‹ Précis de chirurgie de guerreChapitre 35 sur 96 · DES COMPLICATIONS IMMÉDIATES OU RETARDÉES · texte numérisé non relu

DES COMPLICATIONS IMMÉDIATES OU RETARDÉES

à esquilles latérales très subdivisées, offrent chez nos hommes jeunes, sains, bien nourris, non fatigués, bien soignés, des conditions tout particulièrement favorables pour la consolidation. C’est que par les lignes de fissure, ici très multipliées, les cellules ostéogéniques du périoste prolifèrent en plus grand nombre et sur plus de points que dans les fractures de type plus simple et l’on est surpris chez elles de constater rapidement des exubérances de cal qui très rapidement d’ailleurs se réduisent lors de sa constitution définitive.

Des complications immédiates ou retardées. —

1° Les hémorragies primitives, alors même qu’elles ne sont pas fournies par de gros vaisseaux, sont fréquentes dans les fractures des gros os longs. Le tamponnement de la plaie est souvent nécessité. Mais ce tamponnement a ses graves inconvénients. S’il est maintenu trop longtemps, quelques jours, il empêche la plaie de se débarrasser de ses excrétas et expose communément au phlegmon diffus, putride, gangreneux. C’était ce qu’on avait constaté en Mandchourie, pendant la guerre des Balkans. 11 faut tout faire pour que pareille expérience ne se renouvelle pas.

2° Gangrène. — On répète sans cesse aujourd’hui que la gangrène est une infection. On dénie presque tout droit à la gangrène traumatique et on serait presque porté d’ouhlier celle que la constriction trop serrée des appareils de transport détermine. C’est un tort. Tout cela existe. La gangrène traumatique est indéniable ; celle par compression qui résulte de l’anémie artérielle mécanique (garrot), ne doit pas être oubliée. Un garrot arrête une hémorragie artérielle; il a atteint son but, c’est parfait; mais qu’on le maintienne au delà du temps juste nécessaire pour obtenir ce résultat et sur un membre dont la circulation est déjà très compromise du fait de la lésion artérielle, il amènera vite une gangrène. Qu’un appareil soit très contentif pour un transport, soit, mais il faut qu’il soit surveillé pendant le transport et que ce transport ne soit pas trop long, sans cela c’est la gangrène qui apparaît.

La gangrène traumatique et la gangrène par compression se montrent dans nos fractures. Llles surviennent presque tou-

DES LÉSIONS OSSEUSES DES DIAPIIYSES

jours du 2e au 5e jour. Nous en avons déjà vu des cas regrettables. Elle réclame l’amputation quand elle n’est pas partielle.

3° Corps étrangers. — Nous n’avons à y revenir que pour faire remarquer leur fréquence et stigmatiser la mauvaise pratique qui consisterait à les extraire trop tôt et dans des conditions de milieu défectueuses quand il s'agit de balles de fusil.

Les balles de schrapnel et les éclats d'obus doivent être extraits dès qu'on assure le premier pansement régulier.

4° Des suppurations. — C’est du côté du foyer esquilleux qu’elles partent le plus souvent. C’est de lui qu’elles diffusent le plus. On leur donnera issue par des débridements larges correspondant, en principe, à Y orifice de sortie. Elles sont d’apparition rapide. Elles se montrent dans les huit premiers jours.

Dans les plaies par schrapnels, éclats d’obus, balles déviées, elles sont habituelles; aussi en prévision de ces accidents, les blessés qui en sont porteurs ne devraient pas être transportés au loin d’une traite, mais subir des évacuations successives comme nous l’avons proposé et ils devraient être surveillés et traités au plus tôt par des chirurgiens.

5° De l'ostéomyélite. — Jusqu’aux campagnes récentes l’ostéomyélite constituait la complication la plus fréquente et la plus grave des lésions osseuses par armes à feu. Constatons qu’elle est devenue relativement rare.

La misère physiologique, l’encombrement, le manque de soins réguliers préparent le terrain à l’infection.

Elle débute d’ordinaire une semaine après le traumatisme, souvent dans les 15 premiers jours, par de la fièvre, de l’abattement, des douleurs vives quand le canal médullaire n’est pas ouvert. Le membre est très gonflé, œdémateux, rouge, dur, ligneux. A la palpation profonde, on reconnaît mal les collections sous-périostiques. Dans le foyer d’une fracture largement ouverte on voit le périoste se décoller aisément, un bourgeon rouge, champignonneux, sortir du canal médullaire. Les signes généraux sont ceux des affections typhiques, de l’infection purulente ou putride.

La forme subaiguë ou chronique présente de hautes oscillations thermiques, des douleurs peu vives, le même empâtement dur, les mêmes collections purulentes, les mêmes sup-

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