VARIATIONS DE LA COMPOSITION DU SANG
bine et les composés réducteurs des cellules, est-il rempli par des diastases oxydantes, analogues à la laccase de Bertrand, Pourquoi, d'ailleurs, ne serait-ce pas un phénomène purement physiologique, comme l'oxydation de l'alcoool et sa transformation en vinaigre par le Mycoderma aceti f
11 y a, dans les cellules de nos tissus, des déchets très oxydables qui fixent l'oxygène que le sang leur apporte. Buchner a démontré que les liquides intracellulaires, ou sucs plasma^ tiques, possédaient une activité biochimique intense ; c'est ainsi que les produits liquides qui exsudent de la levure soumise à des pressions de 5J0 atmosphères, font fermenter le sucre.
§ 6. — Variations de la composition chimique du sang
1® Variations physiologiques. — Jusqu'ici, nous n'avons étudié le sang que dans son ensemble. En réalité, sa composition subit des variations suivant les organes qu'il traverse, l'intensité de leur activité fonctionnelle, toutes les conditions physiologiques, en un mot.
Ainsi, une obseiVation très simple montre la différence de couleur des deux sangs, veineux et artériel : le premier, rouge sombre et chargé d'hémoglobine réduite ; l'autre, vermeil à cause de l'oxyhémoglobine. Le sang artériel contient plus de gaz et il est plus riche en matériaux fixes ; cependant, la proportion d'urée paraît être supérieure dans le sang veineux, peut-être aussi celle des graisses.
Le sang de la veine porte qui reçoit les produits de l'absorption intestinale présente des variations notables de composition, suivant l'heure de la journée, la nature des aliments, l'activité de la digestion : en général, il est plus riche en matériaux extractifs. Au cours de la digestion, surtout après un repas de sucre ou de féculents, il y a plus de glucose dans la veine porte que dans les vaisseaux efférents du foie ; c'est l'inverse chez l'animal à jeun. Ces différences tiennent à l'influence régulatrice exercée par le foie sur la mise en réserve et la distribution du sucre.
Dans le rein, le sang abandonne, entre autres substances, de
l'eau et de I'un*e ; aussi, le sang des veines rénales esl-il moins aqueux et moins riche en urée que celui des artères.
Chez rhomme, le sang est plus dense que chez la femme, plus riche en globules, en hémoglobine et en principes solides.
L'âge amène aussi des modilicalions : augmentation do la iibrine à Tépoque de la puberté, de la cholestérine pendant la vieillesse. La richesse globulaire atteint son maximum de vingt à vingt-cinq ans, se maintient ou décroît légèrement jusqu'à quarante-cinq ans environ, puis s'abaisse notablement.
La grossesse s'accompagne d'une diminution de la densité, d'une augmentation de la fibrine et des graisses.
Le sang menstruel ne doit son odeur et le faible degré de sa coagulabilité qu'à son mélange avec les produits de sécrétion des voies génitales, lesquels retardent par leur alcalinité la coagulation.
2® Variations pathologiques* — On peut étudier à deux points de vue la chimie pathologique du sang : en envisageant les modifications qu'éprouvent les éléments essentiels, pour les rattacher ensuite aux affections qui les provoquent, ou, eu examinant le détail des altérations du sang, sous l'influence d'un état pathologique déterminé.
«. La proportion des globules s'élève au début de la fièvre typhoïde, ainsi que dans les maladies qui s'accompagnent de sueurs profuses ou de diarrhée intense (choléra) ; le sang devient alors poisseux, épais.
Il est, au contraire, plus riche en eau et, par conséquent, moins chargé de globules, dans la chlorose, l'anémie, le mal de Bright, le saturnisme. L'hypoglobulie accompagne également nombre d'intoxications et d'auto-intoxications, la cachexie, les maladies chroniques, toutes les déchéances vitales.
La fibrine augmente notablement dans les phlegmasies franches, telles que la pneumonie, le rhumatisme articulaire aigu, etc. (Andral et Gavarret); il en est de même pour la sérumglobuline.
A cet égard, Von Jarsch a donné des renseignements plus précis, en déterminant chez 102 malades les variations des
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albumine» loUiles tlu sang et Ju sérum, lesquelks sdèvent respectivement à 328'',62 et fig^SB par litre, chez 1 homme sain A la suite de k-sions des centres nerveux (tumeur oeiebiale méningite, myélite, goitre exophtalmique, etc.) les nombres trouvés ne s'écartent pas de la normale ; mêmes résultats dans quelques empoisonnements (phosphore, oxyde de caibone, nitrobenzinp). Chez les diabétiques, le sang se déshydrate et le résidu sec augmente. LesufTectionsdufnie et du coeur, laleucocythémie, l'anéniie paraissent diminuer les albumines du sang. fi. Chez les anémiques, le tîiux de l'hémoglobine s'abaisse, dans les cas graves, jusqu'au quart et même au huitième seulement de la proportion normale ; même observation pour la chJoi-ose. Cette diminution est peut-être due à l'acfiumulation sur un point de l'i^conomie (la rate, le foie ou les organes génitaux) (lii matériaux indispensables à l'édificalion de l'hémoglobine, le
s'expliquf
a fréquence de la chlorose
fer par exemple ;
chez les jeunes filles, à
l'époque de la puberté.
c. L'anémie pernicieuse est caractérisée par la destruction des éléments figurés du sang, une énorme diminution de l'hémoglobine et d'autres lésions encore qui ressemblent beaucoup à celles qui accompignenl 1 empoisonnement par K tolujlène-diamine.
Peut être ce poison est-il f ibrique d tns l'intestin, au cours de 1 inémie pernicieuse
il Dins la leucocy thème, que B\HD considère
comme un cancer du sang, la proportion des leucocytes, au heu dêtre de 1/500 ou de 1/iOOO par rappoi-t aux globules rouges, est de 1 '6 ou même I /3 ; le sang est purulent, il con-