‹ Précis de chimie physiologique et pathologiqueChapitre 92 sur 173 · PUS · texte numérisé non relu

PUS

d'abord, la présence des albumines du sérum sanguin et de la lymphe (globuline et serine), celle d'une quantité notable de peptones, enfin l'absence de matière fibrinogénique. Nous trouvons, parmi les autres matériaux, les produits de désassirailation de la vie cellulaire : cholestérine, graisses, lécithines, leucomaïnes diverses, provenant de l'activité chimique fort intense des leucocytes diapédésés.

Le pus tient en suspension des flocons de fibrine concrète ; mais, il ne paraît pas renfermer de matière fibrinogénique, et, dans tous les cas, comme on l'a dit plus haut, ne se coagule pas spontanément.

30 Pourquoi le pus ne se coagule-t-il pas ? — - Ce dernier point, fort important, est difficilement explicable. Il y a, dans le pus, des sels de chaux (on peut du reste en ajouter, sans provoquer de coagulation); les leucocytes y abondent, toutes les conditions semblent réunies ; il n'y a que le fibrinogène qui manque. Pourquoi fait-il défaut, alors que les autres albumines du sang (globuline, serine) se rencontrent dans le pus?

Deux hypothèses se présentent à l'esprit : ou bien, le fibrinogène existe, mais ne se transforme pas en fibrine, soit par suite de la présence des peptones anticoagulantes, soit pour tout autre cause encore inconnue. Plus probablement, le fibrinogène est présent au début de la suppuration, et la preuve, c'est qu'on trouve dans le pus de petits caillots de fibrine ; mais, ultérieurement, quand la suppuration a atteint son intensité maxima, des diastases exerçant une action élective sur le fibrinogène, l'ont peptonisé; d'où la présence des peptones et l'absence du fibrinogène. L'origine de ces diastases semble devoir être attribuée aux microbes, et peut-être en effet ontils un rôle dans cette formation, mais ce rôle n'est pas exclusif : car, le pus aseptique, expérimental ou clinique, tel qu'on l'observe à la suite des injections dans le tissu cellulaire d'essence de térébenthine stérilisée (Fochier), ce pus aseptique ne se coagule pas plus que l'autre. Il est possible que les agents sécréteurs des diastases qui détruisent le fibrinogène par peptonisation, ne soient autres que les globules blancs, modifiés

par le i)rocessus inflammatoire auquel ils prennent une si large part.

4^^ Variations du pus. — En vieillissant, le pus modifie notablement sa composition ; l'activité chimique des leucocytes y provoque des modifications profondes : les albumines diminuent, les graisses et les produits de désassimilation augmentent, surtout la cholestérine, qu'on voit quelquefois nager, sous la forme de grandes lamelles, dans les collections purulentes un peu anciennes.

Quand le pus est envahi par le bacille pyocyanique, il prend une teinte verte ou même bleue. Fordos y a découvert un pigment bleu, crislallisable en prismes, soluble dans l'eau, l'alcool, le chloroforme, peu soluble dans l'éther : c'est la jfyocyanine, ptomaïne à caractères faiblement basiques, se colorant en rouge au contact des acides, avec lesquels elle forme des sels cristallisés que les alcalis ramènent au bleu. Les réducteurs font virer au jaune la pyocyanine ; par agitation à l'air, la teinte verte reparaît. Les oxydants transforment la pyocyanine en un pigment jaune, cristallisé, la pyoxanlhose, qui accompagne d'ordinaire la pyocyanine et donne leur teinte verte à certains pus.

Pour extraire la pyocyanine, on traite le pus bleu ou les linges de pansement par le chloroforme ; celui-ci, agité ensuite avec de l'eau acidulée, lui cède la pyocyanine, tandis que la pyoxanthose reste dans le chloroforme. En agitant avec du chloroforme la solution aqueuse saturée par un excès de carbonate de baryte précipité, le chloroforme s'empare de la pyocyanine et l'abandonne cristallisée par évaporation.

50 Analyse du pus. — On sépare par centrifugation les globules du sérum, qu'on analyse ensuite isolément à l'aide des méthodes usitées pour l'analyse du sang.

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