‹ Précis de chimie physiologique et pathologiqueChapitre 68 sur 173 · CHALEUR ANIMALE · texte numérisé non relu

CHALEUR ANIMALE

ration, très faible, n'atteint pas au centième de l'activité respiratoire du poumon; elle est du reste influencée par les mémfîs causes que la respiration pulmonaire (travail, fièvre, etc.).

§ 3. — Chaleur animale

A la respiration se rattache l'étude de la chaleur animale et celle de Forigine de Ténergie que l'être vivant transforme incessamment dans ses tissus en chaleur et en travail mécanique ou chimique. C'est une question mixte, qui, à vrai dire, est plutôt du domaine de la physique biologique, mais où la chimie intervient pour fournir les données fondamentales du problème.

lo Orig^e de la chaleur animale. — Méconnue de tous les savants jusqu'à la fin du siècle dernier, et attribuée par eux à l'influence mystérieuse d'un principe vital, la chaleur animale a été soumise pour la première fois à l'expérimentation scientifique par Lavoisier. Dès 1777, ce grand homme démontrait que les phénomènes chimiques étaient la cause de la chaleur animale ; de concert avec Laplace, il constatait que la quantité de chaleur perdue, en un temps donné, par un animal, n'était que très peu supérieure à celle que l'acide carbonique éliminé, dans le même temps, par les poumons avait dû produire au moment de sa formation.

Un cobaye cédait, en dix heures, au milieu ambiant une quantité de chaleur susceptible de fondre 34lJ^,08 de glace à 0<>, tandis que ce même cobaye brûlait par la respiration 3^'',333 de carbone, c'est-à-dire un poids de carbone dont la chaleur de transformation en acide carbonique est suffisante pour fondre 326Ç'",75 de glace, à la même température. Le rapport ' ' = 0,96 étant très voisin de l'unité, l'écart fut attribué à des erreurs d'expérience, et la compensation considérée comme absolue.

En réalité, la chaleur animale ne dépend pas seulement des combustions respiratoires qui n'en couvrent guère que les

neuf dixièmes. Si, dans son ensemble, Texpérience de Lavoisier reste vraie, en établissant un lien de cause à effet entre les réactions chimiques de l'organisme et la chaleur que cet organisme libère, le problème est beaucoup plus compliqué ; il n'a été bien posé que dans ces derniers temps, à la suite des mémorables recherches de Berthelot.

On se ferait, en effet, une idée très fausse de la chaleur animale, si on l'attribuait à une combustion du carbone de tous points comparable à celle de nos foyers. L'économie ne brûle pas du charbon, m«iis bien des substances organiques dont la chaleur de combustion, qui n'est pas du tout la même que celle du carbone pur, varie d'ailleurs avec chacune des espèces chimiques qui entrent dans la composition de nos aliments ou de nos tissus (glucose, lévulose, saccharose, dextrine, amidon, cellulose, graisses, amides, acides amidés, peptones, gélatine, albumines, etc.). Tandis que le carbone pur produit en brûlant 94 calories, dans le glucose, pour chaque atome de carbone qui brûle, il se dégage 112 calories, et de même on citerait des écarts de cet ordre pour tous les composés énumérés plus haut. Or, ces derniers ne sont que des types auxquels se rattache une foule d'espèces chimiques très répandues dans l'organisme ou dans nos aliments. Combien n'y a-t-il pas d'hydrates de carbone ? combien de graisses ? combien surtout d'albumines, dans la viande, les légumes que nous ingérons, le sang, les humeurs et les divers tissus qui font partie intégrante de l'organisme ? Il faudrait, pour répondre à cette question, connaître la chaleur de combustion de toutes ces matières, dont beaucoup, les albumines par exemple, n'ont jamais été isolées à l'état de pureté absolue. Ce n'est rien encore ; car, si ce premier point était élucidé, il resterait, pour embrasser le problème dans son entier, à connaître toutes les transformations que ces divers principes éprouvent dans le cycle si compliqué de leur évolution. A chacune de ces transformations correspond un phénomène thermique dont il faudrait savoir la valeur exacte, pour la rapporter au poids de chacun des éléments qui entrent en réaction. Et ces réactions ne sont pas seulement des combustions, comme on le croyait au temps de

Page 1