ET LEURS ÉCLATS
Si les petits éclats des obus produisent des lésions plus ou moins analogues à celles des balles, il n’en est plus de même des gros éclats et exceptionnellement du projectile entier. Ce sont, sur les parties molles, des contusions étendues et profondes, des écrasements , des plaies confuses, des arrachements.
Les contusions sont de tous les degrés; elles se traduisent, aux limites extrêmes, par de vastes épanchements de sang ou de sérosité. Quand elles portent sur les organes splanchniques, sans atteinte apparente du projectile, ce sont les attritions profondes et étendues qu’on attribuait autrefois au vent du projectile.
Les plaies confuses sont de vastes érosions, de gros sillons, de larges plaies en cul-de-sac, des plaies à lambeaux très étendus, frangés, ecchymotiques, à fond contus; ce sont des abrasions à surface déchirée aux muscles pantelants, herniés. Très fréquemment, les plaies en profondeur sont compliquées de corps étrangers métalliques, de terre, de fragments de vêtements. On a lieu de s’étonner de l’énormité des corps étrangers parfois extraits. Otis nous a parlé d’un obus de 12 livres logé dans une fesse ; Constan d’un éclat d’obus pesant 850 grammes logé dans une cuisse, dans laquelle il avait pénétré par une ouverture de 4 centimètres de long seulement.
Parfois ce sont des sétons largement béants qu’on observe.
Les gros et moyens éclats des obus brisants déterminent de larges coupures, des abrasions partielles ou totales des membres, bien différents des arrachements et broiements contus produits par les gros éclats des autres obus. Les plaies