MOIGNONS CONIQUES
défectueux, comme Chalntre (de Lyon) cherche à le prouver dans un intéressant mémoire (Revue d'orthopédie, 1885). . L'u moignon peut devenir conique avec des lambeaux primitivement trop courts, quand les parties molles se rétraclent et
Amputations de Guyon.
Moignons réguliers.
Fif^. 9.
Amputation de Guyox.
Moif^non réf'ulier.
adhèrent rapidement à Fos irrité par une infection suppiirative.
On Fobserve encore à la suite d'ossification exubérante de Fextrémilé osseuse sectionnée quelle que soit la cause de cette ostéite locale.
Chez l'enfant l'ossification épiphysaire suffirait à elle seule pour amener la conicité du moignon si les lambeaux ont été taillés avec parcimonie, mais pas plus que l'hypertrophie de Fextrémité osseuse, elle n'est une cause ordinaire. Le phénomène est plus complexe, comme le prouvent les observations de Chalntre, de Po.ncet, de.KiRMissoN.
La pression fdcheuse d'un appareil prolhétiquc, le peu d'épaisseur des parties molles formant lambeau dans cerlaines régularisations après traumatismes, les adhérences de ces parties molles à la surface de l'os, paraissent jouer un rôle important. Il résulte en effet des pre»ssions subies ou des irritations incessantes transmises au squelette par un état
anatomique défectueux du revélement formé par les parties molles, une réaction à distance sur le cartilage épiphysaire. Son action formative est ainsi exagérée et Tos s'accroît au delà des proportions normales.
La peau se distend el cède audevant de l'allongement osseux ; mais si des adhérences existent, le tissu tihreux moins élasli(|ue (jn'une peau normale doublée de tissu conjonctif souple, supporh»
moins aisément la poussée osseuse el une ulcération se produit. De là ces moignons coni(|ues, ulcérés, douloureux, (|uel(}uefois rétractés quand il s'agit d'amputation de jambe au lieu d'élection.
Dans deux cas d'amputation du bras par traumatisme, nous avons fait, trois ans après, des amputations secondaires pour des moignons coniques, ulcérés et douloureux <|ui reconnaissaient pour causes les conditions précitées. Dernièrement encore, chez une lillette de (jualorze ans, nt)us avons dû régulariser un moignon de jambe au lieu d'élection qui se trouvait encore dans des conditions identiques.
Étant donnée l'inlluence du travail d'ossillcation, on comprendra que les moignons coniques sont plus fré(juents à la jambe et au bras, (ju'ils seront très rares à la cuisse et à
ri;;. lU.
Moiguuii régulier
de cuisse.
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lavant-bras, puisque dans les deux premiers cas Tépiphyse la plus fertile est à la partie supérieure de Tos, tandis que dans les deux derniers elle se trouve à la partie inférieure.
2<* Traitement. — La régularisation s*impose. En supprimant la cicatrice dans laquelle sont trop souvent comprises des extrémités nerveuses hypertrophiées et douloureuses, on pratique des lambeaux longs et étoffés et on a soin d'appliquer, après guérison, des appareils prothétiques commodes et n'exerrant aucune pression sur le nouveau moignon.
Chez Tenfant, la taille des lambeaux doit être particulièrement surveillée et le traitement consécutif bien dirigé pour éviter la suppuration et obtenir des moignons longs, souples, non adhérents.
g 10. — HÉRÊDO-SYPIIILIS
L'hérédo-syphilis dont les cas, en ciiirurgie infantile, se présentent moins nombreux qu'il paraîtrait tout d'abord, doit cependant être bien connue des praticiens à cause des difficultés que présentent certains diagnostics. Nous empruntons au professeur Coy.ne les éléments de la description suivante.
±o Considérations générales. — L'hérédo-syphilis joue un tel rôle dans la pathologie médicale et chirurgicale du jeune âge, eu modifiant le caractère de ses maladies, en produisant elle-même des manifestations spéciales capables d'amener des erreurs de diagnostic, qu'il nous a paru indispensable d'en donner une description générale.
On désigne sous le terme d'hérédo-syphilis les manifestations syphilitiques qui apparaissent pendant les premières périodes de la vie, sans avoir été précédées par un accident primitif, comme le chancre infectant. La contamination s'est produite pendant la vie intra-utérine, très rarement au moment de la conception.
La syphilis héréditaire peut revêtir deux formes cliniques différentes. Le plus souvent elle se manifeste au moment de la
naissance ou peu de temps après, par des accidents spécifiques nettement caractérisés : c'est la syphilis héréditaire précoce ou vulgaire. Dans cette forme, il est rare que les phénomènes spécifiques apparaissent après le septième mois de la vie extra-utérine. Dans des faits plus rarement observés ou peut-être moins bien étudiés, elle apparaît à une période plus avancée de la vie, caractérisée néanmoins par des accidents nettement syphilitiques ; c'est la syphilis héréditaire tardive,
La contamination conceptionnelle peut êtr« envisagée à un double point de vue. En premier lieu, elle peut être représentée par Faction d'un sperme provenant d'un père contaminé et en pleine évolution syphilitique, agissant sur Tovule fécondé sans donner lieu à une action nocive sur la mère qui paraît rester indemne do toute infection. Les faits de ce genre sont très rares, |)our ne pas dire exceptionnels. II est môme probable que dans les cas cités à l'appui de cette manière d'envisager ces faits, il s'agit d'une intoxication de l'ovule aboutissant à des lésions parasyphililiques plus tôt qu'à une syphilis véritable.
Le mode pathogénique habituel pour ne pas dire constant, est que rhérédité syphilitique se produit lorsqu'il y a eu contamination maternelle manifestée soit par des accidents syphilitiques ordinaires graves ou légers, soit en l'absence de ces accidents, par une inaptitude à contracter la syphilis, alors que des inoculations certaines se produisent manifestement à plusieurs reprises et dans des conditions où elles donneraient lieu chez d'autres sujets à une évolution syphilitique.
A) H ÉRÉDO- SYPHILIS PRÉCOCE
Les manifestations de la syphilis héréditaire précoce ont de grandes analogies avec celles de la syphilis acquise. Cependant nombre d'entre elles ont des caractères spéciaux, des localisations particulières qui leur donnent une valeur diagnostique exceptionnelle.
Si ces manifestations n'existent pas au moment de la nais-
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sance, ce qui arrive assez souvent, elles commencent à apparaître dans le cours des trois premiers mois, très rarement après le sixième.
lo Symptômes. — Avant l'apparition de ces accidents caractéristiques, nombre d'enfants présentent tous les signes d'une santé parfaite, mais cet état cesse le plus souvent lorsque surviennent les diverses manifestations que nous allons signaler ; parfois même elles sont précédées par rétablissement d'un faciès particulier décrit par Trousseau, dans lequel l'aspect du petit malade est souffreteux ; les cils sont absents, les cheveux rares et marqués d'îlots alopéciques, la peau est jaune bistre, en rapport avec l'anémie globulaire signalée par
GUFFER.
Le foie est volumineux ainsi que la rate ; ces deux organes occupent une grande partie de la région supérieure de la cavité abdominale et sont recouverts d'un réticulum léger dû à de la périhépatite et à de la périsplénite.
La roséole manque, mais les lésions cutanées sont représentées par une éruption de macules rouge jaunâtre couleur jambon ou saumon, débutant par les fesses et les cuisses; parfois ces macules font saillie et constituent un érythème maculo-papuleux .
Au Diveau de la paume des mains et de la plante des pieds, apparaît du pemphigus syphilitique, constitué par des bulles remplies d'un liquide louche, auxquelles peuvent succéder des ulcérations profondes et rebelles. Plus tard dans les mêmes régions on rencontre des syphilides psoriasiformes d'abord recouvertes de squames blanchâtres et sèches et qui se détachent au centre, ne laissant qu'une collerette à leur périphérie. Cette éruption ne reste pas localisée aux régions que nous avons signalées, elle peut envahir des segments considérables de membre.
Les lésions érythémateuses et maculeuses s'accompagnent au pourtour des orifices naturels de fissures, d'ulcérations plus ou moins profondes suivies ultérieurement de cicatrices indélébiles. — Ces fissures et les cicatrices qui les remplacent ont
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une disposition en rayons qui leur donne un cachet particulier.
Au pourtour des ongles on voit encore se développer des ulcérations qui caractérisent Tonyxis syphilitique.
Sur la muqueuse buccale ainsi qu'au pourtour des narines on observe aussi dos ulcérations; le nez présente du coryza avec jettage d'un liquide sanieux et cet orifice est rétréci par la formation de croûtes plus ou moins épaisses.
Les lésions osseuses sont fréquentes et ont été bien décrites par Parrot. Klles consistent en un processus byperplasique cjui aboutit à la formation d'osléophytes développés sur le crâne. Très fréquenles au niveau des bosses latérales du frontal, elles lui donnent Tapparence natiforme. — Dans les os longs elles aboutissent à des déformations variées, et parfois se terminent en provoquant une solution de continuité au niveau de la diaphyse et du cartilage juxta-épipbysaire, caractérisant la pseudo paralysie de Parrot.
Les viscères n*écba|q)ent pas ù rintluenci* de l'infection sypliiliti(}ue. Nous avons signalé déjà l'hypertrophie tlu foie et de la raie. Le foie présente également des lésions diverses nodulaires ou diffuses; le poumon des altérations parenchymateuses de pneumonie blanche; l'intestin est aussi gravement atteint do lésions diverses.
Le testicule est souvent envahi par une orchite a\ec vaginalite exsudalive aboutissant à l'atrophie scléreuse de l'organe. Cette lésion est pour ainsi dire caractéristique.
Enfin parmi les organes des sens, l'appareil oculaire, rarementenvahi, présente parfois des altérations d'iritis amenant la |)erte de l'iril.
Lorsque l'éttit morbide est abandonné à lui-même, il aboutit ù, la cachexie qui devient rapidement mortelle.
2*^ Traitement. — Le traitement de cette forme est le même que pour la syphilis; acquise : il est complexe et difficile, toujours gêné par ce fait que l'allaitement par une nourrice est, dans le plus grand nombre des cas, interdit par la crainte d'infecter cette dernière. Parrot avait institué dans les cas de ce genre l'alimentation par des chèvres nourrices ; il ajoutait à