‹ Précis de chirurgie de guerreChapitre 38 sur 96 · TRAITEMENT DES FRACTURES DIAPUYSAIRES DES COUPS DE FEU · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DES FRACTURES DIAPUYSAIRES DES COUPS DE FEU

rions trop nous élever contre elle. Nous ne reprendrons pas ici les arguments des longues discussions qui se sont continuées sur les « mèches et les tentes » depuis Paré jusqu’à nos jours ; le sujet est épuisé, l’opinion faite. Cette pratique est une erreur, et une erreur pernicieuse. Les chirurgiens russes pendant la guerre de Mandchourie, ceux qui ont pris part à la guerre des Balkans l’ont, après une épreuve qu’ils ont amèrement regrettée, condamnée. Nos blessés n’ont pas à faire les frais de nouvelles tentatives injustifiables. Mettre une mèche dans un foyer de fracture, c’est enfermer le loup dans la bergerie, exposer le blessé à de graves complications.

4° Soins consécutifs, résultats. — Les cals volumineux , vicieux, étaient autrefois assez fréquents. Ils sont plus rarement observés de nos jours. Ils traduisent le plus souvent l’insuffisance de soins chirurgicaux.

Les pseudarthroses s’observent moins depuis qu’on respecte davantage les esquilles adhérentes, alors qu’on les sacrifiait en partie lorsque l’ablation des esquilles libres était recommandée.

Les cals douloureux sont liés soit à des compressions de troncs nerveux englobés dans le cal, soit à l’intolérance de corps étrangers ou à l’ostéite. Le radial est, dans les fractures de l’humérus, particulièrement prédisposé aux compressions.

Les corps étrangers aisément repérés sont enlevés aujourd’hui sans hésitation comme sans grands clégàis.

Les foyers d'ostéite persistante réclament des gougeages, des évidements.

Aujourd’hui que la question vitale n’est plus en jeu, et que le traitement de ces fractures est devenu plus facile, on doit s’attacher à perfectionner les résultats définitifs.

L’usage des eaux minérales est tout indiqué dès la consolidation de la fracture. L’emploi du massage, d'une mobilisation méthodique des articulations, de la mécanothérapie surtout, devient nécessité. Bourbonne-les-Bains, Dax, Aix, surtout Vichy, qui a une installation mécanothérapique admirable, rendront de grands services dans le traitement des séquelles des fractures. On devrait diriger sur ces établissements les fracturés dès la consolidation de leurs fractures.

DES LESIONS OSSEUSES DES DIAPHYSES.

De la résection diaimiysaire. — C’est l’opération très ancienne qui consistait, dans les fractures par coup de feu, à enlever toutes les esquilles , adhérentes et libres , et à réséquer les extrémitées cunéennes des fragments. Cette opération réalisait des dégâts énormes, prolongeait la cure, favorisait la pseudarthrose et entraînait de grosses impotences fonctionnelles. Elle est abandonnée. Elle a donné des résultats déplorables pendant la guerre de Sécession et les guerres allemandes.

Amputation. — L 'amputation doit être réservée primitivement aux gros traumatismes osseux avec destruction considérable des parties molles et gangrène déclarée ; consécutivement elle peut être imposée par des suppurations persistantes, l’ostéite étendue et chronique. Encore faut-il que, sans aucun doute, elle apparaisse au chirurgien comme la seule solution acceptable.

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