‹ Précis de chirurgie de guerreChapitre 21 sur 96 · PAQUET DE PANSEMENT INDIVIDUEL DU SOLDAT FRANÇAIS · texte numérisé non relu

PAQUET DE PANSEMENT INDIVIDUEL DU SOLDAT FRANÇAIS

Les plaies vastes, étendues, déchirées, contuses, souvent souillées, produites par les gros éclats des obus , renfermant ou non le corps vulnérant, sont fatalement vouées a la suppuration. La guérison s’obtient après élimination des escarres et granulation de la plaie. Les phénomènes réactionnels locaux et généraux, parfois très intenses, s’apaisent vite quand on les traite par des pansements à l’eau oxygénée. Quand la plaie est détergée, on en réduit les dimensions par des bandages unissants ou des sutures médiates en U.

Traitement. — Le premier traitement des plaies des parties molles par balles comporte des indications queFerraton a bien résumées : i° Ne pas toucher aux orifices; 2° ne pas explorer la plaie; 3° faire la toilette sèche de la peau au tampon aseptique , au tampon imbibé d'alcool ou de teinture d'iode ; 4° appliquer le pansement ordinaire.

L 'occlusion des orifices , la suture , le débridement préventif sont à rejeter.

Pour le premier pansement des plaies par balles, le paquet de pansement individuel suffit. En principe il est appliqué dans les nids de blessés ou au poste de secours.

Paquet de pansement individuel du soldat français. — Il en existe plusieurs modèles. Le modèle ancien est contenu dans deux enveloppes de toile ordinaire, puis dans une toile imperméable en partie faufilée, en partie collée, qui le protègent contre les souillures extérieures et l’humidité.

Ses éléments sont constitués: 1° par un carré de gaze; 2° par un carré d’étoupe purifiée entouré de gaze; 3° par une bande de coton et 4° par deux épingles de sûreté.

La gaze et l’étoupe sont antiseptiques ; elles sont imprégnées de bichlorure de mercure.

Les événements n’ont pas permis qu’il soit remplacé complètement par le nouveau paquet de pansement individuel qui diffère du précédent : 1° parce que les pièces sont solidaires, 2° parce qu’il peut assurer le pansement de deux plaies éloignées ; 3° parce qu’il est aseptique.

Le paquet ancien est renfermé dans une enveloppe de papier

BLESSURES DES DIFFÉRENTS TISSUS

japonais très résistant et imperméable à l’eau tout en étant léger. On l’ouvre en tirant sur un petit lacet de toile qui fait saillie à l’un des angles du paquet.

Il comporte deux pansements constitués chacun d’un coussinet de coton hydrophile enveloppé de gaze. L’un de ces pansements est fixe; il est cousu à la bande de toile qui doit entourer le membre blessé, l’autre pansement est mobile et se déplace sur la bande grâce à la présence de deux lacets qui font glissière.

Les matériaux qui constituent ce dernier pansement ont été stérilisés à l’autoclave et ne comportent l’adjonction d’aucun produit antiseptique.

La solidarité de toutes ses parties constituantes rend son application plus facile et diminue ses chances de contamination. Pour mieux assurer son incontaminabilité, deux signes distincts (croix rouge et croix noire inscrites dans un cercle) indiquent la place où il doit être saisi avec la main droite et la main gauche. Pour déplacer le pansement mobile sans le souiller, on a cousu à l’un de ses angles une petite patte rouge par laquelle il doit être pris.

On ne saurait trop y insister, le pansement individuel est « une réserve toute prête de matériel portée par le blessé » . En principe, il ne doit pas être appliqué par lui, par un camarade ou un gradé, mais par un médecin ou un infirmier exercé. La chose est hors de conteste ; mieux vaut ne pas panser une plaie que de la mal panser et il est sage de considérer comme suspect et comme devant être refait tout pansement qui n’aura pas été exécuté par un idoine (H. Billet). La nécessité de désinfecter la peau au préalable en fait une obligation.

Le pansement est appliqué directement sur la peau, le vêtement ayant été décousu ou sectionné en un lambeau qui permet de découvrir la plaie et ses environs. Un infirmier doit être exclusivement chargé de ce soin.

Un autre ouvre les pansements.

Celui qui applique le pansement a eu soin de désinfecter ses mains. Le savonnage est moins pratique que l’immersion pendant trois minutes dans l’alcool à 90°, au besoin dans l’alcool dénaturé additionné, par litre, de 5 centimètres cubes de teinture d’iode au 1 /1 0e (solution au 1/2000).

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