu de sucre ; inversement, les abstinents d'alcool font une grande consommation de sucre. Ainsi, les femmes et les enfants qui, dans nos pays, boivent peu ou point d'alcool, sont friands de sucreries ; il en est de même des Orientaux, qui, pour la plupart, s'abstiennent d'alcool, eux aussi, mais ajoutent du sucre à tous leurs aliments. Par contre, on ne voit pas d'alcoolique manifester du goût pour les sirops, les gâteaux ou les confitures. Sucre et alcool se substituant l'un à l'autre, l'alcool doit, comme le sucre, posséder, au moins dans une certaine mesure, les propriétés d'un aliment.
Quoi qu'il en soit, Talcool exerce sur l'organisme une action délétère, excitante d'abord, puis dépressive. Ses effets sur le système nerveux sont comparables à ceux des anesthésiques (éther, chloroforme), avec cette différence que la période d'excitation est beaucoup plus prolongée : l'alcool est un mauvais anesthésique, un poison. Ces deux caractères, aliment et poison, ne s'excluent pas: In définition thermochimique des aliments, telle que nous l'avons formulée plus haut, montre fort bien qu'un toxique peut être alimentaire, au vrai sens du mot. Mais, le médecin ne saurait oublier que l'alcool, pris à dose massive, provoque l'ivresse et quelquefois la mort presque subite; qu'à doses plus faibles, mais longtemps répétées, il réagit sur tous les organes (estomac, intestin, foie, cerveau etc., etc.). L'hérédité des alcooliques est, comme on sait, très chargée (dégénérescence, idiotisme, épilepsie), surtout si à l'alcool éthylique viennent s'ajouter des alcools supérieurs, des éthers, des essences diverses dont Cadkag et Meunier ont montré les dangers.
Que penser des boissons alcooliques faibles, comme le vin, \a bière et le cidre?
Le vin, ou produit de la fermentation du jus de raisins frais, a la composition moyenne que voici :
Alcool 80 à 90 grammes par litre
Extrait sec 18 à 25 — —
Glycérine 6 à 10 — —
Tartrate acide de potassium 3à5 — —
Sucre là 1&',5 — —
Tannin et uuitit'res colorantes là Ig'^jS — —
Cendres 2g'',5à3 — —
La valeur alimentaire de la glycérine et des autres matières organiques disparaît presque devant l'importance prédominante de l'alcool : comme aliment, le vin ne vaut ni plus ni mieux que l'alcool qu'il renferme. En substituant à l'acide chlorhydrique stomacal de l'acide tartrique moins actif, le vin contribue à ralentir la digestion gastrique ; c'est surtout la matière