BLESSURES DES PARTIES MOLLES
Avant de parler des blessures par les armes de guerre, signalons les œdèmes observés sur des hommes obligés de garder trop longtemps leurs bandes roulées, puis les ampoules ulcérées de la plante, de la face postérieure du pied, celles qui correspondent au tendon d’Achille, aux malléoles, excoriations si fréquentes, qu'autrefois on admettait qu’elles rendaient, au début d'une campagne, le l/5e de l’effectif indisponible. Mal soignées, ces excoriations donnent lieu à des lymphangites réticulaires du pied, trajectives de la jambe, trop souvent suivies d'abcès, de phlegmons diffus putrides. Les médecins des corps de troupe ne sauraient trop porter leur attention sur ces accidents, que la propreté des pieds, l’usage de corps gras, l’emploi de l’alun, du formol, de l’acide picrique, de l’iode peuvent prévenir ou atténuer.
Citons encore la cellulite péritendineuse du tendon d'Aclnlle , le pied forcé , qui n’est qu’une fracture métacarpienne (Pauzat).
Le pied est très fréquemment atteint par les projectiles, aussi souvent que la cuisse.
Les trajets sont dorso-plantaires , planto-dorsaux , transversaux .
Lésions des os. — Orteils. — Malgré leur exiguïté, les orteils n’en sont pas moins des os diaphysaires. Leur épiphyse est creusée en gouttière ou perforée. Quand la partie diaphysaire est atteinte, la gouttière et la perforation sont nettes ou pro-
BLESSURES DES MEMBRES INFÉRIEURS
longées de fissures. Ces lésions sont minimes, môme quand elles se rencontrent sur plusieurs orteils à la fois.
Les métatarsiens sont des os longs, diaphysaires, à tissu très compact. Leurs lésions présentent, sur le corps de Los, les caractères classiques des fractures par contact transversales et obliques ; elles sont fréquentes. On y trouve des gouttières , enfin des perforations, avec le type habituel à esquilles latérales. Les esquilles libres sont fines, les adhérentes ont 2, 5, 4 centimètres de long seulement.
Dans les coups de feu transversaux, plusieurs métatarsiens, surtout les métatarsiens extrêmes de la voûte, sont fracturés. La subdivision des esquilles est plus grande sur les derniers os atteints.
Les extrémités épiphysaires métatarsiennes présentent les lésions typiques, non esquilleuses, des épipbvses.
Les os du tarse, malgré la diversité de leurs formes, présentent des éraflures , des sillons , des tunneUisations, des canaux réguliers peu fissuriques et sans esquilles notables.
Par ses dimensions, par son architecture à fibres obliques dirigées en bas et en arrière, le calcanéum a des tunneUisations souvent accompagnées de fissures irradiées, rayonnantes, ou plutôt de fissures dirigées dans le sens oblique de ses fibres. Les esquilles délimitées par ces fissures sont adhérentes communément. Nous parlerons plus loin des lésions de l’astragale.
Diagnostic. — Le diagnostic, basé sur les rapports du trajet avec les os rencontrés, est d’ordinaire aisé pour qui connaît bien l’anatomie du pied. 11 est complété ultérieurement par les aspects que reproduisent les images radiographiques.
Complications. — Les blessures du pied n’ont guère d'in térêt chirurgical que par leurs complications : Y hémorragie, les corps étrangers , les infections , le tétanos.
L’hémorragie est fournie par la pédieuse ou les deux plantaires, en particulier par l’externe, plus volumineuse et plus ongue que l’interne.