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CHALEUR ANIMALE

Lavoïsier, mais des réductions, des hydratations, des dédoublements, des fermentations, etc. Le problème ainsi posé est si complexe, qu'on peut se demander s'il sera jamais résolu.

2° Mesure de la chaleur animale. — On se contente généralement d'évaluer en bloc le nombre de calories mises en liberté dans l'organisme, en calculant la chaleur de combustion des aliments simples qui composent la ration d'entretien, déduction faite de la chaleur de combustion des excréta. JuRGENSEx, a trouvé 2630 Calories par vingt-quatre heures, chez un homme du poids de73'',5, soit 37 Calories par kilogramme. ScHARLLNG et VoGEL douncut le chiffre de 2 520 Calories, pour un homme du i)()ids moyen de 70 kilogrammes. Les divers aliments ont une part très inégale dans la production de cette chaleur. Ainsi, dans une expérience de Jurgensen, 535,5 calories revenaient aux albumines, i 302 aux graisses, 1 020,9 aux hydrates de carbone.

Les données précédentes sont soumises à de nombreuses variations. Les enfants et les hommes de petite taille produisent une plus grande quantité de chaleur que les adultes et les sujets de forte corpulence. L'abaissement de la température ambiante provoque une augmentation des combustions respiratoires -et, par conséquent, de la clialeur produite. Pendant le jeûne, la calorification diminue de 7 p. iOO environ, suivant Voit. Mais, c'est surtout le travail qui active la thermogénèse. Chez un sujet de 70 kilogrammes, Rubner a constaté la production d'une quantité de chaleur très différente, suivant l'état de repos ou de travail. Voici ses résultats rapportés à vingt-quatre heures :

Total. Par kilogr. Augmentation.

Repos ........ 2?03 C. 32,9 G. —

Travail faible 2445 C. 34,9 C. " 6 p. 100

Travail moyen. . . . 2868 C. 41,0 C. 24 —

Travail forcé 3362 C. 48,0 C. 45 —

Le travail intellectuel n'augmente pas sensiblement la calorification (Speek).

Il ne faut pas perdre de vue que tous ces chiffres ne sont

qu'approximatifs, et que, pour les raisons déjà exposées, l'évaluation de la chaleur animale ne peut guère donner que le sens général des phénomènes. Nous ne retiendrons, du reste, de ces résultats que la grande découverte de Lavoisier qui les résume tous : la chaleur animale est due à des réactions chimiques, principalement à la destruction des divers corps organiques qui composent nos aliments et nos tissus.

3"* Siège de la production de la chaleur animale. —

Contrairement à une opinion assez répandue, Lavoisier n'a pas cru que le poumon était le siège de la production du calorique ; il est resté dans le doute. Ses successeurs ont démontré que la majeure partie était produite dans Tintimilé des tissus : Berthelot a établi que le septième environ de la chaleur totale se dégageait dans le poumon, par la fixation de Toxygène sur Thémoglobine, réaction qui dégage 14,7 Calories pour une molécule d'oxygène 0' = 32 grammes. L'autre portion, soit les six septièmes, est mise en liberté dans les tissus, à la suite des phénomènes d'oxydation, de réduction, d'hydratation et de dédoublement qui s'y poursuivent sans cesse.

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