‹ Précis de chirurgie de guerreChapitre 36 sur 96 · TRAITE MENT DES FRACTURES DIAPHYSA1RES PAR COUPS DE FEU · texte numérisé non relu

TRAITE MENT DES FRACTURES DIAPHYSA1RES PAR COUPS DE FEU

purations sous-périostiques et profondes, puis plus tard les douleurs et les gonflements articulaires et parenchymateux symptomatiques des collections métastatiques (épaule, genou, poumons, foie, reins).

La guérison n’est possible que grâce à un traitement très actif qui comporte des incisions profondes, sous-périostées, rapides, les lavages antiseptiques, l’emploi de la gaze iodoformée, le sulfate de quinine à hautes doses à l’intérieur (A. Guérin); en cas d'insuccès trépaner, si le canal médullaire n’est pas ouvert, et, s’il est ouvert, pratiquer l’évidement, la désarticulation.

Traitement des fractures diaphysaires par coups

de feu . — La conservation est de règle dans le traitement de ces fractures. C’est un précepte qui devrait être écrit en gros caractères à la porte de toute formation sanitaire.

La conservation comporte : 1° Y immobilisation du membre , 2° la réduction et la contention de la fracture , 5° le pansement de la plaie et -4° des soins complémentaires.

1° Immobilisation. — L’immobilisation diffère suivant le lieu où se trouve le blessé.

a) Sur le champ de bataille , pour le transport aux ambulances, l’immobilisation est obtenue par des appareils provisoires construits avec ce que le blessé porte sur lui ou avec des pièces d’équipement, le matériel des brancardiers ou des infirmiers.

Pour le membre supérieur , un mouchoir, une écharpe, le pan relevé de la capote et fixé sur l’épaule (Delorme), soutiendront l’avant-bras; la cravate déroulée formant bandage de corps fixera l’humérus.

Pour le membre inférieur , la couverture, la toile de tente enroulée, les pièces d’armement maintenues par des courroies, tant conseillées, seront remplacés par la fixation du membre sain contre le membre blessé et leur assujettissement au-dessus, au-dessous du genou , ou au niveau du cou-de-pied ;

b) A Y ambulance mobile ou immobilisée on se servira des mêmes moyens, des diverses variétés de bandages combinés, d’attelles, de gouttières, des appareils que possèdent ces for-

82 DES LÉSIONS OSSEUSES DES DIÀPIIYSES

mations et qui se rapprochent plus ou moins des appareils définitifs.

Ces appareils doivent réaliser des conditions que nous avons précisées : être de construction éléynentaire , d’ application rapide , de contention suffisante.

Nous ne saurions trop recommander l’emploi des fanons de paille de Paré et de Larrey, botillons réunis de distance en distance par des ficelles, à la fois rigides et flexibles, élastiques, très contentifs qui peuvent être préparés à l’avance. On les entourera d’un linge épais propre et on les fixera sur le membre recouvert des vêtements.

Appareils de transport. — Maints fracturés ne doivent pas être transportés. Ce sont ceux dont la fracture est, avec solution de continuité grave , compliquée d* hémorragies , de corps étrangers ou dont la fracture est comminutive. Les fracturés de la cuisse, en particulier, sont de ceux qui devraient être traités sur place. IV dures nécessités peuvent en imposer le transport. Rien, d’un autre côté, ne s’oppose au transport de beaucoup d’autres, surtout de fracturés du membre supérieur, à condition que l’appareil contentif soit approprié et bien appliqué.

Les appareils utilisés devant être, en principe, arrimés dans les voitures des formations sanitaires, on doit réclamer d’eux qu’ils soient peu pesants. Ils doivent être aussi de construction élémentaire , d' application rapide , assurer une contention très exacte , être amovo -inamovibles (Delorme.)

Nombreux ont été les appareils proposés; maints d’entre eux ont trouvé place dans nos voitures : tels les appareils en ferblanc ajouré , les attelles de bois , les attelles en treillis de fil de fer , les rouleaux de toile métallique. Ils sont utilisables, à la rigueur, pour les membres supérieurs dont les fractures sont le plus souvent sans déplacements.

Les gouttièri s en fU de fer à la Mayor sont lourdes, encombrantes; elles prennent beaucoup de place dans les voitures, nécessitent un matériel de matelassage abondant et immobilisent mal. Ces inconvénients sont bien connus. Dès lors pourquoi les conserve-t-on? Il y a lieu de les abandonner définitivement.

Fig. 13. — Gouttières métalliques à valves de Delorme pour les fractures des diaphyses et les lésions articulaires^ du membre supérieur et du membre inférieur.

DES LÉSIONS OSSEUSES DES DIAPHYSES

Les gouttières plâtrées , les attelles plâtrées sont longues à sécher, d’application lente; le plâtre qu’on emploie pour les construire n’est pas toujours de bonne qualité ; elles sont insuffisamment solides comme appareils de transport si elles ne sont pas renforcées; enfin elles ont le grave inconvénient d’être inamovibles, de ne pas suivre le développement de membres exposés à subir des dilatations parfois rapides et considérables, et d'exposer à la gangrène. Elles sont condamnées par le plus grand nombre des chirurgiens d’armée.

Les gouttières à valves en rotang de de Moy seraient excellentes si elles n’étaient conteuses et si elles étaient imperméables. Leur principe est bon. Les gouttières en treillis métalliquey à valves, de Sarrazin sont trop compliquées et d’arrimage difficile.

Ce sont les gouttières métalliques en zinc, métal très malléable, non oxydable, peu coûteux, qui sont à préférer. Pour le membre supérieur, le modèle de Champenois a fait ses preuves. Le Hennequin, transformé en appareil de zinc, est un peu compliqué comme appareil de transport et l’extension qu’il recherche n’est pas à poursuivre. Les modèles de Uaoult-Deslonchamps, excellents pour les fractures communes pour le traitement desquelles ils ont été faits, ne satisfont pas aux exigences de la chirurgie de guerre. Ils ne permettent ni la surveillance facile du membre, ni l’application et le renouvellement aisé des pansements. Frappé de ces desiderata, nous avons transformé ceux du membre inférieur et donné, pour le membre supérieur, des modèles qui sont partout acceptés et figurent dans nos approvisionnements.

Le Ministre de la Guerre vient de faire adresser ces modèles à toutes les formations sanitaires de l’avant et de l’arrière.

Leur arrimage est facile, puisqu’on les transporte en feuilles superposées; ils ne prennent que peu de place, se modèlent très aisément sur les membres avec un minimum de matériel et même sans matériel de matelassage ; ils peuvent servir indifféremment pour les deux membres, s’appliquent très rapidement grâce à leurs lacs, et, avec leurs valves, ils rendent très faciles et la surveillance du membre et l’application des pansements. Us sont très recommandables. Pourquoi notre paternité nous

Page 1