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GANGRÈNE GAZEUSE

un pansement de coton cardé imbibé d’éther qu’il renouvelle au besoin. Il se loue de ce traitement.

Septico-pyohémie. — Rare. Nous en avons déjà observé au cours de cette guerre à la suite de plaies par éclats d’obus.

1° Dans une forme légère la plaie est douloureuse, on constate de la fièvre, un état saburral, de la céphalée, de l’abattement. Durée 8 à 15 jours (Ferraton).

2° Fièvre septicémique (Ferraton). Fièvre rémittente sans frissons : 58, 39°; troubles gastriques, langue sèche, plaie flétrie, état général mauvais, pouls rapide, petit, respiration fréquente, urines rares, albumineuses; troubles nerveux ataxoadynamiques dans les cas les plus sévères rapidement mortels.

5° Septico-pyohémie . Éclosion favorisée par l’infection primitive des plaies (schrapnels, éclats d’obus), des pansements défectueux, le retard apporté à l’ouverture des collections purulentes, la longueur des évacuations. Fièvre intermittente à grandes oscillations (59, 40°), à grands frissons, plaie à sécrétion fétide, couverte d’exsudats. Traînées de phlébite. État général grave, terreux, langue sèche, diarrhée, dyspnée, délire tranquille (Ferraton).

Abcès métastatiques articulaires et parenchymateux.

Traitement préventif : Pansements réguliers, débridements hâtifs, désinfection des plaies avec pansements rares ou relativement rares.

Éviter l’encombrement, assurer la séparation des atteints.

Contre la septico-pyohémie déclarée : bains antiseptiques, lavages phéniqués au permanganate, à l’eau oxygénée, attouchements chlorurés. Emploi des toniques surtout de la quinine à haute dose (A. Guérin) : 8 décigr., 1 gr., 1 gr. 50 par jour. Injections de nucléinate de soude (?), abcès de fixation, lavages du sang.

Amputation parfois nécessaire, toujours très grave.

Gangrène gazeuse. — Fréquente dans les guerres, surtout après la période de début, elle s’est déjà montrée dans maintes formations, surtout sur des blessés allemands abandonnés. Le chirurgien sera attentif à son apparition en raison de ses pro-

grès très rapides, de la nécessité d’un traitement suractif, de ses dangers de contagion.

Aucune plaie n’en est à l’abri, mais celles produites par les éclats d’obus et les fractures graves y exposent davantage.

On lui décrit deux formes : l’une à marche rapide mais non foudroyante, l’autre foudroyante. Dans les deux cas on observe les mêmes symptômes généraux; la marche seule diffère.

Ces symptômes sont : la douleur , le gonflement emphysémateux de la région, les troubles généraux.

La douleur est constante', elle se fait sentir quelques heures avant le gonflement et les signes généraux, aussi ne sauraitelle trop être prise en considération.

Elle est aiguë, violente, excessive , constrictive . Presque tous les blessés la rattachent à la constriction de l’appareil ou du pansement. Lève-t-on celui-ci le gonflement peut ne pas exister encore?

Cette douleur abat le blessé. Son aspect est celui d’un typhique, d’un cholérique (yeux enfoncés, teint terreux, etc.).

Le gonflement œdémateux est dur, tendu, blanc, puis bronzé avec traînées veineuses brunâtres. Phlvctènes au voisi-

nage de la plaie devenue sèche. Ce gonflement est crépitant. Le développement gazeux est non pas seulement perceptible aux doigts, souvent il sentend. En quelques heures tout un membre est envahi dans les cas foudroyants.

La sensibilité du membre atteint est abolie, la température est de moyenne intensité (58°-390) ou très élevée (40°), parfois abaissée (56°), le pouls fréquent, la respiration suspirieuse. Le blessé est indifférent à ce qui l’entoure et s’éteint sans agitation, parfois subitement. Telle est la physionomie habituelle de la gangrène foudroyante, mais celle-là n’est pas unique. Dans certains cas, les phénomènes généraux dominent d’abord, d’autres fois ils sont atténués; parfois l’emphysème est lent à se produire et reste quelque temps localisé, circonstance heureuse.

Les symptômes généraux très marqués, la douleur vive , le développement gazeux rapide ne se trouvent pas dans la gangrène par compression. Dans la gangrène par contusion le développement gazeux se retrouve, mais il est moins rapide et on ne constate pas des phénomènes généraux aussi marqués. Mais la gangrène gazeuse débute dans la plaie; la gangrène

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