ÉVOLUTION. — PRONOSTIC
logistes et aux chirurgiens français un vaste champ d’étude qu’il y a lieu de ne pas laisser perdre et auquel, à notre sens, ils ne s’arrêtent pas assez. Certaines balles font dans le cerveau des trajets d’une netteté aussi grande et qui sont aussi simples que ceux qu’on produit dans les expériences sur les animaux. On oublie trop que si celles-ci ont été entreprises, c’était pour étudier une symptomatologie et des troubles que nos blessés traduisent et parfois expriment avec une toute autre netteté.
Évolution. — Avec les petites perforations actuelles produites par les balles de fusil, l’évolution aseptique est bien moins rarement constatée qu’autrefois.
Le Professeur Ferraton considère comme liés à une infection atténuée des accidents psychiques précoces (excitation maniaque pouvant être confondue avec le délire alcoolique) et d’autres troubles cérébraux dont il sera question plus loin (épilepsie, démence, etc.).
C’est l’infection (cheveux, fragments de coiffure, balle souillée, pansements irréguliers, etc.) allant depuis la suppuration légère, depuis la méningo-encéphalite circonscrite jusqu’à la méningo-encéphalite généralisée qui fait le danger de ces plaies et provoque une léthalité oscillant entre 15 pour 100 et 57 pour 100.
Pronostic. — D'une façon générale, le pronostic des lésions encéphaliques est des plus graves. Le plus grand nombre des blessés succombe sur le champ de bataille (40 à 55 pour 100), 20 à 28 pour 100 succombent dans les ambulances ou les hôpitaux.
Le pronostic des perforations cranio-cérébrales de part en part est le plus sévère. Ce ne sont que celles qui sont produites par des balles animées de faibles vitesses (petits orifices) qui sont observées. Les blessés qui résistent aux premiers accidents surprennent par l’étendue du trajet et la bénignité des suites, mais ils ne peuvent faire oublier le nombre considérable de ceux qui ont succombé peu après leur traumatisme.
Les guérisons des perforations uniques par balles sont moins exceptionnelles.
BLESSURES DU CRANE ET DE L’ENCÉPHALE
De toutes les lésions ouvertes, ce sont les gouttières qui sont les moins graves quand elles sont convenablement traitées.
Les blessures non pénétrantes guérissent le plus souvent.
Dans les lésions produites par les balles, le pronostic, en général, est lié à la vitesse du projectile et à l'importance des parties touchées. Les blessures frontales sont les moins graves. Les larges plaies par éclats d’obus provoquent, de règle, une mort immédiate. Les pénétrations par schrapnels sont des plus graves (diamètre plus grand du projectile, corps étrangers).
La mortalité serait de 1,7 pour 100 pour les blessures non infectées (!!) et de 41,8 pour 100 pour les infectées.
Des guéris , un quart succombe par la suite et la moitié au moins de ceux qui restent conserve des infirmités définitives.
Traitement. — Les lésions du crâne et de l’encéphale sont, de toutes celles des organes parenchymateux, celles qui, pour certains, se réclameraient le plus de l’action chirurgicale.
Pour leur traitement, il y a lieu de se tenir aussi bien à distance de l’abstention que de l’intervention systématiques. Nous en résumerons ainsi les indications :
1° Les contusions , les fêlures et fissures ne réclament aucune intervention primitive. Ce n’est que dans les fissures compliquées de dépression de la table interne avec irritation méningée ou cérébrale ( douleurs et contractures du côté correspondant à la lésion en cas d'irritation méningée; douleurs et contractures du côté opposé au cas (V irritation cérébrale) qu’on serait autorisé à pratiquer la trépanation du crâne au point frappé ;
2° Les fractures déprimées produites par les gros éclats d’obus et donnant lieu à des accidents de compression nécessitent le relèvement des esquilles et non leur ablation. Le trépan, ici, n’est qu’un moyen de faciliter la tâche du chirurgien. Si celui-ci a, sans lui, prise sur l’embarrure, il s’abstiendra de l’employer ;
5° Les perforations uniques doivent être traitées par la conservation primitivement. Si, en augmentant la perte de substance crânienne par la gouge ou le trépan, on a libre accès sur les esquilles libres de la table interne, il ne faut pas oublier que ces esquilles, non projetées, sont rarement irritantes, que