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ÉVOLUTION. MARCHE DES PLAIES DES PARTIES MOLLES

Évolution. Marche des plaies des parties molles. —

Le plus grand nombre des blessures des parties molles par les balles de fusil guérissent, par première intention, sans trace de suppuration, ou avec une légère et peu durable sécrétion de l’orifice cutané d’entrée qui est contus. Ces plaies se recouvrent vite d’une croûtelle noirâtre, protectrice, due au dessèchement du caillot, et la cicatrisation est sous-crustacée. Nos méthodes actuelles de pansement concourent puissamment à faciliter cette guérison, mais comme celle-ci s’observait avant même qu’on les ait adoptées, et qu’aujourd’hui on les constate fréquemment sur des blessés qui n’ont pu être traités par le chirurgien ou même qui ont été mal pansés, force est de reconnaître que d’autres causes doivent être invoquées pour expliquer cette terminaison heureuse. C’était naguère l’abandon d’explorations malpropres et habituelles qu’on pouvait invoquer; c’est aujourd’hui l'étroitesse de plus en plus grande des plaies due au faihle diamètre et à la forme de la balle, c’est leur très faible béance , la moindre fréquence des corps étrangers , enfin cette cause sur laquelle nous n’avons cessé d’insister, l'occlusion du trajet au niveau des cloisons aponévrotiques.

On a beaucoup discuté sur la contamination primitive et directe des plaies par le projectile et les souillures dont il se charge, par les filaments de vêtements et les gâteaux vestimentaires qu’il entraîne, sur la contamination indirecte par le contact des vêtements, les doigts du blessé, ceux des camarades qui le pansent parfois, etc. La question est aujourd’hui élucidée.

En somme les germes entraînés par une halle ne sont pas pathogènes et la balle est non infectante ; le semis vestimentaire est annihilé par la défense des tissus ; l’infection par une plaie faite par une halle, surtout une balle pointue, animée d’une moyenne vitesse, pénétrant de plein fouet, n’entraînant pas de corps étranger vestimentaire volumineux, est placée dans les meilleures conditions pour guérir spontanément. Le pansement apporte une nouvelle garantie à une tendance naturelle vers la cicatrisation.

La marche aseptique est fréquente surtout dans les cas de plaies étroites ; mais une plaie large, comme celle que laisse une balle déviée au contact du sol, une plaie souillée, con-

BLESSURES DES DIFFÉRENTS TISSUS

taminée par des fragments vestimentaires notables, une plaie en contact prolongé avec des vêtements, mal pansée, mal surveillée, cette plaie est appelée à suppurer et, par le fait, elle est à surveiller. L’évolution sera alors relativement aseptique ou franchement septique ,

Dans le premier cas, il se produira une suppuration peu abondante des orifices cutanés et du trajet; on constatera d’abord un peu de gonflement des parties molles qui sera peu douloureux; un peu plus tard on constatera une corde légèrement indurée le long du trajet, puis tout rentrera dans l’ordre ; les muscles reprendront leur souplesse et la guérison sera obtenue sans troubles consécutifs. C'est là une marche fréquente des plaies par balles infectées, mais surveillées el traitées par des chirurgiens éclairés, dotés d’un bon matériel, bien installés et présentées par des blessés à résistance organique normale.

Dans le second cas, et la chose est habituelle pour les plaies par balles de schrapnels, les plaies par éclats d'obus, celles produites par les balles déviées au contact du sol, mal pansées, aux orifices obturés par un tamponnement, la suppuration apparaît; elle est plus ou moins abondante, parfois fétide; elle s’accompagne de tension, de rougeur du membre ; des fusées purulentes s’étendent et chez certains, on assiste au développement du phlegmon diffus.

Les plaies par balles de schrapnels ou par petits éclats d'obus fournissent habituellement des suppurations hâtives avec réaction locale plus ou moins vive, qui cèdent d’ordinaire vite à l’antisepsie du foyer, à son incision et à l’ablation des corps étrangers vestimentaires et métalliques.

En résumé : En général et pratiquement une plaie par balle de fusil peut être considérée comme aseptique;

Nombre de ces plaies sont infectées et menacées de suppura tion ;

Le plus grand nombre guérit simplement.

Cette guérison est obtenue en quelques jours ou en quelques semaines ;

Les plaies par balles de schrapnels ou par les petits éclats

d'obus SUPPURENT COMMUNÉMENT.

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