RATIONS ALIMENTAIRES
tuent toute l'alimentation. ' L'enfant ne produisant pas de travail extérieur et étant obligé d'édifier ses tissus, il est naturel que l'albumine surabonde dans son alimentation : c'est bien ce qui a lieu. Le rapport en poids des matières azotées aux composés ternaires est comme 1 à 2,7 : c'est le régime le plus riche en principes quaternaires. Gomme nous l'avons vu, il y a parallélisme entre les sels du lait de la mère et les matières minérales qui entrent dans la composition des tissus de l'enfant, sauf pour le fer, que l'enfant a accumulé pendant la vie intrautérine.
Chez l'adulte, il faut étudier séparément la ration d'entretien, c'esl-à-dire celle qui se borne à réparer les pertes de l'organisme, et la ration de travail, qui exige un supplément alimentaire.
On n'est pas encore parfaitement fixé sur la ration d'entrelien. Si on évalue les pertes quotidiennes de l'organisme adulte, par la respiration et les excrétions, à 18 grammes d'azote, 300 grammes de carbone, 2\o d'eau et 25 grammes de sels, la ration d'entretien comportera les mêmes éléments, soit environ : 115 grammes d'albumine * ,400 grammes d'hydrates de carbone, 20 grammes de graisse, 20 à 25 grammes de sels divers. Le
. Matières azotées 1
"" Matières non azotées 3,5 *
Cette ration deviendra insuffisante, si le sujet est exposé à un refroidissement intense, ou s'il est obligé de fournir un travail extérieur considérable. Dans ces deux cas, il faudra augmenter la proportion des aliments ternaires (graisses et hydrocarbonés), porter la ration d'hydrocarbonés à 450 ou 500 grammes, les corps gras à 40 ou 50 grammes. Le régime comportera quatre à cinq fois plus de matériaux non azotés que de substances albuminoïdes. Du reste, le climat, la race, les habitudes prises, les ressources du pays peuvent modifier à l'infini les chiffres précédents.
Toutefois, l'ensemble de ces règles a trouvé son application
* Le chifTre de l'albumine, considérée comme indispensable à l'alimentation quotidienne, diffère beaucoup suivant les auteurs : il varie ordinairement entre 75 et 150 grammes.
dans les prescriptions qui régissent Talimentation des armées.
Voici, par exemple, la ration du soldat français :
l^' A Vinlériexu% en garnison :
Pain 750 gr. .' Albumines 110 gr.
Viande .... 300 — ) Hydrates de carbone 400 à 500 —
Légumes frais. 100 — i (iraisses 20 —
Légumes secs. 30 — \ Sels 20 —
flP En manœuvres (Décision ministérielle du H janvier 1894) :
Pain ou quantité équivalente de biscuit 750 grammes.
Viande fraîche 300 —
Riz 30 —
Sucre 21 —
Café 16 —
Sel 16 —
Graisse 30 — t
Vin 0",250
Cette ration ne diffère de la première que par un peu de sucre et de café. La valeur alimentaire de ce dernier est nulle ; (juant au vin, on sait ce qu'il faut en penser.
3® La ration forte de campagne prescrit, pour les mêmes poids de pain et de graisse, 500 grammes de viande fraîche, 100 grammes de riz et un léger supplément de sucre ei de café. Elle est bien comprise, et correspond à peu près à 145 grammes d'albuiftine, 72 grammes de graisses et 610 grammes d'hydrates de carbone, soit 3,745 calories environ. En campagne, pendant les stationnements, la ration de viande est diminuée de 100 grammes.
Dans l'armée allemande, le soldat a droit, en garnison, à 750 grammes de pain, 250 grammes de viande, 120 grammes de riz ou 2 kilogr. de pommes de terre, soit 155 grammes d'albumines, 536 d'hydrocarbonés, 40 de graisses. En campagne, la ration de viande est portée^ à 375 grammes, le riz à 125 grammes ; 25 grammes de sel, 17 grammes de sucre et 25 grammes de café (Viry, Principes d'hygiène mililaire) .
Un régime mixte, comportant 1 kilogramme de pain,