‹ Précis de chimie physiologique et pathologiqueChapitre 63 sur 173 · ALIMENTATION · texte numérisé non relu

ALIMENTATION

Viande. Lait. Légumes secs.

Acide carbonique. . .

Hydrogène

Gaz des marais (CH*).

Hydrogène sulfuré . .

Azote

L'hydrogène sulfuré, qui n'a pas été dosé dans les analyses précédentes, existe presque toujours, en petite quantité, dans l'intestin, où il est produit par la putréfaction des matières album inoïdes.

L'acide carbonique, plus abondant par ralimentatioii végétale, provient des fermentations subies par les albumines et la plupart des hydrocarbonés.

FÈCES 223

.I/hydrogt*ne se produit eu aboudauce, sous l'iulluence du régime lacté, peudaut la fermentatiou butyrique de la lactose.

Ci2H2iOii + H^O = 2G*H«02 + 4G0* + H»

Lactose Acide butyrique

Le méthane, qui se dégage des milieux où le B. amylobacter fait fermenter la cellulose, est naturellement plus abondant à la suite de l'alimentation végétale, surtout avec les légumes secs.

Les variations de l'azote n'ont pas une grande importance, à cause de la part (jui doit être faite à la déglutition des aliments. Mais, Tazote peut se former aussi aux dépens des nitrates, dont la plupart de nos aliments renferment des traces, et grâce à Faction fermentative que le B. coli communié et le B. d'Eberth exercent sur l'acide nitrique à l'état de sel (Stutzer, Blrri et Mai:l). Tous les gaz intestinaux ont donc ou peuvent avoir une origine fermentative : ils sont les résidus de l'activité chimique des ferments figurés (champignons, microbes), seuls capables de déterminer une destruction assez profonde des molécules pour en dégager des produits gazeux. Les ferments solubles, par conséquent les diastases physiologiques du tube digestif, hydratent simplement ; elles ne sont pour rien dans la genèse des gaz intestinaux.

Si on néglige les nombreuses espèces de ferments, pour ne considérer que les fermentations, celles-ci peuvent se résumer comme suit :

4" Fermentation lactique de l'amidon, du glucose, de la maltose, de la saccharose, de la lactose, etc. Cette fermentation est fréquente dans l'estomac, même à l'état de santé, au début de la digestion, et avant que l'acide chlorhydrique n'atteigne le taux physiologique ; elle s'observe constamment dans l'in* teslin.

Glucose Acide lactique

Ci2H220i* + H^O = 4C3H603

^aCcliaroscf lactose, niallose -Acide lactique

(C«HioO")* + xH«0 = 2.x(G3H«03)

j%midon Acide lactique

2o Fermeii talion butyrique des hydrocarboués, due à de nombreux microbes et spécialement au B. buiyricus. Elle ne se produit pas dans l'estomac physiologique ; mais, elle est fréquente à l'état pathologique (catarrhe gastrique, gastrectasiej. Comme la fermentation précédente, elle est normale dans Tintestin.

(:«H»^0« = CJHH)^ + 2C0* 4- H'»

Glucose Acide butjrique

C^iHiiO^i + H^O = 2C*H»0^ 4- 4C0* 4- H«

Saccharose Acide butyrique

(CnV^O'^y + xH^O = xOH^O^ + 2xC02 + xH*

Amidon Acide butyrique

3<» Fermentation cellulosique provoquée par le B. amylobacter. Elle donne des acides carbonique, acétique et butyrique, ainsi que du méthane et de l'hydrogène. On a essayé de la représenter par l'équation suivante :

2i(C«H»W)î^ 4- iiWH) = 26CO'^ 4- lOCIl* 4- 6H-^ 4- i9C^H*0^

(Icllulosc Acide acétique

Acide butyrique

b. Matières solides. — l.es matières solides sont formées par des résidus alimentaires non digestibles ou non digérés, mélangés aux produits de sécrétion qui se déversent dans le tube digestif, aussi bien qu'aux cellules épithéliales provenant de la desquamation de l'intestin.

Les fèces représentent un septième ou un huitième environ de la masse alimentaire, soit 130 grammes d'excréments humides, correspondant à 35 grammes de matières sèches, par vingt-quatre heures. Mais ce n'est là qu'une moyenne ; la proportion varie, suivant la nature de l'alimentation : volumineux par le régime végétal, les fèces sont très réduits par l'alimentation carnée exclusive, ou encore par la diète lactée. Dans ces deux cas, l'utilisation des principes alimentaires est maxima.

Ci-après, on trouvera des documents analytiques, dus à

FECES

Wehsarg et à Wegsgheider, sur la composition chimique des excréments humains frais :

Homme Enfant

adulte. à la mamelle.

Eau 733,00 p. 1000 851,3 p. 1000

Résidu sec 267,00 — 148,7 —

Matières organiques . 208,75 — 137 i

— minérales. . 10,95 — , 13*6 —

Résidus alimentaires. 83,00 — -I

On ne saurait donner d'analyse plus explicite, la composition des fèces étant très variable et d'ailleurs fort complexe. On peut cependant, à l'exemple de tous les auteurs, classer comme suit les divers matériaux qui entrent dans la composition des matières, fécales :

1° Des aliments non modifiés, soit parce qu'ils sont peu ou pas digestibles, soit parce qu'ils n'ont pas été digérés, pour une cause quelconque. Ce sont : la cellulose, les gommes, l'amidon cru, les résines, la cholestérine, la chlorophylle, la mucine, les nucléines, l'hématine, les tendons, les phosphates terreux et autres sels insolubles, mêlés à une quantité plus ou moins grande d'albumine et de graisse ;

2° Des produits de la destruction des aliments par les microbes ou les sucs digestifs :

a. Acides : formique, acétique, butyrique, isobutyrique caproïque, palmi tique, lactique, malique, succinique, auxquels il faut ajouter les savons et l'excrétine*

p. Corps aromatiques : phénols divers, scatol, indol, tyrosine * acides phényl-propionique, hydro-para-coumarique, etc* *

Y- Substances azotées : ammoniaque, acides amidés, tels que la leucine ; ptomaïnes, hématine, pigments.

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